Besançon : l’anesthésiste mis en examen pour “17 empoisonnements”

L’anesthésiste Frédéric Péchier, déjà mis en examen pour sept cas d’empoisonnement, a été mis en examen pour 17 nouveaux cas, dont sept mortels. 

L’anesthésiste Frédéric Péchier été mis en examen pour 17 “empoisonnement sur personne vulnérable”, qui s’ajoutent aux sept pour lesquels il avait déjà été mis en examen en 2017, a annoncé l’un de ses avocats jeudi soir.

“Ce sont 17 dossiers qui ont été retenus” portant sur des arrêts cardiaques survenus lors d’interventions chirurgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans dont “sept n’ont pas survécu”, a détaillé le procureur de la République Etienne Manteaux en début de soirée, précisant qu’il avait requis le placement en détention du médecin. La plus jeune victime, un enfant de 4 ans, qui par chance s’en est sorti, devait se faire opérer des amygdales, une intervention chirurgicale pourtant relativement banale. Au total, 66 cas de patients avaient été recensés comme des “événements indésirables graves suspects”, entre 2008 et 2016.

Un héros “habile”

Le procureur de Besançon a décrit Frédéric Péchier comme un homme “habile”, capable de “ne pas éveiller les soupçons”, au point que jamais après ces empoisonnements, il n’a été envisagé au sein de la clinique qu’il puisse s’agir d’un empoisonnement volontaire. Jamais, donc, lors des analyses toxicologiques, la présence de potassium ou d’anesthésiques locaux rares n’a été recherchée. Or ce sont bien ces substances, parfois à doses létales, qui ont pu être administrées par le docteur Péchier dans des solutés de réhydratation de ces patients venus pour des opérations bénignes.

Privilégiant la thèse du “pompier pyromane”, les enquêteurs le soupçonnent d’avoir ainsi sciemment modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur. Les indices graves et concordants listés jeudi par le procureur semblent accablants, comme lorsqu’il relève que l’anesthésiste s’est absenté à un moment six mois de la clinique et aucun événement grave ne s’est alors produit. En revanche, il était bien présent dans l’établissement lors des 66 événements suspects recensés.

Arrêt des soins de Vincent Lambert : le tribunal administratif de Paris rejette un recours des parents

L’arrêt des traitements de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif, doit avoir lieu à partir du 20 mai. 

Le tribunal administratif de Paris a rejeté mercredi un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui demandaient la suspension de la procédure d’arrêt des soins de leur fils tétraplégique, programmée par son médecin-traitant à partir de lundi.

Les parents demandaient au juge des référés de suspendre l’interruption des soins dans l’attente de l’examen d’une plainte déposée devant le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH). Les requérants invoquaient “l’atteinte grave et manifestement illégale portée au droit au respect de la vie et au droit au recours effectif, qui constituent des libertés fondamentales”.

Le jugé des référés “a estimé que le droit au recours effectif était hors de cause, dès lors que le comité des droits des personnes handicapées, qui n’est pas une instance nationale, ne constitue pas une juridiction”, selon un communiqué du tribunal.

Les parents de Vincent Lambert ont saisi le Défenseur des droits

Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé vendredi à la famille l’interruption des traitements à partir du 20 mai de cet ancien infirmier psychiatrique en état végétatif au CHU de Reims. Le 24 avril, le Conseil d’État avait jugé conforme à la loi la décision collégiale d’arrêt des soins, prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims pour faire cesser un “acharnement thérapeutique” mais contestée par une partie de la famille.

À la suite de cette décision, les parents de Vincent Lambert, catholiques farouchement opposés à l’euthanasie passive, ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH). Ils ont aussi annoncé avoir saisi le Défenseur des droits.

Selon le tribunal administratif, le gouvernement n’a “aucune obligation de respecter” une demande du CIDPH

La CEDH a rejeté leur requête, mais le CIDPH a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins, dans l’attente d’une instruction sur le fond. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a indiqué que la France répondrait à la demande du comité, mais qu’elle n’était pas tenue, légalement, de la respecter.

