Paris se dote d’un nouveau plan pour lutter contre le crack

Afin de lutter contre la propagation du crack dans la capitale, un plan de lutte a été adopté lundi, qui doit notamment ouvrir des places d’hébergement et favoriser le parcours de soins des toxicomanes. 

Accueil de jour pour toxicomanes, plus de places d’hébergement, des enquêteurs spécialisés : Paris s’est doté lundi d’un nouveau plan de lutte contre le crack, porté notamment par la Ville et la préfecture de police qui espèrent enrayer la propagation de cette drogue dans la capitale.

Le crack, dérivé fumable de la cocaïne, poursuit ses ravages dans le nord-est de la ville. On déplore “six morts depuis le début de l’année” en lien avec l’usage de drogues dans les environs de la “Colline” – repaire de “crackeurs” en bord de périphérique au niveau de porte de la Chapelle -, s’alarme auprès de l’AFP l’adjointe en charge de la Santé à la mairie de Paris, Anne Souyris (EELV). Après un premier plan d’un million d’euros pour multiplier les maraudes des associations et financer des hébergements spécifiques pour les “crackeurs”, annoncé en octobre par la maire PS Anne Hidalgo et l’Agence régionale de santé (ARS), de nouveaux acteurs se coordonnent pour lutter contre ce fléau.

Un espace de repos pour “espacer les prises de crack”

Un nouveau plan, élargi aux préfectures de police et région et à la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), a été signé lundi. Il prévoit notamment de “favoriser le parcours de soins” des toxicomanes et “renforcer les capacités d’hébergement et d’espaces de repos”. Paris espère ainsi multiplier les accueils de jour, des lieux qui permettent aux toxicomanes de se reposer et d’espacer leurs prises de crack, alors qu’il n’existe aucun traitement de substitution pour enrayer la dépendance à cette substance. Un “espace de repos en container qui offrira douche, WC et sanitaires” doit notamment être mis en place porte de la Chapelle, sur la “Colline”.

Le plan prévoit aussi l’ouverture de 60 places de mises à l’abri à l’hôtel et la pérennisation de 80 places d’hébergement, un renforcement des maraudes dans la rue ou les rames de métro, une équipe dédiée à la médiation avec les riverains, ainsi que la “création d’un groupe d’enquêteurs sur les stupéfiants entre commissariat de quartier et police judiciaire”. En tout, 3 millions d’euros sont mis sur la table en 2019 pour financer cette lutte anti-crack. Le nouveau plan doit, lui, être déployé jusqu’en 2021.

Permis de conduire : l’inscription en ligne à l’examen bientôt expérimentée

Les députés ont donné leur accord en commission pour expérimenter l’inscription en ligne à l’épreuve pratique du permis de conduire, dans la nuit de mardi à mercredi.

Les députés ont donné leur accord dans la nuit de mardi à mercredi en commission pour expérimenter la possibilité pour les candidats de s’inscrire directement en ligne à l’épreuve pratique du permis de conduire, dans le cadre de la réforme voulue par le gouvernement.

Faciliter l’accès au permis de conduire, selon le gouvernement

Cette mesure est l’un des points de crispation des auto-écoles traditionnelles, qui se sont mobilisées sur les routes lundi autour de Paris, aux côtés des taxis et des ambulanciers, pour protester contre le projet de loi sur les mobilités, examiné actuellement au Palais Bourbon, un texte dénoncé comme “toxique” et “fait pour les plateformes”.

L’expérimentation de la “désintermédiation” figurait parmi les recommandations d’un rapport de la députée LREM Françoise Dumas. “Cela s’inscrit dans la logique de faciliter l’accès au permis de conduire”, a souligné la ministre des Transports, Élisabeth Borne, qui a fait adopter cet amendement du gouvernement en commission sans débat.

 

Plus de quota et une formation mieux gérée par le candidat lui-même

Concrètement, une plateforme de réservation par Internet des places d’examen sera créée, a expliqué Elisabeth Borne. Elle permettra aux candidats, “soit par le biais de leur école de conduite, soit par eux-mêmes”, de réserver une place d’examen. Celle-ci sera attribuée nominativement, “sans quota, ni classement autre que l’ordre d’inscription”, selon l’exposé des motifs de l’amendement.

