Élections européennes : qui sont les 79 élus français ?

79 eurodéputés français siégeront en juillet prochain au Parlement européen, mais cinq d’entre eux devront attendre que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne pour prendre leurs fonctions. 

À l’issue de l’élection de dimanche, ils sont 79 à avoir décroché un siège d’eurodéputé français, mais en attendant le Brexit, 74 d’entre eux seulement vont pouvoir prendre leur fonction début juillet au Parlement européen.

Il s’agit des 22 premiers de la liste RN, des 21 premiers de la liste LREM, des 12 premiers de la liste EELV, des 8 premiers de la liste LR, des 6 premiers de la liste LFI et des 5 premiers de la liste PS-Place Publique. Doivent ensuite arriver au Parlement européen, quand le Brexit sera effectif (sauf désistements d’ici là), le 23ème de la liste RN, les 22ème et 23ème de la liste LREM, le 13ème de la liste EELV et le 6ème de la liste PS.

22 élus ont déjà siégé au Parlement européen

Le contingent de 74 eurodéputés élus lundi est strictement paritaire : 37 hommes, 37 femmes. Après le Brexit, sur les 79 eurodéputés français, il y aura en théorie 40 hommes et 39 femmes. En comparaison, en 2014, sur les 74 eurodéputés siégeant pour la France lors de la session constitutive, il y avait 43 hommes et 31 femmes, soit 41,9% de femmes.

Sur les 74 eurodéputés élus lundi, il y a 19 eurodéputés sortants (24,3%) et 3 autres qui ont déjà siégé, parfois très brièvement, au Parlement européen (Pascal Canfin et Fabienne Keller élus pour LREM, François Alfonsi élu pour EELV). En tout, 22 eurodéputés élus lundi ont donc déjà siégé au Parlement européen. Les sortants se répartissent ainsi : 5 RN (sur 22), 2 LREM (sur 21), 3 EELV (sur 12), 5 LR (sur 8), 2 LFI (sur 6) et 2 PS (sur 5).

Toutes ces données sont fournies sous réserve qu’il n’y ait pas de désistements parmi les eurodéputés élus.

 

Les 79 eurodéputés français :

Liste Jordan Bardella (RN) – 23 sièges/22 avant Brexit 
M. Jordan Bardella
Mme Hélène Laporte
M. Thierry Mariani
Mme Dominique Bilde
M. Hervé Juvin
Mme Joëlle Melin
M. Nicolas Bay
Mme Virginie Joron
M. Jean-Paul Garraud
Mme Catherine Griset
M. Gilles Lebreton
Mme Maxette Pirbakas-Grisoni
M. Jean-François Jalkh
Mme Aurélia Beigneux
M. Gilbert Collard
Mme Julie Lechanteux
M. Philippe Olivier
Mme Annika Bruna
M. Jérome Rivière
Mme France Jamet
M. André Rougé
Mme Mathilde Androuet

Après Brexit:
M. Jean-Lin Lacapelle

Liste Nathalie Loiseau (LREM/MoDem) – 23 sièges/21 avant Brexit
Mme Nathalie Loiseau
M. Pascal Canfin
Mme Marie-Pierre Vedrenne
M. Jérémy Decerle
Mme Catherine Chabaud
M. Stéphane Séjourné
Mme Fabienne Keller
M. Bernard Guetta
Mme Irène Tolleret
M. Stéphane Bijoux
Mme Sylvie Brunet
M. Gilles Boyer
Mme Stéphanie Yon-Courtin
M. Pierre Karleskind
Mme Laurence Farreng
M. Dominique Riquet
Mme Véronique Trillet-Lenoir
M. Pascal Durand
Mme Valérie Hayer
M. Christophe Grudler
Mme Chrysoula Zacharopoulou

Après Brexit:
M. Sandro Gozi
Mme Ilana Cicurel

Liste Yannick Jadot (EELV) – 13 sièges/12 avant Brexit
M. Yannick Jadot
Mme Michèle Rivasi
M. Damien Carême
Mme Marie Toussaint
M. David Cormand
Mme Karima Delli
M. Mounir Satouri
Mme Caroline Roose
M. François Alfonsi
Mme Salima Yenbou
M. Benoît Biteau
Mme Gwendoline Delbos-Corfield

