Eurodéputés : le Parlement adopte un texte pour les élus “réservistes” en cas de Brexit

Dix jours avant le scrutin, les sénateurs ont validé le projet de loi permettant de redistribuer des sièges de députés européens réservés au Royaume-Uni en cas de Brexit.

À dix jours des élections européennes, le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un vote à main levée du Sénat, un projet de loi permettant de redistribuer des sièges de députés européens réservés au Royaume-Uni en cas de Brexit.

Représentation proportionnelle à la plus forte moyenne

Les 34 listes validées pour les européennes du 26 mai en France comptent chacune 79 noms : 74 sièges attribués à la France dans le nouveau Parlement européen, auxquels s’en ajouteront cinq si le Royaume-Uni sort de l’UE. Dans un article unique, le texte précise la méthode de désignation de ces “réservistes” en s’appuyant sur les modalités de la loi de 1977, c’est-à-dire la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne.

Il y a urgence : le projet de loi, qui répond à une situation inédite créée par les multiples rebondissements autour d’une sortie programmée du Royaume-Uni de l’UE, doit impérativement être promulgué avant le scrutin. Adopté lundi par les députés, il a été approuvé dans les mêmes termes par le Sénat jeudi, ce qui vaut adoption définitive.

Un statut de “suivant de liste”

C’est la commission nationale de recensement des votes qui sera chargée d’indiquer ces cinq eurodéputés potentiels, qui auront le statut de “suivant de liste” dans l’attente d’un éventuel Brexit. Le rapporteur de la commission des Lois du Sénat Alain Richard (LREM) a estimé qu’il y avait “peu de débats à avoir sur les conséquences d’une décision européenne”.

Il a néanmoins regretté que la date d’entrée en fonction de ces élus supplémentaires n’ait pas été suffisamment précisée lors des concertations entre le gouvernement et les assemblées. “L’entrée en fonction doit correspondre à la date de départ des représentants britanniques des institutions européennes, soit le moment où le Royaume-Uni cesse d’être lié par le traité qui organise l’Union européenne”, a-t-il indiqué.

Européennes : EELV présente son projet de traité environnemental

Ce texte définit des “droits environnementaux” et des “droits de la nature” et fixe à “au moins 50%” la part du budget de l’UE alloué à la transition écologique.

EELV a présenté mercredi à la presse le projet de “traité environnemental” que le parti entend défendre en Europe, qui permettrait de “soumettre toutes (les) lois à l’impératif de la préservation de la planète”. Selon le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts David Cormand, candidat sur la liste EELV aux élections européennes, cette proposition permettrait de “contourner l’obstacle” des traités actuels en en faisant un autre qui les “chapeauterait” tous.

Création d’un “Parquet européen de l’environnement”

Le texte comprend quatre chapitres et 18 articles, qui définissent des “droits environnementaux” et des “droits de la nature”, instaurent des “devoirs de l’Union européenne, dont celui de contraindre les acteurs privés”, fixent à “au moins 50%” la part du budget de l’UE alloué à la transition écologique. Il pose le principe de “critères de convergence écologique” qui s’appliquent à tous les Etats membres et ont “une valeur supérieure aux critères de convergence relatifs à la dette et au déficit public des Etats”. Il imagine la création d’un “Parquet européen de l’environnement et de la santé environnementale”.

Interrogée sur le lien entre cette proposition et le programme des Verts européens, la numéro deux de la liste Marie Toussaint a répondu qu’on trouvait dans ce dernier l’idée d’un “pacte de soutenabilité”, qui est très proche. Ce “pacte de soutenabilité” est aussi défendu par la liste LREM conduite par Nathalie Loiseau.

Divergences sur les traités avec La France insoumise

Un tel traité a-t-il une chance de voir le jour ? Oui, s’il y a une “volonté politique pour cela”, a répondu Marie Toussaint. “Quand on a traversé la crise financière de 2007-2008, les dirigeants politiques de l’Union européenne ont été en capacité d’adopter le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, NDLR) pour mettre en place des règles nouvelles qui s’imposaient à toutes les autres”, a-t-elle fait valoir.

S’ils proposent ce “traité environnemental”, les écologistes ne partagent pas l’affirmation de la France insoumise selon laquelle “entre les traités (actuels) et l’écologie il faut choisir”. “Le sujet principal de cette élection c’est de changer les majorités au Parlement européen. Les traités existent, il forment un cadre juridique qui a une philosophie que nous contestons, que nous voulons transformer, mais l’action européenne elle dépend d’abord des majorités, des groupes politique, de la détermination à transformer les choses”, a souligné le numéro un de la liste, Yannick Jadot.