Dans les départements concernés, la méthode nationale d’attribution des places d’examens pratiques ne sera donc plus appliquée. Cette méthode prévoit que les préfectures attribuent chaque mois un quota de places à chaque école, non pas en fonction de son nombre d’élèves inscrits, mais du nombre de ceux qu’elle a présentés à l’examen, au cours des douze mois qui précèdent, une première et une seconde fois.

Sur les conseils de son formateur, le candidat sera donc “en mesure de choisir son centre d’examen, une date et un créneau horaire parmi les disponibilités proposées et de planifier sa formation en conséquence afin de se présenter avec les meilleures chances de succès”, précise l’amendement.

 

Plusieurs mesures pour faire baisser le coût du permis

Après évaluation de cette phase de test, le gouvernement aura la possibilité de généraliser le dispositif par ordonnance. Les députés ont par ailleurs adopté un mécanisme de sur-amortissement fiscal pour encourager les auto-écoles à se doter du simulateur de conduite, sur proposition de Françoise Dumas.

Laurianne Rossi (LREM) a quant à elle obtenu que soit appliquée un taux réduit de TVA à 5,5% sur la formation au permis, afin d’en réduire son coût. Par sa réforme, le gouvernement souhaite que le prix moyen du permis de conduire diminue de l’ordre de 30%.

Pierre Botton jugé le 12 juillet pour abus de biens sociaux

L’homme d’affaires, condamné dans les années 90 pour abus de biens sociaux, sera jugé pour avoir détourné des dons destinés à l’association contre la récidive qu’il a fondée. 

L’homme d’affaires Pierre Botton, condamné et emprisonné dans les années 90 pour abus de biens sociaux, sera jugé le 12 juillet à Paris pour avoir détourné des dons destinés à l’association contre la récidive qu’il a fondée, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Selon cette source, Pierre Botton a été présenté mardi au parquet de Paris qui lui a notifié une convocation pour un procès. Il a par ailleurs été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de gérer une société. Il sera jugé pour “abus de confiance”, “escroquerie”, “abus de biens sociaux”, “faux et usage de faux” et “blanchiment”.

Une enquête préliminaire ouverte en janvier 2017

L’ex-gendre de l’ancien député-maire de Lyon Michel Noir, qui a effectué 20 mois de prison dans les années 90 dans une retentissante affaire politico-financière, était visé depuis janvier 2017 par une enquête préliminaire du parquet de Paris. Cette procédure faisait suite à un signalement de Tracfin. Le service anti-blanchiment du ministère des Finances avait détecté des transferts de fonds suspects entre le compte personnel de Pierre Botton, celui de sa société “Au coeur des prisons” et celui de l’association qu’il a fondée “Ensemble contre la récidive”, avait révélé en juin 2017 Le Monde. “Le montant des sommes détournées atteint plusieurs centaines de milliers d’euros”, écrit mercredi le quotidien qui a pu consulter le procès-verbal de convocation devant le tribunal.

Pierre Botton aurait notamment “récupéré ‘des fonds à hauteur de 54 à 61%’ des subventions reçues par l’association de soutien aux prisonniers sous couvert du paiement de prestations émises par la société ‘Au coeur des prisons'”. Des fonds qui auraient été utilisés pour “la prise en charge de travaux dans une villa cannoise à hauteur de 108.000 euros” ou encore “la prise en charge du loyer de son domicile personnel”.

Pierre Botton conteste les allégations

“Je conteste formellement les allégations rapportées par un journal qui me poursuit depuis plus de 25 ans”, a réagi Pierre Botton. “Trois contrôles fiscaux ont validé les procédures de mes comptables, tous experts judiciaires”, a-t-il affirmé. “Toutes mes actions dans les prisons se sont effectuées en toute transparence avec les mécènes qui m’ont fait confiance et dans le cadre strict de l’administration pénitentiaire”, a-t-il ajouté, précisant qu’il pouvait “répondre point par point à tout” ce qui lui était reproché.

