Cybercriminalité : un réseau mondial démantelé après avoir volé 100 millions de dollars

Au total, plus de 41.000 victimes sont recensées dans cette affaire de criminalité. Les malfrats ont utilisé un logiciel malveillant russe.

Les polices européenne et américaine ont annoncé jeudi avoir démantelé un réseau global de cybercriminels qui a dérobé 100 millions de dollars à plus de 41.000 victimes dans le monde en utilisant un logiciel malveillant russe.

Des poursuites judiciaires déjà engagées

Des poursuites judiciaires ont été engagées contre des suspects en Géorgie, en Ukraine, en Moldavie et aux États-Unis, tandis que cinq citoyens russes sont toujours en fuite, a déclaré l’agence européenne de coopération entre les polices criminelles Europol lors d’une conférence de presse à La Haye.

“Le réseau criminel a utilisé le logiciel malveillant GozNym pour voler environ 100 millions de dollars à plus de 41.000 victimes, principalement des entreprises et leurs institutions financières”, a expliqué Europol lors d’une conférence de presse à son siège à La Haye. L’opération transnationale ayant permis de démanteler ce réseau de grande envergure a impliqué six pays, dont l’Allemagne et la Bulgarie.

“Effort international sans précédent”

Scott Brady, procureur des États-Unis pour le district occidental de Pennsylvanie, a qualifié l’opération d'”effort international sans précédent”. “Les victimes européennes et américaines sans méfiance pensaient qu’elles cliquaient sur une simple facture mais donnaient en fait accès aux pirates informatiques à leurs informations les plus sensibles”, a expliqué Scott Brady. Parmi les cinq Russes encore recherchés figure le développeur du logiciel malveillant GozNym, qui “supervisait sa création, son développement, sa gestion et sa location à d’autres cybercriminels”, selon Europol.

Les États-Unis ne signent pas “l’appel de Christchurch” contre la violence en ligne

La Maison-Blanche a annoncé mercredi que les États-Unis ne signeraient pas l’appel de Christchurch lancé par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern pour lutter contre les contenus terroristes sur Internet.

 

Les États-Unis ne signent pas “l’appel de Christchurch”. La Maison-Blanche a annoncé mercredi que le pays ne s’associait pas à l’appel lancé par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern pour lutter contre les contenus terroristes sur Internet, deux mois après la tuerie qui a fait 51 morts.

Les objectifs généraux “soutenus”

“Bien que les Etats-Unis ne soient pas actuellement dans une position de se joindre à l’adhésion, nous continuons de soutenir les objectifs généraux représentés” par “l’Appel de Christchurch”, a indiqué la Maison Blanche.

Mercredi, 26 chefs d’États et dirigeants de grandes entreprises des nouvelles technologies se sont réunis à Paris pour trouver des solutions à la diffusion et la viralité de ces contenus, alors que les images de la tuerie de Christchurch avaient été abondamment relayées sur Internet.

Le Bénin ouvre une enquête après l’enlèvement des touristes français et la mort de leur guide

Le Bénin a ouvert mardi une information judiciaire “dans le but de déterminer les causes et conditions de l’incident ayant entraîné la disparition de deux Français et la mort du guide Fiacre Gbédji”.

 

La justice béninoise a ouvert mardi “une information judiciaire” suite à l’enlèvement des deux touristes français le 1er mai dernier et à la mort de leur guide béninois, dans le nord du pays. Le bureau du procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) du Bénin a fait savoir mardi qu’il “avait ouvert une information judiciaire dans le but de déterminer les causes et conditions de l’incident ayant entraîné la disparition de deux Français et la mort du guide Fiacre Gbédji”.

Une “disparition” selon le Bénin

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas ont été libérés 10 jours après leur disparition par une opération de l’armée française dans le nord du Burkina Faso voisin, qui a fait plusieurs morts, dont deux militaires des forces spéciales. Toutefois, les autorités du Bénin n’ont toujours pas officiellement reconnu leur enlèvement et continuent à parler de leur “disparition”.

“L’affaire mettant en situation deux étrangers déjà retournés chez eux, l’instruction devrait nécessiter la mise en place d’une commission rogatoire pour aller recueillir leurs déclarations”, poursuit le communiqué de presse du bureau du procureur.

