Paris se dote d’un nouveau plan pour lutter contre le crack

Afin de lutter contre la propagation du crack dans la capitale, un plan de lutte a été adopté lundi, qui doit notamment ouvrir des places d’hébergement et favoriser le parcours de soins des toxicomanes. 

Accueil de jour pour toxicomanes, plus de places d’hébergement, des enquêteurs spécialisés : Paris s’est doté lundi d’un nouveau plan de lutte contre le crack, porté notamment par la Ville et la préfecture de police qui espèrent enrayer la propagation de cette drogue dans la capitale.

Le crack, dérivé fumable de la cocaïne, poursuit ses ravages dans le nord-est de la ville. On déplore “six morts depuis le début de l’année” en lien avec l’usage de drogues dans les environs de la “Colline” – repaire de “crackeurs” en bord de périphérique au niveau de porte de la Chapelle -, s’alarme auprès de l’AFP l’adjointe en charge de la Santé à la mairie de Paris, Anne Souyris (EELV). Après un premier plan d’un million d’euros pour multiplier les maraudes des associations et financer des hébergements spécifiques pour les “crackeurs”, annoncé en octobre par la maire PS Anne Hidalgo et l’Agence régionale de santé (ARS), de nouveaux acteurs se coordonnent pour lutter contre ce fléau.

Un espace de repos pour “espacer les prises de crack”

Un nouveau plan, élargi aux préfectures de police et région et à la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), a été signé lundi. Il prévoit notamment de “favoriser le parcours de soins” des toxicomanes et “renforcer les capacités d’hébergement et d’espaces de repos”. Paris espère ainsi multiplier les accueils de jour, des lieux qui permettent aux toxicomanes de se reposer et d’espacer leurs prises de crack, alors qu’il n’existe aucun traitement de substitution pour enrayer la dépendance à cette substance. Un “espace de repos en container qui offrira douche, WC et sanitaires” doit notamment être mis en place porte de la Chapelle, sur la “Colline”.

Le plan prévoit aussi l’ouverture de 60 places de mises à l’abri à l’hôtel et la pérennisation de 80 places d’hébergement, un renforcement des maraudes dans la rue ou les rames de métro, une équipe dédiée à la médiation avec les riverains, ainsi que la “création d’un groupe d’enquêteurs sur les stupéfiants entre commissariat de quartier et police judiciaire”. En tout, 3 millions d’euros sont mis sur la table en 2019 pour financer cette lutte anti-crack. Le nouveau plan doit, lui, être déployé jusqu’en 2021.

De nouveaux billets de 100 et 200 euros en circulation

De nouveaux billets de 100 et 200 euros, d’une même taille que ceux de 50 euros, sont mis en circulation à partir de mardi, et seront à la fois plus robustes et plus sécurisés. 

La Banque centrale européenne (BCE) met en circulation mardi de nouveaux billets de 100 et 200 euros, censés être plus sûrs, dernières coupures de sa série “Europe”. “Ils sont plus compacts et plus pratiques à utiliser, leurs couleurs sont plus lumineuses et ils sont plus sûrs”, assure Laure Lalouette, experte en émission de billets auprès de la BCE.

A première vue, ces nouveaux billets ne sont guère différents des anciens modèles, sauf par leur taille, a constaté l’AFP, invitée à une présentation de ces nouvelles coupures près de Rome, où ils sont fabriqués. Car s’ils ont la même longueur qu’actuellement, ils ont en revanche désormais la même hauteur que le billet de 50 euros.

Une durée de vie plus longue

Ces coupures de 50, 100 et 200 euros présentant la même hauteur seront plus faciles à manipuler et pourront être traitées plus efficacement par les machines, assure la BCE dans un communiqué. Leur taille sera aussi “mieux adaptée aux portefeuilles” et ils auront une “durée de vie plus longue car ils seront moins sujets à l’usure et aux déchirures”, ajoute la banque centrale. Ils seront aussi “faciles à vérifier et difficiles à falsifier. Notre but est toujours d’avoir une avance sur les faussaires”, assure encore Laure Lalouette.

Certes en baisse constante depuis plusieurs années, le recours aux espèces pour payer ses achats est encore très majoritaire dans la plupart des pays de la zone euro. En France, rappelle cette experte, 68% des transactions se font encore en espèces. Et si ces nouveaux billets ne comportent toujours que des monuments, il n’est pas exclu qu’un jour ils affichent des personnalités européennes. Les billets de la série “Europe” sont introduits progressivement depuis plusieurs années. Les quatre premières coupures de la série (5, 10, 20 et 50 euros) sont entrées en circulation en 2013, 2014, 2015 et 2017 respectivement. La BCE a décidé d’arrêter la production du billet de 500 euros, les coupures de cette valeur de la première série continuant cependant d’avoir cours légal.

