La France a connu son après-midi la plus chaude pour un mois de février

Avec au moins 20,9°C en moyenne, l’après-midi de mercredi est la plus chaude jamais enregistrée un mois de février.

La France a battu mercredi le record de l’après-midi la plus chaude pour un mois de février, avec au moins 20,9°C en moyenne, une température digne d’un mois de mai, a indiqué Météo-France sur Twitter.

 

Le dernier record datait de 1960.

Cette température moyenne record sur le pays était celle relevée à 16h et était encore susceptible d’augmenter dans l’après-midi, mais elle améliore déjà le précédent record qui datait du 28 février 1960, avec 20,2°C en moyenne sur le territoire métropolitain.

Une douceur exceptionnelle s’est installée depuis quelques jours sur l’Europe de l’Ouest, notamment en France, un signe probable du réchauffement climatique, selon les experts. Plusieurs pays ont battu le record absolu de température pour un mois de février, voire pour un jour d’hiver, comme le Royaume-Uni avec 21,2°C près de Londres mardi.

En France, le record absolu pour février est “très élevé et difficile à battre parce qu’il a eu lieu dans des conditions particulières”, a expliqué Étienne Kapikian, prévisionniste à Météo-France. Le 29 février 1960, le mercure était en effet monté à 31,2°C à Saint-Girons (Ariège) en raison d’un “effet de foehn”, phénomène météorologique provoqué par la rencontre entre de l’air chaud remontant du Maroc et la chaîne des Pyrénées.

Des records battus en Bretagne et dans les Pyrénées-Orientales.

De nombreux records locaux ou régionaux pour un mois de février ont en revanche été battus ces derniers jours, avec par exemple le record de Bretagne battu avec 21,0°C à Pleyber-Christ. Mercredi, les Pyrénées-Orientales ont enregistré leur record pour un mois de février, avec 27,7°C à Eus, selon Météo-France.

 

La Haye porte à 14% sa part dans Air France-KLM

Avec 14% des parts, le gouvernement néerlandais en détient désormais presque autant que la France. 

Le gouvernement néerlandais a annoncé mercredi avoir achevé son opération de rachat de parts d’Air-France KLM et en détenir 14%, presque autant que la France, dans une action visant à contrer l’influence de Paris dans le groupe de transport aérien.

La participation des Pays-Bas valorisée à 744 millions d’euros

“L’État néerlandais a pris une participation de 14% dans Air France-KLM”, a annoncé le gouvernement néerlandais dans un communiqué, au lendemain de l’annonce surprise d’un rachat de 12,68% des parts. Sa participation est désormais valorisée à 744 millions d’euros, a-t-il ajouté, précisant que “l’opération de rachat de parts d’Air-France-KLM est achevée”.

La France détient quant à elle une part de 14,3% dans la compagnie aérienne. Quelques heures plus tôt, assurant que Paris n’avait “pas été informé de cette décision et de sa mise en oeuvre”, Emmanuel Macron a appelé les Pays-Bas à “clarifier” leurs intentions, estimant que “ce qui importe c’est que l’intérêt de la société soit préservé”. Le ministre de l’Economie français Bruno Le Maire recevra son homologue néerlandais en fin de semaine, selon Paris.

Air France-KLM sera “très vigilant”

Du côté d’Air France-KLM, un conseil d’administration exceptionnel du groupe franco-néerlandais s’est réuni mercredi et a appelé à la “vigilance”.

Selon le quotidien De Volskrant, le Premier ministre Mark Rutte a personnellement averti le président français tandis que le ministre des Finances néerlandais a appelé Bruno Le Maire, mais une fois l’opération terminée. Ce dernier a critiqué une “décision incompréhensible et inattendue”, estimant que “dans un environnement extrêmement concurrentiel”, l’objectif devait “rester le même pour les Pays-Bas comme pour la France : le renforcement d’Air France-KLM”.