Venezuela : Maduro appelle l’armée à être “prête” en cas d’attaque américaine

Le président vénézuélien, dont la légitimité est réfutée par une partie de ses compatriotes, a appelé samedi ses armées à se tenir “prêtes” dans le cas où les États-Unis décideraient de lancer une offensive militaire sur le sol vénézuélien. 

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé samedi les forces armées à être “prêtes” dans le cas où les États-Unis décideraient de lancer une offensive militaire sur le sol vénézuélien, lors d’un discours à des soldats.

Nicolas Maduro, dont la légitimité est réfutée par une partie de ses compatriotes et l’opposant Juan Guaido, a appelé les militaires “à être fin prêts à défendre la patrie avec les armes à la main si un jour l’empire nord-américain ose toucher cette terre, ce sol sacré”. L’administration Trump tente à tout prix de pousser Nicolas Maduro vers la sortie au profit de Juan Guaido. Mercredi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu’une “intervention militaire est possible (au Venezuela, ndlr). Si c’est nécessaire, c’est que ce feront les États-Unis”.

Maduro accuse Washington de fomenter un “coup d’État” à son encontre

Nicolas Maduro, qui s’exprimait devant des soldats pendant l’inspection d’une base de l’État de Cojedes, accuse le chef de file de l’opposition et Washington de fomenter un “coup d’Etat” à son encontre. “Union, cohésion, discipline, obéissance, subordination et loyauté maximale à la Constitution, à la patrie, à la révolution et au commandant en chef légitime”, a encore ordonné le président vénézuélien aux troupes.

Des ressources pétrolières contrôlées par l’armée

Les forces armées, acteur central du pouvoir qui contrôle les immenses richesses pétrolières du pays, affichent jusqu’à présent un soutien sans faille à Nicolas Maduro. Son discours intervenait peu avant le début d’une nouvelle initiative de Juan Guaido qui a appelé les Vénézuéliens à marcher “en paix” vers les casernes pour, à nouveau, tenter d’arracher le soutien de l’armée. Mardi, Juan Guaido avait appelé à un soulèvement militaire, qui s’était finalement dégonflé d’heure en heure. Son appel à l’armée avait toutefois déclenché d’immenses manifestations anti-Maduro mardi et mercredi, émaillées de violents heurts.

Venezuela : 2 manifestants anti-Maduro décèdent, le bilan des heurts passe à 4 morts

Deux jeunes Vénézuéliens blessés dans les heurts lors des manifestations contre Nicolas Maduro ces deux derniers jours sont morts jeudi.

Deux jeunes Vénézuéliens blessés dans les heurts lors des manifestations contre Nicolas Maduro ces deux derniers jours sont morts jeudi, portant à quatre le total des manifestants tués dans ces échauffourées qui les ont opposés aux forces de l’ordre, a indiqué l’opposition et les familles des victimes.

Yosner Graterol, 16 ans, a été blessé mardi dans une manifestation organisée dans la ville de La Victoria, dans le nord du pays, et Yoifre Hernandez, 14 ans, a été touché en marge du rassemblement-monstre contre le président vénézuélien à Caracas mercredi, ont annoncé deux députés de l’opposition, Karin Salanova et Miguel Pizarro. Yosner Graterol a été blessé par balle mardi pendant une première vague de manifestations en soutien à l’opposant Juan Guaido, qui avait annoncé le ralliement de soldats à sa cause et appelé à un soulèvement militaire.

Le jeune homme de 16 ans a été blessé par balle

Nicolas Maduro a dénoncé une “escarmouche putschiste” orchestrée par les Etats-Unis, qui reconnaissent Juan Guaido en tant que président par intérim et tentent de déloger Nicolas Maduro du pouvoir. La mort de Yoifre Hernandez a été confirmée par son père. Le jeune homme a été blessé par balle au cours de heurts près de La Carlota, la base aérienne militaire de Caracas d’où Juan Guaido avait lancé son appel au soulèvement militaire.

Quatre personnes tuées au total

Les échauffourées qui s’y sont produites, en marge d’une nouvelle manifestation en faveur de M. Guaido, ont fait plusieurs dizaines de blessés. “Yosner et Yoifre, tous deux mineurs, ont été assassinés par le régime. Ils sont tous deux tombés sous les balles pendant les manifestations”, s’est insurgé le député Miguel Pizarro sur Twitter. La mort de ces deux adolescents porte à quatre le nombre des personnes tuées ces deux derniers jours pendant des heurts. Samuel Mendez, 24 ans, est mort mardi et Jurubith Rausseo, 27 ans, a perdu la vie mercredi, selon l’Observatoire vénézuélien des conflits sociaux, proche de l’opposition.