Hausse généralisée des prix des carburants en France la semaine dernière

Le litre de SP95 a augmenté la semaine dernière de 1,48 centime à 1,5943 euro, à des niveaux plus vus depuis 2013, tandis que le gazole s’affichait à 1,4898 euro le litre, en hausse de 0,82 centime. 

Les prix des carburants routiers vendus dans les stations-service françaises ont progressé dans leur ensemble la semaine dernière, avec une hausse marquée pour le sans plomb, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Le gazole, carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes, s’affichait à 1,4898 euro le litre en moyenne, en hausse de 0,82 centime, selon les données hebdomadaires publiées par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Il reste toutefois toujours en-deçà de son plus haut niveau de l’an dernier, lorsqu’il avait atteint une moyenne hebdomadaire de 1,5331 euro le litre en octobre.

Le SP95 encore à des niveaux plus vus depuis 2013

De son côté, le litre d’essence sans plomb 95 (SP95) a augmenté de 1,48 centime à 1,5943 euro, encore à des niveaux plus vus depuis 2013. De même, celui du sans plomb 95 contenant jusqu’à 10% d’éthanol (SP95-E10) a pris 1,56 centime à 1,5669 euro. Enfin, le sans plomb 98 (SP98) a atteint 1,6551 euro le litre, progressant de 1,43 centime.

Les prix des carburants à la pompe varient en fonction de plusieurs paramètrescomme le cours du baril de pétrole, le taux de change euro-dollar, le niveau des stocks de produits pétroliers et de la demande, ainsi que des taxes. Les cours du brut avaient reculé la semaine dernière, sur fond de ralentissement de l’économie et de tensions commerciales, mais les évolutions sur les marchés mondiaux se traduisent avec un décalage sur les prix à la pompe.

Roland-Garros : la Française Diane Parry, 16 ans, s’offre un premier succès en Grand Chelem

La Française Diane Parry, qui jouait le tout premier match en Grand Chelem de sa carrière, lundi, s’est offert une première victoire en battant la Biélorusse Vera Lapko en deux sets.

La jeune Française Diane Parry, seulement 457ème mondiale et bénéficiaire d’une invitation, et qui jouait à 16 ans le tout premier match en Grand Chelem de sa carrière, s’est qualifiée pour le deuxième tour de Roland-Garros en s’offrant la Biélorusse Vera Lapko en deux sets, lundi (6-2, 6-4).

Diane Parry se plaît manifestement sur la terre battue parisienne : il y a un an, alors non classée, la native de Nice s’était illustrée en devenant la première joueuse née en 2002 à remporter un match en qualifications en Grand Chelem (victoire contre Jana Fett, alors 109ème mondiale).

 

Cornet et Parmentier éliminées

C’est déjà fini en revanche pour Alizé Cornet (48ème) et Pauline Parmentier (66ème). La première, qui disputait son 50ème tournoi du Grand Chelem consécutif, plus longue série parmi les joueuses en activité, s’est inclinée 6-4, 6-3 contre la Slovaque Viktoria Kuzmova (46ème), la seconde 6-3, 6-4 contre une des prétendantes au trophée, la Néerlandaise Kiki Bertens, n°4 mondiale.

Roland-Garros : Tsonga et Simon se qualifient pour le 2e tour

Jo-Wilfried Tsonga s’est qualifié lundi pour le 2e tour de Roland-Garros, en dominant l’Allemand Peter Gojowczyk en quatre sets. 

Le Français Jo-Wilfried Tsonga s’est qualifié lundi pour le 2e tour de Roland-Garros, en écartant en quatre sets l’Allemand Peter Gojowczyk, 7-6, 6-1, 4-6, 6-3. Il affrontera au prochain tour le Japonais Kei Nishikori, tête de série n°7.

Après un premier set accroché, Tsonga, en quête de son meilleur niveau après une saison 2018 réduite à portion congrue, la faute à son genou gauche opéré puis récalcitrant, a empoché le second en seulement 19 minutes. Revenu à deux manches à une, Gojowczyk s’est alors mis en position de prolonger la partie en faisant le break dans la quatrième manche (3-1). Mais Tsonga a signé une série de cinq jeux consécutifs pour s’imposer en un peu moins de 2h30 min.

