Gilets jaunes : les manifestations ont occasionné 200 millions d’euros de dégradations

Les 18 journées de manifestations des “gilets jaunes” ont occasionné 200 millions d’euros de dégradations et ont impacté directement la croissance française, a indiqué Bruno Le Maire mercredi.

Les dégradations commises durant les manifestations des “gilets jaunes” s’élèvent désormais à 200 millions d’euros, après la prise en compte de celles de l'”acte 18″ du mouvement, a indiqué mercredi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

“Si l’on regarde plus précisément la manifestation du samedi 16 mars, l’évaluation globale du coût des dégradations est de 30 millions d’euros, et porte donc le coût total des dégradations de 170 à 200 millions d’euros”, a déclaré Bruno Le Maire devant les commissions des affaires économiques et des finances de l’Assemblée.

Un impact direct des manifestations sur la croissance française

Il y a par ailleurs selon le ministre un “impact direct et de court terme sur la croissance française” du mouvement des “gilets jaunes” qui “peut aller jusqu’à 0,2 point de PIB (produit intérieur brut) pour 2018 et 2019”, soit plus de 4,5 milliards d’euros.

“Quand on prend les chiffres secteur d’activité par secteur d’activité, on s’aperçoit que derrière le 0,1 à 0,2 de croissance, il y a la réalité de difficultés sérieuses pour des secteurs entiers de notre économie qui représentent beaucoup de chiffre d’affaires en moins et autant de difficultés pour les salariés et les chefs d’entreprise concernés”, a expliqué Bruno Le Maire. Le chômage partiel dû au mouvement a ainsi touché 73.500 personnes travaillant dans 5.100 entreprises, ce qui représente un coût de près de 40 millions d’euros pour les finances publiques, a-t-il ainsi indiqué.

Une baisse de chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros pour les grands centres commerciaux

Le ministre a par ailleurs fourni des éléments chiffrés sur les pertes de chiffre d’affaires pour le commerce depuis le début du mouvement en novembre. “Sur la grande consommation et la distribution, la baisse des ventes a été de 2,7% pour le non alimentaire durant 16 semaines consécutives. Elle a été de 6% les samedi pour l’alimentaire”. Par enseignes, “140 millions de perte de chiffre d’affaires pour Auchan, 45 millions pour Fnac Darty, 50 millions d’euros pour Casino, 30 à 40 millions pour Système U”, a-t-il précisé.

“S’agissant des grands centres commerciaux, la baisse sur les quatre mois de manifestations est de l’ordre de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en raison de la baisse de fréquentation”. “Concernant l’habillement, les grands magasins, les magasins populaires, la baisse de chiffre d’affaires cumulée depuis le début des manifestations est de 9 à 15% par rapport à l’année précédente et la chute est encore plus importante dans les magasins de centre-ville avec -20 à -30% de trafic le samedi qui ne sont pas rattrapés par des ventes en ligne ou des ventes dans la semaine”, a poursuivi le ministre de l’Économie. Il a ajouté que “sur l’artisanat, les chiffres fournis par les CMA (Chambres des métiers et de l’artisanat) sont une perte de chiffre d’affaires de 20% à 50%, de 25% dans les métiers de service et jusqu’à 50% dans les métropoles”.

Bercy envisage de supprimer la déclaration de revenus obligatoire

Le ministère de l’Economie pourrait supprimer à partir de 2020 la déclaration de revenus obligatoire.

Le gouvernement pourrait supprimer à moyen terme la déclaration de revenus obligatoire dans un souci de “simplification” fiscale, a indiqué jeudi Bercy, en rappelant qu’une telle mesure impliquait de lever au préalable plusieurs “obstacles” techniques.

“On travaille à ça”.