La Haye promet d’être “un actionnaire actif”

“La position de KLM s’est sans cesse érodée ces derniers mois”, a déploré le ministre néerlandais Wopke Hoekstra en annonçant l’opération mardi. “Nous avons désormais le pouvoir de vote”, a-t-il déclaré, promettant d’être un ‘”actionnaire actif”. Pour De Volkskrant, le gouvernement s’est senti contraint d’investir dans Air France-KLM, jugeant son influence insuffisante pour protéger les intérêts nationaux. La Haye craint qu’à terme, une grande partie des vols de KLM ne soit transférée à Paris, ce qui ferait perdre à l’aéroport de Schiphol sa fonction de hub, selon la ministre de l’Infrastructure néerlandaise Cora van Nieuwenhuizen.

A la Bourse de Paris, l’action Air France-KLM a plongé de 11,74% à 11,24 euros mercredi, certains opérateurs craignant une “escalade de tensions”.

Foot : Nantes saisit la Fifa pour le paiement du transfert d’Emiliano Sala à Cardiff

Le club nantais a saisi la Fifa pour obtenir le paiement du transfert d’Emiliano Sala, mort dans un accident d’avion alors qu’il devait rejoindre Cardiff. 

Le FC Nantes a saisi la Fifa pour obtenir du Cardiff City FC le paiement du transfert de l’attaquant argentin Emiliano Sala, suspendu par le club gallois,a confirmé mercredi l’organisation. “Nous pouvons confirmer que nous avons reçu (mardi) soir une plainte du FC Nantes contre Cardiff en lien avec le transfert d’Emiliano Sala”, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la Fifa. “Nous étudions cette affaire et nous n’avons par conséquent aucun autre commentaire à faire pour le moment”, a-t-il ajouté.

Cardiff a décidé de ne pas payer le premier tiers

Après la mort du joueur dans un accident d’avion, Cardiff avait décidé de ne pas honorer un premier versement de 6 millions d’euros sur les 17 du montant total du transfert, alors qu’il avait été validé par les autorités footballistiques avant l’accident. Nantes avait envoyé début février un courrier laissant dix jours à Cardiff pour régler ce premier tiers avant d’entamer une procédure devant la Fifa, conformément au règlement de l’institution.

De son côté, le club gallois avait indiqué vouloir attendre les premières conclusions du rapport d’enquête sur l’accident pour voir si une partie des responsabilités pouvait être imputées aux Canaris, justifiant une révision à la baisse de ce transfert record pour les “Bluebirds”. Cardiff estimait également que, le vol ayant été organisé par Mark McKay, fils de l’intermédiaire Willy McKay mandaté par Nantes pour trouver un club anglais à Sala, les Jaune et Vert étaient concernés par l’organisation du vol fatal.

Nantes avait fait valoir qu’un Certificat international de transfert (CIT), enregistrant la mutation de Sala de Nantes à Cardiff, avait été émis avant l’accident et que l’avant-centre n’était donc plus sous sa responsabilité. Selon un premier rapport d’enquête provisoire publié lundi, l’appareil transportant Sala et piloté par David Ibbotson, toujours porté disparu, ne semblait pas avoir les autorisations pour effectuer un vol commercial. Il n’est même pas certain que le pilote ait eu l’autorisation pour voler de nuit, toujours selon le rapport provisoire.

Le corps d’Emiliano Sala avait été retrouvé à bord de l’épave de l’avion et récupéré le 7 février, plus de deux semaines après la disparition de l’appareil dans la Manche, au large de l’île de Guernesey.

GB : le Parlement appuie la nouvelle stratégie de May, qui pourrait impliquer un report du Brexit

Les députés britanniques ont avalisé mercredi la nouvelle stratégie de Theresa May sur le Brexit, qui pourrait déboucher sur un report de la date du divorce, prévu pour le 29 mars.

Les députés britanniques ont apporté leur soutien mercredi à la nouvelle stratégie de Theresa May sur le Brexit, qui pourrait déboucher sur un report de la date du divorce, prévu pour le 29 mars.

