Les contraventions pour participation à une manifestation interdite passent de 38 à 135 euros

Après les violences qui ont marqué l’acte 18 des “gilets jaunes”, Édouard Philippe avait demandé à la ministre de la Justice “d’augmenter très nettement le montant de la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite”. 

Les contraventions encourues en cas de participation à une manifestation interdite passent désormais de 38 à 135 euros, selon un décret publié jeudi au Journal Officiel, à deux jours d’une nouvelle mobilisation des “gilets jaunes”.

Après les violences samedi dernier lors de l’acte 18 des “gilets jaunes” à Paris, le Premier ministre Édouard Philippe avait, entre autres mesures, demandé lundi à la garde des Sceaux “d’augmenter très nettement le montant de la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite”.

“Le fait de participer à une manifestation sur la voie publique interdite sur le fondement des dispositions de l’article L. 211-4 du code de la sécurité intérieure est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe”, indique le texte.

Le nouveau montant entre en vigueur “immédiatement”

L’amende était auparavant fixée à 38 euros, elle sera à présent de quatrième classe et donc de 135 euros. Le décret publié jeudi entre “en vigueur immédiatement”.

Selon le code de la sécurité intérieure, les déclarations préalables à “tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique” doivent être transmises trois jours avant la date de la manifestation. En outre, si l’autorité investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée est de nature à troubler l’ordre public, elle l’interdit par un arrêté qu’elle notifie immédiatement aux signataires de la déclaration au domicile élu, précise l’article du code de la sécurité intérieure.

Saccage des Champs-Elysées : la ville accorde une aide aux kiosquiers

Sept kiosques de presse des Champs-Elysées ont été incendiés, dont cinq ont été complètement détruits, lors de l’acte 18 des “gilets jaunes”.

La ville de Paris a annoncé jeudi une aide d’urgence de 2.000 euros pour sept kiosquiers qui ont vu leur lieu de travail incendié samedi lors des saccages sur les Champs-Elysées, en marge de la manifestation des “gilets jaunes”.

Lors de cette journée, sept kiosques de presse des Champs-Elysées ont été incendiés, dont cinq ont été complètement détruits, explique la mairie dans un communiqué. Cette dernière “a décidé d’accorder une aide exceptionnelle de 2.000 euros à ceux ayant vu leur édicule et marchandise détruits”, précise le communiqué.

Des kiosques de remplacement vont être installés

La ville, Mediakiosk (la société, filiale de JCDecaux qui gère les kiosques à Paris) et Enedis, “se sont également mobilisés pour que des kiosques de remplacement soient installées dans les meilleurs délais”, poursuit le communiqué : un kiosque a pu rouvrir le 19 mars, d’autres seront opérationnels “dans les prochains jours”. Enfin, la ville a demandé aux distributeurs de presse “de faire preuve d’une attention toute particulière quant à la situation financière des kiosquiers” touchés par ces destructions.

Plusieurs groupes de presse – dont ChallengesLe MondeLe PointLe FigaroLibérationL’Express, le Canard EnchaînéLe UnLa CroixLes Echosle Petit quotidienL’HumanitéParis Match, le JDDL’Equipe et Le Parisien – ont par ailleurs ouvert une “souscription” afin d’aider les kiosquiers à payer leurs dettes.

Toulouse : un juge autorise le refus du compteur Linky pour raison médicale

Enedis a indiqué qu’il “prend en compte” cette décision et qu’il “envisage de faire appel”.

Treize personnes souffrant d’hypersensibilité aux ondes ont obtenu du juge des référés à Toulouse le droit de ne pas être équipées contre leur gré d’un compteur électrique Linky, une installation controversée, a indiqué mercredi leur avocat à l’AFP.

Dans le cas de ces 13 plaignants dotés d’un certificat médical attestant de leur hypersensibilité électromagnétique, le juge des référés du tribunal de grande instance de Toulouse “a ordonné à Enedis de faire en sorte que l’électricité ne soit pas distribuée” avec un système de courant porteur en ligne (CPL) présent dans les compteurs Linky, a précisé Me Christophe Lèguevaques.

Le compteur Linky, dont l’installation est pilotée par Enedis et permettant de relever à distance et en direct la consommation des clients, fait l’objet de polémiques récurrentes depuis son déploiement en 2015, suscitant des inquiétudes sur l’exposition aux champs électromagnétiques et le respect de la vie privée.