Après sa sortie de prison en 1996, Pierre Botton s’est consacré à l’amélioration des conditions de détention. Il est devenu un interlocuteur important des pouvoirs publics sur ce thème via les actions de son association, soutenue par plusieurs personnalités comme Pierre Arditi, Yannick Noah ou Michel Drucker.

Manifestant éborgné par une grenade en 2016 : un CRS renvoyé aux assises

Un CRS accusé d’avoir lancé de manière non justifiée une grenade de désencerclement, qui a causé la perte d’un œil à un manifestant en 2016, sera jugé aux assises. 

Un CRS a été renvoyé lundi aux assises pour y répondre d’un “lancer injustifié” d’une grenade de désencerclement, dont l’explosion a causé la perte d’un œil à un manifestant lors d’un rassemblement contre la loi Travail le 15 septembre 2016, a appris mardi l’AFP de sources concordantes. Ce policier de 50 ans doit être jugé pour “violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente” sur Laurent Theron, un militant syndical SUD de 48 ans “définitivement aveugle de l’œil droit”, selon l’ordonnance des juges d’instruction. L’avocat du CRS a annoncé vouloir faire appel de cette décision.

La légitime défense exclue

Les faits se sont produits ce jour-là peu avant 17h, alors que les forces de l’ordre dispersaient les gens sur la place de la République à Paris, au terme d’une manifestation marquée par de violents heurts avec la police, ciblée notamment par des cocktails Molotov. Le brigadier-chef, qui avait été mis en examen en janvier 2017, est accusé d’avoir lancé à ce moment-là une grenade de désencerclement (GMD) “hors de tout cadre légal et réglementaire”, concluent les juges. Le policier et sa compagnie n’étaient alors “ni assaillis, ni encerclés, ni même réellement pris à partie”, ce qui exclut la justification de la légitime défense ou de la sauvegarde de son intégrité physique ou de celle d’autrui.

Le policier se voit aussi reprocher d’avoir “agi de sa propre initiative, sans recevoir d’ordre”, contrairement à la doctrine d’emploi des GMD, écrivent les juges. Enfin, le policier n’était pas habilité pour cette arme puissante qu’il aurait, selon l’hypothèse privilégiée par l’enquête, lancée en cloche et non au ras-du-sol comme exigé. “Cette décision le marque beaucoup ; s’il a fait une erreur, il n’a pas l’impression néanmoins d’avoir commis un crime”, a réagi son avocat Me Laurent-Franck Liénard. “Il est persuadé d’avoir lancé une grenade pour se protéger, lui et ses collègues. Elle a atteint la victime par accident”, a ajouté l’avocat.

Vincent Lambert : marche à Paris pour réclamer une “grâce présidentielle”

Une manifestation, réunissant une centaine de personnes, a été organisée à Paris pour demander à Emmanuel Macron de revenir sur l’arrêt des soins 

Plusieurs centaines de personnes défilaient lundi soir à Paris du ministère de la Santé vers l’Elysée pour réclamer une “grâce présidentielle” pour le tétraplégique Vincent Lambert, dont l’arrêt des soins visant à le maintenir en vie a débuté contre la demande de ses parents.

Les manifestants, qui se sont élancés peu avant 21H, tenaient pour certains une banderole proclamant “La valeur d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles” et scandaient les slogans “La vie pour Vincent”, “Sanchez assassin (du nom du médecin de Reims qui a signé en avril 2018 la demande d’interruption des traitements), “Vincent est vivant” ou encore “Macron assassin”. Le président de la République a estimé lundi qu’il ne lui appartenait pas de s’immiscer “dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert”.