Un nouveau vote avant le 12 mars

Selon ce plan exposé la veille, la Première ministre britannique va soumettre une nouvelle fois au vote du Parlement, le 12 mars au plus tard, l’accord de divorce qu’elle a conclu avec Bruxelles, avec les concessions qu’elle aura pu négocier pour faire passer la pilule. Cet accord avait été massivement rejeté mi-janvier. Si les députés le recalent de nouveau, elle leur demandera le 13 mars s’ils veulent sortir de l’UE sans accord. S’il refusent, elle leur soumettra le 14 mars une proposition de report “limité” du Brexit, une idée à laquelle elle s’était jusqu’ici toujours déclarée opposée.

520 voix pour, 20 contre

Les députés ont voté pour un amendement des conservateur Oliver Letwin et travailliste Yvette Cooper qui vise à ancrer la proposition de la Première ministre d’un report du Brexit, en réclamant “les mesures légales nécessaires pour modifier la date de sortie” de l’UE, par 502 voix contre 20. La dirigeante conservatrice a dû se résoudre à envisager le report face aux menaces de démission de plusieurs membres de son gouvernement qui refusent la possibilité d’une sortie sans accord.

L’UE prête à une condition

Côté européen, on se montre prêt à le concéder à la condition d’avoir la certitude de sortir de l’impasse actuelle.”Nous ne pourrons en aucun cas accepter une extension sans une perspective claire sur l’objectif poursuivi”, a déclaré le président français Emmanuel Macron, rappelant que l’accord de retrait ne pourrait pas être renégocié.  Même son de cloche du côté du négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, qui a estimé un report possible, à condition que les Britanniques expliquent à quoi ils veulent employer le temps supplémentaire alloué. L’objectif de l’Europe sera d’être “sûre de ne pas se retrouver dans une impasse comme aujourd’hui” à la fin de cette éventuelle prolongation, a-t-il déclaré, ajoutant : “Objectivement, on n’a pas besoin de plus de temps, on a besoin de décisions”.

Theresa May, selon qui cette prolongation ne pourrait pas aller au-delà de juin à cause des élections européennes, espère ne pas en arriver là. Convaincue que son accord peut encore passer, elle a exhorté les élus à “faire leur devoir afin que le pays puisse aller de l’avant”, dans une tribune publiée par le tabloïd Daily Mail.

Un nouvel amendement pour demander un deuxième référendum

Les députés ont recalé l’amendement du chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn, qui demandait le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE après le Brexit. Jeremy Corbyn se prépare donc désormais à présenter un nouvel amendement réclamant un deuxième référendum, comme promis à ses troupes largement pro-UE. “Nous allons soutenir un vote populaire pour éviter le Brexit nuisible des Tories ou une absence d’accord désastreuse”, a-t-il déclaré. Le leader travailliste s’était gardé jusqu’ici de proposer une nouvelle consultation des Britanniques, conscient que l’idée divise aussi à l’intérieur de son parti, où de nombreux députés ont vu leur circonscription voter pour un départ de l’UE. Mais le départ de sa formation de plusieurs élus pro-UE la semaine dernière a modifié sa position.

Les parlementaires ont en revanche approuvé un amendement du député conservateur Alberto Costa destiné à chercher la conclusion d’un traité avec Bruxelles pour protéger les droits des citoyens européens en cas de sortie sans accord. Le nouveau plan de Theresa May avait recueilli dès son annonce mardi le soutien des membres du Parti conservateur effrayés par l’hypothèse d’une sortie sans accord, particulièrement redoutée dans les milieux économiques.

Le “no deal” sur la table

Dans un avis rendu public mardi, le gouvernement a d’ailleurs rappelé que sans accord, la croissance de l’économie britannique serait d’ici quinze ans de 6,3 à 9% inférieure à celle que le pays pourrait espérer en cas de maintien dans l’UE. Le ministre chargé du Brexit, Stephen Barclay, a toutefois souligné sur la BBC que le “no deal” était “toujours sur la table”, ajoutant : “Ce sera au Parlement de décider”. La possibilité d’un report a en revanche provoqué la colère des conservateurs partisans d’une rupture nette avec l’UE. Le député Jacob Rees-Mogg y a vu un “complot” pour arrêter le Brexit.