Hommage de l’Assemblée et du Sénat aux militaires tués au Burkina Faso

Après l’hommage national rendu mardi matin aux Invalides par le président, députés et sénateurs ont à leur tour salué la mémoire des deux soldats tués en libérant les otages au Burkina. 

Députés et sénateurs ont observé mardi après-midi un moment de recueillement en hommage aux deux membres des forces spéciales tués en libérant des otages au Burkina Faso, Cédric de Pierrepont, 33 ans, et Alain Bertoncello, 28 ans.

Minute de silence à l’Assemblée

“En notre nom à tous, je tiens à saluer à nouveau la mémoire de ces deux soldats, de ces deux héros qui ont porté jusqu’au sacrifice ultime l’honneur, le dévouement et le courage qui caractérisent nos forces armées”, a déclaré le président de l’Assemblée Richard Ferrand (LREM) à l’ouverture des questions au gouvernement, après l’hommage national qui leur a été rendu dans la matinée aux Invalides. “Nous pensons avec émotion et solidarité à leurs familles et à leurs camarades”, a-t-il ajouté, avant d’inviter à une minute de silence. Députés, membres du gouvernement et également personnels de l’Assemblée présents y ont participé.

Hommage au Sénat

En ouverture de la séance au Sénat, son président Gérard Larcher (LR) a aussi salué “le courage de ces deux militaires qui ont donné leur vie pour sauver des otages”. “Ce tragique dénouement nous rappelle l’engagement résolu de nos forces armées (…) pour lutter contre le terrorisme et pour assurer, partout dans le monde, la protection de nos concitoyens et des valeurs que nous avons en partage”, a-t-il souligné.

Avant de défendre devant les sénateurs son projet de loi “pour une école de la confiance”, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer s’est associé à l’hommage rendu par le Sénat aux “deux héros de la Nation”. Le ministre a rappelé qu’il avait suggéré que des écoles prennent le nom de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, parce qu'”il est important que l’exemple de ces hommes soit donné aux élèves”.

Temps de parole pour les européennes : une trente-quatrième liste, un casse-tête pour le CSA

Pour lancer de la campagne officielle des européennes, le CSA a réparti le temps de parole entre les différentes listes, selon un nouveau mode de calcul. Une tâche compliquée par la validation d’une 34ème liste vendredi dernier.

Dans le cadre de la campagne officielle pour les élections européennes du 26 mai, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait dû répartir 309 minutes de temps de parole entre les 33 listes validées le 3 mai par le ministère de l’Intérieur. L’annonce tardive de la validation d’une 34ème liste par le ministère de l’Intérieur, le 10 mai, a obligé l’instance de contrôle à refaire ses comptes pour attribuer, cette fois, 312 minutes.

Le nouveau mode de calcul du temps de parole a été défini dans la loi du 25 juin 2018 modifiant les règles de la campagne audiovisuelle officielle. Si l’ancienne méthode était plutôt favorable à la majorité et à l’opposition parlementaire, les nouvelles règles se veulent plus équitables. Mais elles se révèlent aussi plus complexes, explique lundi Le Monde.

Tout d’abord, le CSA a réparti de manière équitable 102 minutes entre les 34 listes. Chaque liste a donc obtenu 3 minutes de temps de parole. Ensuite, 120 minutes ont été réparties en fonction du nombre de députés, de sénateurs et de députés européens (français) ayant donné leur soutien à une liste.

Critères précis et comptes d’apothicaire

Pour attribuer les 90 minutes restantes, l’instance s’est référée à de nouveaux critères. Elle a pris en compte les durées déjà réparties, les résultats des partis soutenant les listes aux dernières élections (européennes de 2014, présidentielle et législatives de 2017), les sondages d’opinion publiés entre le 24 avril et le 7 mai, et la notion, plus floue, de “contribution de chacune des listes de candidats et des partis et groupements politiques qui les soutiennent à l’animation du débat électoral”, comme l’indique la décision du CSA du 9 mai 2019.