“La vie passe avant tout”

“C’est la dernière chance pour que le président réagisse. C’est inadmissible de faire mourir quelqu’un comme ça arbitrairement. La vie passe avant tout”, a commenté Guillaume de Saizieu, l’un des participants. Selon ce Nantais de 50 ans de passage à Paris pour le travail, “il y a une volonté politique de faire passer un discours sur l’euthanasie. C’est comme ça que les gouvernements ont procédé avec l’avortement, avec toutes les mesures anti-vie. On prend un cas, on le médiatise, on joue sur l’émotion…”

Avec son sweat “J’aime la vie”, Marie Soulard est venue “parce qu’il faut le sauver. Il n’est pas en fin de vie. Il est alimenté et hydraté. A ce moment là, on peut tuer tous les handicapés. La vie n’a pas de prix”.
“Tous (les responsables) disent qu’ils ne peuvent rien faire, qu’il n’est pas responsable mais Emmanuel Macron lui a la responsabilité, il peut agir”, a affirmé l’étudiante en droit de 18 ans. “Nous n’acceptons pas le crime d’Etat que la France est en train de commettre”, a déclaré à la foule Me Jean Paillot, l’un des avocats des parents de Vincent Lambert.

Besançon : l’anesthésiste mis en examen pour “17 empoisonnements”

L’anesthésiste Frédéric Péchier, déjà mis en examen pour sept cas d’empoisonnement, a été mis en examen pour 17 nouveaux cas, dont sept mortels. 

L’anesthésiste Frédéric Péchier été mis en examen pour 17 “empoisonnement sur personne vulnérable”, qui s’ajoutent aux sept pour lesquels il avait déjà été mis en examen en 2017, a annoncé l’un de ses avocats jeudi soir.

“Ce sont 17 dossiers qui ont été retenus” portant sur des arrêts cardiaques survenus lors d’interventions chirurgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans dont “sept n’ont pas survécu”, a détaillé le procureur de la République Etienne Manteaux en début de soirée, précisant qu’il avait requis le placement en détention du médecin. La plus jeune victime, un enfant de 4 ans, qui par chance s’en est sorti, devait se faire opérer des amygdales, une intervention chirurgicale pourtant relativement banale. Au total, 66 cas de patients avaient été recensés comme des “événements indésirables graves suspects”, entre 2008 et 2016.

Un héros “habile”

Le procureur de Besançon a décrit Frédéric Péchier comme un homme “habile”, capable de “ne pas éveiller les soupçons”, au point que jamais après ces empoisonnements, il n’a été envisagé au sein de la clinique qu’il puisse s’agir d’un empoisonnement volontaire. Jamais, donc, lors des analyses toxicologiques, la présence de potassium ou d’anesthésiques locaux rares n’a été recherchée. Or ce sont bien ces substances, parfois à doses létales, qui ont pu être administrées par le docteur Péchier dans des solutés de réhydratation de ces patients venus pour des opérations bénignes.

Privilégiant la thèse du “pompier pyromane”, les enquêteurs le soupçonnent d’avoir ainsi sciemment modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur. Les indices graves et concordants listés jeudi par le procureur semblent accablants, comme lorsqu’il relève que l’anesthésiste s’est absenté à un moment six mois de la clinique et aucun événement grave ne s’est alors produit. En revanche, il était bien présent dans l’établissement lors des 66 événements suspects recensés.

Arrêt des soins de Vincent Lambert : le tribunal administratif de Paris rejette un recours des parents

L’arrêt des traitements de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif, doit avoir lieu à partir du 20 mai. 

Le tribunal administratif de Paris a rejeté mercredi un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui demandaient la suspension de la procédure d’arrêt des soins de leur fils tétraplégique, programmée par son médecin-traitant à partir de lundi.

Les parents demandaient au juge des référés de suspendre l’interruption des soins dans l’attente de l’examen d’une plainte déposée devant le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH). Les requérants invoquaient “l’atteinte grave et manifestement illégale portée au droit au respect de la vie et au droit au recours effectif, qui constituent des libertés fondamentales”.

Le jugé des référés “a estimé que le droit au recours effectif était hors de cause, dès lors que le comité des droits des personnes handicapées, qui n’est pas une instance nationale, ne constitue pas une juridiction”, selon un communiqué du tribunal.

Les parents de Vincent Lambert ont saisi le Défenseur des droits

Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé vendredi à la famille l’interruption des traitements à partir du 20 mai de cet ancien infirmier psychiatrique en état végétatif au CHU de Reims. Le 24 avril, le Conseil d’État avait jugé conforme à la loi la décision collégiale d’arrêt des soins, prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims pour faire cesser un “acharnement thérapeutique” mais contestée par une partie de la famille.