Européennes : LREM et le RN au coude-à-coude

La République en Marche et le Rassemblement national recueilleraient 22% aux européennes, selon un sondage Elabe. 

A trois mois des élections européennes, La République en Marche et le Rassemblement national sont au coude-à-coude avec 22% d’intentions de vote et une éventuelle liste “gilets jaunes” s’effondre, selon un sondage Elabe diffusé mercredi. A 22% dans l’hypothèse où il n’y aurait pas de liste “gilets jaunes”, le RN progresse de 1,5 point en un mois, alors que LREM alliée au MoDem, également créditée de 22% (-1,5), en cède autant.

Seulement 3% pour une éventuelle liste “gilets jaunes”

Dans l’hypothèse de la présence d’une liste “gilets jaunes”, celle-ci ne recueillerait que 3% si le scrutin avait lieu dimanche, soit 10 points de moins que lors d’un précédent sondage fin janvier, selon cette enquête pour BFMTV. Dans ce cas de figure, LREM serait également à 22% (-0,5) et le RN progresserait de 4 points à 21,5%. Sans liste “gilets jaunes”, Les Républicains sont crédités de 13% (+0,5) devant Europe Ecologie Les Verts (10%, +1), La France insoumise (8%, -1,5), Debout la France (5,5%, +0,5) et le Parti socialiste (5%, -1).

La liste Générations recueille 3% (+1) d’intentions de vote, celles du Parti communiste 2,5% (+0,5%) et de l’UDI 2% (-1). Les autres sont à 1%. Le potentiel de participation au scrutin de 26 mai progresse avec 41% des personnes inscrites sur les listes électorales qui se disent certaines d’aller voter, soit 11 points de plus qu’il y a un mois. En 2014, la participation s’est élevée à 42% en France.

*Enquête réalisée en ligne du 25 au 27 février auprès de 1.201 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,2 à 2,8 points.

Ford confirme qu’il rejette l’offre de reprise pour son site de Blanquefort

Le constructeur automobile Ford a confirmé lundi qu’il refusait la dernière offre de reprise pour l’usine de Blanquefort, privilégiant un plan social “permettant aux salariés d’avoir le plus de visibilité sur leurs options à venir”, a déclaré un porte-parole de l’entreprise.

Le constructeur automobile Ford a confirmé lundi qu’il refusait la dernière offre de reprise de Punch Powerglide pour son usine de Blanquefort, près de Bordeaux, et qu’il continuait de privilégier un plan social pour les 800 salariés du site.

Le plan social reste privilégié

“Ce [lundi] matin, Ford a confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel et rester concentré sur l’approbation du plan social, permettant aux salariés d’avoir le plus de visibilité sur leurs options à venir”, a déclaré un porte-parole de l’entreprise. La fermeture prochaine de l’usine Ford de Blanquefort semble désormais très probable.

Le délégué interministériel aux restructurations d’entreprises Jean-Pierre Floris avait déjà annoncé vendredi ce choix de Ford aux syndicats de l’entreprise qui en avaient informé les médias. Mais, ni l’entreprise, ni Bercy, qui s’est beaucoup impliqué dans ce dossier, ne l’avaient confirmé jusqu’ici.

“Si cette décision de Ford devait être confirmée, nous exigerions de l’entreprise qu’elle prenne toute ses responsabilités sociales et financières vis-à-vis de ses salariés et du site industriel”, avait simplement déclaré un responsable au ministère des Finances, laissant entendre que le gouvernement se résignait à voir fermer l’usine.