Après Brexit:
M. Claude Gruffat

Liste François-Xavier Bellamy (LR) – 8 sièges
M. François-Xavier Bellamy
Mme Agnès Evren
M. Arnaud Danjean
Mme Nadine Morano
M. Brice Hortefeux
Mme Nathalie Colin-Oesterle
M. Geoffroy Didier
Mme Anne Sander

Liste Manon Aubry (LFI) – 6 sièges
Mme Manon Aubry
M. Manuel Bompard
Mme Leïla Chaibi
M. Younous Omarjee
Mme Anne-Sophie Pelletier
M. Emmanuel Maurel

Liste Raphaël Glucksmann (PS/PP/ND) – 6 sièges/5 avant Brexit
M. Raphaël Glucksmann
Mme Sylvie Guillaume
M. Eric Andrieu
Mme Aurore Lalucq
M. Pierre Larrouturou

Après Brexit:
Mme Nora Mebarek

Après la déception des européennes, l’heure des comptes pour la France insoumise

Arrivée en cinquième position aux européennes, avec à peine plus de 6% des suffrages, LFI doit s’interroger sur sa stratégie.

Dimanche soir, la déconvenue de la France insoumise est allée croissante avec l’annonce des scores des européennes. “Ces résultats sont décevants”, a admis Manon Aubry d’abord, alors que la formation était donnée au coude à coude avec le Parti socialiste, pour finalement finir juste devant, à 6,31% des suffrages. Un peu plus tard, lui aussi à la tribune, Jean-Luc Mélenchon a confirmé : “très décevant”. Le député du Nord Adrien Quatennens s’est chargé d’enfoncer le dernier clou sur France 2 : “extrêmement décevant”.

Un électorat démobilisé

Si la France insoumise a finalement coiffé au poteau la liste Place Publique-Parti socialiste de Raphaël Glucksmann, sa cinquième position ne peut qu’être une désillusion. Sans même parler de tutoyer les 20% de suffrages obtenus par Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, LFI espérait atteindre les 11% récoltés aux législatives. En vain.

Que s’est-il passé ? La démobilisation, d’abord. “Traditionnellement, nous avons du mal à mobiliser au moment des européennes”, analyse le député Eric Coquerel au micro d’Europe 1. “Notre électorat ne s’est pas mobilisé comme on le souhaitait.” De fait, selon un sondage réalisé avant les européennes, 57% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 prévoyaient de s’abstenir dimanche.

“L’Europe n’était pas au centre de leur campagne”

Mais ce n’est pas tout. À demi-mot, Manuel Bompard, deuxième sur la liste derrière Manon Aubry, reconnaît n’avoir pas su convaincre sur le thème de l’écologie, pourtant prépondérant dans le programme insoumis depuis deux ans, et qui aurait pu payer aux européennes, comme l’a montré le score élevé (et surprise) de Yannick Jadot. “Je crois qu’on n’a pas réussi à convaincre que le bulletin de vote de la France insoumise pouvait être aussi celui d’une écologie cohérente et populaire”, explique-t-il à Europe 1.

 C’est l’Europe en tant que telle qui a surgi sur la scène européenne, et ça, la France insoumise l’a manqué. 

Pour Loïc Azoulai, professeur à l’École de Droit de Sciences Po, LFI a aussi fait une erreur stratégique importante ces dernières semaines. “Ce qui s’est joué, le taux de participation le montre, c’est une forme de politisation d’un type nouveau. C’est l’Europe en tant que telle qui a surgi sur la scène européenne, et ça, la France insoumise l’a manqué. L’Europe n’était pas au centre de leur campagne.” Au contraire, Manon Aubry, puis Jean-Luc Mélenchon lui-même, très impliqué personnellement dans les derniers jours, ont joué à plein le référendum anti-Macron et souvent circonscrit les enjeux de la campagne aux frontières nationales.

Un coup d’arrêt à la “fédération populaire” ?