À la suite de cette décision, les parents de Vincent Lambert, catholiques farouchement opposés à l’euthanasie passive, ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH). Ils ont aussi annoncé avoir saisi le Défenseur des droits.

Selon le tribunal administratif, le gouvernement n’a “aucune obligation de respecter” une demande du CIDPH

La CEDH a rejeté leur requête, mais le CIDPH a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins, dans l’attente d’une instruction sur le fond. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a indiqué que la France répondrait à la demande du comité, mais qu’elle n’était pas tenue, légalement, de la respecter.

Le tribunal administratif a également relevé que gouvernement français “n’avait aucune obligation de respecter” une demande de ce comité.  Il en a conclu que “la mise en oeuvre, sans attendre cet examen, de la procédure d’arrêt de soins, ne constitue pas une atteinte manifestement illégale portée au droit au respect de la vie”.

Procès Balkany : de nouveaux détails sur le train de vie dispendieux du couple livrés lors de l’audience

Le président du tribunal correctionnel de Paris a livré mardi, au deuxième jour du procès des Balkany, des détails sur le train de vie du couple. 

C’est une nouvelle journée dense qui s’est tenue mardi, au deuxième jour du procès des Balkany, au tribunal correctionnel de Paris. Le maire de Levallois-Perret Patrick Balkany, jugé avec son épouse Isabelle Balkany notamment pour fraude fiscale et blanchiment, s’est exprimé pour la première fois, en lisant deux lettres écrites par sa femme au juge d’instruction en février 2016 et février 2017.

Dans ses missives, Isabelle Balkany dénonce le viol de sa vie privée depuis l’éclatement de l’affaire, se plaint de son contrôle judiciaire qui l’empêche de voir ses petits-enfants ainsi que de la saisie de ses avoirs qui handicape son train de vie. Elle se dit alors livrée à l’opprobre et, comme dans un signe prémonitoire, elle conclut chacune de ses deux lettres en exprimant sa tentation de “tirer sa révérence de manière irréversible”. Isabelle Balkany est absente au tribunal depuis l’ouverture du procès lundi et est toujours hospitalisée, depuis sa tentative de suicide début mai.

Billets de 500 euros et Euromillions

Auparavant, le président du tribunal a détaillé le train de vie dispendieux du couple, au cours d’une lecture de deux heures inhabituellement longue mais riche en détails. Ont notamment été cités les 1.258 m² et 11 chambres du moulin de Giverny, en Normandie, ou encore les 3.500 euros trouvés en billets de 500 euros au fond d’une poche d’un costume laissé au pressing. On y apprend également qu’Isabelle Balkany jouait plusieurs centaines d’euros chaque semaine à l’Euromillions, et remplissait tellement sa voiture Mini au supermarché qu’elle devait se faire livrer le reste de ses courses.

Le président a enfin égrainé des virements qui se promenaient de paradis fiscal en paradis fiscal… Autant de sommes sur lesquelles Patrick Balkany devra s’expliquer au 3ème jour du procès, mercredi.

Affaire Karachi : fin des investigations du volet visant Balladur et Léotard

Le Cour de justice de la République a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation, qui doit prendre ses réquisitions d’ici trois mois sur un éventuel procès.

La Cour de justice de la République (CJR) a terminé ses investigations concernant l’ancien Premier ministre Édouard Balladur sur un possible financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, via des rétrocommissions révélées dans l’enquête sur l’attentat de Karachi de 2002. Après cinq ans d’enquête, la commission d’instruction de la Cour a transmis son dossier le 7 mai au parquet général de la Cour de cassation pour qu’il prenne ses réquisitions d’ici trois mois sur un éventuel procès devant la CJR pour Édouard Balladur et son ex-ministre de la Défense François Léotard. Dans le volet non-ministériel, six autres protagonistes doivent être jugés en octobre à Paris.