Une première répartition entre 33 listes avait donc été publiée vendredi dernier dans le journal officiel, avant que l’on apprenne la validation d’une 34ème liste. Le CSA a dû refaire ses calculs, rapporte Le Monde, en reprenant ces nouveaux critères. La nouvelle répartition a été effectuée samedi, et après correction, la liste LREM/MoDem disposera de 55 minutes et 53 secondes, celle du RN de 48’11”, la liste LR bénéficiera de 38’20”, la liste PS/PP/ND de 19’43”, la liste LFI de 18’37”, et celle d’EELV de 14’14”. Un temps de parole minimum de 3 minutes et 33 secondes a été accordé à une vingtaine de listes.

Élections européennes : 33 listes validées, dont trois issues des gilets jaunes

Quelque 33 listes ont été déposées pour les élections européennes de mai prochain. Parmi celles des partis traditionnels, on en trouve trois qui sont issues du mouvement des “gilets jaunes”. 

Au total, 33 listes ont été déposées pour les élections européennes qui se dérouleront en France le 26 mai et publiées samedi au Journal Officiel.

Trois listes issues des “gilets jaunes”

Les partis traditionnels testés dans les sondages représentent, à eux seuls, une quinzaine de listes. Trois listes sont issues du mouvement social des “gilets jaunes” : “Evolution citoyenne”, “Alliance jaune” ou encore “Mouvement pour l’initiative citoyenne” qui entend organiser un référendum d’initiative citoyenne au niveau national et européen.

Plusieurs autres listes représentent notamment des intérêts catégoriels ou locaux, les Européennes ayant régulièrement permis à des formations et mouvements plus ou moins structurés de se faire entendre. À trois semaines du scrutin, les sondages pronostiquent un duel entre LREM et le Rassemblement national pour arriver en tête des élections.

Quels sont les partis représentés ?

Chaque liste compte 79 candidats, soit le nombre de sièges attribués à la France dans le nouveau Parlement européen. Il y aura donc au total 2.607 candidats le 26 mai en France. Voici les listes et leur numéro un :

– Lutte Ouvrière (LO)
Nathalie Arthaud

– Parti communiste (PCF)
Yan Brossat

– La France Insoumise (LFI)
Manon Aubry

– Générations (DVG)
Benoît Hamon

– Place publique/PS/Nouvelle donne (PS/PP/ND)
Raphael Glucksmann

– Europe Ecologie Les Verts (EELV)
Yannick Jadot

– La République en Marche/MoDem (LREM/MoDem)
Nathalie Loiseau

– Les Européens – UDI (UDI)
Jean-Christophe Lagarde

– Les Républicains (LR)
François-Xavier Bellamy

– Debout la France (DLF)
Nicolas Dupont-Aignan

– Rassemblement national (RN)
Jordan Bardella

– Les Patriotes (DVD)
Florian Philippot

– Union Populaire Républicaine (DVD)
François Asselineau

– Evolution citoyenne (DIV)
Christophe Chalençon

– “Alliance jaune” (DIV)
Francis Lalanne

– Mouvement pour l’initiative citoyenne (DIV)
Gilles Helgen

– Urgence Ecologie (ECOL)
Dominique Bourg

– Une France royale au coeur de l’Europe (DIV)
Robert De Prevoisin

– La ligne claire (DIV)
Renaud Camus

– Parti pirate (DIV)
Florie Marie

– Démocratie représentative (DIV)
Hamada Traoré

– Parti des citoyens européens (DIV)
Audric Alexandre

– Liste de la reconquête (DIV)
Vincent Vauclin

– Parti fédéraliste européen (DIV)
Yves Gernigon

– Allons enfants (DIV)
Sophie Caillaud

– Décroissance 2019 (DIV)
Thérèse Delfel

– A voix égales (DIV)
Nathalie Tomasini

– Neutre et actif (DIV)
Cathy Corbet

– Parti révolutionnaire communiste (DIV)
Antonio Sanchez

– Espéranto
Pierre Dieumegard (DIV)

– Parti animaliste (DIV)
Hélène Thouy

– Les oubliés de l’Europe (DIV)
Olivier Bidou

– Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité (UDLEF)
Christian Luc Person

Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : l’opposition appelle Castaner à s’expliquer ou à… démissionner

Accusant le ministre de l’Intérieur de mentir sur les faits du 1er mai dans l’hôpital parisien, l’opposition a demandé à Christophe Castaner des explications.

L’opposition s’en est pris jeudi au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, l’accusant de mentir et lui demandant de “s’expliquer”, après ses propos concernant une “attaque” de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge du cortège du 1er mai.

Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait twitté: “Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre: elles sont la fierté de la République”. Une vidéo diffusée jeudi sur Facebook contredit la version, défendue notamment par Christophe Castaner, d’une “attaque” par des manifestants du service réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Castaner, un “incompétent” et un “menteur” pour Mélenchon

“Le ministre de l’Intérieur doit cesser de mettre de l’huile sur le feu et doit maintenant s’expliquer sur ses déclarations démenties par les faits”, a écrit Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat sur Twitter. “Monsieur Castaner est un menteur, en plus d’être un incompétent”, a lancé un peu plus tôt à Marseille le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, accusant le ministre de l’Intérieur d’avoir “inventé” l’attaque de l’hôpital parisien. “On peut arrêter de monter en épingle l’histoire de “l’attaque” de l’hôpital et revenir aux revendications sociales des mobilisations massives du premier mai ? @CCastaner doit répondre de ce mensonge!”, a aussi twitté Manon Aubry.

Hamon appelle à la démission de Castaner, “s’il s’agit d’un mensonge délibéré”

“S’il s’agit d’un mensonge délibéré dans le seul et unique but de disqualifier et salir une mobilisation sociale, le ministre de l’Intérieur doit être démis de ses fonctions sans délai”, a aussi estimé Benoit Hamon (Génération.s), demandant que “le gouvernement produise les preuves de ce qu’il affirme”. Pour le porte-parole des députés communistes Sébastien Jumel, “Christophe Castaner se sert de la parole ministérielle comme d’un LBD (lanceur de balles de défense, ndlr). Mais par #PitieSalpetriere que le ministre garde son sang froid, tienne des propos mesurés sur des infos circonstanciées et arrête de dégoupiller des grenades verbales d’enfumage politique !”.

Le Premier ministre s’est montré plus prudent

Jeudi matin, Édouard Philippe a aussi dénoncé l’intrusion “totalement irresponsable” d’une trentaine de manifestants dans l’hôpital parisien, sans reprendre à son compte l’hypothèse d’une attaque. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a été interpellée jeudi au Sénat par le président du groupe PS Patrick Kanner “Faut-il suivre les conclusions de Christophe Castaner ou faut-il plutôt vous suivre, puisque vous avez été beaucoup plus prudente ?”, a-t-il demandé. “Il y a une enquête en cours (…) et je pense qu’il y a eu différents temps”, a répondu la ministre. “C’est-à-dire un temps à l’entrée de l’hôpital, au niveau des grilles, puis un temps sur une passerelle qui menait à une réanimation, et donc je pense que l’enquête clarifiera les responsabilités, la volonté d’agression ou pas, en fonction de ces différents moments”.

Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse d’Emmanuel Macron

Le chef de l’État a livré une série d’annonces, notamment sur la fiscalité, les retraites et la réforme des institutions, jeudi lors d’un rendez-vous inédit avec les médias.

“Une nouvelle méthode” pour “lever beaucoup de malentendus” : Emmanuel Macron s’est livré à un exercice inédit depuis le début de son quinquennat, jeudi. Pendant près de deux heures et demi, le chef de l’État a répondu aux questions des journalistes réunis à l’Élysée, en guise de clôture du “grand débat”. Sur la forme, le président a dit regretter d’avoir donné “le sentiment” d’être “dur” et “parfois injuste”. Sur le fond, il a livré une liste d’annonces touchant principalement à la fiscalité et aux retraites. En voici les principales.

Une baisse “significative” de l’impôt sur le revenu

Emmanuel Macron a clamé son intention de réduire “significativement” l’impôt sur le revenu, à hauteur de 5 milliards d’euros. “Il me semble que la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale n’est pas d’augmenter les impôts de tel ou tel, mais plutôt de baisser les impôts pour un maximum de nos concitoyens, en particulier pour celles et ceux qui travaillent”, a-t-il affirmé, en se référant spécifiquement aux classes moyennes.
Le chef de l’État a également défendu la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dès le début de son quinquennat, une mesure souvent critiquée lors du grand débat et lors des manifestations des “gilets jaunes”.

 

“Travailler davantage” par l’allongement de la durée de cotisation

Afin de financer la baisse d’impôt, Emmanuel Macron a confirmé vouloir supprimer “certaines niches fiscales pour les entreprises”, tout en affirmant “la nécessité de travailler davantage” et “des réductions de notre dépense publique”, a-t-il ajouté. Le président de la République a précisé qu’il n’envisageait pas de supprimer un jour férié supplémentaire pour financer cette baisse d’impôts. Il a aussi ajouté qu’il ne comptait pas revenir sur l’âge légal de départ à la retraite, privilégiant la piste menant à l’allongement de la durée de cotisation.