Pour Jean-Luc Mélenchon, ce revers appelle l’introspection. D’abord au regard des multiples “crises” que LFI a connues ces derniers mois, de la perquisition à son domicile et au siège du mouvement en octobre dernier jusqu’à l’incapacité de la formation à capitaliser sur la colère des “gilets jaunes”. En passant par les démissions en chaîne, celle de plusieurs orateurs nationaux à l’automne, puis de Thomas Guénolé en avril. Les premiers, écartés de la liste des européennes, comme le politologue, qui y figurait bien, avaient claqué la porte en dénonçant un mouvement verrouillé et un leader dictatorial, peu enclin à faire vivre la démocratie interne.

Mais l’échec de dimanche remet aussi en cause l’envie de rassemblement qu’avait exprimée Jean-Luc Mélenchon dans Libération en avril dernier. “Je lance un appel à la création d’une fédération populaire”, avait-il dit alors. “Je ne crois plus à l’ancien modèle de rassemblement des organisations. Nous devons certes nous rassembler, mais au service d’une tâche en commun : fédérer le peuple, réunir ses revendications, en faire un programme compatible avec l’impératif écologique et social.”

Plus de divergences que de convergences

Difficile de savoir aujourd’hui à quoi pourrait ressembler cette fédération, et surtout avec qui elle pourrait se faire. Avec EELV, arrivé troisième et grand vainqueur des élections européennes, LFI a de gros points de divergence, notamment parce que les écologistes rejettent l’appellation de “gauche” et que Yannick Jadot a rappelé à plusieurs reprises qu’il n’était pas contre l’économie de marché. Avec le PS, un rapprochement semble tout aussi difficile tant les deux mouvements se sont étrillés pendant la campagne, la tête de liste Raphaël Glucksmann fustigeant une France insoumise populiste. Quant au PCF, la rupture semble consommée depuis la présidentielle, lorsque Jean-Luc Mélenchon a décidé de se lancer seul sans même avertir ses anciens alliés du Front de gauche.

Puisqu’elle ne peut plus désormais faire valoir ses bons résultats électoraux pour se placer au centre du jeu de la co-construction à gauche, la France insoumise va donc devoir prendre à bras le corps les sujets de fond. Ce qu’admet dans les colonnes du Monde la députée Clémentine Autain, qui plaide pour “s’ouvrir sur la société, les citoyens, les syndicats, les intellectuels, les associations”. Visiblement abattu dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon a pourtant tenté d’apparaître toujours tourné vers le même objectif. “Notre pays s’enfonce dans une crise profonde”, a-t-il déclaré. “Nous saurons assumer nos responsabilités, et j’invite à se fédérer tous ceux qui partagent cette volonté. C’est l’heure des combats et des caractères.”

LR : Wauquiez propose “des états généraux” à la rentrée pour “tout remettre à plat”

Après la déroute du parti aux élections européennes, le patron des Républicains veut organiser des “états généraux” à la rentrée, afin de “remettre à plat les valeurs, le projet et la stratégie d’alliance”. 

Le président des Républicains Laurent Wauquiez, fortement contesté après la déroute de la liste LR aux élections européennes, a proposé lundi “des états généraux” du parti à la rentrée, afin de “tout remettre à plat”, selon des participants au bureau politique.

“Gardons-nous des solutions simplistes qui ne résoudront rien. Ma première responsabilité, c’est de me mettre à l’écoute de tous ceux qui veulent reconstruire. (…) L’idée serait d’organiser des états généraux que nous préparerions d’ici à la rentrée”, lors desquels “il faut tout remettre à plat sur les valeurs, le projet, le fonctionnement et la stratégie d’alliance”, a déclaré Laurent Wauquiez devant le bureau politique.

Ouvert aux personnes “extérieures” au parti

“Chaque sensibilité devra pouvoir s’exprimer à cette occasion. L’organisation doit être collégiale”, a-t-il ajouté. “Il faut pouvoir associer tous ceux qui le souhaitent, même ceux qui sont extérieurs aux Républicains”, a précisé Laurent Wauquiez. Pour le patron de LR, les 8,48% récoltés par la liste LR conduite par François-Xavier Bellamy “sont évidemment un choc majeur pour notre famille politique. Nous n’avons pas été capables de parler aux Français, nous avons subi une défaite amère, il ne s’agit pas de faire semblant sur l’ampleur de la remise en cause que cela représente pour Les Républicains”.

