Autriche : le chancelier Kurz renversé par le Parlement

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a été renversé lundi par les députés, dix jours après le scandale de l’Ibizagate qui a fait voler en éclat sa coalition avec l’extrême droite.

Fragilisé par la rupture de son alliance avec l’extrême droite, le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a été renversé lundi par une motion de censure soutenue par les principaux partis d’opposition au Parlement.

Le sort de cet homme politique de 32 ans, au pouvoir depuis fin 2017, a été scellé en début de matinée par la décision du FPÖ, son ancien allié, de voter la défiance sur laquelle les députés ont été appelés à se prononcer. Le Parti social-démocrate avait quant à lui fait savoir dès dimanche soir qu’il voterait lui aussi la censure. Le FPÖ avait multiplié ces derniers jours les attaques contre Sebastian Kurz, le chef du parti conservateur ÖVP, qui l’a écarté sans ménagement du gouvernement à la suite des révélations désastreuses de l’Ibizagate.

Conséquences de l’Ibizagate

La coalition ÖVP-FPÖ a volé en éclats après la diffusion le 17 mai d’une vidéo piège tournée en 2017 sur l’île espagnole d’Ibiza, dans laquelle on voit Heinz-Christian Strache, ancien leader de l’extrême droite autrichienne, se montrant prêt à offrir à une fausse nièce d’un oligarque russe d’importants marchés publics en échange de financements illégaux.

La chute de celui qui dirigeait le FPÖ depuis 14 ans et occupait alors le poste de vice-chancelier dans la coalition formée en 2017 avec la droite, qu’il a dû quitter suite à ce scandale, a été suivie du limogeage par Sebastian Kurz du ministre de l’Intérieur d’extrême droite, affaibli par de multiples dérapages. En représailles, les autres ministres FPÖ au pouvoir ont quitté le gouvernement, laissant le parti conservateur seul à la barre, jusqu’aux élections législatives anticipées qui auront lieu en septembre prochain pour tenter de sortir de l’impasse politique.

Le vice-chancelier FPÖ déchu obtient un mandat européen. Heinz-Christian Strache, obligé de démissionner de son poste de vice-chancelier à la suite de l’Ibizagate, a obtenu un mandat européen grâce au “vote direct” des électeurs, selon des résultats partiels lundi. Strache obtient davantage que les 33.000 voix nécessaires à l’obtention d’un tel mandat, selon un décompte publié par l’agence APA. Ancien patron du FPÖ, Strache figurait en dernière place sur la liste de cette formation. Mais le système électoral autrichien permet aux électeurs de procéder à un “vote direct” en cochant un nom sur la liste de leur choix. Strache n’a pas indiqué encore s’il comptait accepter ce siège. Malgré la déflagration provoquée par la vidéo d’Ibiza, le FPÖ a réussi à limiter ses pertes en recueillant environ 17,2% des suffrages aux élections européennes.

Conseil de l’Europe : la création d’un groupe d’extrême droite refusée

“Le FPÖ, l’AfD et la Ligue veulent détruire la démocratie et l’État de droit et refuser aux hommes leurs droits fondamentaux”, a justifié l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. 

La création d’un groupe politique rassemblant des parlementaires de partis d’extrême droite européens à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a été refusée jeudi par le bureau de cette assemblée. “Le Bureau de l’Assemblée a aujourd’hui décidé de ne pas reconnaître la formation du nouveau groupe politique des Nouveaux Démocrates Européens/Europe des Nations et des Libertés (NDE/ENL)”, a indiqué l’APCE sur son compte Twitter.

Une demande avait été déposée en début d’année pour créer ce groupe dénommé “New European Democrats/Europe of Nations and Freedom”, mais celle-ci devait être validée par le bureau de l’APCE, qui, à plusieurs reprises, n’avait pas réussi à prendre une décision. Présidé par l’Autrichien Martin Graf, du parti autrichien d’extrême droite FPÖ, ce groupe voulait rassembler des parlementaires autrichiens du FPÖ, bulgares, tchèques, estoniens, allemands de l’AfD et italiens de la Ligue.

“Ils veulent détruire la démocratie”

“Le Conseil de l’Europe a été fondé pour protéger la démocratie, les droits de l’Homme et l’état de droit. Le FPÖ, l’AfD et la Ligue veulent détruire la démocratie et l’État de droit et refuser aux hommes leurs droits fondamentaux. Beaucoup de leurs membres sont racistes, antisémites et islamophobes, ce qui va fondamentalement à l’encontre de l’organisation”, a réagi Frank Schwabe, député allemand social-démocrate et membre du bureau de l’APCE.