Ce projet a été évoqué brièvement mardi soir par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, à l’occasion d’une rencontre avec des étudiants de l’Essec, dont la vidéo a été mise en ligne jeudi par La Tribune. “L’année prochaine, j’annoncerai sans doute qu’on mettra fin à la déclaration d’impôt. Vous n’aurez plus à faire votre déclaration d’impôt”, déclare Gérald Darmanin dans cette vidéo, sans plus de précisions. Interrogé jeudi, le ministère a confirmé que ce projet était à l’étude, dans le cadre de la réforme du prélèvement à la source, entrée en vigueur le 1er janvier. “Il y a la volonté de faire de nouvelles simplifications, on travaille à ça”, a-t-il indiqué.

Les revenus spécifiques.

Le ministère a toutefois rappelé que la déclaration de revenus restait pour l’instant obligatoire, à trois semaines du début de la campagne d’imposition pour 2019. “Si on avance bien, ça sera pour l’année prochaine”, a précisé le ministère. Plusieurs obstacles techniques doivent en effet être levés au préalable, la déclaration restant indispensable pour connaître les revenus des travailleurs indépendants, les revenus fonciers mais aussi les crédits d’impôts dont peuvent bénéficier les contribuables.

Actuellement, près de neuf millions de contribuables bénéficient de crédits ou de réductions d’impôts, par exemple pour l’emploi d’une personne à domicile ou pour la réalisation de travaux d’économie d’énergie. Ces crédits sont calculés sur la base des déclarations de revenus, et remboursés un an après. Mais Bercy a engagé une réflexion pour essayer de les rendre contemporains, sur la base d’un rapport remis fin décembre par l’Inspection générale des finances.

La relation entre le citoyen et l’impôt.

Dans un communiqué, le syndicat Solidaires finances publiques s’est inquiété de cette réflexion, dénonçant une “fausse simplification” susceptible d’affaiblir le “consentement à l’impôt”. “Dans une période où l’on parle de la relation entre le citoyen et l’impôt, il y a une sacrée contradiction à envisager de supprimer le lien citoyen par excellence qu’est l’acte déclaratif de l’ensemble des foyers fiscaux”, estime le syndicat. Une telle suppression “interrogerait chaque année les contribuables qui, connaissant de légers changements dans leur situation familiale et financière, se demanderaient s’ils doivent ou non effectuer une déclaration”, ajoute-t-il.

L’UE inflige 1,49 milliard d’euros d’amende à Google pour abus de position dominante

Une amende de 1,49 milliard d’euros a été infligée mercredi par la Commission européenne à Google pour avoir abusé de sa position dominante en matière de publicité en ligne.

La Commission européenne a infligé mercredi une amende de 1,49 milliard d’euros au géant américain de l’Internet Google pour avoir abusé de sa position dominante en matière de publicité en ligne. Cette sanction financière de 1,49 milliard d’euros est la troisième décidée en moins de deux ans par l’exécutif européen, gardien de la concurrence en Europe. Elle est toutefois bien moins élevée que les deux premières.

Dans ce cas précis, concernant la régie publicitaire AdSense, la Commission reproche à Google d’avoir imposé un certain nombre de clauses restrictives dans les contrats passés avec des sites web tiers (tels des détaillants en lignes ou des journaux) empêchant ainsi ses concurrents de placer leurs publicités contextuelles sur ces sites.

“Ces pratiques sont illégales”, selon la commissaire européenne en charge de la Concurrence

“Ces pratiques sont illégales au regard des règles de l’Union européenne en matière de pratiques anticoncurrentielles”, a déclaré la commissaire européenne en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué. “Du fait de ce comportement qui a perduré pendant plus de 10 ans, les autres sociétés se sont vu refuser la possibilité d’affronter la concurrence sur la base de leurs mérites (…) et les consommateurs ont été privés des avantages de la concurrence”, a-t-elle ajouté.

Le groupe déjà condamné pour les mêmes raisons

En juillet 2018, le groupe de Mountain View avait été sommé de payer 4,34 milliards d’euros – un record dans l’histoire de la concurrence européenne – pour avoir abusé de la position dominante d’Android, son système gratuit d’exploitation pour smartphone, afin d’asseoir la suprématie de son service de recherche en ligne.