La présidente de l’Île-de-France Valérie Pécresse, qui a déclaré lundi matin qu’à la place de Laurent Wauquiez, elle démissionnerait de la présidence du parti, assistait à ce bureau politique, de même que le patron des députés LR Christian Jacob. En étaient en revanche absents le président du Sénat Gérard Larcher et le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Européennes : un échec personnel pour Macron pour près de deux Français sur trois, selon un sondage

71% des Français interrogés estiment qu’Emmanuel Macron a eu tort de s’investir en fin de campagne pour “critiquer le Rassemblement national” et “inciter les électeurs à voter” afin de faire barrage “aux populistes”. 

Près de deux Français sur trois (63%) jugent que la courte défaite de LREM, arrivée deuxième derrière le RN aux européennes, est un échec personnel pour Emmanuel Macron, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting publié lundi. 36% des sondés estiment le contraire et 1% ne se prononce pas dans cette enquête pour France Info et Le Figaro.

Pour 71% de Français, le chef de l’État a eu tort de s’investir lors de la fin de la campagne pour “critiquer le Rassemblement national” et “inciter les électeurs à voter” afin de faire barrage “aux populistes”. 28% considèrent qu’il a bien fait de le faire pour être en cohérence avec ses convictions (1% NSP).

La majorité des sondés réclament un remaniement

Après la courte défaite de sa liste – 22,41% contre 23,31% pour celle du Rassemblement national -, le chef de l’État doit procéder à un remaniement selon une majorité de sondés (58%). 50% d’entre eux sont en revanche opposés à un changement de Premier ministre, alors que 49% souhaitent le départ d’Édouard Philippe de Matignon. Pour près de trois Français sur quatre (72%), le Président doit surtout changer de politique.

Enquête réalisée en ligne lundi auprès de 980 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur: 2,5 points

Élections européennes : le Royaume-Uni et les Pays-Bas lancent le vote

Jeudi, les Néerlandais et les Britanniques ont commencé à voter pour les élections européennes. Dans les deux pays, les sondages laissant présager un succès des eurosceptiques.

Les Néerlandais et les Britanniques ont commencé à voter jeudi pour élire leurs représentants au Parlement européen, les sondages laissant présager un succès des eurosceptiques dans les deux pays. Au total, plus de 400 millions d’électeurs voteront dans 28 pays pour élire 751 députés européens lors des élections européennes qui se tiennent jusqu’à dimanche.

Aux Pays-Bas, le parti eurosceptique au coude-à-coude avec les libéraux

Les résultats ne seront annoncés officiellement qu’à partir de dimanche soir, lorsque tous les pays de l’Union européenne auront fini de voter. Aux Pays-Bas, où les bureaux de vote ont ouvert à 5h30, le Forum pour la démocratie (FvD), parti eurosceptique, anti-immigration et climatosceptique est engagé dans un mano à mano avec les libéraux (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, qui a appelé à un large rassemblement des électeurs pour faire bloc face aux populistes.

“L’UE est devenue un super-État et c’est justement le genre de chose que nous voulons arrêter”, a déclaré cette semaine le chef de file du FvD Thierry Baudet. Son parti devrait remporter entre 3 et 5 sièges sur les 26 alloués aux Pays-Bas, selon les derniers sondages.

Au Royaume-Uni, le Brexit omniprésent

Au Royaume-Uni, les Britanniques ont commencé à voter à 6h dans un climat plombé par le Brexit, qui monopolise les débats politiques depuis le référendum de juin 2016. Le pays devait quitter l’UE le 29 mars mais faute d’avoir obtenu le soutien des députés, qui ont rejeté à trois reprises l’accord de sortie qu’elle avait conclu en novembre avec Bruxelles, la Première ministre Theresa May a dû repousser la date du divorce, désormais fixé au 31 octobre au plus tard.