Dénuée de pouvoirs contraignants, l’APCE rassemble plus de 300 parlementaires des 47 États membres du Conseil de l’Europe. Siégeant quatre semaines par an en session plénière à Strasbourg, cette assemblée émet des recommandations ou demande des comptes aux gouvernements sur les droits de l’Homme ou la démocratie. L’APCE compte actuellement six groupes politiques (Parti populaire européen, “Socialistes, démocrates et verts”, conservateurs, libéraux, etc.). Un groupe politique doit notamment “s’engager à respecter les valeurs défendues par le Conseil de l’Europe et, notamment, le pluralisme politique, les droits de l’Homme et la suprématie du droit”, précise l’APCE sur son site.

Norvège : une algue toxique décime les saumons d’élevage

L’algue est commune dans les eaux norvégiennes, mais elle peut sous certaines conditions asphyxier les poissons. Plus de 10.000 tonnes de saumons sont morts de cette manière. 

Des millions de saumons d’élevage sont morts ces derniers jours dans le nord de la Norvège du fait de la prolifération d’une algue toxique qui n’est toujours pas sous contrôle, ont annoncé autorités et professionnels.

Plus de 10.000 tonnes de saumons sont déjà morts depuis la mi-mai dans leurs enclos immergés dans des fjords de Nordland et Troms, selon les dernières estimations de la Direction norvégienne de la pêche publiées mardi. Cela représente plusieurs millions de poissons, chaque saumon pesant à la saison entre 700 grammes et 5,5 kilos, et un manque à gagner de plusieurs centaines de millions de couronnes (dizaines de millions d’euros) pour les aquaculteurs.

Une algue dont la prolifération n’est toujours pas sous contrôle

Les stocks sont décimés par des algues de la famille des haptophytes, un phytoplancton commun dans les eaux norvégiennes mais qui peut, dans certaines conditions, proliférer et asphyxier le poisson dans ses cages.  Numéro un mondial du saumon d’élevage avec une production totale de 1,24 million de tonnes en 2017, la Norvège avait déjà connu un tel épisode en 1991. “La prolifération n’est pas terminée”, a noté la Direction de la pêche. Afin de limiter les dégâts, les pisciculteurs sont engagés dans une course contre la montre pour déplacer ou abattre les poissons avant que les algues n’atteignent leurs fermes.

Si plus de 10.000 tonnes sont déjà perdues, les professionnels estiment à environ 40.000 tonnes le volume perdu dans la mesure où les poissons morts étaient appelés à grossir d’ici à leur abattage normalement prévu à la fin de l’année ou début 2020. Ces chiffres sont encore provisoires et risquent d’augmenter. L’épisode a contribué à la hausse du prix du saumon qui a augmenté de 5,7% en une semaine pour se négocier à plus de 65 couronnes (environ 6,7 euros) le kilo mercredi.

Faillite des restaurants du célèbre chef britannique Jamie Oliver

Une vingtaine de restaurants au Royaume-Uni du chef britannique Jamie Olivier sont menacés de fermeture, si aucun repreneur n’est trouvé. 

Le célèbre chef britannique Jamie Oliver, qui a contribué à populariser la gastronomie anglaise dans le monde, a annoncé mardi la faillite de ses restaurants au Royaume-Uni, ce qui menace 1.300 emplois. La plupart des établissements concernés appartiennent à sa chaîne Jamie’s Italian lancée en 2008. D’après la BBC, un total de 25 restaurants du cuisinier vedette devenu homme d’affaires sont concernés. “Je suis dévasté par la faillite de nos restaurants au Royaume-Uni”, a déclaré le chef sur Twitter.

“Je suis très attristé par ce qui arrive et je voudrais remercier nos employés et nos fournisseurs qui se sont donnés corps et âmes dans cette activité depuis plus de dix ans”, a renchéri Jamie Oliver dans un communiqué. Les médias britanniques ont rapporté que ces restaurants ont été placés sous l’administration judiciaire du cabinet KPMG, qui va désormais chercher un ou des repreneurs pour tout ou partie de l’activité. A défaut de repreneurs, les établissements seraient purement et simplement fermés.

 

Le Brexit en cause ?