Et un an auparavant, le 27 juin 2017, c’était une amende de 2,42 milliards d’euros pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne en favorisant son comparateur de prix “Google Shopping” au détriment de services concurrents. Google a fait appel de ces deux décisions devant la Cour européenne de justice à Luxembourg.

La croissance française attendue à 0,4% aux deux premiers trimestres 2019

D’après l’Insee, “si le mouvement des ‘gilets jaunes’ a pu avoir des conséquences localement sévères”, il ne devrait pas pénaliser outre-mesure l’activité économique.

La croissance française devrait atteindre 0,4% au premier comme au deuxième trimestre 2019, à la faveur des mesures annoncées face au mouvement des “gilets jaunes”, de nature à stimuler le pouvoir d’achat et la consommation, a annoncé mardi l’Insee.

Une prévision à la hausse pour le deuxième trimestre.

L’Institut national de statistiques revoit ainsi légèrement à la hausse son scénario de décembre, qui tablait sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% sur les trois premiers mois de l’année, mais de seulement 0,3% entre avril et juin. L’Insee, dans sa note de conjoncture, est par ailleurs plus optimiste que la Banque de France, qui a abaissé mi-mars de 0,4% à 0,3% sa prévision de croissance pour le premier trimestre, en raison du ralentissement de l’économie mondiale et européenne.

L’impact des “gilets jaunes” plus faible que prévu.

“L’économie française, jusqu’ici moins exposée que d’autres aux turbulences du commerce mondial, et stimulée par une politique budgétaire plus expansionniste qu’envisagé il y a quelques mois, pourrait tirer au moins ponctuellement son épingle du jeu”, estime l’Insee. D’après l’organisme public, “si le mouvement des ‘gilets jaunes’ a pu avoir des conséquences localement sévères, son impact macroéconomique à court terme a sans conteste été plus faible que son retentissement politique et médiatique”, et ne devrait donc pas pénaliser outre-mesure l’activité.

En outre, les mesures d’urgence économiques et sociales votées fin 2018 sous la pression des “gilets jaunes”, d’un montant total de 10 milliards d’euros, devraient doper les salaires et le pouvoir d’achat des ménages, avec un fort effet sur la consommation.

La consommation des ménages en hausse.

D’après l’Insee, le revenu disponible brut des ménages progresserait ainsi de 0,7% au premier puis de 0,3% au deuxième trimestre. La consommation des ménages, de son côté, augmenterait de 0,5% entre janvier et mars, puis de 0,4% entre avril et juin. La croissance française devrait par ailleurs être soutenue par l’investissement des entreprises, qui devrait rester dynamique (+0,7% puis +0,8%), tandis que la contribution des échanges extérieurs redeviendrait négative (-0,1 point par trimestre), en raison d’un ralentissement des exportations.

Dans ses prévisions pluriannuelles, publiées jeudi, la Banque de France a dit s’attendre à 1,4% de croissance cette année. Un chiffre repris à son compte mardi par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. “La croissance française reste très forte (…) On fera mieux que quasiment tous les pays européens”, a assuré M. Darmanin.

Deux millions de salariés ont reçu une prime défiscalisée, de 450 euros en moyenne

Le gouvernement a annoncé mardi que deux millions de salariés ont reçu de leur entreprise une prime exceptionnelle, exonérée de toutes cotisations et contributions sociales.

Deux millions de salariés ont reçu de leur employeur une prime exceptionnelle défiscalisée, d’un montant moyen de 450 euros, a annoncé mardi le gouvernement, qui avait mis en place ce dispositif en décembre pour répondre à la crise des “gilets jaunes”.

Un milliard d’euros déjà versé.

Cette prime, versée par les entreprises, “a d’ores et déjà bénéficié à 2 millions de salariés pour un montant total versé excédant désormais 1 milliard d’euros”, ont précisé dans un communiqué commun les ministres Agnès Buzyn (Solidarités), Bruno Le Maire (Économie), Muriel Pénicaud (Travail) et Gérald Darmanin (Comptes publics).

Une rémunération inférieure à 3.600 euros.