Faute d’être sorti de l’UE dans les temps, le Royaume-Uni est contraint d’organiser les élections européennes, même si les députés britanniques pourraient ne siéger que quelques semaines au parlement européen si le Brexit se concrétise. Dans cette campagne insolite, le Parti du Brexit, de l’eurosceptique Nigel Farage, réclame une sortie de l’UE immédiate et sans accord. Ce nouveau parti, créé en février, caracole en tête des sondages. Il y a cinq ans, l’ancienne formation politique de Nigel Farage, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKip) était arrivé en tête des élections européennes, raflant 24 sièges sur les 73 alloués au pays.

De l’autre côté de l’échiquier politique, un autre nouveau-venu, Change UK, composé de transfuges pro-UE des partis conservateur et travailliste, tente sa chance. Mais le vote anti-Brexit est dispersé entre les Libéraux-démocrates, les Verts, et les partis nationalistes Plaid Cymru, au pays de Galles, et SNP, en Ecosse, qui défendent tous un second référendum sur le Brexit, espérant renverser le résultat de 2016. Face à ces formations aux messages clairs sur le Brexit, les partis conservateur et travailliste, qui dominent la vie politique britannique, sont en difficulté.

Élections européennes : RN et LREM creusent l’écart avec les autres listes

Les listes du Rassemblement national et de La République en marche restent en tête des intentions de vote au coude-à-coude pour les élections européennes de dimanche, selon un sondage Ipsos publié jeudi.

La liste du Rassemblement national (24%) et celle de La République en marche (23,5%) creusent l’écart sur leurs concurrents à trois jours des élections européennes, selon un sondage Ipsos Sopra Steria* publié jeudi.

Le RN, désormais en tête dans tous les sondages, et LREM alliée au MoDem gagnent chacun 0,5 point en une semaine. Viennent ensuite les Républicains (13%, =) et Europe Ecologie-Les Verts (9%, +0,5), La France insoumise (7,5%, =) et la liste du Parti socialiste/Place Publique (5,5%, =), selon cette enquête pour Radio France et France Télévisions. Debout la France est à 4% (=), devant Générations (-0,5) et le PCF à 2,5% (-0,5) et la liste Urgence écologie de Dominique Bourg créditée de 1,5% (+0,5). Les autres listes sont au mieux à 1% d’intentions de vote.

Un faible taux de participation attendu

La participation se situerait entre 40 et 44% du corps électoral (41 à 45% il y a une semaine) et deux Français sur trois (65%) considèrent désormais leur choix comme définitif. Les intentions de vote ne constituent pas une prévision de résultat, mais une indication du rapport de forces au jour de la réalisation du sondage.

*Enquête réalisée en ligne les 20 et 21 mai auprès de 1.495 personnes inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur entre 0,7 et 2,6.

Assistants parlementaires : la justice européenne confirme que Marine Le Pen doit rembourser 300.000 euros

La justice européenne reproche à la présidente du Rassemblement national (ex-FN) l’emploi douteux d’une assistante quand elle était eurodéputée.

La justice européenne a rejeté un pourvoi de la dirigeante de l’extrême droite française Marine Le Pen, qui contestait une nouvelle fois le remboursement de près de 300.000 euros au Parlement européen pour l’emploi douteux d’une assistante, elle-même actuellement candidate éligible aux élections européennes.

Fin de la procédure au niveau européen

Dans un jugement daté de mardi et dont l’AFP a vu une copie jeudi, la Cour de justice de l’UE rejette le pourvoi de Marine Le Pen contre une décision de juin 2018, ultime étape de cette procédure au niveau européen. “Boule puante. Personne n’est dupe”, a répondu par SMS Marine Le Pen, interrogée par l’AFP sur cette décision.

La présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN) avait annoncé ce pourvoi après la décision du Tribunal de l’UE du 19 juin 2018 confirmant le remboursement des 300.000 euros dans une affaire faisant par ailleurs l’objet d’une procédure judiciaire en France. Elle en demandait l’annulation.

Le Tribunal avait alors jugé que Marine Le Pen n’avait “pas été en mesure de démontrer que son assistante assurait des tâches effectives pour elle”, un an et demi après la décision du Parlement européen de procéder à ce recouvrement.