Cette annonce constitue un choc pour le public au Royaume-Uni où Jamie Oliver est une personnalité du monde de la cuisine, connue pour avoir publié de nombreux livres et être apparue dans de nombreuses émissions télévisées. Avec ses faux airs de “rock star”, il a aidé à dépoussiérer l’image de la gastronomie britannique, secteur devenu ultra-concurrentiel. Début 2017, le célèbre chef avait déjà dû annoncer la fermeture de six établissements de sa chaîne Jamie’s Italian au Royaume-Uni, blâmant à l’époque le Brexit qui a renchéri le prix des ingrédients utilisés pour concocter ses plats italiens.

 

Deutsche Bank aurait étouffé des soupçons de blanchiment impliquant Donald Trump

Selon le “New York Times”, des dirigeants de la banque ont rejeté des recommandations de leurs employés, qui mettaient en cause plusieurs transactions impliquant des entités juridiques contrôlées par Donald Trump. 

La direction de Deutsche Bank a étouffé des soupçons de blanchiment émis en interne et impliquant le président américain Donald Trump et son gendre, selon le New York Times, ce que la banque allemande a démenti lundi.

Selon le quotidien américain, une poignée de salariés de Deutsche Bank spécialisés dans la détection d’opérations de blanchiment d’argent ont recommandé en 2016 et 2017 que de multiples transactions impliquant des entités juridiques contrôlées par Donald Trump et par Jared Kushner soient signalées au ministère américain du Trésor, qui chapeaute la lutte contre les délits financiers. Mais les dirigeants de la banque allemande – établissement ayant prêté “des milliards de dollars” aux sociétés contrôlées par les deux hommes – “ont rejeté les recommandations de leurs employés”, affirme le NYT, ajoutant que “la nature des transactions n’était pas claire” mais qu’il s’agissait d’argent faisant de multiples allers-retours entre des entités et des personnes à l’étranger.

Le journal a relevé que des promoteurs immobiliers comme le milliardaire et son gendre faisaient parfois des opérations importantes, totalement en liquide, y compris hors des États-Unis. Ces opérations sont particulièrement scrutées par les services anti-blanchiment des banques.

Des “histoires bidons”, rétorque Trump

“À aucun moment, un enquêteur (interne) n’a été empêché de faire remonter une activité potentiellement suspecte”, a riposté un porte-parole de la banque, dans un communiqué. En outre, “l’allégation selon laquelle quiconque aurait été muté ou licencié dans le but d’étouffer les soucis relatifs à un client est totalement fausse”, a-t-il ajouté.

Dans une série matinale de tweets, le président américain a semblé réagir à l’article du New York Times en accusant le journal et d’autres médias d’écrire des “histoires bidons sur le fait que je n’ai pas utilisé beaucoup de banques parce qu’elles ne voulaient pas faire affaire avec moi”. “Faux ! C’est parce que je n’avais pas besoin d’argent. Très vieux jeu mais vrai”, a-t-il poursuivi, sans pour autant évoquer les soupçons de blanchiment mentionnés par le journal.

“Deutsche Bank a été très bien et a été hautement professionnel dans les relations d’affaire –et si, pour une quelconque raison, je ne les avais pas aimés, je serais allé ailleurs. Il y a toujours eu plein d’argent et de banques parmi lesquelles choisir”, a-t-il relevé.

 

Effectifs renforcés en matière de lutte contre la délinquance financière

La banque francfortoise a affirmé avoir renforcé ces dernières années ses effectifs en matière de contrôle et de lutte contre la délinquance financière, un domaine placé depuis l’été 2014 sous la responsabilité de la Française Sylvie Mathérat, membre du directoire de l’établissement allemand. Ces équipes, en grande partie des enquêteurs de terrain, comptaient environ 3.000 personnes dans le monde en 2018 réparties entre Francfort, Hong Kong, Singapour, Londres et New York.

Mais, estimant que les choses n’allaient pas assez vite, le superviseur allemand a pris la décision inédite en septembre de demander au cabinet KPMG d’évaluer les progrès de la principale banque allemande dans la lutte contre l’utilisation criminelle de fonds (blanchiment, financement du terrorisme ou du crime organisé). Cette mission a depuis été élargie au rôle de banque correspondante, après la vaste affaire de blanchiment impliquant l’établissement danois Danske Bank, pour laquelle Deutsche Bank a servi pendant des années de banque correspondante à l’étranger.