Le Sri Lanka revoit fortement à la baisse le bilan des attentats de Pâques à 253 morts

Le bilan des attentats qui ont frappé le Sri Lanka lors du dimanche de Pâques a été revu à la baisse, certains corps de victimes mutilées ayant été comptés plusieurs fois. 

Les autorités sri-lankaises ont fortement revu à la baisse jeudi le bilan des attentats de Pâques : 253 personnes ont péri dans le bain de sang et non 359 comme indiqué auparavant, des corps ayant été comptés plusieurs fois. Dans ces attaques revendiquées par l’organisation Etat islamique, des kamikazes ont frappé dimanche matin trois hôtels de luxe de la capitale Colombo et trois églises chrétiennes bondées en pleine messe de Pâques.

Des victimes comptées deux fois

Le personnel médical a achevé l’ensemble des autopsies jeudi soir et a conclu que certains corps de victimes avaient été comptés plusieurs fois, a fait savoir le ministère de la Santé dans un communiqué. “De nombreuses victimes ont été terriblement mutilées (…). Certaines ont été comptées deux fois”, a-t-il expliqué. Les autorités n’ont pas dit comment ce nouveau bilan se répartissait. Auparavant, le ministère des Affaires étrangères avait fait état de 40 étrangers tués. Sur les 485 personnes ayant été hospitalisées pour des blessures, 149 restaient à l’hôpital jeudi soir, selon le ministère.

Les musulmans craignent des représailles

Les attaques de dimanche demeurent en tout cas les pires que cette île d’Asie du sud aux 21 millions d’habitants ait connues depuis la fin de la guerre civile il y a dix ans. Le Sri Lanka poursuit sa gigantesque traque de suspects, et 16 nouvelles arrestations sont intervenues dans la nuit de mercredi à jeudi, portant le total des personnes interpellées à près de 75 depuis dimanche.

Les églises catholiques du Sri Lanka garderont leurs portes closes jusqu’à l’amélioration de la situation sécuritaire. Le gouvernement a appelé également la minorité musulmane du pays à ne pas tenir ses prières du vendredi dans les mosquées en signe de solidarité. La police craint que les lieux de culte musulmans puissent être la cible de représailles. Des centaines de réfugiés musulmans ahmadis, originaires du Pakistan, d’Afghanistan, du Yémen et d’Iran, se sont abrités dans des mosquées et un poste de police par crainte pour leur sécurité.

Un fort séisme de magnitude 6,1 frappe l’est de l’Inde

Selon l’Institut américain de Géologie, il existe “une faible probabilité” pour que ce séisme, qui a frappé une région peu peuplée du sous-continent indien, ait fait des victimes.

Un fort séisme de magnitude 6,1 a frappé mercredi l’Etat d’Arunachal Pradesh dans le nord-est de l’Inde, a annoncé l’Institut américain de Géologie (USGS). L’épicentre du séisme, qui s’est produit à 1h45, se situe à une quarantaine de km au sud-est de la ville d’Along et à 180 km au sud-ouest de la capitale de l’Etat, Itanagar.

Une région peu peuplé. Selon l’USGS, il existe “une faible probabilité” que le séisme ait fait des victimes et des dégâts. L’Arunachal Pradesh est l’Etat indien le moins densément peuplé mais compte tout de même 1,2 million d’habitants, selon le site internet du gouvernement. Selon l’agence officielle chinoise Chine nouvelle, le tremblement de terre a été ressenti au Tibet, juste de l’autre côté de la frontière avec l’Inde.

New Delhi et Pékin se disputent depuis des décennies le contrôle de l’Arunachal Pradesh, un conflit non résolu à ce jour. Outre la Chine, l’Arunachal Pradesh partage aussi des frontières avec la Birmanie et le Bhoutan.

Violences sexuelles : les Nobel de la Paix 2018 réclament justice à l’ONU

Un projet de résolution censé intensifier la lutte contre les violences sexuelles lors de conflits, adopté mardi par le Conseil de sécurité de l’ONU, a été vidé de sa substance après la menace de veto des Etats-Unis. 