Exonérée d’impôt sur le revenu, de cotisations sociales patronales et salariales et de prélèvements sociaux, cette prime s’adresse à des salariés dont la rémunération en 2018 était inférieure à trois Smic, soit environ 3.600 euros net. Les chiffres communiqués par le gouvernement ne sont toutefois pas définitifs, puisque les entreprises ont jusqu’au 31 mars pour signer un accord collectif portant sur le versement de ce bonus.

La prime a été octroyée “dans plus de 200.000 établissements”, et “plus de 40% du montant total versé l’a été dans des entreprises de moins de 50 salariés”, se sont félicités les ministres, qui ont tenu à “saluer l’engagement des entreprises à accompagner les mesures d’urgence” décidées en décembre par l’exécutif. Le montant moyen versé est de 450 euros, mais 37% des salariés concernés ont touché le maximum autorisé par le dispositif, soit 1.000 euros. À l’inverse, 1% des salariés ont touché moins de 100 euros.

“Gilets jaunes” : après les destructions et les pillages, les commerçants mettent la pression sur le gouvernement

Poussés à bout par la répétition des manifestations parisiennes tous les samedis, les commerçants demandent désormais au gouvernement des mesures pour compenser la baisse de leur chiffre d’affaires et les dégradations des magasins. Une réunion de crise est organisée lundi à Bercy.

Après un mois de décembre compliqué, qui avait déjà conduit le gouvernement à leur apporter des mesures de soutien, les commerçants parisiens, notamment ceux des Champs-Élysées, pensaient sans doute que le plus dur était derrière eux. Mais samedi, des manifestants radicalisés, auxquels se sont mêlés des “black blocs”, s’en sont violemment pris aux magasins de la célèbre avenue. À Paris, “91 commerces (dont environ 80 sur les Champs, ndlr) ont été impactés par les manifestations, dont 80% assez lourdement touchés (casse, vols, incendies…)”, a précisé lundi la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et d’Île-de-France.

“Tous les secteurs d’activité ont été touchés : restauration, hôtellerie, équipement de la personne, équipement sport et mode, bijouterie-joaillerie-horlogerie, téléphonie et technologie, parfumerie-cosmétique et optique, boulangerie-pâtisserie et généralistes, banques…”, souligne la CCI. Parmi les boutiques et commerces les plus touchés : la brasserie huppée Le Fouquet’s, des enseignes de prêt-à-porter (Celio, Lacoste, Hugo Boss), le chocolatier Jeff de Bruges, mais aussi le magasin du fabricant chinois de smartphones Xiaomi, inauguré mi-janvier, ainsi que de modestes kiosques à journaux.

Les violences de trop pour les commerçants.

“Le seuil de l’acceptable est dépassé. Les gens ont peur, il faut que cela cesse”, dénonce dans Le Figaro Jean-Noël Reinhardt, président du Comité des Champs-Élysées. “Les employeurs et leurs salariés rencontrés sont traumatisés par la répétition et l’intensité des violences”, ajoute la CCI de Paris. “J’ai perdu mon emploi, je suis révolté”, confie enfin à Europe 1 José, dont le kiosque a été incendié samedi. “Normalement, ce mouvement c’était pour qu’on puisse avoir du travail, qu’on puisse gagner dignement sa vie, pas pour qu’on foute les gens encore plus sur la paille, tel que moi, à 45 ans”, s’emporte le kiosquier.

Au-delà de l’impact psychologique, c’est d’abord sur le plan économique que les commerçants parisiens tirent la sonnette d’alarme. Ces violences représentent en effet pour eux “entre 30 et 50% de pertes de chiffres d’affaires”, selon Gérald Barbier, le président de la Chambre de commerce de Paris, interrogé par Europe 1. “Des établissements qui ont fermé, pour l’instant, on n’en a pas, mais on va en avoir”, déplore-t-il.

Des mesures fortes attendues.