Enedis “envisage de faire appel”

Contacté par l’AFP, Enedis a indiqué qu’il “prend en compte” cette décision et qu’il “envisage de faire appel”. La société assure encore “qu’il s’agit de cas extrêmement rares pour lesquels Enedis, en tant qu’entreprise du service public, met en oeuvre un accompagnement personnalisé et adapté à chaque situation particulière”.

Le juge a par contre débouté les autres plaignants -plus de 150 selon l’avocat, 216 selon Enedis- qui contestaient la pose d’un compteur Linky en arguant pour leur part d’un droit à la protection de leur vie privée. La décision concernant les malades “est un précédent intéressant (…) et un signal fort car pour la première fois la justice reconnaît leur situation”, a mis en avant Me Lèguevaques. L’hypersensibilité électromagnétique provoque des maux de tête, nausées et épuisement généralisé.

Le juge des référés s’est prononcé dans l’attente d’un jugement sur le fond de l’action collective conjointe contre Enedis. Cette action collective “regroupe plus de 5.000 personnes sur toute la France (…) qui demandent aux juges de 22 tribunaux de prendre des mesures (…) afin de respecter la liberté de choix des consommateurs”, a rappelé l’avocat.

“Les mesures réalisées mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques inférieurs aux limites réglementaires”

En novembre 2016, le tribunal de grande instance de Grenoble avait ordonné en référé le retrait du compteur d’eau à radiofréquence du domicile d’une Iséroise électrosensible. Il avait précisé dans sa décision qu’aucun compteur Linky ne devait pas non plus être installé chez la plaignante. Enedis rappelle pour sa part “que toutes les mesures réalisées par les organismes indépendants mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques très largement inférieurs aux limites réglementaires”.

Les gilets jaunes incendient leur dernier campement dans la Loire

La décision de détruire deux constructions en bois a été prise après la réception, mardi matin, d’un arrêté préfectoral ordonnant leur évacuation sous 24 heures, indique un gilet jaune.

Après plus de quatre mois d’existence, les “gilets jaunes” ont incendié mardi soir leur dernier campement dans la Loire, à Saint-Chamond, avant l’évacuation prévue mercredi matin, a-t-on appris de sources concordantes.

La police, qui avait prévu l’évacuation du rond-point situé sur l’aire d’autoroute du Pays du Gier, en bordure de l’A47 Lyon/Saint-Etienne, a constaté qu’il était en feu et les pompiers sont intervenus pour éviter toute propagation de l’incendie à une station-essence située à proximité.

“Une page se tourne, mais le combat continue”.

Un représentant des “gilets jaunes” du Gier a indiqué que la décision de détruire deux constructions en bois a été prise après la réception, mardi matin, d’un arrêté préfectoral ordonnant leur évacuation sous 24 heures. La décision du préfet de la Loire, Evence Richard, intervient à la demande de Saint-Etienne métropole, qui a mis fin depuis plusieurs jours, “pour des raisons de sécurité”, à la convention d’occupation précaire d’un terrain situé en bordure d’un rond-point, accordée en fin d’année dernière. “Une page se tourne, mais le combat continue. On reviendra sur ce rond-point”, a souligné un “gilet jaune”.

Le groupe de “gilets jaunes” du Gier est le premier de la Loire à s’être organisé en collectif, le 3 janvier, à la demande de la préfecture, pour “officialiser et mieux organiser (ses) actions vis-à-vis des pouvoirs publics”.

“Gilets jaunes” : quelles suites pour le mouvement après les violences de samedi ?

Alors que la mobilisation marquait le pas depuis plusieurs week-ends, le brusque regain de tensions à Paris samedi dernier fait craindre à l’exécutif une radicalisation du mouvement. Les leaders des “gilets jaunes” sont eux divisés sur l’avenir.

Y-aura-t-il un “acte 19” ? Tous les regards sont tournés vers l’exécutif, lundi : alors que le gouvernement espérait sortir de la crise des “gilets jaunes” avec le “grand débat national”, les violences ont brusquement fait leur retour au premier plan dans la capitale, ce week-end. Alors que des annonces politiques sont attendues lundi – une interdiction de manifester sur les Champs-Élysées est évoquée -, les scènes de dégradations et de pillages posent la question de la pérennité du mouvement.

“Black blocs” ou “gilets jaunes” ?