Les Nobel de la Paix 2018 congolais Denis Mukwege et yazidie Nadia Murad ont appelé mardi le Conseil de sécurité de l’ONU à ce que justice soit rendue aux victimes de violences sexuelles dans les conflits, objet d’une résolution adoptée après amputation de sa substance par les Etats-Unis et la Russie. Au milieu d’un débat sur les violences faites aux femmes, un vote a été organisé sur ce texte après d’ultimes négociations ardues et de nouveaux retraits de mentions dans le texte. Treize pays ont voté en faveur du texte, la Russie et la Chine s’abstenant.

Ces deux pays ont expliqué vouloir combattre les violences sexuelles dans les conflits mais dénoncé “des interprétations laxistes” dans le texte et une lutte “manipulée” pour arriver à créer de nouvelles structures onusiennes et “outrepasser” des mandats déjà approuvés. “Pas une seule personne n’a été traduite en justice pour esclavage sexuel”, avait dénoncé au préalable Nadia Murad en évoquant sa communauté détruite par le groupe djihadiste Etat islamique en Irak et Syrie. “Qu’attend la communauté internationale pour rendre justice aux victimes”, s’est aussi interrogé Denis Mukwege, en demandant l’établissement de tribunaux nationaux ou internationaux dédiés au jugement des coupables de violences sexuelles dans les conflits.

Menace de veto de Washington

Avocate de Nadia Murad et d’autres victimes yazidies, Amal Clooney a aussi déploré la faiblesse de la réponse internationale. Elle a accusé les Etats-Unis et la Russie de s’opposer à la création d’une justice internationale contre ces crimes. Sierra Leone, Cambodge, Rwanda, Bosnie, Nuremberg… Une justice a été rendue pour ces dossiers, a-t-elle rappelé au Conseil de sécurité en le mettant devant ses responsabilités. “Si nous n’agissons pas maintenant, il va être trop tard”, a-t-elle dit, en évoquant la détention actuelle de milliers de combattants du groupe Etat islamique.

A l’origine, le projet de texte allemand voulait établir un groupe de travail formel, mettre en place un “mécanisme” pour aider à faire traduire les coupables en justice et développer la protection des victimes en leur reconnaissant des droits en matière de droits sexuels et reproductifs. La Russie, la Chine et les Etats-Unis se sont opposés à la création du “mécanisme” de justice, le groupe de travail a été balayé, et Washington a menacé d’imposer un veto si des mentions évoquaient les droits reproductifs, craignant un encouragement aux avortements. “Le texte a été réduit à sa portion congrue et il n’y a plus grand chose”, déplore un diplomate. “Les Américains ont pris en otage une négociation à partir de leur idéologie, c’est scandaleux”, abonde un autre diplomate.

Après la publication du rapport Mueller, les démocrates veulent faire tomber Trump

Si le président républicain a sonné jeudi la “fin de partie” pour l’opposition, celle-ci est bien décidée à ne pas se laisser faire. Certains appellent même à sa destitution.

C’est en détournant une image de la série Game of Thrones que Donald Trump a célébré sa victoire auto-proclamée, jeudi, après la publication dans sa quasi-intégralité du rapport du procureur spécial Mueller, chargé d’enquêter sur une possible collusion entre le gouvernement russe et l’équipe de campagne du candidat en 2016. “Pour les rageux et les démocrates de la gauche radicale, c’est la fin de partie”, avait écrit le chef de l’État américain sur Twitter.

 

Pas si vite, ont immédiatement rétorqué les démocrates. L’opposition est en effet bien décidée à faire valoir ses droits et à poursuivre la bataille contre un président à la conduite “malhonnête” et “immorale” selon eux.

Si les démocrates espèrent encore, c’est que le rapport Mueller n’a pas complètement blanchi Donald Trump. Robert Mueller, qui accumule méticuleusement tout au long des 448 pages du rapport des faits prouvant de nombreux échanges entre l’équipe de Donald Trump et la Russie pendant plusieurs mois, écrit bien qu’il ne dispose pas des preuves suffisantes pour prouver qu’il y a eu une entente entre les deux partis pour manipuler l’élection américaine. Mais il estime aussi que Donald Trump et son entourage ont tout fait pour bloquer son enquête. Un point que les démocrates se sont empressés de saisir.

“Obstruction, intimidation, abus de pouvoir”

“Donald Trump a passé toute sa présidence à mener une campagne incessante d’obstruction, d’intimidation et d’abus de pouvoir”, a lancé le président du parti démocrate, Tom Perez. Les actes du président sont “profondément alarmants” et “indubitablement malhonnêtes, non éthiques, immoraux et antipatriotiques”, a accusé jeudi Adam Schiff, président démocrate de la puissante commission du Renseignement de la chambre basse.

