“Gilets jaunes” : 27.900 manifestants en France, dont 9.000 à Paris

Les “gilets jaunes” s’étaient donné rendez-vous pour leur 23ème journée de mobilisation à Paris, où ont éclaté quelques incidents près de la place de la République, mais loin des violences redoutées par les autorités. 

Après plus de cinq mois de mobilisation, les “gilets jaunes” étaient de nouveau dans la rue samedi. Cet “acte 23” a été marqué par des incidents dans la capitale, où le rendez-vous avait été fixé. Alors que les autorités redoutaient de grandes violences et de la casse, les moyens policiers mis en place ont sans doute dissuadé les manifestants les plus virulents de passer à l’acte.

Incidents et dégâts à Paris

Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées dans la matinée sous un grand soleil, à Bercy, avant de s’élancer vers midi en direction de la place de la République. D’autres manifestants se sont retrouvés vers la gare du Nord pour se rendre près de la basilique Saint-Denis, dans le 93. Ce second cortège s’est déroulé sans incident.

En revanche, des échauffourées ont émaillé le cortège de la manifestation principale, notamment dans le 11ème arrondissement. Arrivés près de la place de la République, les manifestants ont été contenus et un face-à-face tendu a opposé un groupe d’une centaine de personnes avec des forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont procédé à plusieurs charges, sous le regard passif de “gilets jaunes” en retrait de ces violences.

Au milieu de scooters et de poubelles incendiés, des manifestants ont jeté bouteilles et autres projectiles en direction des forces de l’ordre. Certains criaient “Suicidez-vous, suicidez-vous”, alors que la police nationale est touchée par une vague de suicides sans précédent depuis le début de l’année. D’après le ministère de l’Intérieur, quatorze membres des forces de l’ordre ont été blessés. Des vols ont également été constatés, notamment dans un magasin GoSport et un Franprix du quartier.

227 interpellations, 163 gardes à vue

Si les autorités s’attendaient au pire, les moyens policiers mis en place ont peut-être dissuadé un certain nombre de casseurs de passer à l’acte, et les violences sont restées malgré tout assez contenues. 60.000 gendarmes et policiers avaient été déployés sur tout le territoire, dont 6.700 dans la capitale.

À Paris, la police a procédé à 227 interpellations, dont 163 ont conduit à une garde à vue (dont six concernaient des mineurs), selon le parquet de Paris. Plus de 20.000 contrôles préventifs ont par ailleurs été réalisés dans la capitale – les autorités s’appuyant sur la nouvelle loi anti-casseurs -, et certains se sont révélés fructueux. Six “black blocs” ont été ainsi interpellés par la BAC alors qu’ils étaient en possession de de cocktails Molotov, de pétards, ou encore de fusées d’artifice, rangés dans un sac de pompiers.

Pour cet “acte 23”, des défilés ont également eu lieu dans plusieurs villes en régions, et se sont tous déroulés sans incident notable. À Bordeaux, traditionnelle place forte du mouvement, une petite foule s’est rassemblée place de la Bourse avant d’entamer un itinéraire canalisé par des forces de police très mobiles, bloquant les accès à l’hypercentre. À Toulouse, des milliers de personnes se sont rassemblées en début d’après-midi place Jean-Jaurès, précédées par des dizaines de motards en gilet jaune, et quelques tirs de gaz lacrymogène ont été constatés.

D’après les informations d’Europe 1, certains militants les plus extrêmes, notamment parmi les “black blocs”, se réserveraient pour “frapper” un grand coup lors des manifestations du 1er-Mai.

Une mobilisation en baisse

Selon le ministère de l’Intérieur, environ 27.900 personnes ont manifesté samedi partout en France, dont 9.000 à Paris, des chiffres en baisse par rapport à la semaine dernière. Lors de “l’acte 22”, 31.100 manifestants avaient été recensés, dont 5.000 à Paris. Cet “acte 23” est la 2ème journée de mobilisation la plus faible depuis le début du mouvement, alors que seules quatre villes ont rassemblé plus de 1.000 manifestants  Paris, Montpellier, Bordeaux et Toulouse.

Cet “acte 23” intervient à l’issue d’une semaine marquée par l’incendie de Notre-Dame, qui a poussé le chef de l’État à reporter l’annonce de ses mesures pour mettre fin à la crise des “gilets jaunes”. Emmanuel Macron a indiqué qu’il s’exprimerait jeudi prochain. La fuite dans la presse cette semaine des annonces qu’il devait faire initialement lundi soir n’a pas réussi à calmer la grogne sociale. Et l’afflux massif de dons très importants de la part de milliardaires pour aider à la reconstruction de Notre-Dame, a au contraire accentué pour beaucoup le sentiment d’injustice socialedans le pays.