Le tribunal administratif a également relevé que gouvernement français “n’avait aucune obligation de respecter” une demande de ce comité.  Il en a conclu que “la mise en oeuvre, sans attendre cet examen, de la procédure d’arrêt de soins, ne constitue pas une atteinte manifestement illégale portée au droit au respect de la vie”.

Procès Balkany : de nouveaux détails sur le train de vie dispendieux du couple livrés lors de l’audience

Le président du tribunal correctionnel de Paris a livré mardi, au deuxième jour du procès des Balkany, des détails sur le train de vie du couple. 

C’est une nouvelle journée dense qui s’est tenue mardi, au deuxième jour du procès des Balkany, au tribunal correctionnel de Paris. Le maire de Levallois-Perret Patrick Balkany, jugé avec son épouse Isabelle Balkany notamment pour fraude fiscale et blanchiment, s’est exprimé pour la première fois, en lisant deux lettres écrites par sa femme au juge d’instruction en février 2016 et février 2017.

Dans ses missives, Isabelle Balkany dénonce le viol de sa vie privée depuis l’éclatement de l’affaire, se plaint de son contrôle judiciaire qui l’empêche de voir ses petits-enfants ainsi que de la saisie de ses avoirs qui handicape son train de vie. Elle se dit alors livrée à l’opprobre et, comme dans un signe prémonitoire, elle conclut chacune de ses deux lettres en exprimant sa tentation de “tirer sa révérence de manière irréversible”. Isabelle Balkany est absente au tribunal depuis l’ouverture du procès lundi et est toujours hospitalisée, depuis sa tentative de suicide début mai.

Billets de 500 euros et Euromillions

Auparavant, le président du tribunal a détaillé le train de vie dispendieux du couple, au cours d’une lecture de deux heures inhabituellement longue mais riche en détails. Ont notamment été cités les 1.258 m² et 11 chambres du moulin de Giverny, en Normandie, ou encore les 3.500 euros trouvés en billets de 500 euros au fond d’une poche d’un costume laissé au pressing. On y apprend également qu’Isabelle Balkany jouait plusieurs centaines d’euros chaque semaine à l’Euromillions, et remplissait tellement sa voiture Mini au supermarché qu’elle devait se faire livrer le reste de ses courses.

Le président a enfin égrainé des virements qui se promenaient de paradis fiscal en paradis fiscal… Autant de sommes sur lesquelles Patrick Balkany devra s’expliquer au 3ème jour du procès, mercredi.

Affaire Karachi : fin des investigations du volet visant Balladur et Léotard

Le Cour de justice de la République a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation, qui doit prendre ses réquisitions d’ici trois mois sur un éventuel procès.

La Cour de justice de la République (CJR) a terminé ses investigations concernant l’ancien Premier ministre Édouard Balladur sur un possible financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, via des rétrocommissions révélées dans l’enquête sur l’attentat de Karachi de 2002. Après cinq ans d’enquête, la commission d’instruction de la Cour a transmis son dossier le 7 mai au parquet général de la Cour de cassation pour qu’il prenne ses réquisitions d’ici trois mois sur un éventuel procès devant la CJR pour Édouard Balladur et son ex-ministre de la Défense François Léotard. Dans le volet non-ministériel, six autres protagonistes doivent être jugés en octobre à Paris.

La CJR est la seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, mais son existence-même est en sursis. Les deux anciens commis de l’Etat ont été mis en examen en 2017 pour “complicité d’abus de bien sociaux”. “Je n’étais informé de rien sur l’existence de commissions, de rétro-commissions, (…) de réseaux officieux et d’autres officiels”, s’était défendu Édouard Balladur, entendu à cinq reprises plus de 20 ans après les faits. Il est également soupçonné de “recel”.