 

Simon gagne en trois sets

Gilles Simon (29e mondial) s’est également qualifié sans trembler en écartant l’Ukrainien Sergiy Stakhovsky (111e) 6-3, 6-3, 6-4 en 2h03. Au prochain tour, le Niçois qui se bat contre les pépins physiques depuis des semaines, affrontera l’Espagnol Jaume Munar (53e) ou l’Italien Salvatore Caruso (147e et issu des qualifications).

Autriche : le chancelier Kurz renversé par le Parlement

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a été renversé lundi par les députés, dix jours après le scandale de l’Ibizagate qui a fait voler en éclat sa coalition avec l’extrême droite.

Fragilisé par la rupture de son alliance avec l’extrême droite, le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a été renversé lundi par une motion de censure soutenue par les principaux partis d’opposition au Parlement.

Le sort de cet homme politique de 32 ans, au pouvoir depuis fin 2017, a été scellé en début de matinée par la décision du FPÖ, son ancien allié, de voter la défiance sur laquelle les députés ont été appelés à se prononcer. Le Parti social-démocrate avait quant à lui fait savoir dès dimanche soir qu’il voterait lui aussi la censure. Le FPÖ avait multiplié ces derniers jours les attaques contre Sebastian Kurz, le chef du parti conservateur ÖVP, qui l’a écarté sans ménagement du gouvernement à la suite des révélations désastreuses de l’Ibizagate.

Conséquences de l’Ibizagate

La coalition ÖVP-FPÖ a volé en éclats après la diffusion le 17 mai d’une vidéo piège tournée en 2017 sur l’île espagnole d’Ibiza, dans laquelle on voit Heinz-Christian Strache, ancien leader de l’extrême droite autrichienne, se montrant prêt à offrir à une fausse nièce d’un oligarque russe d’importants marchés publics en échange de financements illégaux.

La chute de celui qui dirigeait le FPÖ depuis 14 ans et occupait alors le poste de vice-chancelier dans la coalition formée en 2017 avec la droite, qu’il a dû quitter suite à ce scandale, a été suivie du limogeage par Sebastian Kurz du ministre de l’Intérieur d’extrême droite, affaibli par de multiples dérapages. En représailles, les autres ministres FPÖ au pouvoir ont quitté le gouvernement, laissant le parti conservateur seul à la barre, jusqu’aux élections législatives anticipées qui auront lieu en septembre prochain pour tenter de sortir de l’impasse politique.

Le vice-chancelier FPÖ déchu obtient un mandat européen. Heinz-Christian Strache, obligé de démissionner de son poste de vice-chancelier à la suite de l’Ibizagate, a obtenu un mandat européen grâce au “vote direct” des électeurs, selon des résultats partiels lundi. Strache obtient davantage que les 33.000 voix nécessaires à l’obtention d’un tel mandat, selon un décompte publié par l’agence APA. Ancien patron du FPÖ, Strache figurait en dernière place sur la liste de cette formation. Mais le système électoral autrichien permet aux électeurs de procéder à un “vote direct” en cochant un nom sur la liste de leur choix. Strache n’a pas indiqué encore s’il comptait accepter ce siège. Malgré la déflagration provoquée par la vidéo d’Ibiza, le FPÖ a réussi à limiter ses pertes en recueillant environ 17,2% des suffrages aux élections européennes.

Élections européennes : qui sont les 79 élus français ?

79 eurodéputés français siégeront en juillet prochain au Parlement européen, mais cinq d’entre eux devront attendre que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne pour prendre leurs fonctions. 

À l’issue de l’élection de dimanche, ils sont 79 à avoir décroché un siège d’eurodéputé français, mais en attendant le Brexit, 74 d’entre eux seulement vont pouvoir prendre leur fonction début juillet au Parlement européen.

Il s’agit des 22 premiers de la liste RN, des 21 premiers de la liste LREM, des 12 premiers de la liste EELV, des 8 premiers de la liste LR, des 6 premiers de la liste LFI et des 5 premiers de la liste PS-Place Publique. Doivent ensuite arriver au Parlement européen, quand le Brexit sera effectif (sauf désistements d’ici là), le 23ème de la liste RN, les 22ème et 23ème de la liste LREM, le 13ème de la liste EELV et le 6ème de la liste PS.

