Plus de 200 anti-Linky déboutés à Bordeaux, un “filtre” imposé pour quelques “électro-hypersensibles”

Plus de 200 personnes qui s’opposaient à la pose de compteurs Linky ont été déboutées de leur demande mardi. En revanche, treize d’entre elles ont été considérées comme “électro-hypersensibles” par le tribunal de Bordeaux. Enedis devra ainsi poser chez elles “un filtre les protégeant des champs électromagnétiques”.

Plus de 200 personnes qui s’opposaient à la pose de compteurs Linky à leur domicile ont été déboutées mardi en référé à Bordeaux, avec un bémol pour 13 d’entre elles, considérées comme “électro-hypersensibles”, pour lesquelles le juge a enjoint à Enedis de poser un “filtre” protecteur.

Enedis prévoit de faire appel

Enedis “a prévu de faire appel de cette décision”, a-t-elle précisé en début de soirée. Pour la filiale d’EDF, la décision du tribunal de Bordeaux “conforte aussi bien le principe du remplacement des compteurs que notre démarche d’écoute à l’égard de certains de nos clients qui se déclarent électro-sensibles”. Il s’agit de cas “extrêmement rares pour lesquels nos équipes mettent en oeuvre un accompagnement personnalisé et adapté à chaque situation particulière”, souligne Enedis. La société rappelle que “toutes les mesures réalisées par les organismes indépendants mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques très largement inférieurs aux limites réglementaires”.

Le juge des référés du tribunal de grande instance avait été saisi par 206 requérants, réunis pour certains en associations, qui réclamaient l’arrêt du déploiement ou le retrait de ces “compteurs intelligents” controversés, invoquant des raisons de santé, une atteinte au libre choix, à la vie privée, ou le manque de professionnalisme des poseurs.

Treize des requérants considérés comme “électro sensibles”

Pour le juge, il apparaît que les demandeurs “ne justifient pas de l’existence d’un trouble manifestement illicite, que ce soit par rapport au droit à la consommation ou au RGPD” (Règlement général sur la protection des données). “Ils ne justifient pas davantage d’un dommage imminent, que se soit par rapport à leur santé, à la sécurité des personnes et des biens ou à la qualité du travail demandé aux installateurs”, ajoute-t-il.

En revanche, le juge des référés a considéré que treize des requérants qui avaient, certificats médicaux à l’appui, invoqué des symptômes (maux de têtes, insomnies, notamment) à l’audience en mars, “justifient d’un trouble manifestement illicite par manquement d’un principe de précaution”, car la pose d’un Linky s’est faite chez eux “sans la pose d’un filtre les protégeant des champs électromagnétiques”. Dans leurs cas, il a donc condamné Enedis à poser sous deux mois un “dispositif de filtre les protégeant” de ces champs. Les demandeurs ont été déboutés de leurs autres demandes et la procédure va suivre son cours sur le fond.

Une “première brève” ouverte

Leur avocat Me Pierre Hurmic a salué “une première brèche dans ce qui était jusqu’à présent la pensée dominante”, à savoir que “les champs électromagnétiques, même quand il y a un ‘cocktail de champs’, il n’y a aucun danger”. “Là, précisement, le juge dit ‘dans certains cas, on peut considérer que cela représente un danger pour la santé publique'”.

Me Hurmic a toutefois regretté une “brèche timide, incomplète”, car elle “n’interdit pas la pose” et “ne concerne que quelques demandeurs”. Il a évoqué la décision “plus audacieuse” du juge des référés à Toulouse en mars, où treize personnes souffrant d’hypersensibilité aux ondes avaient obtenu le droit de ne pas être équipées contre leur gré d’un Linky.

A l’audience, l’avocat d’Enedis avait assuré que les compteurs Linky ne développaient “pas plus d’effet significatif que d’autres objets du quotidien”, tels que les babyphones, prises de smartphones, plaques à induction, le wi-fi, etc.
Le compteur Linky, dont Enedis pilote l’installation pour relever à distance et en direct la consommation, fait l’objet de controverses récurrentes depuis son déploiement en 2015. Vingt-deux tribunaux ont été saisis d’actions conjointes. La grande majorité des plaignants, plusieurs centaines à ce jour, ont été déboutés – à Rennes, a Toulouse, à Bordeaux -, hormis une poignée “d’électrosensibles”.