L’hypothèse d’un financement illégal et de rétrocommissions

L’affaire de Karachi doit son nom à l’attentat du 8 mai 2002 qui avait fait quinze morts, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN), et blessé douze autres dans la ville pakistanaise. Tous travaillaient à la construction d’un des trois sous-marins Agosta vendus à ce pays, sous le gouvernement Balladur (1993-1995). L’enquête antiterroriste, qui privilégiait initialement la piste d’Al-Qaïda, explore depuis 2009 la thèse – non confirmée – de représailles à la décision de Jacques Chirac, tombeur d’Édouard Balladur à la présidentielle, d’arrêter le versement de commissions dans ces contrats après son élection.

En creusant cette hypothèse, les magistrats avaient acquis la conviction que les comptes de campagne d’Édouard Balladur, pourtant validés, avaient été en partie financés par des rétrocommissions – illégales -, à hauteur de 13 millions de francs (près de 2 millions d’euros), en marge de ces contrats de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite (Sawari II).

Un procès en octobre pour six protagonistes

Pour examiner ce volet financier, une deuxième procédure avait été confiée en 2011 à des magistrats financiers, qui a abouti au renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes, dont Thierry Gaubert (ex-membre du cabinet de Nicolas Sarkozy alors ministre du Budget), Nicolas Bazire, directeur de la campagne balladurienne, et l’intermédiaire Ziad Takieddine. Leur procès doit se tenir en octobre à Paris, huit ans après l’ouverture de cette enquête. Les cas d’Edouard Balladur, 90 ans aujourd’hui, et de François Léotard, 77 ans, avaient été disjoints en 2014.

Le ramadan commence lundi 6 mai en France

Le ramadan commencera le 6 mai en France, a annoncé samedi le Conseil français du culte musulman. 

Le ramadan commencera lundi en France, a annoncé samedi soir le Conseil français du culte musulman (CFCM), lors d’une cérémonie de fixation du début de ce mois de jeûne, de partage et de prière.

“Le premier jour du mois sacré du ramadan (…) est fixé pour lundi 6 mai”, a déclaré Ahmet Ogras, président du CFCM, l’instance représentative de l’islam auprès des pouvoirs publics, à la grande mosquée de Paris, en présence de grandes fédérations musulmanes ou de représentants de mosquées.

Penser à ceux “qui n’ont pas les moyens de faire la rupture du jeûne”

Comme le croissant de la nouvelle lune n’était pas visible samedi, le ramadandébutera lundi, selon le CFCM, qui a fait sienne l’observation lunaire privilégiée par une majorité de fidèles. Les partisans du calcul astronomique à l’avance tablaient depuis longtemps, comme l’ont souligné certains participants, sur un début de ramadan lundi. Ahmet Ogras a demandé, lors de cette “nuit du doute” (de fixation de la date), de penser, lors de ce mois qui s’annonce, aux Français de confession musulmane “qui n’ont pas les moyens de faire la rupture du jeûne”, aux “femmes isolées”, “aux enfants qui vont passer” des épreuves du baccalauréat ou des concours.

La première communauté musulmane d’Europe

La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, selon les dernières études sur le sujet (Pew Research Center, institut Montaigne, Insee, Ined), ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays. Et fait de la communauté musulmane française la première communauté musulmane en Europe.

Durant le ramadan, un des piliers de l’islam, les croyants sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, de l’aube – dès que l’on peut “distinguer un fil blanc d’un fil noir” dit le Coran – jusqu’au coucher du soleil. Le jeûne est prescrit aux musulmans pubères, mais des dispenses sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. Des compensations sont possibles pour les personnes empêchées ou dispensées (jeûne effectué ultérieurement, dons aux nécessiteux…)

Costumes offerts à Jack Lang : enquête ouverte pour “abus de biens sociaux”

Début mars, “L’Obs” a révélé que l’ancien ministre avait reçu près de 195.600 euros de costumes et pantalons du couturier italien Smalto.

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris pour “abus de biens sociaux”, après la révélation par la presse du fait que l’ancien ministre socialiste Jack Lang aurait reçu pour près de 200.000 euros de costumes en cadeau, a appris l’AFP jeudi de source judiciaire. L’enquête a été ouverte le 12 mars et les investigations ont été confiées à la brigade financière, a précisé cette source, confirmant une information de L’Obs.