Les commerçants en ont ras-le-bol et ils ont décidé de le faire savoir en interpellant le gouvernement. “On a demandé un rendez-vous au Premier ministre, pour lui faire part de notre exaspération et lui présenter nos doléances. Il faut que les pouvoirs publics mettent un terme à cette situation”, a réclamé Jean-Noël Reinhardt, président du Comité des Champs-Élysées. De son côté, la CCI sollicite de la part des pouvoirs publics des “mesures fortes”, parmi lesquelles “un véritable plan d’urgence” pour le commerce parisien, “à l’instar de celui proposé par l’État pour les commerces des métropoles de province”.

Pour l’instant, seules des fonds municipaux ou régionaux ont pu être débloqués pour aider les commerçants. La région Île-de-France va ainsi adopter mardi un fonds de soutien de 1,5 million d’euros pour aider les commerces touchés. La maire de Paris Anne Hidalgo a, elle, mis en place “un dispositif d’urgence”, promettant ainsi que “les kiosques détruits sur les Champs-Élysées seraient rouverts dès la semaine prochaine”. Mais cela ne suffira sans doute pas à calmer des commerçants très remontés.

Réunion en urgence à Bercy.

Pour tenter de chiffrer le bilan économique des manifestations et trouver des solutions pour soulager les commerçants touchés par les dégradations, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire tient lundi à Bercy, à 16h30, une réunion avec des organisations patronales et des représentants de commerçants et des assureurs.

Net ralentissement de l’emploi salarié en 2018 : 160.300 créations nettes (+0,8%)

En 2018, seulement 160.300 emplois ont été créés en France, contre 328.000, publie mardi dans une estimation l’Insee.

Le secteur privé a enregistré une progression de l’emploi salarié de 0,8% en 2018 (+160.300), soit un net ralentissement représentant deux fois moins d’emplois créés par rapport à 2017, selon une estimation définitive de l’Insee publiée mardi.

Une hausse de seulement 0,3% au 4ème trimestre.

Au quatrième trimestre, l’emploi salarié privé s’est inscrit en hausse de 0,3% avec 50.700 nouveaux postes, pour atteindre au total 19,46 millions de postes. Cette publication définitive marque une révision importante par rapport à l’estimation provisoire publiée début février (106.000 créations de postes). L’Insee prévient que la déclaration sociale nominative (DSN) “peut affecter les comportements déclaratifs des entreprises”, pouvant “générer des révisions sur les données”.

En 2017, la France avait créé un peu plus de 328.000 postes. 2018 marque donc un net ralentissement des créations d’emplois dans le sillage de la croissance française, qui a plafonné à 1,5% sur l’ensemble de 2018, loin des 2,3% atteints l’année précédente.

Et le détail par secteur ?

A noter que l’intérim s’inscrit en repli (-1,5%) au 4ème trimestre. Sur un an, il recule de 3,3%. Souvent marqueur d’une reprise ou d’une croissance, l’intérim a perdu 27.100 postes sur un an et 12.200 postes au dernier trimestre 2018.

Dans l’industrie, l’emploi salarié a progressé de 0,3% sur un an, soit +9.500 postes, et de 0,2% sur le 4ème trimestre. Dans le secteur de la construction, la progression est de 1,9% sur un an, soit 25.600 emplois créées. Les services marchands, moteur de la création d’emplois privés, ont enregistré 114.500 créations sur l’année, soit l’essentiel des créations, en hausse de 0,9%. Sur le dernier trimestre 2018, la progression est de 0,3%. Dans l’agriculture, la hausse est de 1,9% sur un an et de 0,2% sur le trimestre. L’emploi dans la fonction publique, aussi estimé par l’Insee dans cette publication, est en baisse de 10.700 sur un an, à 5,78 millions.

La Banque de France abaisse à 0,3% sa prévision de croissance au 1er trimestre

Lundi, la Banque de France a abaissé sa prévision de croissance pour l’Hexagone à 0,3% pour le premier trimestre 2019. 

La Banque de France a abaissé lundi à 0,3% sa prévision de croissance économique pour la France au premier trimestre, dans un contexte de fort ralentissement de l’activité au niveau international et européen.

Malgré une progression de l’activité.