Renault-Nissan : Emmanuel Macron et Shinzo Abe réaffirment leur “attachement” à l’alliance

Au cours d’un entretien à l’Elysée mardi, Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais ont tenu à réaffirmer leur soutien à l’alliance Renault-Nissan, secouée par l’affaire Ghosn. 

Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont réaffirmé mardi à Paris “leur attachement” à l’alliance Renault-Nissan, bousculée par l’affaire Carlos Ghosn, a rapporté l’Élysée après un entretien suivi d’un déjeuner entre les deux chefs d’État.

Au cours de cet entretien, le président français et le Premier ministre japonais “ont réaffirmé leur attachement à l’alliance Renault-Nissan qui vient de fêter ses 20 ans et qui est un symbole majeur de la coopération industrielle entre la France et le Japon”. “Ce partenariat industriel vient de démontrer sa capacité de résilience, la complémentarité de ses membres et la pertinence de leur projet commun”, a fait valoir la présidence.

L’affaire Ghosn évoquée

Concernant la situation de l’ex-PDG Carlos Ghosn, l’Elysée indique respecter “la souveraineté et l’indépendance de la justice du Japon, qui est un partenaire diplomatique de premier plan et un Etat démocratique”. “Nous sommes néanmoins très vigilants concernant le respect des droits et de l’intégrité de Carlos Ghosn en tant que citoyen français”, ajoute l’Élysée. “Il a été rappelé que Carlos Ghosn a droit au respect de la présomption d’innocence et à la protection consulaire, comme tous les ressortissants français”, conclut l’Élysée.

Déjà sous le coup de trois inculpations pour minoration de déclarations de revenus et abus de confiance aggravé, Carlos Ghosn a de nouveau été inculpé lundi pour des accusations de détournement de fonds de Nissan. Il a aussitôt déposé une demande de libération sous caution.

Ligue 1 : Stéphanie Frappart, première femme désignée arbitre centrale d’un match

Stéphanie Frappart, qui officie en Ligue 2, va être la première femme à arbitrer un match de Ligue 1, dimanche, lors de la rencontre Amiens-Strasbourg. 

Pour la première fois, une femme va diriger un match de Ligue 1 : la pionnière Stéphanie Frappart sera au sifflet pour le match dimanche entre Amiens et Strasbourg, a annoncé mardi la Fédération (FFF), à moins de deux mois de la Coupe du monde féminine en France. Frappart, âgée de 35 ans, officie depuis 2014 en Ligue 2, où elle est la seule à occuper ces fonctions.

Entraînement en vue du Mondial

Si Nelly Viennot a été arbitre assistante pendant dix ans dans l’élite jusqu’en 2007, jamais une femme n’avait été désignée comme arbitre centrale d’un match de première division en France. Cette expérience en L1, dans un match qui oppose le 17e au 10e du championnat de France, entre dans le cadre de sa “préparation” pour le Mondial 2019 (7 juin-7 juillet), où elle est l’une des 27 arbitres nommées par la Fifa.

“La Fifa a invité les Fédérations possédant une arbitre retenue pour ce Mondial féminin, à les préparer dans les meilleures conditions en vue de cette compétition de haut niveau. Leur préparation, technique, athlétique, sera aussi axée sur l’utilisation de l’assistance vidéo, qui sera en fonction lors de cette Coupe du monde”, a expliqué la FFF. “Clément Turpin, retenu par la Fifa comme assistant vidéo pour cette compétition, assistera Stéphanie Frappart sur ce match de Ligue 1”, a poursuivi l’instance.

1.000 femmes arbitres amateures en France

En septembre 2017, l’Allemande Bibiana Steinhaus est devenue la première femme arbitre dans un grand championnat professionnel, à l’occasion du match entre l’Hertha Berlin et le Werder Brême. Elle a continué cette saison à arbitrer en Bundesliga. Tous niveaux confondus, la FFF dénombre 1.000 arbitres féminines, amateures, et compte bénéficier de l’effet de levier du Mondial 2019 pour tendre vers la barre des 1.500 arbitres à moyen terme.

Stéphanie Frappart est la seule femme à pouvoir vivre en partie de ses fonctions d’arbitre, dans “une sorte de semi-professionnalisme avec un fixe mensuel et des indemnités de matches”, a expliqué à l’AFP Pascal Garibian, le patron des arbitres français. Elle travaille encore trois jours par semaine à côté.