Une pluie de pavés et autres projectiles s’est abattue sur les gendarmes mobiles dès la fin de la matinée, samedi sur les Champs-Élysées, donnant le ton d’une journée comparable à celles du début de mois de décembre. Vêtus de noir, visage masqué pour certains, 1.500 “ultra-violents” se sont mêlés aux “gilets jaunes” arrivés des quatre coins de la France, selon le ministère de l’Intérieur.  “Tous ceux qui étaient là se sont rendus complices” du saccage, a posé Emmanuel Macron dès samedi soir, balayant l’argument d’une distinction entre “véritables gilets jaunes” et casseurs.

Contrairement aux précédentes semaines, cette dernière manifestation n’avait pas fait l’objet d’une déclaration officielle, un choix revendiqué par les leaders les plus médiatiques du mouvement pour marquer un retour à la source des premières mobilisations dans la capitale. Lorsqu’un “black bloc” – groupement d’individus très mobiles – s’est formé sur les Champs-Élysées, certains “gilets jaunes” ont applaudi les bris de vitrines, sans pour autant y participer. La présence de ces “observateurs” a en outre compliqué l’intervention des forces de l’ordre face aux pilleurs.

Une violence (presque) unanimement dénoncée.

Depuis samedi, les scènes de saccage de la plus célèbre avenue parisienne ont été condamnées par l’ensemble de la classe politique française. “Je veux qu’on prenne dans les meilleurs délais des décisions fortes, pour que cela n’advienne plus”, a affirmé Emmanuel Macron samedi soir, semblant envisager l’hypothèse de nouvelles manifestations violentes à venir.”Nous sommes dans une situation d’urgence absolue. Il faut trouver des solutions cette semaine”, a pour sa part estimé Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains, sur BFMTV.

Plusieurs visages des “gilets jaunes” ont aussi dénoncé les dégradations de samedi, tout en veillant à les dissocier des manifestations pacifistes et en pointant, parfois, la responsabilité des autorités, critiquées pour leur gestion de “l’acte 18”. “Nous demandons des comptes concernant le laisser aller manifeste avec les “black blocs” qui ont saccagé les Champs-Élysées”, a écrit le co-fondateur des “Gilets jaunes citoyens” Thierry-Paul Valette dans un communiqué, samedi. D’autres ont qualifié les dégradations d’actes “malheureux”, tout en refusant de condamner fermement le recours  la violence. “En défilant pacifiquement depuis des semaines, on n’a rien obtenu”, a ainsi souligné Sophie Tissier, autre figure du mouvement, lundi matin sur RTL.

Les “gilets jaunes” divisés sur la suite.

Chez les “gilets jaunes”, des différences de position existent aussi sur les suites à donner au mouvement après cet “acte 18”. Présentée comme un “baroud d’honneur” – plusieurs figures des “gilets jaunes” avaient indiqué qu’ils manifestaient pour la dernière fois – la journée de samedi a-t-elle “relancé” la mobilisation ? Oui, selon Maxime Nicolle, alias “Flyrider”. “Dans à peu près trois-quatre semaines, il y aura sûrement un autre acte, sûrement un très gros acte”, prévenait-il dans une vidéo, dès samedi soir. “Paris a assez vu la colère du peuple”, estimait-il cependant, suggérant que les “gilets jaunes” pourraient “rester dans leur ville pour s’y rassembler”.

“On (les leaders des “gilets jaunes”, ndlr) est surveillés comme c’est pas possible”, estime quant à lui Éric Drouet, l’un des plus célèbres “gilets jaunes”, dans une vidéo publiée dimanche soir, expliquant à demi-mot ne pas pouvoir appeler à des rassemblements violents. “Il faut refaire des samedis comme ça, avec beaucoup de monde”, conseille seulement le chauffeur routier. “Je vais voir si certaines personnes proposent des choses et je les relayerai”, ajoute-t-il, évoquant la possibilité d’organiser des “blocages” dans des ports ou des raffineries. Sur Facebook, des appels à ce type d’actions circulent pour mardi.

Et à plus long terme ? La question de la conversion politique du mouvement est toujours source de divisions. Elle est rejetée en bloc par certains tandis que d’autres, comme Thierry-Paul Valette, envisagent déjà des candidatures aux élections européennes. “On le voit bien, les ronds-points se sont vidés, la mobilisation dans la rue ne donne rien, il faut passer à l’expression par les urnes”, renchérit Benjamin Cauchy, porte-parole des “gilets jaunes” en Haute-Garonne, interrogé par Le Figaro. Les violences des Champs-Élysées pourront-elles être retenues contre d’éventuels candidats affiliés au mouvement, désormais lancé depuis quatre mois ? Selon un dernier sondage Opinionway, les “gilets jaunes” sont toujours appuyés par 49% des Français. Cette étude avait cependant été réalisée avant les violences de samedi.