Ce chiffre est en baisse de 0,1 point par rapport à une première estimation publiée le 11 février. Il est également inférieur à la prévision de l’Insee, qui anticipe 0,4% de croissance sur les trois premiers mois de l’année. Selon la banque centrale, qui se base sur son enquête mensuelle de conjoncture auprès des chefs d’entreprise, la dégradation des perspectives trimestrielles intervient malgré une progression de l’activité au cours du mois de février.

Accélération dans l’industrie et le transport.

Par rapport à janvier, la production industrielle a ainsi rebondi le mois dernier, notamment dans les produits informatiques, la chimie et les machines et équipements. D’après les chefs d’entreprise interrogés, “l’activité continuerait de croître au même rythme en mars”, souligne la Banque de France, qui fait état de carnets de commande qui “se stabilisent”.

L’activité a également accéléré dans le secteur des services, portée par le transport et les activités de conseil, tandis que la progression est restée “dynamique” dans le secteur du bâtiment. Dans ces deux secteurs, les responsables d’entreprise interrogés prévoient une poursuite de la croissance de l’activité en mars, sur fond de prix qui augmentent légèrement, d’après la banque centrale.

Ralentissement généralisé en Europe.

La nouvelle prévision trimestrielle de la Banque de France intervient dans un contexte de ralentissement généralisé de l’activité en Europe et dans le monde, et à un moment de tensions commerciales avec les Etats-Unis. Jeudi dernier, la Banque centrale a ainsi fortement revu à la baisse sa prévision de croissance économique pour la zone euro en 2019, à 1,1% au lieu des 1,7% précédemment anticipés. Cette situation devrait pousser la Banque de France, qui pariait jusqu’à présent sur 1,5% de croissance pour l’Hexagone, à assombrir son pronostic économique pour 2019 dans le cadre de ses prévisions pluriannuelles qui seront publiées jeudi.

Aéroport de Toulouse : le rapporteur public recommande l’annulation de la privatisation

Le rapporteur public, chargé “de dire le droit” et dont la préconisation est très souvent suivie, a considéré “qu’il y avait un vice substantiel” dans la procédure de choix de l’actionnaire.

Le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Paris a recommandé lundi l’annulation de la privatisation partielle de l’aéroport de Toulouse Blagnac (ATB), qui avait permis au groupe Chinois Casil d’entrer au capital de la société de gestion de l’aéroport, a indiqué l’avocat des requérants. Ce magistrat indépendant, chargé “de dire le droit” et dont la préconisation est très souvent suivie, a considéré “qu’il y avait un vice substantiel” dans la procédure de choix de l’actionnaire.

Décision judiciaire d’ici un ou deux mois.

“Le rapporteur public a confirmé notre analyse, le cahier des charges (de la procédure de privatisation) n’a pas été respecté”, a indiqué Me Christophe Lèguevaques, avocat de trois syndicats, la CGT, FSU et Solidaires, opposés à la privatisation. Selon Me Lèguevaques, une “offre indicative” (initiale) avait été déposée par le groupe chinois Casil associé à la SNC Lavalin mais l’offre finale n’a été faite que par le groupe Casil. En première instance, les syndicats avait été déboutés de leur demande. La cour administrative d’appel de Paris rendra sa décision “d’ici un à deux mois”, a indiqué l’avocat toulousain.

49,99% du capital au groupe chinois.

En avril 2015 – Emmanuel Macron était alors ministre de l’Économie -, l’État avait vendu 49,99% du capital de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse à Casil Europe, holding française créée par le groupe d’État chinois Shandong High Speed Group et le fonds d’investissement hongkongais Friedmann Pacific Asset Management. Début 2018, l’État avait finalement décidé de conserver la part de 10,01% qu’il conservait, et sur laquelle Casil avait une option. Les autres actionnaires, à hauteur de 40%, sont la Région, le département, la métropole de Toulouse et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI).

Calcul, entreprises concernées, conséquences : comment fonctionne la taxe Gafa lancée par la France ?

Le gouvernement a présenté mercredi son projet de taxe sur les géants du numérique, censé faire de la France un pionnier en matière d’imposition des Gafa.