Une fermeture de plus en plus probable

Selon une source proche du dossier, une réunion prévue lundi en fin d’après-midi à Bercy devrait être l’occasion d’entériner cette fermeture, en l’absence de repreneur solide et faute d’accord de Ford pour une solution alternative. L’administration ayant rejeté fin janvier le plan social de Ford, le gouvernement avait profité du répit pour faire pression sur tous les acteurs afin de trouver une solution

Une offre qui ne paraissait pas à la hauteur

La nouvelle offre de reprise de Punch Powerglide, jamais détaillée, avait été annoncée triomphalement par Bercy lundi dernier. Ford avait déjà rejeté une première proposition à la mi-décembre en expliquant qu’elle ne lui paraissait pas assez solide, et affirmant qu’un plan social serait plus avantageux pour les salariés.

De fait, même les syndicats se montraient “inquiets” face à l’offre de Punch qui maintenait en gros la moitié des emplois, mais n’était pas accompagnée de lettres d’intention de clients, faisant redouter un carnet de commandes insuffisant pour faire tourner cette usine de boîtes de vitesse.

Après le rejet de la première proposition de reprise, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait eu des mots très durs contre Ford, qualifiant sa décision de “trahison”, puis n’écartant pas une nationalisation provisoire du site. Cette option ne semblait plus sur la table lundi.

Les allocations chômage des cadres bientôt révisées ?

Selon une information de nos confrères des “Échos”, le gouvernement envisage de mettre en place une dégressivité des allocations pour les hauts salaires des cadres.

Le gouvernement envisage de réviser les règles des allocations chômage des cadres supérieurs, selon une information des Échos, lundi. Deux pistes seraient actuellement étudiées : réduire d’un tiers le plafond des indemnités des cadres ou instaurer la dégressivité.

Un plafond fixé à 4.800 euros d’allocations par mois ?

Le gouvernement donnera mardi des précisions de calendrier et de méthode sur la suite de la réforme de l’assurance chômage, revenue entre les mains de l’exécutif après l’échec de la négociation entre les partenaires sociaux, a indiqué Muriel Pénicaud dimanche sur LCI. Le gouvernement considère que les cadres ont moins de difficultés à retrouver un emploi en cas de licenciement. Fin septembre déjà, Édouard Philippe avait évoqué la possibilité que ceux qui touchent des “salaires très élevés” ou qui ont une “très forte employabilité”, voient leurs allocations chômage diminuer dans le temps.

Selon Les Echos, l’allocation chômage versée aux cadres pourrait être plafonnée à 4.800 euros par mois, contre environ 7.700 euros aujourd’hui.

Des indemnisations supérieures à ce qui est pratiqué ailleurs

Interrogé à ce propos lundi matin sur RTL, le chef de file de La République en Marche à l’Assemblée nationale Gilles Le Gendre a indiqué “qu’il est évident que les cadres supérieurs connaissent un taux de chômage très modeste et une période de chômage très brève. Aujourd’hui, ils sont indemnisés dans des proportions et dans des niveaux supérieurs à tout ce qui est constaté dans les autres pays.” “Il y a d’autres dysfonctionnements auxquels nous avons envie et la nécessité de nous attaquer”, a-t-il déclaré, sans plus de détails.

Dette : les entreprises face à un pic de remboursements, selon l’OCDE

Les émissions obligataires des entreprises à travers le monde ont doublé depuis 2008 et la crise financière. 

Les entreprises à travers le monde, dont les émissions obligataires ont doublé depuis 2008, font face à un mur d’échéances de remboursement dans les trois prochaines années, s’inquiète l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans une étude publiée lundi.

4.000 milliards de dollars doivent être refinancés ou remboursés

Le volume total de la dette contractée sous forme d’obligations par des sociétés non financières s’élevait à la fin 2018 à 13.000 milliards de dollars, soit plus de 4,5 fois le PIB de la France, selon ce document. Près d’un tiers, soit 4.000 milliards de dollars, doit être refinancé ou remboursé au cours des trois prochaines années.