L’assistante parlementaire figure sur la liste du RN pour les européennes

Le remboursement porte sur l’emploi de Catherine Griset en tant qu’assistante parlementaire de fin 2010 à début 2016. Chef de cabinet de Marine Le Pen depuis 2015, elle est actuellement numéro 10 de la liste du RN pour les élections européennes.

Dans une affaire similaire, le Parlement européen réclame également environ 40.000 euros à Marine Le Pen, concernant l’emploi d’un garde du corps comme assistant. Dans les deux cas, l’institution s’est appuyée sur une enquête de l’Olaf, l’office antifraude de l’UE.

Les retenues effectuées avant le départ de Marine Le Pen du Parlement européen courant 2017 ont permis de récupérer environ 60.000 euros, selon une source parlementaire. Pour récupérer le reste, le Parlement européen compte sur les suites de la procédure en cours devant la justice française, dans laquelle il s’est porté partie civile.

François Hollande apporte clairement son soutien à Raphaël Glucksmann : ce serait “extrêmement grave” qu’il n’y ait pas d’eurodéputé PS

François Hollande, qui avait déjà dit samedi à Strasbourg qu’il voterait pour la liste où figurent des socialistes sans citer Raphaël Glucksmann, a apporté clairement son soutien à la tête de liste PS-Place publique aux européennes, mardi matin sur RMC et BFMTV. 

Il “serait extrêmement grave” que les socialistes français soient absents du Parlement européen à l’issue du scrutin du 26 mai, a déclaré mercredi sur RMC et BFMTV François Hollande, apportant clairement son soutien à Raphaël Glucksmann.

“Ce serait extrêmement grave, pas simplement pour les socialistes et pour la gauche, ce serait extrêmement grave pour la France”, a estimé l’ancien président de la République, alors que certains sondages créditent la liste PS-Place publique de moins de 5% des voix, le seuil pour envoyer des députés à Strasbourg.

“Les deux grandes familles politiques qui ont fait l’Europe, c’est le centre-droit et les socialistes”

“Les deux grandes familles politiques qui ont fait l’Europe, c’est la démocratie chrétienne, ce qu’on appelle le centre-droit et les socialistes (…) comment pourrait-on imaginer que le parti de François Mitterrand, de Lionel Jospin, le parti de François Hollande – pardon de parler à la 3ème personne -, que ce parti-là ne soit pas présent au sein du Parlement européen ?”, a-t-il demandé.

François Hollande, qui avait déjà dit samedi à Strasbourg qu’il voterait pour la liste où figurent des socialistes, sans nommer Raphaël Glucksmann, a cette fois clairement exprimé son vote : “question claire, réponse claire, (je voterai) pour la liste socialiste conduite par Raphaël Glucksmann”, a-t-il dit.

L’enjeu de ces élections “est de savoir quel va être groupe le groupe le plus important au Parlement européen”

Pour François Hollande, l’enjeu de ces élections “est de savoir quel va être groupe le groupe le plus important au Parlement européen”, entre celui des conservateurs et celui des sociaux-démocrates. “Ce n’est pas tout à fait sans conséquence, parce que c’est le groupe le plus important qui pourra influencer, même déterminer (qui sera) le président ou la présidente de la commission européenne”, a-t-il expliqué.

“C’est un vote utile : plus y aura de socialistes français dans le cadre de ce groupe, plus les chances d’avoir un président de la commission européenne socialiste seront grandes”, a-t-il insisté. Mardi soir, l’ancien premier ministre Lionel Jospin avait lui aussi apporté son soutien à Raphaël Glucksmann, “étant fidèle au socialisme démocratique et adhérent du Parti socialiste”.

Européennes : Emmanuel Macron appelle à la “mobilisation générale” contre l’abstention

Lors du Conseil des ministres, le président de la République a appelé les Français à aller voter aux européennes, alors que les sondages prédisent une forte abstention. 

Emmanuel Macron a appelé mercredi à “la mobilisation générale” pour convaincre les électeurs de voter dimanche aux européennes, face à des sondages qui prédisent une forte abstention, a déclaré la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Le chef de l’État a lancé cet appel au cours du Conseil des ministres afin de “montrer à quel point c’était important que nos concitoyens se mobilisent dans le cadre de cette élection parce que son impact sur notre vie quotidienne, mais aussi sur l’avenir de la France à l’intérieur de l’Union européenne est évidemment décisif”, selon la porte-parole.