 

Une réindexation des retraites

Le président de la République a annoncé que les retraites “de moins de 2.000 euros” seront réindexées sur l’inflation en 2020, mesure attendue, mais aussi qu’aucune pension n’augmentera moins vite que les prix à partir de 2021. Emmanuel Macron a par ailleurs souhaité que “la retraite minimale” pour une carrière complète soit portée à 1.000 euros, un montant selon lui “significativement supérieur” au minimum vieillesse qu’il a promis de relever à 900 euros l’an prochain.

 

Pas de “RIC” mais un “RIP” assoupli

Emmanuel Macron a plaidé pour faciliter la mise en oeuvre d’un référendum à l’initiative du peuple, en proposant d’abaisser à 1 million le nombre de signatures nécessaires pour saisir le Parlement. Cette mesure figurerait dans la réforme constitutionnelle que le chef de l’État veut voir revenir au Parlement “à l’été”. Mais il a aussi écarté le “référendum d’initiative citoyenne” voulu par des “gilets jaunes”.

Dans le cadre de la réforme des institutions, Emmanuel Macron s’est dit aussi favorable à l’introduction d’une dose de 20% de proportionnelle à l’Assemblée. Il a également souhaité “accroître” cette dose au Sénat. Quant à la réduction du nombre de parlementaires, Emmanuel Macron s’est dit prêt à abaisser à 25% son engagement de 30%.

 

Un “nouvel acte de décentralisation” d’ici un an

Le président a annoncé “un nouvel acte de décentralisation” dans les territoires, qui devra aboutir “au premier trimestre 2020”. Cette nouvelle décentralisation doit être “adaptée à chaque territoire” et porter “sur la politique de la vie quotidienne” comme “le logement, le transport, la transition écologique pour garantir des décisions prises au plus près du terrain”, a-t-il ajouté.

 

Une réorganisation de l’administration

Confirmant son intention de “supprimer l’ENA”, Emmanuel Macron a annoncé qu’il souhaitait mettre fin aux systèmes des “grands corps” de la haute fonction publique, dont les membres sont actuellement selon lui “garantis d’une protection à vie”. Dans le même temps, Édouard Philippe présentera en mai “une profonde réforme de l’administration” destinée à déployer “plus de fonctionnaires sur le terrain”, tout en supprimant des postes “en administration centrale”.

Déplorant qu’il n’y ait “plus assez de monde sur le terrain” pour “apporter des solutions”, le chef de l’État a notamment annoncé la création dans “chaque canton”, d’ici à “la fin du quinquennat”, d’un “endroit où l’on puisse trouver une solution aux problèmes”, baptisé “France services”. Dans ce cadre, le président s’est dit prêt à “abandonner” l’objectif de 120.000 suppressions de postes de fonctionnaires qu’il avait fixé “si ce n’est pas tenable”, demandant au gouvernement de lui “donner son analyse d’ici l’été”.

 

Pas de fermeture d’hôpitaux ni d’écoles

Emmanuel Macron a souhaité “ne plus avoir d’ici à la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d’hôpitaux, ni d’écoles sans l’accord du maire”. “Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de réorganisations, elles sont parfois indispensables. Ça veut dire qu’il n’y aura plus de disparitions, comme on l’a trop vécu”, a-t-il souligné.

 

24 élèves par classe maximum

Emmanuel Macron a confirmé son souhait que les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 ne “dépassent jamais 24 élèves” par classe, défendant un “investissement dans nos enfants dans lequel (il) croit profondément”. Le chef de l’État veut aussi “étendre le dédoublement des classes (de CP et CE1), qui fonctionne, et a déjà de très bons résultats dans les quartiers défavorisés, (…) à la grande section de maternelle”.

 

Un geste pour les mères seules et les aidants

Emmanuel Macron a souhaité que les caisses d’allocations familiales (CAF) aient la “prérogative pour prélever les pensions alimentaires familiales” et ainsi aider les familles monoparentales. “Ces fameuses familles monoparentales sont souvent ces mères vivant seules”, a souligné le président de la République, estimant qu'”on ne peut pas faire reposer sur des mères l’incivisme de leurs anciens conjoints”.

Le chef de l’État a également évoqué le cas des aidants familiaux. “Nous devons les reconnaître, les nommer, mais aussi dans nos politiques publiques leur bâtir une place pendant la réforme des retraites et leur construire des droits”, a-t-il poursuivi.