Violences sexuelles : les Nobel de la Paix 2018 réclament justice à l’ONU

Un projet de résolution censé intensifier la lutte contre les violences sexuelles lors de conflits, adopté mardi par le Conseil de sécurité de l’ONU, a été vidé de sa substance après la menace de veto des Etats-Unis. 

Les Nobel de la Paix 2018 congolais Denis Mukwege et yazidie Nadia Murad ont appelé mardi le Conseil de sécurité de l’ONU à ce que justice soit rendue aux victimes de violences sexuelles dans les conflits, objet d’une résolution adoptée après amputation de sa substance par les Etats-Unis et la Russie. Au milieu d’un débat sur les violences faites aux femmes, un vote a été organisé sur ce texte après d’ultimes négociations ardues et de nouveaux retraits de mentions dans le texte. Treize pays ont voté en faveur du texte, la Russie et la Chine s’abstenant.

Ces deux pays ont expliqué vouloir combattre les violences sexuelles dans les conflits mais dénoncé “des interprétations laxistes” dans le texte et une lutte “manipulée” pour arriver à créer de nouvelles structures onusiennes et “outrepasser” des mandats déjà approuvés. “Pas une seule personne n’a été traduite en justice pour esclavage sexuel”, avait dénoncé au préalable Nadia Murad en évoquant sa communauté détruite par le groupe djihadiste Etat islamique en Irak et Syrie. “Qu’attend la communauté internationale pour rendre justice aux victimes”, s’est aussi interrogé Denis Mukwege, en demandant l’établissement de tribunaux nationaux ou internationaux dédiés au jugement des coupables de violences sexuelles dans les conflits.

Menace de veto de Washington

Avocate de Nadia Murad et d’autres victimes yazidies, Amal Clooney a aussi déploré la faiblesse de la réponse internationale. Elle a accusé les Etats-Unis et la Russie de s’opposer à la création d’une justice internationale contre ces crimes. Sierra Leone, Cambodge, Rwanda, Bosnie, Nuremberg… Une justice a été rendue pour ces dossiers, a-t-elle rappelé au Conseil de sécurité en le mettant devant ses responsabilités. “Si nous n’agissons pas maintenant, il va être trop tard”, a-t-elle dit, en évoquant la détention actuelle de milliers de combattants du groupe Etat islamique.

A l’origine, le projet de texte allemand voulait établir un groupe de travail formel, mettre en place un “mécanisme” pour aider à faire traduire les coupables en justice et développer la protection des victimes en leur reconnaissant des droits en matière de droits sexuels et reproductifs. La Russie, la Chine et les Etats-Unis se sont opposés à la création du “mécanisme” de justice, le groupe de travail a été balayé, et Washington a menacé d’imposer un veto si des mentions évoquaient les droits reproductifs, craignant un encouragement aux avortements. “Le texte a été réduit à sa portion congrue et il n’y a plus grand chose”, déplore un diplomate. “Les Américains ont pris en otage une négociation à partir de leur idéologie, c’est scandaleux”, abonde un autre diplomate.

Présence sur une liste d’extrême droite : quelle est cette affaire qui bouscule Nathalie Loiseau ?

A un mois des élections européennes, la tête de liste LREM Nathalie Loiseau a tenté mardi d’éteindre l’incendie provoqué par la révélation de sa présence sur une liste d’extrême droite à Sciences Po en 1984.

Elle plaide le manque d’attention, monte au créneau, s’excuse … Mardi, Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM aux élections européennes, a sorti les rames pour tenter de désamorcer la polémique provoquée par la révélation de sa présence sur une liste d’extrême droite à Sciences Po en 1984, dévoilée lundi par Mediapart. Cette année là, elle apparaissait pour des élections dans la grande école parisienne sur la liste “commission paritaire” de l’Union des étudiants de droite (UED), syndicat né sur les cendres du GUD, le Groupe union défense, syndicat étudiant d’extrême droite aujourd’hui dissous.

Cette révélation n’a pas manqué de déclencher un flot de critiques de certains membres de l’opposition contre l’ancienne ministre chargée des Affaires européennes, qui a axé sa campagne sur la lutte contre le populisme. Europe 1 fait le point sur cette affaire.

