“Gilets jaunes” : 2.000 personnes dans la rue, douze interpellations

2.000 personnes ont manifesté samedi à Marseille, parmi lesquelles des “gilets jaunes” mais aussi des lycéens, des membres de la CGT ou du collectif de lutte contre l’habitat indigne.

2.000 personnes, selon la préfecture de police, ont manifesté samedi à Marseille, la plupart étant des “gilets jaunes” mais également de la CGT, du collectif de lutte contre l’habitat indigne et des lycéens, les forces de l’ordre procédant à 12 interpellations, selon une source policière.

Un cortège hétérogène

Parti en début d’après-midi du Vieux-Port, complètement bouclé par les forces de police, le cortège a été rejoint, sur la Canebière, par quelque 200 personnes manifestant contre l’habitat indigne ainsi qu’une centaine de lycéens.

La CGT pas forcément la bienvenue

Les syndicats étaient aussi représentés notamment la CGT, dont les militants, portant drapeaux marchaient au rythme des mégaphones. Leur présence a entraîné une certaine pagaille, de nombreux gilets jaunes refusant de manifester à leurs côtés. “Cela fait 40 ans qu ils nous emmerdent, je ne veux pas être avec eux”, a dit un gilet jaune anonyme avant d’appeler à quitter le cortège CGT. Le cortège s’est alors scindé en deux, un petit groupe s’engageant rue de Rome pour rejoindre la préfecture, puis la place Castellane tandis que le gros de la troupe remontait la Canebière.

12 interpellations, mais aucune dégradation

Douze personnes ont été interpellées en marge de la manifestation pour jets de pierre, notamment. Les petits groupes de casseurs, dont certains portaient des gilets jaunes, a précisé la police, étant rapidement dispersés. “La situation est sous contrôle, aucun magasin n’a été dégradé”, a indiqué un responsable de la DDSP des Bouches-du-Rhône en fin d’après-midi.  Tout l’après-midi, un représentant de la chambre de commerce de Marseille a suivi, en direct, depuis la cellule de crise, la progression de la manifestation pour transmettre, en temps réel, les informations aux commerçants qui ont ainsi éviter de fermer toute la journée.

Samedi dernier, la manifestation avait mobilisé 2.000 personnes. 42 individus avaient été interpellés lors d’échauffourées en fin de journée. Un voiture avait été incendiée et la boutique de l’OM pillée.

Un homme de 20 ans tué à coups de couteau à Marseille

Un homme a été frappé de plusieurs coups de couteau, dont un coup fatal à l’artère fémorale, par un ou plusieurs agresseurs, jeudi soir à Marseille.

Un homme de 20 ans connu pour des problèmes de stupéfiants a été tué à coups de couteau jeudi soir à Marseille, près du Vieux-Port, au cœur de la ville, a indiqué une source policière. Les faits se sont déroulés vers 22h15, pour des raisons encore inconnues. L’homme a été frappé de plusieurs coups de couteau, dont un coup fatal à l’artère fémorale, par un ou plusieurs agresseurs, a précisé le porte-parole de la Direction de la Sécurité publique des Bouches-du-Rhône.

La victime est décédée presque immédiatement

La victime est décédée presque immédiatement, mortellement blessée. Environ trois heures plus tard, en pleine nuit, une équipe de la brigade anti-criminalité a interpellé un suspect, qui était toujours en garde à vue vendredi à la mi-journée. En 2018, 23 personnes ont été tuées dans les Bouches-du-Rhône dans des règlements de compte sur fond de trafic de stupéfiants, toutes par balles, dont 12 à Marseille.

Habitat indigne : démission d’un élu LR de Marseille qui louait un appartement dans un immeuble en péril

L’élu LR de Marseille, qui siégeait au Conseil départemental, louait un appartement dans un immeuble en péril d’un quartier défavroisé de Marseille. 

Un élu LR de Marseille, Thierry Santelli, qui louait un appartement situé dans un immeuble déclaré en péril imminent à une famille, a démissionné mardi de sa fonction de vice-président du Conseil départemental, a annoncé sa présidente Martine Vassal (LR). Thierry Santelli est le troisième élu local à être sanctionné pour avoir loué, en temps que copropriétaire, un logement dangereux ou insalubre à Marseille.