22 élus ont déjà siégé au Parlement européen

Le contingent de 74 eurodéputés élus lundi est strictement paritaire : 37 hommes, 37 femmes. Après le Brexit, sur les 79 eurodéputés français, il y aura en théorie 40 hommes et 39 femmes. En comparaison, en 2014, sur les 74 eurodéputés siégeant pour la France lors de la session constitutive, il y avait 43 hommes et 31 femmes, soit 41,9% de femmes.

Sur les 74 eurodéputés élus lundi, il y a 19 eurodéputés sortants (24,3%) et 3 autres qui ont déjà siégé, parfois très brièvement, au Parlement européen (Pascal Canfin et Fabienne Keller élus pour LREM, François Alfonsi élu pour EELV). En tout, 22 eurodéputés élus lundi ont donc déjà siégé au Parlement européen. Les sortants se répartissent ainsi : 5 RN (sur 22), 2 LREM (sur 21), 3 EELV (sur 12), 5 LR (sur 8), 2 LFI (sur 6) et 2 PS (sur 5).

Toutes ces données sont fournies sous réserve qu’il n’y ait pas de désistements parmi les eurodéputés élus.

 

Les 79 eurodéputés français :

Liste Jordan Bardella (RN) – 23 sièges/22 avant Brexit 
M. Jordan Bardella
Mme Hélène Laporte
M. Thierry Mariani
Mme Dominique Bilde
M. Hervé Juvin
Mme Joëlle Melin
M. Nicolas Bay
Mme Virginie Joron
M. Jean-Paul Garraud
Mme Catherine Griset
M. Gilles Lebreton
Mme Maxette Pirbakas-Grisoni
M. Jean-François Jalkh
Mme Aurélia Beigneux
M. Gilbert Collard
Mme Julie Lechanteux
M. Philippe Olivier
Mme Annika Bruna
M. Jérome Rivière
Mme France Jamet
M. André Rougé
Mme Mathilde Androuet

Après Brexit:
M. Jean-Lin Lacapelle

Liste Nathalie Loiseau (LREM/MoDem) – 23 sièges/21 avant Brexit
Mme Nathalie Loiseau
M. Pascal Canfin
Mme Marie-Pierre Vedrenne
M. Jérémy Decerle
Mme Catherine Chabaud
M. Stéphane Séjourné
Mme Fabienne Keller
M. Bernard Guetta
Mme Irène Tolleret
M. Stéphane Bijoux
Mme Sylvie Brunet
M. Gilles Boyer
Mme Stéphanie Yon-Courtin
M. Pierre Karleskind
Mme Laurence Farreng
M. Dominique Riquet
Mme Véronique Trillet-Lenoir
M. Pascal Durand
Mme Valérie Hayer
M. Christophe Grudler
Mme Chrysoula Zacharopoulou

Après Brexit:
M. Sandro Gozi
Mme Ilana Cicurel

Liste Yannick Jadot (EELV) – 13 sièges/12 avant Brexit
M. Yannick Jadot
Mme Michèle Rivasi
M. Damien Carême
Mme Marie Toussaint
M. David Cormand
Mme Karima Delli
M. Mounir Satouri
Mme Caroline Roose
M. François Alfonsi
Mme Salima Yenbou
M. Benoît Biteau
Mme Gwendoline Delbos-Corfield

Après Brexit:
M. Claude Gruffat

Liste François-Xavier Bellamy (LR) – 8 sièges
M. François-Xavier Bellamy
Mme Agnès Evren
M. Arnaud Danjean
Mme Nadine Morano
M. Brice Hortefeux
Mme Nathalie Colin-Oesterle
M. Geoffroy Didier
Mme Anne Sander

Liste Manon Aubry (LFI) – 6 sièges
Mme Manon Aubry
M. Manuel Bompard
Mme Leïla Chaibi
M. Younous Omarjee
Mme Anne-Sophie Pelletier
M. Emmanuel Maurel

Liste Raphaël Glucksmann (PS/PP/ND) – 6 sièges/5 avant Brexit
M. Raphaël Glucksmann
Mme Sylvie Guillaume
M. Eric Andrieu
Mme Aurore Lalucq
M. Pierre Larrouturou

Après Brexit:
Mme Nora Mebarek

Après la déception des européennes, l’heure des comptes pour la France insoumise

Arrivée en cinquième position aux européennes, avec à peine plus de 6% des suffrages, LFI doit s’interroger sur sa stratégie.