Qu’a révélé Médiapart ?

Dans son article mis en ligne lundi, on découvre que lors d’élections étudiantes de Sciences-Po, en 1984, Nathalie Loiseau, qui porte encore son nom de jeune fille, Nathalie Ducoulombier, s’était présentée sous l’étiquette UED, un syndicat d’extrême droite. Elle est alors en quatrième année de la filière Prép ENA, qui prépare au concours de l’Ecole nationale d’administration.

Son nom figure parmi ceux de sept autres candidats, dont Christophe Bay, un haut fonctionnaire qui a contribué officieusement au programme de Marine Le Pen en 2017, rappelle Médiapart.

A l’appui, le pure player dévoile un document, la “commission paritaire”de l’Union des étudiants de droite (UED), conservé dans les archives officielles de Sciences-Po Paris. Un listing considéré d’abord comme un faux par les équipes de la tête de liste LREM aux élections européennes, avant que ces derniers reconnaissent son authenticité.

Comment Nathalie Loiseau s’est-elle défendue ?

Contactée lundi par Mediapart, l’ancienne ministre a assuré avoir “complètement oublié cet épisode”. Elle a reconnu avoir “dit oui” lorsqu’on l’avait “approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences Po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes”. “Si ceux qui étaient sur la liste avaient un agenda extrémiste, je ne les ai pas fréquentés, je ne l’ai pas perçu, et si c’est le cas c’est une erreur. Si j’avais identifié des membres du GUD sur cette liste, évidemment que je n’aurais pas accepté d’y figurer”, s’est-elle défendue.

Mais mardi matin, l’ancienne ministre change de ton. Dans un post publié sur sa page Facebook personnelle et relayé par Aurore Bergé, la porte-parole de LREM sur Twitter, elle se défend avec vigueur : “Mediapart est passé à l’attaque (…) Énorme scoop, je viens de la droite. Oui mais voilà, la liste comptait aussi des étudiants qui ont viré à l’extrême droite. C’est possible, je crois la journaliste qui me l’a affirmé, elle suit l’extrême droite depuis des années. Pas moi”, écrit-elle sur Facebook avant de charger Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart. “Venir de la droite, avoir rejoint Emmanuel Macron et combattre l’extrême droite, avoir une chance de la battre le 26 mai, c’est insupportable à Edwy Plenel. Avoir été gaulliste à 20 ans plutôt que maoïste, soutien du terrorisme palestinien et des khmers rouges, c’est insupportable à Edwy Plenel”, poursuit-elle en allusion au passé d’extrême gauche du journaliste, avant d’ajouter : “Joli climat d’inquisition”.

Publiquement, Nathalie Loiseau se veut moins virulente. Elle essaye de rassurer, concède une erreur et cherche à éteindre l’incendie. “Alors oui, il y a 35 ans j’ai accepté par amitié de figurer sur une liste où il y avait des gens de droite, des gaullistes, mais où il y avait aussi des gens d’extrême droite et ça je ne le savais pas. J’aurais dû le vérifier. Je le regrette. C’est une erreur d’il y a 35 ans”, explique-t-elle dans une vidéo diffusée mardi après-midi sur sa page Facebook officielle. “Mais j’ai 35 ans de vie, d’engagement personnel, politique pour porter des valeurs de liberté, de démocratie, de respect, de tolérance. C’est ça toute ma vie, c’est ça qui fait qu’aujourd’hui je suis à la tête d’une liste qui a la chance de battre l’extrême droite, le 26 mai, aux européennes”. Et d’ajouter :” Je ne veux pas laisser salir ni ce que je suis, ni ce qu’est la liste Renaissance”.

 

Comment a réagi l’opposition ?

L’opposition n’a pas manqué de saisir la balle au bond pour mieux la renvoyer en pleine figure de la tête de liste LREM. “Je laisse chaque Français juge de se demander si après de telles révélations, on peut encore faire confiance à une personne comme Nathalie Loiseau, et si après un tel double discours il peut y avoir encore le moindre crédit qui s’attache à ses paroles”, a réagi le président des Républicains, Laurent Wauquiez. “Je ne lui en ferai pas le reproche, je crois que chacun peut avoir son itinéraire”, a estimé pour sa part François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains aux européennes, lui-même cible ces derniers mois de critiques pour son profil conservateur et ses engagements passés. “Mais ça oblige à un peu d’humilité et à un peu de simplicité”, a-t-il ajouté, en critiquant “cet espèce de discours moralisateur” de Nathalie Loiseau consistant à opposer progressistes et populistes dans le cadre de la campagne.