Des locataires évacuées le 13 novembre

Nous avons révélé lundi que Thierry Santelli était le propriétaire d’un appartement situé dans le quartier pauvre de Saint-Mauront, à Marseille (3ème arrondissement). L’escalier de l’immeuble menaçait de s’effondrer. La jeune maman et sa fille de deux ans à qui Thierry Santelli louait l’appartement, selon Marsactu, ont dû être évacuées par les pompiers le 13 novembre, avant qu’un arrêté de péril imminent n’interdise toute occupation de l’immeuble le 7 décembre.

Plafond troué dans la cage d’escalier

Sur les photos que nous avons publiées, dans la cage d’escalier de l’immeuble, le plafond troué laisse voir le plancher de l’appartement loué par l’élu. Ce dernier a assuré aux journalistes du site web que le syndic avait dès le 7 décembre fait voter des travaux pour 25.000 euros. Dans un communiqué publié lundi, Martine Vassal explique avoir accepté la démission de l’élu, “une décision conforme à mon souhait de voir des règles claires et strictes s’appliquer dans le contexte lié à l’habitat indigne et dégradé sur notre territoire”.

A cause de punaises de lits, des parents bloquent une école

Des parents d’élèves de l’école maternelle La Cabucelle bloquent les accès lundi pour protester contre la présence de punaises de lit dans l’établissement.

Des parents d’élèves de l’école maternelle La Cabucelle de Marseille bloquent l’établissement lundi matin. Ils protestent contre le traitement de punaises de lit détectés dans l’école qu’ils jugent insuffisant, rapporte France 3 Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Des punaises de lit repérées dans une classe

Dix jours plus tôt, des punaises de lit ont été découvertes dans une classe. Celle-ci a été traitée mais pour les parents d’élèves, ce n’est pas suffisant. Ils réclament que toute l’école soit désinfectée. Les parents craignent que les punaises ne se propagent jusque chez eux. Ils ont donc décidé de bloquer l’école, comme ils l’avaient déjà fait la semaine précédente pour se faire entendre.

Une désinfection insuffisante, selon les parents

La mairie affirme avoir fait le nécessaire en fermant la classe concernée et en traitant le matériel à l’aide de congélateurs, rapporte France Bleu Provence-Alpes-Côte-d’Azur. L’inspection académique s’est également rendue sur les lieux vendredi. Lundi matin, des élus devraient se joindre aux parents qui protestent contre la lenteur de traitement de cette question.

“Gilets jaunes” : quand des manifestants marseillais chassent les casseurs

Des casseurs se sont glissés parmi les “gilets jaunes” mobilisés samedi à Marseille, mais ils ont été chassés du cortège par les manifestants. Un geste salué par les commerçants du quartier.

Si les incidents sont restés assez “limités” à Paris, au quatrième samedi de mobilisation des “gilets jaunes”, ils ont été importants à Marseille. En début de soirée, la situation a dégénéré sur la Canebière, avec notamment la boutique de l’Olympique de Marseille vandalisée, après un après-midi déjà tendu sur le Vieux port. Des dégradations commises par des casseurs que les manifestants n’ont pas hésité à chasser de leur cortège.

“Cassez-vous !”

Ce sont des petits groupes de jeunes encagoulés, très mobiles, qui ont tenté de s’infiltrer parmi les “gilets jaunes”. Mais ils ont été immédiatement repérés. “Cassez-vous !”, leur ont hurlé les manifestants. “Ils n’ont rien à faire là, on ne veut pas de ça. On leur a demandé de s’en aller”, explique l’un d’entre eux au micro d’Europe 1. Une action applaudie par les commerçants. “Parce que cela dessert tout le monde”, ajoute-t-elle. “On ne veut pas d’incidents, rien.”

Des “gilets jaunes” accroupis pour se dissocier des casseurs

Lorsque la situation se tend entre les gendarmes mobiles et les casseurs, des tirs de gaz lacrymogène fusent. Des “gilets jaunes”, dont certains portent des brassards blancs, font le choix de s’accroupir pour délivrer leur message.