Dimanche soir, la déconvenue de la France insoumise est allée croissante avec l’annonce des scores des européennes. “Ces résultats sont décevants”, a admis Manon Aubry d’abord, alors que la formation était donnée au coude à coude avec le Parti socialiste, pour finalement finir juste devant, à 6,31% des suffrages. Un peu plus tard, lui aussi à la tribune, Jean-Luc Mélenchon a confirmé : “très décevant”. Le député du Nord Adrien Quatennens s’est chargé d’enfoncer le dernier clou sur France 2 : “extrêmement décevant”.

Un électorat démobilisé

Si la France insoumise a finalement coiffé au poteau la liste Place Publique-Parti socialiste de Raphaël Glucksmann, sa cinquième position ne peut qu’être une désillusion. Sans même parler de tutoyer les 20% de suffrages obtenus par Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, LFI espérait atteindre les 11% récoltés aux législatives. En vain.

Que s’est-il passé ? La démobilisation, d’abord. “Traditionnellement, nous avons du mal à mobiliser au moment des européennes”, analyse le député Eric Coquerel au micro d’Europe 1. “Notre électorat ne s’est pas mobilisé comme on le souhaitait.” De fait, selon un sondage réalisé avant les européennes, 57% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 prévoyaient de s’abstenir dimanche.

“L’Europe n’était pas au centre de leur campagne”

Mais ce n’est pas tout. À demi-mot, Manuel Bompard, deuxième sur la liste derrière Manon Aubry, reconnaît n’avoir pas su convaincre sur le thème de l’écologie, pourtant prépondérant dans le programme insoumis depuis deux ans, et qui aurait pu payer aux européennes, comme l’a montré le score élevé (et surprise) de Yannick Jadot. “Je crois qu’on n’a pas réussi à convaincre que le bulletin de vote de la France insoumise pouvait être aussi celui d’une écologie cohérente et populaire”, explique-t-il à Europe 1.

 C’est l’Europe en tant que telle qui a surgi sur la scène européenne, et ça, la France insoumise l’a manqué. 

Pour Loïc Azoulai, professeur à l’École de Droit de Sciences Po, LFI a aussi fait une erreur stratégique importante ces dernières semaines. “Ce qui s’est joué, le taux de participation le montre, c’est une forme de politisation d’un type nouveau. C’est l’Europe en tant que telle qui a surgi sur la scène européenne, et ça, la France insoumise l’a manqué. L’Europe n’était pas au centre de leur campagne.” Au contraire, Manon Aubry, puis Jean-Luc Mélenchon lui-même, très impliqué personnellement dans les derniers jours, ont joué à plein le référendum anti-Macron et souvent circonscrit les enjeux de la campagne aux frontières nationales.

Un coup d’arrêt à la “fédération populaire” ?

Pour Jean-Luc Mélenchon, ce revers appelle l’introspection. D’abord au regard des multiples “crises” que LFI a connues ces derniers mois, de la perquisition à son domicile et au siège du mouvement en octobre dernier jusqu’à l’incapacité de la formation à capitaliser sur la colère des “gilets jaunes”. En passant par les démissions en chaîne, celle de plusieurs orateurs nationaux à l’automne, puis de Thomas Guénolé en avril. Les premiers, écartés de la liste des européennes, comme le politologue, qui y figurait bien, avaient claqué la porte en dénonçant un mouvement verrouillé et un leader dictatorial, peu enclin à faire vivre la démocratie interne.

Mais l’échec de dimanche remet aussi en cause l’envie de rassemblement qu’avait exprimée Jean-Luc Mélenchon dans Libération en avril dernier. “Je lance un appel à la création d’une fédération populaire”, avait-il dit alors. “Je ne crois plus à l’ancien modèle de rassemblement des organisations. Nous devons certes nous rassembler, mais au service d’une tâche en commun : fédérer le peuple, réunir ses revendications, en faire un programme compatible avec l’impératif écologique et social.”

Plus de divergences que de convergences

Difficile de savoir aujourd’hui à quoi pourrait ressembler cette fédération, et surtout avec qui elle pourrait se faire. Avec EELV, arrivé troisième et grand vainqueur des élections européennes, LFI a de gros points de divergence, notamment parce que les écologistes rejettent l’appellation de “gauche” et que Yannick Jadot a rappelé à plusieurs reprises qu’il n’était pas contre l’économie de marché. Avec le PS, un rapprochement semble tout aussi difficile tant les deux mouvements se sont étrillés pendant la campagne, la tête de liste Raphaël Glucksmann fustigeant une France insoumise populiste. Quant au PCF, la rupture semble consommée depuis la présidentielle, lorsque Jean-Luc Mélenchon a décidé de se lancer seul sans même avertir ses anciens alliés du Front de gauche.