“On a le droit de changer d’avis, mais pour une formation politique qui fait toute sa comm’ autour de l’idée qu’elle constitue LE rempart face à l’extrême-droite, ça fait drôle…”, a abondé la tête de liste PCF Ian Brossat. Certains, comme Lydia Guirous, une des porte-paroles de LR, ont aussi jugé peu crédible le fait que Nathalie Loiseau, étudiante de Sciences Po en “Prep ENA”, ne se soit pas intéressée davantage à la couleur politique de la liste sur laquelle elle était inscrite. “Nathalie, paye ta cotis’ !”, a ironisé de son côté Jordan Bardella, tête de liste Rassemblement national, invité du groupe Nice Matin. “Cela démontre surtout l’imposture autour de ces gens”.

De son côté, La République en marche a tenté de sauver son capitaine à coup de tweets. Le délégué général du parti, Stanislas Guerini, a rappelé sur Twitter qu'”il n’y a jamais eu la moindre ambiguïté sur son engagement” dans “la lutte contre l’extrême droite”. Le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre s’est étonné : “Rien de mieux pour nuire à Nathalie Loiseau qu’une erreur d’aiguillage qui remonte à 35 ans ? Rassurant, non ?”, a-t-il lancé. Reste que la majorité présidentielle se serait bien passée d’une telle séquence. Un ministre s’en agace d’ailleurs auprès d’Europe 1 : “Certes elle avait 20 ans, mais ça la fout mal !”

“Gilets jaunes” : 27.900 manifestants en France, dont 9.000 à Paris

Les “gilets jaunes” s’étaient donné rendez-vous pour leur 23ème journée de mobilisation à Paris, où ont éclaté quelques incidents près de la place de la République, mais loin des violences redoutées par les autorités. 

Après plus de cinq mois de mobilisation, les “gilets jaunes” étaient de nouveau dans la rue samedi. Cet “acte 23” a été marqué par des incidents dans la capitale, où le rendez-vous avait été fixé. Alors que les autorités redoutaient de grandes violences et de la casse, les moyens policiers mis en place ont sans doute dissuadé les manifestants les plus virulents de passer à l’acte.

Incidents et dégâts à Paris

Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées dans la matinée sous un grand soleil, à Bercy, avant de s’élancer vers midi en direction de la place de la République. D’autres manifestants se sont retrouvés vers la gare du Nord pour se rendre près de la basilique Saint-Denis, dans le 93. Ce second cortège s’est déroulé sans incident.

En revanche, des échauffourées ont émaillé le cortège de la manifestation principale, notamment dans le 11ème arrondissement. Arrivés près de la place de la République, les manifestants ont été contenus et un face-à-face tendu a opposé un groupe d’une centaine de personnes avec des forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont procédé à plusieurs charges, sous le regard passif de “gilets jaunes” en retrait de ces violences.

Au milieu de scooters et de poubelles incendiés, des manifestants ont jeté bouteilles et autres projectiles en direction des forces de l’ordre. Certains criaient “Suicidez-vous, suicidez-vous”, alors que la police nationale est touchée par une vague de suicides sans précédent depuis le début de l’année. D’après le ministère de l’Intérieur, quatorze membres des forces de l’ordre ont été blessés. Des vols ont également été constatés, notamment dans un magasin GoSport et un Franprix du quartier.

227 interpellations, 163 gardes à vue

Si les autorités s’attendaient au pire, les moyens policiers mis en place ont peut-être dissuadé un certain nombre de casseurs de passer à l’acte, et les violences sont restées malgré tout assez contenues. 60.000 gendarmes et policiers avaient été déployés sur tout le territoire, dont 6.700 dans la capitale.

À Paris, la police a procédé à 227 interpellations, dont 163 ont conduit à une garde à vue (dont six concernaient des mineurs), selon le parquet de Paris. Plus de 20.000 contrôles préventifs ont par ailleurs été réalisés dans la capitale – les autorités s’appuyant sur la nouvelle loi anti-casseurs -, et certains se sont révélés fructueux. Six “black blocs” ont été ainsi interpellés par la BAC alors qu’ils étaient en possession de de cocktails Molotov, de pétards, ou encore de fusées d’artifice, rangés dans un sac de pompiers.