Grève des douaniers : Bercy débloque une enveloppe de 14 millions d’euros

Lors d’une rencontre avec les syndicats de douaniers, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin “a fait une proposition”, que les syndicats doivent soumettre aux agents.

Le gouvernement a mis sur la table mardi une enveloppe de 14 millions d’euros pour améliorer la rémunération des douaniers, ont annoncé les Douanes à l’issue d’une négociation à Bercy avec les syndicats de douaniers, en grève depuis dix jours. Lors de cette rencontre, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin “a fait une proposition”, que les syndicats doivent soumettre aux agents, qui demandent des moyens supplémentaires pour faire face au Brexit. “Cette proposition, c’est une enveloppe de 14 millions d’euros supplémentaires”, a déclaré à la presse le directeur général des douanes Rodolphe Gintz.

Le directeur général des douanes évoque “un effort très important”.

Selon Rodolphe Gintz, la question de la répartition de cette enveloppe n’a à ce stade pas été évoquée. Si la proposition de Bercy est acceptée, elles se verra “sur la feuille de paye des douaniers (…) à partir du 1er juillet”, a toutefois précisé Rodolphe Gintz, évoquant “un effort très important”.

Les grévistes, qui ont cessé le travail depuis 10 jours à l’appel d’une intersyndicale CFDT, CGT, Solidaires, Unsa et USD-FO, réclament une augmentation de leur allocation complémentaire, mais aussi une hausse des effectifs et l’octroi de moyens supplémentaires afin de faire face au Brexit.

“Le ministre a entendu les questions, les inquiétudes”, a assuré Rodolphe Gintz, en précisant que l’enveloppe de 14 millions d’euros serait financée sur les fonds du ministère des Comptes publics, où des efforts supplémentaires seront réalisés. “On ne va pas demander un effort supplémentaire aux Français”, a-t-il assuré.

“La réunion s’est déroulée mieux qu’imaginé.”

Lors de la réunion, la question des conditions de travail des douaniers a également été abordée. Une future rencontre sur le sujet a été proposée aux syndicats, “avec là aussi un horizon relativement court”, a assuré Rodolphe Gintz, en évoquant “le mois de juin”. Ces annonces ont été accueillies plutôt favorablement par les syndicats. “La réunion s’est déroulée mieux qu’imaginé, puisque Gérald Darmanin est arrivé avec des propositions”, a souligné Vincent Thomazo, secrétaire général UNSA-Douanes.

“Nous allons effectuer un retour vers nos agents si les propositions conviennent. Nous devons donner une réponse d’ici demain midi à Gérald Darmanin. Si la réponse des agents est positive alors nous entrerons dans le schéma des discussions, si elle est négative il n’y aura pas de deuxième phase”, a-t-il précisé.

Le mouvement de grève a entraîné de nombreuses perturbations dans les transports, notamment sur les Eurostar et dans les ports de Calais et Dunkerque. Mardi midi, une file de de poids lourds de trois kilomètres de long perturbait encore la circulation sur l’A16 dans les deux sens, en amont du tunnel sous la Manche, et presque autant sur les bretelles d’accès.

Tapie : l’éventuelle liquidation judiciaire de ses sociétés examinée le 15 avril

Cette question devait être examinée lundi matin par le tribunal de commerce de Paris mais l’audience a dû être renvoyée, en raison de la concomitance du procès pénal de l’homme d’affaires de 76 ans.

La justice doit examiner le 15 avril une demande de liquidation judiciaire des sociétés de Bernard Tapie, condamné à rembourser les centaines de millions d’euros perçus en 2008 dans l’arbitrage de son litige avec le Crédit Lyonnais, a appris lundi l’AFP auprès des parties.

Cette question devait être examinée lundi matin par le tribunal de commerce de Paris mais l’audience a dû être renvoyée, en raison de la concomitance du procès pénal de l’homme d’affaires de 76 ans, accusé d’avoir escroqué l’État en obtenant cet arbitrage jugé frauduleux.