Début mars, l’hebdomadaire avait révélé que l’actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA) aurait reçu pour près de 195.600 euros de costumes et pantalons du couturier italien Smalto entre 2013 et 2018. Interrogé au moment de ces révélations, Me Laurent Merlet, avocat de Jack Lang, avait alors répondu que son client s’était “bien vu offrir des costumes par la société Smalto depuis quelques années. Mais cela s’est fait à l’initiative du créateur Francesco Smalto, mort depuis (en 2015, NDLR)”.

“Aucune facture” adressée à Jack Lang

“La Maison Smalto n’a jamais adressé aucune facture à Jack Lang” et “ses cadeaux n’ont jamais eu aucune contrepartie”, avait-il ajouté. “Ce n’est pas la première fois que des couturiers proposent à Jack Lang de l’habiller. Depuis 40 ans, il a reçu ainsi des cadeaux compte tenu de sa notoriété. Cela s’inscrit dans une sorte de tradition d’ambassadeur de la marque”, avait souligné Me Merlet.

Il y a deux ans, Le JDD avait révélé que l’avocat Robert Bourgi, figure des réseaux de la “Françafrique”, avait commandé à la maison Arnys des costumes de luxe d’une valeur de 13.000 euros pour François Fillon, jetant un peu plus l’opprobre sur le candidat de la droite à la présidentielle, déjà plombé par les soupçons d’emplois fictifs dont aurait bénéficié son épouse.

Sécheresse : restrictions d’usage de l’eau dans une dizaine de départements

En raison de risques de sécheresse et d’une faible pluviométrie, plusieurs départements ont pris ce mois-ci des mesures de restriction d’eau pour les particuliers. 

Des mesures de restriction de l’usage de l’eau ont été prises dans une dizaine de départements en raison d’une faible pluviométrie et de risques de sécheresse, ont fait savoir jeudi plusieurs préfectures. Dans l’Indre, un arrêté qui entre en vigueur samedi limite l’usage de l’eau dans une dizaine de communes correspondant à une “situation de crise” sur le bassin versant de deux affluents de l’Indre.

L’arrosage et le remplissage des piscines interdits

Sont notamment interdits dans l’Indre l’arrosage des terrains de sport, pelouses, espaces verts, massifs floraux, golfs, ainsi que le remplissage des piscines privées ou le lavage des véhicules, sauf dans les stations équipées d’un récupérateur d’eau. L’arrosage des jardins potagers familiaux est également interdit de 8h à 20h. Concernant l’irrigation, le prélèvement des eaux superficielles est interdit, et l’irrigation agricole par forage est limitée à certaines heures.

“Depuis juin 2018, l’Indre connaît un épisode de sécheresse qui perdure. Ainsi depuis un an, il est constaté un déficit de plus de 35 % de la pluviométrie dans notre département”, indique la préfecture. “Ce constat, qui intervient dans le cadre d’une évolution plus globale du climat qui tend vers une augmentation moyenne des températures, se traduit actuellement par un niveau très bas des cours d’eau et des nappes phréatiques pour la saison”, ajoute-t-elle, précisant que “les premiers seuils de crise sont d’ores et déjà atteints, ce qui est très préoccupant si tôt en amont de la période estivale”.

Plusieurs départements concernés

Le Puy-de-Dôme a également été placé le 12 avril en situation de vigilance sécheresse, le niveau des nappes étant “relativement bas en raison d’un faible taux de recharge à l’automne” et les débits des principaux cours d’eau ayant été inférieurs à la moyenne mensuelle en mars. “Certaines communes du département connaissent dès à présent des difficultés d’alimentation en eau potable, notamment celles alimentées par des sources”, selon la préfecture.