Pour cet “acte 23”, des défilés ont également eu lieu dans plusieurs villes en régions, et se sont tous déroulés sans incident notable. À Bordeaux, traditionnelle place forte du mouvement, une petite foule s’est rassemblée place de la Bourse avant d’entamer un itinéraire canalisé par des forces de police très mobiles, bloquant les accès à l’hypercentre. À Toulouse, des milliers de personnes se sont rassemblées en début d’après-midi place Jean-Jaurès, précédées par des dizaines de motards en gilet jaune, et quelques tirs de gaz lacrymogène ont été constatés.

D’après les informations d’Europe 1, certains militants les plus extrêmes, notamment parmi les “black blocs”, se réserveraient pour “frapper” un grand coup lors des manifestations du 1er-Mai.

Une mobilisation en baisse

Selon le ministère de l’Intérieur, environ 27.900 personnes ont manifesté samedi partout en France, dont 9.000 à Paris, des chiffres en baisse par rapport à la semaine dernière. Lors de “l’acte 22”, 31.100 manifestants avaient été recensés, dont 5.000 à Paris. Cet “acte 23” est la 2ème journée de mobilisation la plus faible depuis le début du mouvement, alors que seules quatre villes ont rassemblé plus de 1.000 manifestants  Paris, Montpellier, Bordeaux et Toulouse.

Cet “acte 23” intervient à l’issue d’une semaine marquée par l’incendie de Notre-Dame, qui a poussé le chef de l’État à reporter l’annonce de ses mesures pour mettre fin à la crise des “gilets jaunes”. Emmanuel Macron a indiqué qu’il s’exprimerait jeudi prochain. La fuite dans la presse cette semaine des annonces qu’il devait faire initialement lundi soir n’a pas réussi à calmer la grogne sociale. Et l’afflux massif de dons très importants de la part de milliardaires pour aider à la reconstruction de Notre-Dame, a au contraire accentué pour beaucoup le sentiment d’injustice socialedans le pays.

Ligue 1 : Marseille bat Guingamp 3-1 et revient à cinq points du podium

En battant Guingamp samedi, les Marseillais sont revenus à cinq points du podium, lors de la 33è journée de ligue 1. 

Marseille, grâce à sa victoire contre le relégable Guingamp 3-1 samedi, est revenu à cinq points de Lyon et du podium du Championnat de France, pour occuper la 4e du place en attendant le match de son rival Saint-Etienne, dimanche pour le compte de la 33e journée.

L’OM a construit son succès en première période grâce au retour en forme de ses hommes clés Luiz Gustavo (4e) et Lucas Ocampos (40e). La réduction de Yeni Ngbakoto (56e) a fait naître l’espoir chez Guingamp, mais les coéquipiers de Steve Mandanda ont tenu bon, permettant à Valère Germain d’alourdir la marque en fin de match (90+1).

Lyon a su renouer avec le succès

Vendredi, Lyon a renoué avec les succès après trois défaites de rang toutes compétitions confondues en prenant le meilleur sur Angers 2 à 1. L’OL compte cinq longueurs de retard sur le 2e Lille, en déplacement à Toulouse dimanche. Enfin, le PSG, champion sortant, a une nouvelle occasion de valider son 8e titre après trois tentatives manquées, en accueillant Monaco au Parc des Princes, dimanche soir.

Après la publication du rapport Mueller, les démocrates veulent faire tomber Trump

Si le président républicain a sonné jeudi la “fin de partie” pour l’opposition, celle-ci est bien décidée à ne pas se laisser faire. Certains appellent même à sa destitution.

C’est en détournant une image de la série Game of Thrones que Donald Trump a célébré sa victoire auto-proclamée, jeudi, après la publication dans sa quasi-intégralité du rapport du procureur spécial Mueller, chargé d’enquêter sur une possible collusion entre le gouvernement russe et l’équipe de campagne du candidat en 2016. “Pour les rageux et les démocrates de la gauche radicale, c’est la fin de partie”, avait écrit le chef de l’État américain sur Twitter.