Les investisseurs susceptibles d’y contribuer ont mis un coup de frein à leurs achats et “les émissions nettes globales d’obligations d’entreprises ont diminué de 41% en 2018 par rapport à 2017″, constate l’OCDE. Dans le cas d’un ralentissement, les sociétés fortement endettées auraient des difficultés à honorer leurs échéances, ce qui provoquerait en retour de moindres investissements et des ratios de défauts plus élevés qui pourraient aggraver les effets du retournement” conjoncturel, met en garde l’organisation. L’OCDE souligne qu’en 2018, l’appétit des investisseurs a diminué pour les obligations les plus risquées et donc les plus mal notées et que “la seule autre année durant laquelle cela s’était produit au cours des deux dernières décennies est 2008”, l’année de la crise financière.

“Dégradation continue de la qualité des obligations”

Au moment où davantage de dettes vont devoir être remboursées ou refinancées, l’OCDE relève “une dégradation continue de la qualité des obligations” en dix ans. Ainsi, la part des titres notés BBB, soit la note située juste au-dessus de la limite en deçà de laquelle le risque de faillite est considéré comme élevé, est passée d’environ 30% en 2008 à près de 54% dix ans plus tard. L’organisation internationale ajoute que cette évolution s’est faite au détriment des obligations les mieux notées (AAA ou AA).

La Chine est devenue le deuxième émetteur d’obligations mondial

Le gonflement des émissions au cours de la décennie passée a notamment été tiré par les entreprises chinoises, qui occupaient encore une place négligeable au début de la crise financière et sont devenues dès 2016 le deuxième émetteur d’obligations au niveau mondial. La Chine, également confrontée à un ralentissement de sa croissance et à une explosion de la dette des ménages, a annoncé à la mi-février un durcissement des contrôles sur les dettes d’entreprises alors que se multiplient les défauts de paiement. En Europe, l’importance du marché obligataire français a fortement progressé jusqu’à atteindre le même niveau que le britannique, à un peu plus de 20% du marché européen.

L’étude de l’OCDE s’est appuyée sur une base de données de 85.000 émissions de dettes d’entreprises non financières basées dans 114 pays.

Ligue 1 : Monaco met Lyon K.O

L’AS Monaco a battu l’OL dimanche soir à domicile (2-0), en clôture de la 26ème journée de Ligue 1. Cette victoire permet aux Monégasques de remonter à la 16ème place et de s’éloigner la zone rouge.

C’est une victoire de prestige pour une équipe de Monaco qui confirme son retour en forme. Les Monégasques ont battu l’Olympique Lyonnais (2-0) dimanche soir au stade Louis II, en clôture de la 26ème journée de Ligue 1.

Subasic repousse un penalty de Depay

Gelson Martins (18e) et Rony Lopes (27e) ont permis aux Monégasques de dessiner les contours de cette victoire en première période. Après la pause, c’est Danijel Subasic qui a maintenu son équipe à flot en repoussant un penalty de Memphis Depay (71e).

Un succès qui permet aux joueurs de la Principauté de prendre leurs distances avec la zone rouge (+5 points) et de remonter à la 16ème place. Les Lyonnais conservent quant à eux la troisième place mais comptent désormais cinq points de retard sur Lille, dauphin du PSG, qui a ramené un point de Strasbourg (1-1), vendredi.

Algérie : quelles autres voies possibles face à Abdelaziz Bouteflika ?

Depuis dix jours, les Algériens crient leur refus de voir leur président, Abdelaziz Bouteflika, briguer un cinquième mandat. Mais l’échéance approche, et les solutions de repli peinent à émerger.

Comment un mouvement né sur les réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical, peut-il réussir à peser face au pouvoir en place ? La question n’agite pas seulement les “gilets jaunes” en France. Des dizaines de milliers d’Algériens, réunis dans les rues autour du seul mot d’ordre “Non au cinquième mandat” d’Abdelaziz Bouteflika, aimeraient bien eux aussi y trouver une réponse. Si le sort du pays se jouera dans les urnes, comme a prévenu lundi le Premier ministre du pays, l’opposition peine à s’engouffrer dans la brèche. Et le temps presse : le scrutin présidentiel est prévu le 18 avril. Les candidats, eux, ont jusqu’à dimanche pour se manifester.