Les deux holdings en redressement judiciaire.

Les holdings GBT (Groupe Bernard Tapie), actionnaire majoritaire du groupe de médias La Provence, et FIBT (Financière Immobilière Bernard Tapie) sont à l’abri des créanciers depuis que leur propriétaire les a placées en procédure de sauvegarde en décembre 2015, quelques jours avant sa condamnation à rembourser quelque 403 millions d’euros. L’ancien patron de l’Olympique de Marseille, tout en contestant par ailleurs en justice le montant de sa dette, a promis de rembourser.

Mais en janvier, son deuxième plan de sauvegarde, qui étalait le remboursement sur six ans, a été rejeté par le tribunal de commerce de Paris. Celui-ci a alors placé les deux holdings en redressement judiciaire et la défense de Bernard Tapie travaille depuis sur un nouveau plan. Estimant le redressement impossible, le parquet de Paris a entre-temps demandé au tribunal de passer à l’étape suivante et de prononcer la liquidation judiciaire, afin de permettre la vente immédiate des biens.

“J’ai mis tous mes actifs en garantie pour le paiement.”

“Ce serait une catastrophe (pour le groupe de médias, ndlr) qui n’a pas de contrepartie”, a réagi Bernard Tapie. “J’ai mis tous mes actifs en garantie pour le paiement. Donc, que ce soit en liquidation ou dans le cadre d’un plan (de redressement, ndlr), ils seront payés ; d’un côté très vite et de l’autre côté très lentement, avec des complications considérables”, a-t-il déclaré.

Bernard Tapie s’est notamment engagé à vendre son domicile familial parisien, l’hôtel de Cavoye. Mais l’ancien ministre fait valoir que si ses sociétés étaient placées en liquidation judiciaire, ses créanciers ne toucheraient aucun euro tant que sa dette, objet d’âpres batailles procédurales, n’aurait pas été tranchée.

Une audience est prévue le 1er octobre devant la cour d’appel, où le Consortium de réalisation (CDR), structure détenue par l’État et chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais, conteste une décision qui a raboté sa créance de 117 millions d’euros. Au total, le CDR chiffre à 525 millions d’euros sa dette auprès des époux Tapie, une fois ajoutés les intérêts qui continuent de courir.

“Grand débat national” : 400.000 pages de contributions numérisées par la BNF

Au total, 400.000 pages de contributions au “grand débat national” ont été transmises pour numérisation à la Bibliothèque nationale de France, avant leur remise au gouvernement. 

La Bibliothèque nationale de France (BNF) a commencé à numériser quelque 400.000 pages de cahiers citoyens et contributions au “grand débat national” en vue de leur analyse sémantique et de leur archivage. “La BNF dématérialise entre 15 et 25 millions de pages par an. Pour ce travail, nous avons 400.000 pages. C’était presque naturel pour nous de prêter main forte à la mission grand débat. C’est une volumétrie habituelle pour la BNF”, a expliqué Arnaud Beaufort, directeur général adjoint de la BNF, à l’AFP.

Quatre semaines pour tout numériser.

La numérisation est opérée dans le cadre d’un marché avec la société Numen Services, à Chambray-lès-Tours, en Indre-et-Loire. Elle a commencé peu après la date limite d’envoi des contributions, fixée au 20 février, et doit être réalisée dans un délai de quatre semaines. Parsemé de chariots, de caissettes en plastique et de bacs de tri identifiés par leurs départements et dates de réception, l’atelier de numérisation comprend notamment plusieurs scanners dont l’un de 10 mètres qui numérise simultanément en recto-verso.

Les documents versés aux archives.

“Les cahiers citoyens sont au nombre de 16.000. Nous en avons déjà reçus 14.000. Nous avons aussi tous les courriers reçus à la fois par la mission du grand débat, boulevard Saint-Germain à Paris, et aussi ceux reçus par les ministres”, a détaillé Arnaud Beaufort. Les documents manuscrits sont envoyés à des sociétés extérieures pour retranscription. Les documents dactylographiés sont eux transformés en fichiers textes par des logiciels. Une fois numérisés, les documents sont versés dans les services publics d’archives départementales ou nationales, qui conserveront aussi les originaux des contributions. L’interprétation et l’analyse sémantique des contributions seront réalisées par le gouvernement et des sous-traitants.