 

Pas si vite, ont immédiatement rétorqué les démocrates. L’opposition est en effet bien décidée à faire valoir ses droits et à poursuivre la bataille contre un président à la conduite “malhonnête” et “immorale” selon eux.

Si les démocrates espèrent encore, c’est que le rapport Mueller n’a pas complètement blanchi Donald Trump. Robert Mueller, qui accumule méticuleusement tout au long des 448 pages du rapport des faits prouvant de nombreux échanges entre l’équipe de Donald Trump et la Russie pendant plusieurs mois, écrit bien qu’il ne dispose pas des preuves suffisantes pour prouver qu’il y a eu une entente entre les deux partis pour manipuler l’élection américaine. Mais il estime aussi que Donald Trump et son entourage ont tout fait pour bloquer son enquête. Un point que les démocrates se sont empressés de saisir.

“Obstruction, intimidation, abus de pouvoir”

“Donald Trump a passé toute sa présidence à mener une campagne incessante d’obstruction, d’intimidation et d’abus de pouvoir”, a lancé le président du parti démocrate, Tom Perez. Les actes du président sont “profondément alarmants” et “indubitablement malhonnêtes, non éthiques, immoraux et antipatriotiques”, a accusé jeudi Adam Schiff, président démocrate de la puissante commission du Renseignement de la chambre basse.

Tous estiment, à raison, que le procureur Mueller a, comme l’a expliqué la sénatrice Elizabeth Warren sur Twitter, “placé la prochaine étape entre les mains du Congrès”. Dans son rapport, le procureur spécial a en effet écrit : “La conclusion selon laquelle le Congrès peut appliquer les lois sur l’obstruction dans le cas d’un exercice corrompu du pouvoir par le président s’accorde avec notre système constitutionnel […] et le principe que nul n’est au-dessus de la loi.” Autrement dit, reconnaissant qu’il n’avait pas lui-même le pouvoir d’inculper pénalement Donald Trump, il a rappelé que le Congrès, lui, disposait de prérogatives de contrôle.

 

Et pour Elizabeth Warren, “la bonne façon d’exercer cette autorité, c’est la destitution”. “Ignorer les tentatives répétées d’un président pour entraver une enquête portant sur sa propre attitude déloyale infligerait un dommage profond et durable à ce pays, et cela suggérerait qu’aussi bien le président actuel que les prochains seraient libres d’abuser de leurs pouvoirs de cette façon.”

Destitution improbable, enquête possible

Un “impeachment” reste très improbable, les démocrates n’ayant la majorité qu’à la Chambre des représentants, et non au Sénat. D’autant que tous ont encore en tête la cuisante défaite parlementaire républicaine après la tentative lancée contre le démocrate Bill Clinton. Lancer une telle procédure “n’en vaut pas la peine à ce point”, a déclaré à CNN le chef de la majorité à la Chambre Steny Hoyer. “Très franchement, nous avons une élection” en novembre 2020 “et les Américains rendront leur verdict.”

Néanmoins, il reste des leviers d’action à l’opposition, notamment celui d’enquêter afin de déterminer “la portée” des méfaits présumés imputés à Donald Trump puis de décider de la marche à suivre, a affirmé vendredi Jerry Nadler, chef démocrate de la commission judiciaire. Ce dernier a remis au ministère de la Justice une injonction à livrer, d’ici au 1er mai, le rapport Mueller dans son intégralité (la version publiée jeudi ayant été expurgée de données confidentielles).

Par ailleurs, les démocrates ont également appelé le procureur Mueller à témoigner devant la Chambre des représentants d’ici au 23 mai. Le ministre de la Justice, Bill Barr, se retrouvera lui aussi sur le gril dès les 1er et 2 mai.

À Beaucaire, Marine Le Pen dénonce une immigration “subventionnée” par l’Europe

En meeting samedi dans le Gard, la présidente du Rassemblement nationale (ex-FN) a ressorti les thèmes classiques du parti, alors que se profilent les élections européennes. 

Il y a “plus de 400.000 nouveaux étrangers en France par an”, a affirmé Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, samedi en meeting à Beaucaire dans le Gard, en dénonçant une immigration “organisée et même subventionnée” par la France et l’Europe.