La CJR est la seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, mais son existence-même est en sursis. Les deux anciens commis de l’Etat ont été mis en examen en 2017 pour “complicité d’abus de bien sociaux”. “Je n’étais informé de rien sur l’existence de commissions, de rétro-commissions, (…) de réseaux officieux et d’autres officiels”, s’était défendu Édouard Balladur, entendu à cinq reprises plus de 20 ans après les faits. Il est également soupçonné de “recel”.

L’hypothèse d’un financement illégal et de rétrocommissions

L’affaire de Karachi doit son nom à l’attentat du 8 mai 2002 qui avait fait quinze morts, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN), et blessé douze autres dans la ville pakistanaise. Tous travaillaient à la construction d’un des trois sous-marins Agosta vendus à ce pays, sous le gouvernement Balladur (1993-1995). L’enquête antiterroriste, qui privilégiait initialement la piste d’Al-Qaïda, explore depuis 2009 la thèse – non confirmée – de représailles à la décision de Jacques Chirac, tombeur d’Édouard Balladur à la présidentielle, d’arrêter le versement de commissions dans ces contrats après son élection.

En creusant cette hypothèse, les magistrats avaient acquis la conviction que les comptes de campagne d’Édouard Balladur, pourtant validés, avaient été en partie financés par des rétrocommissions – illégales -, à hauteur de 13 millions de francs (près de 2 millions d’euros), en marge de ces contrats de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite (Sawari II).

Un procès en octobre pour six protagonistes

Pour examiner ce volet financier, une deuxième procédure avait été confiée en 2011 à des magistrats financiers, qui a abouti au renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes, dont Thierry Gaubert (ex-membre du cabinet de Nicolas Sarkozy alors ministre du Budget), Nicolas Bazire, directeur de la campagne balladurienne, et l’intermédiaire Ziad Takieddine. Leur procès doit se tenir en octobre à Paris, huit ans après l’ouverture de cette enquête. Les cas d’Edouard Balladur, 90 ans aujourd’hui, et de François Léotard, 77 ans, avaient été disjoints en 2014.

Le ramadan commence lundi 6 mai en France

Le ramadan commencera le 6 mai en France, a annoncé samedi le Conseil français du culte musulman. 

Le ramadan commencera lundi en France, a annoncé samedi soir le Conseil français du culte musulman (CFCM), lors d’une cérémonie de fixation du début de ce mois de jeûne, de partage et de prière.

“Le premier jour du mois sacré du ramadan (…) est fixé pour lundi 6 mai”, a déclaré Ahmet Ogras, président du CFCM, l’instance représentative de l’islam auprès des pouvoirs publics, à la grande mosquée de Paris, en présence de grandes fédérations musulmanes ou de représentants de mosquées.

Penser à ceux “qui n’ont pas les moyens de faire la rupture du jeûne”

Comme le croissant de la nouvelle lune n’était pas visible samedi, le ramadandébutera lundi, selon le CFCM, qui a fait sienne l’observation lunaire privilégiée par une majorité de fidèles. Les partisans du calcul astronomique à l’avance tablaient depuis longtemps, comme l’ont souligné certains participants, sur un début de ramadan lundi. Ahmet Ogras a demandé, lors de cette “nuit du doute” (de fixation de la date), de penser, lors de ce mois qui s’annonce, aux Français de confession musulmane “qui n’ont pas les moyens de faire la rupture du jeûne”, aux “femmes isolées”, “aux enfants qui vont passer” des épreuves du baccalauréat ou des concours.

La première communauté musulmane d’Europe

La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, selon les dernières études sur le sujet (Pew Research Center, institut Montaigne, Insee, Ined), ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays. Et fait de la communauté musulmane française la première communauté musulmane en Europe.

Durant le ramadan, un des piliers de l’islam, les croyants sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, de l’aube – dès que l’on peut “distinguer un fil blanc d’un fil noir” dit le Coran – jusqu’au coucher du soleil. Le jeûne est prescrit aux musulmans pubères, mais des dispenses sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. Des compensations sont possibles pour les personnes empêchées ou dispensées (jeûne effectué ultérieurement, dons aux nécessiteux…)