Puisqu’elle ne peut plus désormais faire valoir ses bons résultats électoraux pour se placer au centre du jeu de la co-construction à gauche, la France insoumise va donc devoir prendre à bras le corps les sujets de fond. Ce qu’admet dans les colonnes du Monde la députée Clémentine Autain, qui plaide pour “s’ouvrir sur la société, les citoyens, les syndicats, les intellectuels, les associations”. Visiblement abattu dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon a pourtant tenté d’apparaître toujours tourné vers le même objectif. “Notre pays s’enfonce dans une crise profonde”, a-t-il déclaré. “Nous saurons assumer nos responsabilités, et j’invite à se fédérer tous ceux qui partagent cette volonté. C’est l’heure des combats et des caractères.”

LR : Wauquiez propose “des états généraux” à la rentrée pour “tout remettre à plat”

Après la déroute du parti aux élections européennes, le patron des Républicains veut organiser des “états généraux” à la rentrée, afin de “remettre à plat les valeurs, le projet et la stratégie d’alliance”. 

Le président des Républicains Laurent Wauquiez, fortement contesté après la déroute de la liste LR aux élections européennes, a proposé lundi “des états généraux” du parti à la rentrée, afin de “tout remettre à plat”, selon des participants au bureau politique.

“Gardons-nous des solutions simplistes qui ne résoudront rien. Ma première responsabilité, c’est de me mettre à l’écoute de tous ceux qui veulent reconstruire. (…) L’idée serait d’organiser des états généraux que nous préparerions d’ici à la rentrée”, lors desquels “il faut tout remettre à plat sur les valeurs, le projet, le fonctionnement et la stratégie d’alliance”, a déclaré Laurent Wauquiez devant le bureau politique.

Ouvert aux personnes “extérieures” au parti

“Chaque sensibilité devra pouvoir s’exprimer à cette occasion. L’organisation doit être collégiale”, a-t-il ajouté. “Il faut pouvoir associer tous ceux qui le souhaitent, même ceux qui sont extérieurs aux Républicains”, a précisé Laurent Wauquiez. Pour le patron de LR, les 8,48% récoltés par la liste LR conduite par François-Xavier Bellamy “sont évidemment un choc majeur pour notre famille politique. Nous n’avons pas été capables de parler aux Français, nous avons subi une défaite amère, il ne s’agit pas de faire semblant sur l’ampleur de la remise en cause que cela représente pour Les Républicains”.

La présidente de l’Île-de-France Valérie Pécresse, qui a déclaré lundi matin qu’à la place de Laurent Wauquiez, elle démissionnerait de la présidence du parti, assistait à ce bureau politique, de même que le patron des députés LR Christian Jacob. En étaient en revanche absents le président du Sénat Gérard Larcher et le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Européennes : un échec personnel pour Macron pour près de deux Français sur trois, selon un sondage

71% des Français interrogés estiment qu’Emmanuel Macron a eu tort de s’investir en fin de campagne pour “critiquer le Rassemblement national” et “inciter les électeurs à voter” afin de faire barrage “aux populistes”. 

Près de deux Français sur trois (63%) jugent que la courte défaite de LREM, arrivée deuxième derrière le RN aux européennes, est un échec personnel pour Emmanuel Macron, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting publié lundi. 36% des sondés estiment le contraire et 1% ne se prononce pas dans cette enquête pour France Info et Le Figaro.

Pour 71% de Français, le chef de l’État a eu tort de s’investir lors de la fin de la campagne pour “critiquer le Rassemblement national” et “inciter les électeurs à voter” afin de faire barrage “aux populistes”. 28% considèrent qu’il a bien fait de le faire pour être en cohérence avec ses convictions (1% NSP).

La majorité des sondés réclament un remaniement

Après la courte défaite de sa liste – 22,41% contre 23,31% pour celle du Rassemblement national -, le chef de l’État doit procéder à un remaniement selon une majorité de sondés (58%). 50% d’entre eux sont en revanche opposés à un changement de Premier ministre, alors que 49% souhaitent le départ d’Édouard Philippe de Matignon. Pour près de trois Français sur quatre (72%), le Président doit surtout changer de politique.

Enquête réalisée en ligne lundi auprès de 980 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur: 2,5 points