“Que chacun dise autour de soi qu’il faut aller voter”

Le scrutin “pèsera beaucoup sur le poids que notre pays pourra avoir dans l’Union européenne, sur l’agenda de Commission européenne, et c’est à ce titre qu’il a appelé à la mobilisation générale, à travers les ministres et les membres du gouvernement, pour que chacun dise autour de soi qu’il faut aller voter. C’est très important”, a-t-elle ajouté.

Les sondages publiés ces derniers jours donnent la liste de la majorité présidentielle derrière celle du Rassemblement national de Marine Le Pen.

Les sondages inquiètent

Plusieurs sondages ces dernières semaines pronostiquaient une abstention pouvant atteindre des records dimanche mais deux études publiées mardi et mercredi estiment la participation au scrutin du 26 mai entre 46% et 52%, soit un niveau supérieur à 2014 (42%). Dans le cadre de la mobilisation, le service d’information du gouvernement (SIG) a par ailleurs lancé sur les réseaux sociaux une vidéo d’appel au vote.

Sibeth Ndiaye a par ailleurs qualifié de “pas très sérieuse” la demande du Rassemblement national qu’Emmanuel Macron se retire en cas de défaite. “Je ne crois pas qu’il soit prévu dans nos institutions que le président de la République, à l’issue d’une élection, qu’elle soit européenne ou nationale, soit amené à démissionner. Et donc il n’y a évidemment aucune raison pour que cela se fasse”, selon elle. Jordan Bardella, tête de liste du RN, a déclaré mercredi sur Europe 1 que si son parti arrivait en tête, le chef de l’État “devra en tirer les conséquences et les conclusions” et “s’en aller”.

Européennes : Steve Bannon doit être décompté dans le temps de parole du RN

L’ancien stratège de Donald Trump est considéré par le CSA comme un soutien du parti de Marine Le Pen. 

Les déclarations de l’ex-stratège de Donald Trump, Steve Bannon, sur les élections européennes doivent être décomptées dans le temps de parole de la liste du Rassemblement national, en tant que soutien à celle-ci, a indiqué mercredi le CSA, confirmant une information de l’émission Quotidien.

“Marine Le Pen a beau nier ses liens étroits avec Steve Bannon, le CSA a décidé de décompter le temps de parole de l’ex-conseiller de Trump dans celui du RN. Il est considéré comme un soutien”, avait affirmé sur Twitter un journaliste de l’émission de TMC.

Le RN assure que Bannon ne joue aucun rôle dans la campagne

Interrogé par l’AFP, le CSA a indiqué que le temps de parole de Steve Bannon sera bien décompté de celui de la liste menée par Jordan Bardella, sur la base de la recommandation prise le 27 mars, qui prévoit notamment que les radios et télévisions “relèvent (…) les temps de parole des listes candidates et de leurs soutiens dans l’ensemble de leurs programmes”.

En vertu de ces règles, la durée des interventions émanant de personnes exprimant un soutien explicite à une liste de candidats est prise en compte et agrégée au temps de parole de cette liste, précise-t-on au CSA. Cette disposition concerne aussi bien des propos qui peuvent être tenus par de simples citoyens, des militants, des artistes, des sportifs ou des intellectuels, ainsi que par des personnalités étrangères. En l’occurrence, dès lors que Steve Bannon tient des propos répondant à cette définition sur l’antenne d’un média audiovisuel, ces propos sont relevés puis affectés au temps de parole de la liste concernée, fait valoir le régulateur.

Si le parti de Marine Le Pen a assuré qu’il ne jouait aucun rôle dans la campagne pour les européennes, Steve Bannon, en France depuis la fin de la semaine dernière, avait confirmé dans un entretien au Parisien ses liens avec le RN, se présentant comme un “conseiller informel” agissant à titre “bénévole”, notamment pour donner des “conseils” et aider à établir des “connexions”. “De toutes les élections (…) c’est de loin, ici, en France, la plus importante”, avait déclaré Steve Bannon au journal, affirmant vouloir intervenir “dans les médias pour parler du RN”.