Un avenir flou pour un mouvement dépolitisé

Depuis les émeutes historiques d’octobre 1988, ayant notamment débouché sur le multipartisme, jamais une mobilisation populaire n’avait eu une telle ampleur en Algérie. Ce qui frappe cette fois, c’est sans doute la soudaineté de la contestation, en grande partie née sur Facebook. Dans les rues, ni syndicats, ni partis. Ici, les manifestants sont avant tout des jeunes. Des jeunes dépolitisés.

“D’après les études, seuls 1% des jeunes Algériens sont membres d’un parti politique”, rappelle à l’AFP Louisa Dris-Aït Hamadouche, professeure de sciences politiques à l’Université Alger 3. “Cela ne présage pas de l’émergence d’un discours politique”. D’autant que leurs revendications ne sont absolument pas sociales ou économiques. “Les manifestants ont dit clairement ce dont ils ne voulaient pas, mais ils n’ont pas dit ce qu’ils voulaient”, remarque d’ailleurs Louisa Dris-Aït Hamadouche.

Mouwatana, un collectif d’intellectuels pas si populaire

Si vendredi, la longueur des cortèges a marqué les esprits, notamment dans le centre d’Alger, où il est interdit de manifester depuis 2001, dimanche, premier jour de la semaine en Algérie, la mobilisation a été bien plus faible. Peut-être parce que les protestataires se réunissaient cette fois à l’appel du collectif Mouwatana.

Fondé en juin 2018, le mouvement, dont le nom signifie “citoyenneté” en arabe, peine traditionnellement à mobiliser au-delà de son milieu d’origine : partis d’opposition, militants associatifs, journalistes, avocats, artistes… “Vendredi, c’était populaire. Mouwatana, c’est un peu plus élitiste”, expliquait alors à l’AFP le sociologue algérien Nacer Djabi.

Lundi, une centaine d’avocats se sont d’ailleurs rassemblés devant un tribunal de la capitale, brandissant des affiches sur lesquelles était inscrit : “Les avocats avec les citoyens”. Les deux mouvements peuvent converger. Mais tous les contestataires ne se rassembleront pas derrière Mouwatana.

Une opposition trop divisée

Tous ne se rassembleront pas, non plus, derrière un candidat unique pour contrer Abdelaziz Bouteflika. Malgré quelques mairies et environ un tiers des députés, l’opposition ne pèse déjà pas bien lourd face au tout-puissant Front de libération nationale (FLN)… L’absence d’accord entre les différentes factions tend encore à les décrédibiliser.

Après plus de quatre heures de débat mercredi dernier, les responsables de plusieurs partis, parmi lesquels des candidats déclarés à la présidentielle, n’ont ainsi pas réussi à trancher, ni sur un profil à présenter, ni sur un éventuel un boycott collectif du scrutin. “Les négociations vont se poursuivre entre les différents acteurs opposés à la politique du fait accompli”, écrivent-ils dans un communiqué, sans autre détail.

L’idée de ces discussions a été lancée par Abdallah Djaballah, président du Front pour la justice et le développement (FJD, islamiste) et ancien candidat à la présidentielle de 2004 face à Abdelaziz Bouteflika. Ali Benflis, ancien Premier ministre de Bouteflika, devenu son principal adversaire lors des présidentielles de 2004 et 2014, a lui aussi participé à la réunion, tout comme Abderrazak Makri, chef et candidat désigné du Mouvement de la société pour la paix (MSP, principal parti islamiste), qui ne cesse de répéter depuis l’annonce de sa candidature que si les élections se déroulaient sans trucage, il sortirait le premier du scrutin.