Tous estiment, à raison, que le procureur Mueller a, comme l’a expliqué la sénatrice Elizabeth Warren sur Twitter, “placé la prochaine étape entre les mains du Congrès”. Dans son rapport, le procureur spécial a en effet écrit : “La conclusion selon laquelle le Congrès peut appliquer les lois sur l’obstruction dans le cas d’un exercice corrompu du pouvoir par le président s’accorde avec notre système constitutionnel […] et le principe que nul n’est au-dessus de la loi.” Autrement dit, reconnaissant qu’il n’avait pas lui-même le pouvoir d’inculper pénalement Donald Trump, il a rappelé que le Congrès, lui, disposait de prérogatives de contrôle.

 

Et pour Elizabeth Warren, “la bonne façon d’exercer cette autorité, c’est la destitution”. “Ignorer les tentatives répétées d’un président pour entraver une enquête portant sur sa propre attitude déloyale infligerait un dommage profond et durable à ce pays, et cela suggérerait qu’aussi bien le président actuel que les prochains seraient libres d’abuser de leurs pouvoirs de cette façon.”

Destitution improbable, enquête possible

Un “impeachment” reste très improbable, les démocrates n’ayant la majorité qu’à la Chambre des représentants, et non au Sénat. D’autant que tous ont encore en tête la cuisante défaite parlementaire républicaine après la tentative lancée contre le démocrate Bill Clinton. Lancer une telle procédure “n’en vaut pas la peine à ce point”, a déclaré à CNN le chef de la majorité à la Chambre Steny Hoyer. “Très franchement, nous avons une élection” en novembre 2020 “et les Américains rendront leur verdict.”

Néanmoins, il reste des leviers d’action à l’opposition, notamment celui d’enquêter afin de déterminer “la portée” des méfaits présumés imputés à Donald Trump puis de décider de la marche à suivre, a affirmé vendredi Jerry Nadler, chef démocrate de la commission judiciaire. Ce dernier a remis au ministère de la Justice une injonction à livrer, d’ici au 1er mai, le rapport Mueller dans son intégralité (la version publiée jeudi ayant été expurgée de données confidentielles).

Par ailleurs, les démocrates ont également appelé le procureur Mueller à témoigner devant la Chambre des représentants d’ici au 23 mai. Le ministre de la Justice, Bill Barr, se retrouvera lui aussi sur le gril dès les 1er et 2 mai.

Algérie : une foule immense dans les rues du centre d’Alger

Sur plusieurs kilomètres, une immense foule a envahi les rues du centre de la capitale algérienne, pour un neuvième vendredi consécutif de manifestation réclamant le départ du pouvoir de l’ensemble de l’appareil lié à Abdelaziz Bouteflika. 

Une foule immense remplit à nouveau sur plusieurs kilomètres les rues du centre d’Alger, pour un 9e vendredi consécutif de manifestations réclamant le départ du pouvoir de l’ensemble de l’appareil lié au président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Des cortèges massifs sont également signalés dans le reste du pays, notamment à Oran, dans le nord-ouest, Constantine et Annaba, dans le nord-est, les plus importantes villes d’Algérie après la capitale, selon des journalistes locaux et la télévision nationale.

Une police qui s’est faite discrète

À Alger, la police, accusée ces dernières semaines de tenter de réprimer les manifestations, s’est fait discrète. “Sylmiya (pacifiques) malgré la provocation et le gaz” lacrymogène, peut-on lire sur une pancarte. “Dégage Bensalah”, scandent les manifestants, à l’adresse du président de la Chambre haute, Abdelkader Bensalah, incarnation du régime Bouteflika propulsé, conformément à Constitution, chef de l’Etat par interim le 9 avril, après le départ du pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika.

Les manifestants rejettent la convocation d’une présidentielle le 4 juillet

Galvanisés par la démission dans la semaine du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, proche du président déchu et personnage-clé de son appareil, les manifestants réclament le départ d’Abdelkader Bensalah, du Premier ministre Noureddine Bedoui et de l’ensemble des personnalités liées au régime Bouteflika. Ils rejettent également la convocation d’une présidentielle le 4 juillet pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, estimant que les structures et figures de l’ancien régime ne peuvent garantir un scrutin libre et équitable. Ils réclament un processus de transition géré par des structures ad hoc.