“Simple” et “efficace” selon Bercy, “complexe” et “risquée” d’après ses détracteurs : la taxe sur les géants du numérique, présentée mercredi en conseil des ministres, suscite des analyses contradictoires en fonction des acteurs concernés. Comment sera-t-elle prélevée et qui sera touché ?

Comment est calculée la taxe ?

La taxe Gafa, qui sera débattue début avril à l’Assemblée nationale, concerne les entreprises du numérique qui font un chiffre d’affaires – et non pas un bénéfice – d’au moins 750 millions d’euros dans le monde et de plus de 25 millions d’euros en France.

Elles seront imposées à un taux unique de 3%, similaire à celui d’un projet européen présenté il y un an, mais qui n’a pas abouti, en raison des réticences de quatre pays européens (Irlande, Suède, Danemark et Finlande).

Un mécanisme de déduction a par ailleurs été imaginé pour éviter de pénaliser les groupes tricolores, assujettis à l’impôt sur les sociétés en France. Ces derniers pourront “réduire jusqu’à un tiers du montant” de leur taxe, a précisé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Combien d’entreprises sont concernées ?

Selon Bercy, une trentaine de grands groupes devront payer la taxe Gafa. Certains disposant de plusieurs filiales en France, une centaine d’entités pourraient au final être touchées, a précisé le ministère à l’AFP.

Selon Bruno le Maire, les groupes concernés “sont majoritairement américains, mais aussi chinois, allemands, espagnols ou encore britanniques”. “Il y aura également une entreprise française et plusieurs autres sociétés d’origine française”, a-t-il précisé.

Si la liste exhaustive n’a pas été donnée, le gouvernement n’a pas fait mystère des entreprises ciblées : les Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple), mais aussi Airbnb, Uber, Booking ou Ebay. Côté français, seul Criteo entre dans le champ d’action de la taxe.

Quels sont les services touchés ?

Trois activités seront concernées : les publicités en ligne, la vente à des tiers des données personnelles et l’intermédiation, c’est-à-dire les plateformes qui renvoient l’internaute vers un site tiers.

Les sociétés qui mettent en vente leurs propres marchandises sur Internet, comme Darty, n’auront ainsi pas à s’acquitter de cet impôt. “En revanche, quand Amazon est rémunéré comme intermédiaire numérique entre un producteur et un client, là, ce sera taxé”, a prévenu Bruno Le Maire.

Combien cette taxe va-t-elle rapporter ?

“S’agissant du rendement de la taxe, nous partons pour 2019 sur un rendement de 400 millions d’euros”, a déclaré le ministre en présentant à la presse ce dispositif fiscal, décidé faute de consensus européen sur l’imposition des multinationales du numérique.

Selon le ministre, qui avait dit initialement tabler sur 500 millions d’euros de recettes fiscales, ce rendement devrait progressivement se renforcer, pour atteindre 450 millions en 2020, 550 millions en 2021 et 650 millions en 2021. “Ces estimations sont calculées à partir de la progression du chiffre d’affaires des géants du numérique telle que nous l’avons observé depuis cinq ans en France”, a précisé Bruno Le Maire.

Ces sommes, en théorie importantes, sont malgré tout relativement faibles rapportées aux profits engrangés par les géants du numérique sur le marché français. Selon Bercy, elle ne compensera d’ailleurs qu’en partie l’écart d’imposition qui sépare les multinationales du numérique des entreprises françaises.

Quelles conséquences pour les consommateurs ?

Selon l’Association des services Internet communautaires (Asic), les plateformes pourraient répercuter la taxe Gafa sur leurs clients, qu’ils soient acheteurs de publicités en ligne ou de données personnelles. Ce qui reviendrait in fine à faire peser cet impôt sur les consommateurs.

Un argument rejeté mercredi par le ministre de l’Économie. “Le consommateur jusqu’à preuve du contraire ne paye pas pour la publicité qu’il regarde. Or c’est le principal revenu de cette taxe”, a souligné le locataire de Bercy, appelant à ne pas jouer “avec les peurs des Français”.