“En silence, sans vote ni même en informer les Français, l’administration a atteint le chiffre insensé de 420.000 étrangers nouveaux en France par an. 260.000 titres de séjour, un record. 100.000 demandeurs d’asile, un record. Et 50.000 mineurs isolés (…), soit plus de 400.000 d’après les chiffres officiels”, a lancé Marine le Pen, en axant la totalité de son intervention ou presque sur le thème de l’immigration, un sujet qui se serait “volatilisé” durant cette campagne.

“Courir après l’accroissement démographique importé est suicidaire”

Selon la présidente du RN, “cette immigration n’est plus seulement tolérée, elle est organisée et même subventionnée”, et “cette politique n’est pas seulement française, elle est européenne”. “Le pacte de Marrakech, ce pacte avec le diable (…) nos dirigeants sont en réalité en train de l’appliquer”, a-t-elle insisté, estimant que “ce fléau mondial revient à organiser comme au temps de la traite des esclaves un véritable trafic d’être humains, (…) pour tirer les salaires à la baisse dans un monde asservi à la loi de l’argent, et réduire l’homme à sa fonction de producteur et de consommateur”. “Courir après l’accroissement démographique importé, c’est une vision d’un autre siècle, c’est une vision suicidaire”, a-t-elle conclu, affirmant que c’est “un choix de civilisation” qui se jouera le 26 mai lors du vote pour les élections européennes.

Dany Boon porte plainte après l’enquête de Mediapart sur ses pratiques fiscales

L’acteur, réalisateur et humoriste a porté plainte contre X notamment pour vol et recel de documents personnels, entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire, après la publication en janvier d’une enquête-vidéo de Mediapart mettant en doute son “patriotisme fiscal”

L’acteur, réalisateur et humoriste Dany Boon a porté plainte contre X notamment pour vol et recel de documents personnels, entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire, après la publication en janvier d’une enquête-vidéo de Mediapart mettant en doute son “patriotisme fiscal”.

Mediapart avait révélé que l’artiste a investi dans des fonds spéculatifs (ou hedge funds) en passant par des paradis fiscaux en contradiction, selon le site, avec sa communication sur le patriotisme fiscal, sans évoquer pour autant de fraude fiscale. L’enquête s’appuyait sur des documents détaillant son patrimoine que Mediapart s’était procuré. L’humoriste avait affirmé quelques jours après la publication de cette vidéo que toutes ses économies étaient légalement placées “et déclarées dans le strict respect du droit et du devoir fiscal”, sans commenter directement les informations de Mediapart.

Un des conseils de l’artiste soutient que cette plainte ne vise pas Mediapart

Dans un article mis en ligne vendredi, Mediapart a affirmé être l’objet d’une plainte de l’humoriste pour “vol”, “atteinte au secret des correspondances”, “violation du secret professionnel” et “recel”, ce qui a entraîné l’ouverture par le parquet de Paris d’une enquête préliminaire. Toutefois, l’un des conseils de Dany Boon, Me Marie-Alix Canu-Bernard, a assuré que cette plainte ne visait pas directement le journal en ligne. “Une plainte pour vol, violation du secret professionnel, atteinte au secret des correspondances, et recel de ces délits a été déposée contre X et non contre Mediapart. Je ne comprends pas pourquoi Mediapart se sent concerné par cette plainte”, a-t-elle déclaré.

Deux journalistes entendus lundi par la police

Dans le cadre de cette enquête, deux journalistes de Mediapart et le réalisateur de la vidéo incriminée ont été entendus ce lundi par la police judiciaire, a ajouté le site d’information. Selon Fabrice Arfi, coresponsable des enquêtes à Mediapart, cette plainte n’a qu’un objectif: démasquer les sources qui ont permis au journal en ligne de mener son enquête. Dany Boon, qui a “refusé de répondre pendant des mois à nos questions, ne conteste aucune des informations que nous avons rendu publiques dans cette enquête-vidéo”, assure-t-il, mais “il conteste le fait que nous ayons pu les rendre publiques”, et a “délibérément” choisi de “contourner le droit de la presse pour poursuivre Mediapart, écrit le journaliste sur le site d’informations. “Devant les enquêteurs de la police judiciaire, Mediapart a par conséquent refusé de se prêter au jeu d’une procédure qui vise simplement à ‘criminaliser’ le journalisme”, et a “opposé aux questions des policiers le secret des sources”, comme le permet la loi, conclut Fabrice Arfi.