Preuve s’il en est de la difficulté de se rassembler, un autre candidat déclaré, le général à la retraite Ali Ghediri, arrivé il y a quelques mois de façon fracassante sur la scène politique algérienne, avait quant à lui décliné l’invitation, sans aucune explication. Deux partis historiques de l’opposition algérienne, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), n’avaient eux pas été invités, ces deux formations laïques ayant annoncé boycotter la présidentielle. Louisa Hanoune, cheffe du Parti des Travailleurs (PT, extrême-gauche) et candidate lors des trois précédents scrutins présidentiels ? Pas conviée non plus.

Rachid Nekkaz, le “candidat” qui monte

Encore un qui n’était pas de la partie. Et pour cause : Rachid Nekkaz, un homme d’affaires de 47 ans, originaire du Val-de-Marne, mène sa barque en solitaire, fort de son million et demi d’abonnés sur Facebook. Partout où il se rend ces derniers jours, le natif de Villeneuve-Saint-Georges semble galvaniser les foules. Jusqu’à déranger le pouvoir en place. Samedi, à Alger, il s’est ainsi fait expulser de la manifestation par plusieurs hommes en civil, “des policiers”, selon son directeur de campagne. Quatre jours plus tôt, une commune de province lui interdisait l’accès à sa mairie, rapporte même Le Parisien. En réponse, ses partisans ont décroché un immense portrait d’Abdelaziz Bouteflika.

En France, Rachid Nekkaz n’est pas vraiment un inconnu. Son combat contre les PV anti-burqa et l’interdiction du burkini l’ont rendu assez médiatique, tout comme ses nombreux coups d’éclat. En 2007 notamment, il déchire, en direct à la télévision, le parrainage d’un maire qu’il venait d’acquérir aux enchères, en vue de l’élection présidentielle. “Je ne suis pas prêt à tout pour être candidat”, lâchait-il à l’époque sur LCI. Cette fois-ci, comme en 2012 d’ailleurs, il n’obtient pas le nombre suffisant de signatures.

En 2013, le Franco-Algérien rend son passeport français pour pouvoir se présenter de l’autre côté de la Méditerranée. La Constitution exige en effet que les candidats à la présidentielle aient exclusivement la nationalité algérienne. Sa candidature ne sera toutefois pas validée… Selon Rachid Nekkaz, le véhicule qui transportait ses formulaires de parrainage se serait tout bonnement perdu.

Cette année, la Constitution pourrait encore lui jouer des tours. Depuis 2016, les candidats doivent en effet apporter la preuve d’une résidence permanente exclusive en Algérie durant un minimum de dix ans, et ne jamais avoir acquis une nationalité étrangère. “Rachid Nekkaz, qui arrive à mobiliser chaque jour des foules impressionnantes, est-il devenu le nouvel homme à abattre ?”, se demande le site francophone “Tout sur l’Algérie” (TSA), avant d’y répondre : “peut-être, mais on se demande s’il n’est pas déjà trop tard”.

Et si Bouteflika n’y allait pas ?

Dans les faits, les manifestants n’ont finalement pas tant d’autres espoirs que celui du renoncement d’Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. L’entourage du président, âgé de 81 ans et affaibli par les séquelles d’un AVC dont il a été victime en 2013, est en effet confronté à un choix crucial : passer en force ou désigner un autre candidat.

Si tel était le cas, la porte de sortie pourrait être médicale pour le chef d’État. Selon le site Alg24, Abdelaziz Bouteflika est d’ailleurs arrivé à Genève dimanche soir pour y passer des examens. Mais rien n’indique pour l’heure un tel scénario, surtout après les déclarations du Premier ministre, lundi. Aux cris de “Ni Bouteflika, ni Saïd”, les manifestants ont par ailleurs déjà prévenu : s’ils ne veulent pas d’Abdelaziz Bouteflika, ils ne veulent pas non plus de son frère, souvent perçu comme son successeur potentiel. Pour rappel, en 2014, Abdelaziz Bouteflika avait été réélu pour un quatrième mandat avec plus de 80% des suffrages, comme à chaque fois depuis 1999.