“On n’arrive plus à vivre”

“On montre qu’on n’est pas là pour la violence, pour que ça dégénère”, explique un manifestant. “On est là pour que le peuple ait plus de pouvoir d’achat, pour qu’ils arrêtent de toucher à nos vieux, à nos jeunes, on n’arrive plus à vivre. Ma mère et ma grand-mère galèrent tous les mois. C’est pas normal.”

“Macron démission”

Les esprits s’échauffent. Une jeune femme portant un gilet jaune est blessée à la tête. “Macron démission”, hurlent les manifestants, la colère explose. “On veut vivre, on veut travailler dignement. Il y a marre.” À la fin de la manifestation, une fois les “gilets jaunes” rentrés chez eux, des casseurs ont alors pu investir la Canebière, mettre le feu à quelques poubelles et piller des magasins.

“Gilets jaunes” : 2.000 personnes manifestent à Marseille

Deux mille personnes ont manifesté dans le calme à Marseille, samedi, lors de la nouvelle journée de mobilisation des “gilets jaunes”. 

Deux mille “gilets jaunes” ont défilé samedi matin dans le calme à Marseille depuis le Vieux Port vers la préfecture de région, précédés d’une dizaine d’ambulanciers qui ont rejoint le mouvement avec leurs véhicules, gyrophares allumés.”Macron, démission”, scandaient les manifestants à la mi-journée, devant la préfecture où une délégation les représentant a été reçue.

“On veut vivre dignement, c’est tout”

“On n’est pas là pour casser, on doit défiler à visage découvert. Si on en voit qui cassent, ils seront sortis. Nos revendications qu’on a tous, salariés, retraités, chômeurs, chef d’entreprise de PME ou de PMI, c’est notre pouvoir d’achat, et c’est qu’on soit respecté, qu’on nous écoute. On veut vivre dignement, c’est tout”, a déclaré à la foule Viva Noé, responsable d’une page Facebook “Stop au racket Méditerranée”, juchée sur un plot en béton avant le départ du cortège.

Certains manifestants lui ont répondu qu’il ne souhaitaient pas condamner d’éventuelles violences.

“Demander l’aumône, c’est pas possible”

Sylvia Paloma, 70 ans, était venue défendre ses droits de retraitée, un gilet jaune siglé “Macron, démissionne, fais pas le con” sur le dos et un bonnet phrygien sur la tête. ” Arriver à notre âge et demander l’aumône c’est pas possible ! Il faut que Macron, au lieu de se cacher, parle ouvertement. Qu’il dise ‘je vous entends, je vous ai compris, d’abord la France les autres après’,!” , lance-t-elle. “Je touche 1.248 euros de retraite et c’est mes quatre enfants qui doivent m’aider”, a encore expliqué cette ancienne fonctionnaire territoriale.

Quelque 600 policiers étaient mobilisés samedi dans les Bouches-du-Rhône, selon la préfecture de police. Une marche pour le climat devait débuter à 14h sur le Vieux-Port, suivie une heure plus tard d’une manifestation d’opposants à la politique municipale, vivement critiquée depuis l’effondrement d’immeubles le 5 novembre ayant provoqué la mort de huit personnes.

500 “gilets jaunes” à Nice

Dans les Alpes-Maritimes, où une quinzaine de rassemblements étaient en cours à la mi-journée, quelque 500 “gilets jaunes” défilaient derrière une grande banderole blanche “Le peuple prend la parole”, place Masséna à Nice.

Une dizaine de manifestations se déroulaient aussi dans le Var, à Toulon ainsi que dans des petites villes, et une dizaine de barrages filtrants étaient toujours en place sur les autoroutes A50, A57, et A8, selon la préfecture.

Dans le Gard, la préfecture a fait état d’une quinzaines de barrages routiers, avec notamment une coupure de l’A9 dans les deux sens à Agde et des barrages aux péages de Gallargues. En Corse-du-Sud, à Porto-Vecchio, une soixantaine de “gilets jaunes” ont bloqué des camions à l’arrivée d’un navire de la Corsica Linea avant d’être stoppés par les gendarmes, selon la préfecture. Les manifestants sont allés ensuite vers un centre Leclerc où ils empêchaient ponctuellement les camions de décharger leurs marchandises.