Le département du Rhône et la métropole de Lyon ont également été placés le 1er avril en situation de vigilance ou d’alerte sécheresse, de même que l’Isère et l’Ain. La Creuse a été placée en “zone d’alerte” le 19 avril, invoquant “une sécheresse exceptionnelle et inédite à cette période de l’année”, avec “des débits des cours d’eau qui atteignent des niveaux comparables à ceux habituellement rencontrés en juillet et août”. En Charente-Maritime, deux bassins ont également été placés en “alerte de printemps”.

Notre-Dame : plus de 400 millions d’euros de dons pour les quatre collecteurs officiels

Les quatre collecteurs retenus par le ministère de la Culture pour les dons de particuliers et d’entreprises en faveur de la restauration de Notre-Dame de Paris ont déjà rassemblé 400 millions d’euros.

Plus de 400 millions d’euros ont été déjà rassemblés par les quatre collecteurs retenus par le ministère de la Culture pour les dons de particuliers et d’entreprises en faveur de la restauration de Notre-Dame de Paris. C’est la Fondation Notre-Dame (FND), association caritative catholique qui a vu affluer le plus de dons – un total de 211,3 millions d’euros -, ce qui montre l’importance que conserve le monument comme lieu de culte. 4,6 millions dont 0,6 million des Etats-Unis, via la Friends of Notre Dame de Paris, proviennent de 32.000 donateurs.

206,7 millions de grands donateurs, mécènes et soutiens étrangers

Les grands donateurs, mécènes et soutiens étrangers tels que le roi du Maroc ou la Serbie, ont apporté 206,7 millions d’euros. En tenant compte de diverses promesses, la collecte de la FND devrait s’élever bientôt entre 213 millions d’euros et 280 millions d’euros, indique cette fondation.

La collecte lancée par la Fondation du patrimoine s’élève pour sa part à 164 millions d’euros. Elle comprend les dons des particuliers (22 millions d’euros) et le mécénat des entreprises (142 millions d’euros). 218.500 particuliers ont participé. De son côté, la Fondation de France a reçu 50.000 dons pour un montant de 25 millions d’euros, dont 75% proviennent d’entreprises. Enfin, le Centre des monuments nationaux (CMN) a recueilli 3 millions d’euros, en majorité de particuliers mais aussi de petites entreprises.

Plus de 800 millions d’euros avec les promesses de dons

Les sommes globales des dons ou promesses de dons sont bien plus élevées, incluant les contributions de différents mécènes à l’Etat français. Selon certaines estimations, le total de l’ensemble dépasserait les 800 millions d’euros et pourrait atteindre le milliard. Du jamais vu dans la collecte de dons en France.

Pour différentes associations du patrimoine, ces sommes colossales dépassent les coûts prévisibles de la restauration de la cathédrale et devraient être resdistribuées à d’autres monuments qui en ont besoin. Mais le gouvernement l’exclut, en soulignant que les donateurs verront leurs voeux respectés de contribuer à ce chantier historique.

Plus de 200 anti-Linky déboutés à Bordeaux, un “filtre” imposé pour quelques “électro-hypersensibles”

Plus de 200 personnes qui s’opposaient à la pose de compteurs Linky ont été déboutées de leur demande mardi. En revanche, treize d’entre elles ont été considérées comme “électro-hypersensibles” par le tribunal de Bordeaux. Enedis devra ainsi poser chez elles “un filtre les protégeant des champs électromagnétiques”.

Plus de 200 personnes qui s’opposaient à la pose de compteurs Linky à leur domicile ont été déboutées mardi en référé à Bordeaux, avec un bémol pour 13 d’entre elles, considérées comme “électro-hypersensibles”, pour lesquelles le juge a enjoint à Enedis de poser un “filtre” protecteur.

Enedis prévoit de faire appel

Enedis “a prévu de faire appel de cette décision”, a-t-elle précisé en début de soirée. Pour la filiale d’EDF, la décision du tribunal de Bordeaux “conforte aussi bien le principe du remplacement des compteurs que notre démarche d’écoute à l’égard de certains de nos clients qui se déclarent électro-sensibles”. Il s’agit de cas “extrêmement rares pour lesquels nos équipes mettent en oeuvre un accompagnement personnalisé et adapté à chaque situation particulière”, souligne Enedis. La société rappelle que “toutes les mesures réalisées par les organismes indépendants mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques très largement inférieurs aux limites réglementaires”.