Cybercriminalité : un réseau mondial démantelé après avoir volé 100 millions de dollars

Au total, plus de 41.000 victimes sont recensées dans cette affaire de criminalité. Les malfrats ont utilisé un logiciel malveillant russe.

Les polices européenne et américaine ont annoncé jeudi avoir démantelé un réseau global de cybercriminels qui a dérobé 100 millions de dollars à plus de 41.000 victimes dans le monde en utilisant un logiciel malveillant russe.

Des poursuites judiciaires déjà engagées

Des poursuites judiciaires ont été engagées contre des suspects en Géorgie, en Ukraine, en Moldavie et aux États-Unis, tandis que cinq citoyens russes sont toujours en fuite, a déclaré l’agence européenne de coopération entre les polices criminelles Europol lors d’une conférence de presse à La Haye.

“Le réseau criminel a utilisé le logiciel malveillant GozNym pour voler environ 100 millions de dollars à plus de 41.000 victimes, principalement des entreprises et leurs institutions financières”, a expliqué Europol lors d’une conférence de presse à son siège à La Haye. L’opération transnationale ayant permis de démanteler ce réseau de grande envergure a impliqué six pays, dont l’Allemagne et la Bulgarie.

“Effort international sans précédent”

Scott Brady, procureur des États-Unis pour le district occidental de Pennsylvanie, a qualifié l’opération d'”effort international sans précédent”. “Les victimes européennes et américaines sans méfiance pensaient qu’elles cliquaient sur une simple facture mais donnaient en fait accès aux pirates informatiques à leurs informations les plus sensibles”, a expliqué Scott Brady. Parmi les cinq Russes encore recherchés figure le développeur du logiciel malveillant GozNym, qui “supervisait sa création, son développement, sa gestion et sa location à d’autres cybercriminels”, selon Europol.

Les États-Unis ne signent pas “l’appel de Christchurch” contre la violence en ligne

La Maison-Blanche a annoncé mercredi que les États-Unis ne signeraient pas l’appel de Christchurch lancé par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern pour lutter contre les contenus terroristes sur Internet.

 

Les États-Unis ne signent pas “l’appel de Christchurch”. La Maison-Blanche a annoncé mercredi que le pays ne s’associait pas à l’appel lancé par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern pour lutter contre les contenus terroristes sur Internet, deux mois après la tuerie qui a fait 51 morts.

Les objectifs généraux “soutenus”

“Bien que les Etats-Unis ne soient pas actuellement dans une position de se joindre à l’adhésion, nous continuons de soutenir les objectifs généraux représentés” par “l’Appel de Christchurch”, a indiqué la Maison Blanche.

Mercredi, 26 chefs d’États et dirigeants de grandes entreprises des nouvelles technologies se sont réunis à Paris pour trouver des solutions à la diffusion et la viralité de ces contenus, alors que les images de la tuerie de Christchurch avaient été abondamment relayées sur Internet.

Le Bénin ouvre une enquête après l’enlèvement des touristes français et la mort de leur guide

Le Bénin a ouvert mardi une information judiciaire “dans le but de déterminer les causes et conditions de l’incident ayant entraîné la disparition de deux Français et la mort du guide Fiacre Gbédji”.

 

La justice béninoise a ouvert mardi “une information judiciaire” suite à l’enlèvement des deux touristes français le 1er mai dernier et à la mort de leur guide béninois, dans le nord du pays. Le bureau du procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) du Bénin a fait savoir mardi qu’il “avait ouvert une information judiciaire dans le but de déterminer les causes et conditions de l’incident ayant entraîné la disparition de deux Français et la mort du guide Fiacre Gbédji”.

Une “disparition” selon le Bénin

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas ont été libérés 10 jours après leur disparition par une opération de l’armée française dans le nord du Burkina Faso voisin, qui a fait plusieurs morts, dont deux militaires des forces spéciales. Toutefois, les autorités du Bénin n’ont toujours pas officiellement reconnu leur enlèvement et continuent à parler de leur “disparition”.

“L’affaire mettant en situation deux étrangers déjà retournés chez eux, l’instruction devrait nécessiter la mise en place d’une commission rogatoire pour aller recueillir leurs déclarations”, poursuit le communiqué de presse du bureau du procureur.

Venezuela : Maduro appelle l’armée à être “prête” en cas d’attaque américaine

Le président vénézuélien, dont la légitimité est réfutée par une partie de ses compatriotes, a appelé samedi ses armées à se tenir “prêtes” dans le cas où les États-Unis décideraient de lancer une offensive militaire sur le sol vénézuélien. 