Égalité femmes-hommes : sept syndicats interpellent gouvernement et patronat

Sept syndicats alertent le gouvernement et le patronat sur le quotidien des femmes au travail, qui y sont victimes d'”inégalités salariales, de précarité et de violences sexuelles”. 

“Le compte n’y est pas. Le quotidien des femmes est toujours marqué par les inégalités salariales, la précarité et les violences sexistes et sexuelles” : sept organisations syndicales ont interpellé mardi le gouvernement et le patronat à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Les syndicats FO, CGT, Unsa, Solidaires, CFE-CGC, FSU, CFTC – à l’exception notable de la CFDT – tirent la sonnette d’alarme sur ces différents thèmes. “En 2019, les femmes sont toujours rémunérées 26% de moins que les hommes en moyenne. Chaque jour, elles travaillent gratuitement à partir de 15h40”, rappellent ces organisations.

Revaloriser les métiers à prédominance féminine.

Alors qu’un “index de l’égalité” salariale – une note sur 100 devant être publiée par les entreprises – a été mis en place récemment, elles estiment que certains éléments de la formule de calcul (seuil de pertinence, barème et pondération) “masquent une partie des écarts” de rémunérations. Pour y remédier, “un bilan rapide devra être tiré et les modifications nécessaires mises en place pour que toutes les entreprises soient dans l’obligation d’éliminer les écarts”. Les signataires de cette déclaration commune souhaitent également améliorer la “lutte contre la précarité et la revalorisation des métiers à prédominance féminine”, métiers qui sont “dévalorisés financièrement et socialement”.

Protéger l’emploi et la carrière des victimes.

Autre revendication : “promouvoir la parentalité partagée” avec par exemple l’allongement du congé paternité qui serait rendu obligatoire. Ils estiment aussi qu’il faut des “droits supplémentaires et des moyens” pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Au sein de l’entreprise, ils préconisent de “garantir l’indépendance et le rôle des référentes et référents du personnel contre les violences en leur attribuant des droits, moyens et prérogatives”. Ils jugent également nécessaire de “protéger l’emploi et la carrière des victimes, que les violences aient un lien avec le travail ou non”.

Code de la route : le premier passage sera “offert” aux volontaires du service national universel

Cette annonce faite lundi par le secrétaire d’État à la Jeunesse Gabriel Attal s’adresse aux volontaires qui participeront à une première phase test du service national universel, en juin. 

La première inscription à l’examen du code de la route sera “offerte” aux volontaires du service national universel (SNU), qui participeront à une première phase test en juin, a annoncé lundi le secrétaire d’État à la Jeunesse Gabriel Attal.

“Pour les jeunes volontaires au service national universel, il y a aura un module de présentation du code de la route avec un accès à une plateforme pour s’entraîner. Et le premier passage du code de la route sera offert”, a-t-il déclaré lors d’une visite dans un lycée d’Evreux. Cette faveur sera accordée à l’issue de la première phase du SNU, qui se découpe en deux parties : quinze jours en internat et quinze jours (d’affilée ou pas) d’engagement dans une association ou une collectivité locale.

Le gouvernement réfléchit à proposer l’examen pratique du permis aux volontaires.

Le gouvernement réfléchit à proposer l’examen pratique du permis, la conduite, aux volontaires qui participeront à la phase facultative du SNU, à partir de 18 ans et d’une durée de trois à douze mois, avait indiqué début février le ministère de l’Éducation nationale, ajoutant que l’hypothèse était “sur la table” mais “pas encore arbitrée”. “Dans le SNU, on aura l’intégralité du permis qui sera intégré”, avait déclaré à l’époque Emmanuel Macron.

Tous les jeunes de 15 à 16 ans peuvent être candidats à la phase de test.

Depuis ce lundi, tous les jeunes de 15 à 16 ans peuvent, s’ils le souhaitent, présenter leur candidature sur internet dans l’un des 13 départements pilotes. La phase de recrutement doit durer un mois pour une sélection début avril. Au total entre 2.000 et 3.000 volontaires participeront à cette première phase du 16 au 28 juin prochain, en internat. Puis ils réaliseront une mission d’intérêt général auprès d’associations, de collectivités, ou de corps en uniforme pendant deux semaines entre juillet 2019 et juin 2020. Le secrétaire d’État a redit qu’il réfléchissait à généraliser le SNU à l’ensemble des jeunes âgés de 16 ans à l’horizon 2022-2023, soit plus tôt que l’échéance de 2026 initialement évoquée.