Le juge des référés du tribunal de grande instance avait été saisi par 206 requérants, réunis pour certains en associations, qui réclamaient l’arrêt du déploiement ou le retrait de ces “compteurs intelligents” controversés, invoquant des raisons de santé, une atteinte au libre choix, à la vie privée, ou le manque de professionnalisme des poseurs.

Treize des requérants considérés comme “électro sensibles”

Pour le juge, il apparaît que les demandeurs “ne justifient pas de l’existence d’un trouble manifestement illicite, que ce soit par rapport au droit à la consommation ou au RGPD” (Règlement général sur la protection des données). “Ils ne justifient pas davantage d’un dommage imminent, que se soit par rapport à leur santé, à la sécurité des personnes et des biens ou à la qualité du travail demandé aux installateurs”, ajoute-t-il.

En revanche, le juge des référés a considéré que treize des requérants qui avaient, certificats médicaux à l’appui, invoqué des symptômes (maux de têtes, insomnies, notamment) à l’audience en mars, “justifient d’un trouble manifestement illicite par manquement d’un principe de précaution”, car la pose d’un Linky s’est faite chez eux “sans la pose d’un filtre les protégeant des champs électromagnétiques”. Dans leurs cas, il a donc condamné Enedis à poser sous deux mois un “dispositif de filtre les protégeant” de ces champs. Les demandeurs ont été déboutés de leurs autres demandes et la procédure va suivre son cours sur le fond.

Une “première brève” ouverte

Leur avocat Me Pierre Hurmic a salué “une première brèche dans ce qui était jusqu’à présent la pensée dominante”, à savoir que “les champs électromagnétiques, même quand il y a un ‘cocktail de champs’, il n’y a aucun danger”. “Là, précisement, le juge dit ‘dans certains cas, on peut considérer que cela représente un danger pour la santé publique'”.

Me Hurmic a toutefois regretté une “brèche timide, incomplète”, car elle “n’interdit pas la pose” et “ne concerne que quelques demandeurs”. Il a évoqué la décision “plus audacieuse” du juge des référés à Toulouse en mars, où treize personnes souffrant d’hypersensibilité aux ondes avaient obtenu le droit de ne pas être équipées contre leur gré d’un Linky.

A l’audience, l’avocat d’Enedis avait assuré que les compteurs Linky ne développaient “pas plus d’effet significatif que d’autres objets du quotidien”, tels que les babyphones, prises de smartphones, plaques à induction, le wi-fi, etc.
Le compteur Linky, dont Enedis pilote l’installation pour relever à distance et en direct la consommation, fait l’objet de controverses récurrentes depuis son déploiement en 2015. Vingt-deux tribunaux ont été saisis d’actions conjointes. La grande majorité des plaignants, plusieurs centaines à ce jour, ont été déboutés – à Rennes, a Toulouse, à Bordeaux -, hormis une poignée “d’électrosensibles”.

“Gilets jaunes” : 27.900 manifestants en France, dont 9.000 à Paris

Les “gilets jaunes” s’étaient donné rendez-vous pour leur 23ème journée de mobilisation à Paris, où ont éclaté quelques incidents près de la place de la République, mais loin des violences redoutées par les autorités. 

Après plus de cinq mois de mobilisation, les “gilets jaunes” étaient de nouveau dans la rue samedi. Cet “acte 23” a été marqué par des incidents dans la capitale, où le rendez-vous avait été fixé. Alors que les autorités redoutaient de grandes violences et de la casse, les moyens policiers mis en place ont sans doute dissuadé les manifestants les plus virulents de passer à l’acte.