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé samedi les forces armées à être “prêtes” dans le cas où les États-Unis décideraient de lancer une offensive militaire sur le sol vénézuélien, lors d’un discours à des soldats.

Nicolas Maduro, dont la légitimité est réfutée par une partie de ses compatriotes et l’opposant Juan Guaido, a appelé les militaires “à être fin prêts à défendre la patrie avec les armes à la main si un jour l’empire nord-américain ose toucher cette terre, ce sol sacré”. L’administration Trump tente à tout prix de pousser Nicolas Maduro vers la sortie au profit de Juan Guaido. Mercredi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu’une “intervention militaire est possible (au Venezuela, ndlr). Si c’est nécessaire, c’est que ce feront les États-Unis”.

Maduro accuse Washington de fomenter un “coup d’État” à son encontre

Nicolas Maduro, qui s’exprimait devant des soldats pendant l’inspection d’une base de l’État de Cojedes, accuse le chef de file de l’opposition et Washington de fomenter un “coup d’Etat” à son encontre. “Union, cohésion, discipline, obéissance, subordination et loyauté maximale à la Constitution, à la patrie, à la révolution et au commandant en chef légitime”, a encore ordonné le président vénézuélien aux troupes.

Des ressources pétrolières contrôlées par l’armée

Les forces armées, acteur central du pouvoir qui contrôle les immenses richesses pétrolières du pays, affichent jusqu’à présent un soutien sans faille à Nicolas Maduro. Son discours intervenait peu avant le début d’une nouvelle initiative de Juan Guaido qui a appelé les Vénézuéliens à marcher “en paix” vers les casernes pour, à nouveau, tenter d’arracher le soutien de l’armée. Mardi, Juan Guaido avait appelé à un soulèvement militaire, qui s’était finalement dégonflé d’heure en heure. Son appel à l’armée avait toutefois déclenché d’immenses manifestations anti-Maduro mardi et mercredi, émaillées de violents heurts.

Venezuela : 2 manifestants anti-Maduro décèdent, le bilan des heurts passe à 4 morts

Deux jeunes Vénézuéliens blessés dans les heurts lors des manifestations contre Nicolas Maduro ces deux derniers jours sont morts jeudi.

Deux jeunes Vénézuéliens blessés dans les heurts lors des manifestations contre Nicolas Maduro ces deux derniers jours sont morts jeudi, portant à quatre le total des manifestants tués dans ces échauffourées qui les ont opposés aux forces de l’ordre, a indiqué l’opposition et les familles des victimes.

Yosner Graterol, 16 ans, a été blessé mardi dans une manifestation organisée dans la ville de La Victoria, dans le nord du pays, et Yoifre Hernandez, 14 ans, a été touché en marge du rassemblement-monstre contre le président vénézuélien à Caracas mercredi, ont annoncé deux députés de l’opposition, Karin Salanova et Miguel Pizarro. Yosner Graterol a été blessé par balle mardi pendant une première vague de manifestations en soutien à l’opposant Juan Guaido, qui avait annoncé le ralliement de soldats à sa cause et appelé à un soulèvement militaire.

Le jeune homme de 16 ans a été blessé par balle

Nicolas Maduro a dénoncé une “escarmouche putschiste” orchestrée par les Etats-Unis, qui reconnaissent Juan Guaido en tant que président par intérim et tentent de déloger Nicolas Maduro du pouvoir. La mort de Yoifre Hernandez a été confirmée par son père. Le jeune homme a été blessé par balle au cours de heurts près de La Carlota, la base aérienne militaire de Caracas d’où Juan Guaido avait lancé son appel au soulèvement militaire.

Quatre personnes tuées au total

Les échauffourées qui s’y sont produites, en marge d’une nouvelle manifestation en faveur de M. Guaido, ont fait plusieurs dizaines de blessés. “Yosner et Yoifre, tous deux mineurs, ont été assassinés par le régime. Ils sont tous deux tombés sous les balles pendant les manifestations”, s’est insurgé le député Miguel Pizarro sur Twitter. La mort de ces deux adolescents porte à quatre le nombre des personnes tuées ces deux derniers jours pendant des heurts. Samuel Mendez, 24 ans, est mort mardi et Jurubith Rausseo, 27 ans, a perdu la vie mercredi, selon l’Observatoire vénézuélien des conflits sociaux, proche de l’opposition.