Evacuations tous azimuts, des centaines de familles SDF

Marseille ne voit pas le bout du tunnel : trois semaines après l’effondrement de deux immeubles du centre-ville, la mairie évacue tous azimuts des logements vétustes et peine à prendre en charge le millier d’habitants devenus sans domicile fixe du jour au lendemain.

Depuis le drame de la rue d’Aubagne, qui a fait huit morts le 5 novembre, la municipalité, clouée au pilori par les habitants, fait évacuer des centaines de logements potentiellement dangereux : au total la ville comptait mardi soir 188 immeubles fantômes. Et 95 appartements devraient encore être évacués prochainement dans l’une des plus grandes copropriétés dégradées de la ville, dans les quartiers Nord.

188 immeubles fantômes

Pour la plupart à l’hôtel, 1 436 «délogés» sont déjà pris en charge, et la mairie relaie les appels aux dons pour des produits aussi essentiels que du savon, du shampoing ou des couches.

«Quand est-ce que je vais rentrer chez moi ? Personne n’est capable de me répondre», se lamente Louise Bègue, qui partage avec son bébé de 10 mois et sa fille de quatre ans une chambre d’hôtel face au Vélodrome : «J’espère ne pas y passer Noël…».

Mardi soir, l’adjoint au maire délégué à la prévention et la gestion des risque Julien Ruas s’est voulu rassurant: «Il y a beaucoup de personnes qui vont rentrer chez elle dans quelques semaines dès lors que les propriétaires auront réalisé les travaux», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

En attendant, pour Louise Bègue, de la lessive au coucher, tout vire au casse-tête. La mairie a servi 3.500 repas dans un restaurant solidaire sur la Canebière, mais il faudrait prendre le métro. Et à Marseille, la poussette n’y entre pas… Alors cette mère célibataire de 25 ans n’a pu offrir à ses enfants en une semaine que «snack, pizza, Quick et McDo».

10 m² pour 6

Au petit-déjeuner de l’hôtel, certains glissent un fromage emballé ou un bout de pain dans leur poche, pour tenir la journée. Les nerfs sont à vif. «On n’est pas des SDF !», s’emporte Kamel Belkacem : l’hôtel est propre et confortable mais avec son épouse et leurs quatre enfants, ils ont dû changer «deux fois de chambre en trois jours».

Dans dix mètres carrés pour six, les valises gisent ouvertes sur la moquette grise, les trois lits sont jonchés de vêtements. Les enfants ne vont plus à l’école : trop loin, trop compliqué. «Un matin, on m’a dit “vous partez de chez vous ou la police va venir”. J’ai sorti la petite pieds nus, j’avais pas de tétine, rien. J’ai dû aller gratter des habits à la Croix-rouge», se souvient la maman, Aïcha Belkacem.

La famille Belkacem, comme beaucoup, ne comprend pas pourquoi elle a dû quitter un appartement où elle ne se sentait pas en danger. Le plus souvent, un voisin appelle les pompiers, et quelques heures plus tard, tout l’immeuble est dehors.

Les habitants ne comprennent pas pourquoi ils ont dû partir

Comme des centaines d’autres, Alice Vezies, évacuée du quartier de Belsunce, près de Vieux-Port, attend un arrêté de péril, au lieu de la simple «attestation d’évacuation» que son assurance ne reconnaît pas. Si la municipalité le délivre, il lui permettra de faire valoir ses droits. Sinon ? Elle ne sait pas…

«La mairie m’a appelé au bout d’une semaine… pour me dire qu’ils avaient réussi à m’obtenir une brosse à dents», raille la jeune femme, active dans le collectif “Noailles en colère”, du nom du quartier du drame du 5 novembre.

Également membre, Maël Camberlein représente les propriétaires-occupants : des évacués, souvent modestes, qui se plaignent de devoir se débrouiller quand la prise en charge est automatique pour les locataires.

Des relogements au compte-goutte

Leur collectif dénonce une «psychose organisée par les pouvoirs publics et (le) non-respect des droits des personnes délogées» et a réclamé la réquisition administrative des logements vides à Marseille. De son côté, la mairie assure avoir identifié 296 logements disponibles dans la ville. Mais les relogements se font au compte-gouttes : 20 baux ont été signés en trois semaines.