Incidents et dégâts à Paris

Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées dans la matinée sous un grand soleil, à Bercy, avant de s’élancer vers midi en direction de la place de la République. D’autres manifestants se sont retrouvés vers la gare du Nord pour se rendre près de la basilique Saint-Denis, dans le 93. Ce second cortège s’est déroulé sans incident.

En revanche, des échauffourées ont émaillé le cortège de la manifestation principale, notamment dans le 11ème arrondissement. Arrivés près de la place de la République, les manifestants ont été contenus et un face-à-face tendu a opposé un groupe d’une centaine de personnes avec des forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont procédé à plusieurs charges, sous le regard passif de “gilets jaunes” en retrait de ces violences.

Au milieu de scooters et de poubelles incendiés, des manifestants ont jeté bouteilles et autres projectiles en direction des forces de l’ordre. Certains criaient “Suicidez-vous, suicidez-vous”, alors que la police nationale est touchée par une vague de suicides sans précédent depuis le début de l’année. D’après le ministère de l’Intérieur, quatorze membres des forces de l’ordre ont été blessés. Des vols ont également été constatés, notamment dans un magasin GoSport et un Franprix du quartier.

227 interpellations, 163 gardes à vue

Si les autorités s’attendaient au pire, les moyens policiers mis en place ont peut-être dissuadé un certain nombre de casseurs de passer à l’acte, et les violences sont restées malgré tout assez contenues. 60.000 gendarmes et policiers avaient été déployés sur tout le territoire, dont 6.700 dans la capitale.

À Paris, la police a procédé à 227 interpellations, dont 163 ont conduit à une garde à vue (dont six concernaient des mineurs), selon le parquet de Paris. Plus de 20.000 contrôles préventifs ont par ailleurs été réalisés dans la capitale – les autorités s’appuyant sur la nouvelle loi anti-casseurs -, et certains se sont révélés fructueux. Six “black blocs” ont été ainsi interpellés par la BAC alors qu’ils étaient en possession de de cocktails Molotov, de pétards, ou encore de fusées d’artifice, rangés dans un sac de pompiers.

Pour cet “acte 23”, des défilés ont également eu lieu dans plusieurs villes en régions, et se sont tous déroulés sans incident notable. À Bordeaux, traditionnelle place forte du mouvement, une petite foule s’est rassemblée place de la Bourse avant d’entamer un itinéraire canalisé par des forces de police très mobiles, bloquant les accès à l’hypercentre. À Toulouse, des milliers de personnes se sont rassemblées en début d’après-midi place Jean-Jaurès, précédées par des dizaines de motards en gilet jaune, et quelques tirs de gaz lacrymogène ont été constatés.

D’après les informations d’Europe 1, certains militants les plus extrêmes, notamment parmi les “black blocs”, se réserveraient pour “frapper” un grand coup lors des manifestations du 1er-Mai.

Une mobilisation en baisse

Selon le ministère de l’Intérieur, environ 27.900 personnes ont manifesté samedi partout en France, dont 9.000 à Paris, des chiffres en baisse par rapport à la semaine dernière. Lors de “l’acte 22”, 31.100 manifestants avaient été recensés, dont 5.000 à Paris. Cet “acte 23” est la 2ème journée de mobilisation la plus faible depuis le début du mouvement, alors que seules quatre villes ont rassemblé plus de 1.000 manifestants  Paris, Montpellier, Bordeaux et Toulouse.

Cet “acte 23” intervient à l’issue d’une semaine marquée par l’incendie de Notre-Dame, qui a poussé le chef de l’État à reporter l’annonce de ses mesures pour mettre fin à la crise des “gilets jaunes”. Emmanuel Macron a indiqué qu’il s’exprimerait jeudi prochain. La fuite dans la presse cette semaine des annonces qu’il devait faire initialement lundi soir n’a pas réussi à calmer la grogne sociale. Et l’afflux massif de dons très importants de la part de milliardaires pour aider à la reconstruction de Notre-Dame, a au contraire accentué pour beaucoup le sentiment d’injustice socialedans le pays.