 

Un “conseil de défense écologique”

Emmanuel Macron a souhaité la mise en place d’un “conseil de défense écologique” qui réunira les ministres dédiés pour faire les “choix stratégiques” imposés par “l’urgence climatique”.

La France veut contribuer à faire reconnaître le génocide arménien, affirme Édouard Philippe

Lors des commémorations du génocide mercredi à Paris, Édouard Philippe a affirmé que la France entendait contribuer à la reconnaissance du génocide arménien comme un crime contre l’humanité et “ne se laissera impressionner par aucun mensonge”.

La France entend contribuer à la reconnaissance du génocide arménien comme un crime contre l’humanité et “ne se laissera impressionner par aucun mensonge”, a affirmé Édouard Philippe lors des commémorations du génocide mercredi à Paris. Depuis 2001, “la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915”, a rappelé le Premier ministre qui présidait les cérémonies en présence d’élus et de diplomates.

Pour entretenir le souvenir et la connaissance historique, Emmanuel Macron s’était par ailleurs engagé en février dernier à ce que le 24 avril devienne la journée de commémoration annuelle du génocide. En instaurant cette journée, “la France entend contribuer à faire reconnaître le génocide arménien comme un crime contre l’humanité, contre la civilisation”, a déclaré Édouard Philippe. “Elle ne se laissera impressionner par aucun mensonge, par aucune pression. Ce que nous recherchons, c’est l’exactitude historique et la réconciliation”, a-t-il poursuivi.

Erdogan fustige ceux qui “donnent des leçons” à la Turquie à propos du “génocide arménien”

Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a fustigé ceux qui “donnent des leçons” à la Turquie à propos du “génocide arménien”, notamment la France qu’il a accusée d’être responsable du génocide au Rwanda. D’avril 1915 à juillet 1916, “un million et demi d’Arméniens” ont été tués au sein de l’empire ottoman, a rappelé pour sa part Edouard Philippe.

Évoquant les récents attentats meurtriers au Sri Lanka et en Nouvelle-Zélande, il a déploré que “des hommes, des femmes et des enfants ont été visés et tués pour ce en quoi ils croyaient, pour ce qu’ils étaient”. “Rien n’est plus opposé aux valeurs fondamentales de la France”, a-t-il affirmé, soulignant que Paris suit en particulier “avec beaucoup de vigilance, le sort des chrétiens d’Orient dont l’existence et la civilisation subissent des assauts répétés”.

Présence sur une liste d’extrême droite : quelle est cette affaire qui bouscule Nathalie Loiseau ?

A un mois des élections européennes, la tête de liste LREM Nathalie Loiseau a tenté mardi d’éteindre l’incendie provoqué par la révélation de sa présence sur une liste d’extrême droite à Sciences Po en 1984.

Elle plaide le manque d’attention, monte au créneau, s’excuse … Mardi, Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM aux élections européennes, a sorti les rames pour tenter de désamorcer la polémique provoquée par la révélation de sa présence sur une liste d’extrême droite à Sciences Po en 1984, dévoilée lundi par Mediapart. Cette année là, elle apparaissait pour des élections dans la grande école parisienne sur la liste “commission paritaire” de l’Union des étudiants de droite (UED), syndicat né sur les cendres du GUD, le Groupe union défense, syndicat étudiant d’extrême droite aujourd’hui dissous.

Cette révélation n’a pas manqué de déclencher un flot de critiques de certains membres de l’opposition contre l’ancienne ministre chargée des Affaires européennes, qui a axé sa campagne sur la lutte contre le populisme. Europe 1 fait le point sur cette affaire.

Qu’a révélé Médiapart ?

Dans son article mis en ligne lundi, on découvre que lors d’élections étudiantes de Sciences-Po, en 1984, Nathalie Loiseau, qui porte encore son nom de jeune fille, Nathalie Ducoulombier, s’était présentée sous l’étiquette UED, un syndicat d’extrême droite. Elle est alors en quatrième année de la filière Prép ENA, qui prépare au concours de l’Ecole nationale d’administration.

Son nom figure parmi ceux de sept autres candidats, dont Christophe Bay, un haut fonctionnaire qui a contribué officieusement au programme de Marine Le Pen en 2017, rappelle Médiapart.

A l’appui, le pure player dévoile un document, la “commission paritaire”de l’Union des étudiants de droite (UED), conservé dans les archives officielles de Sciences-Po Paris. Un listing considéré d’abord comme un faux par les équipes de la tête de liste LREM aux élections européennes, avant que ces derniers reconnaissent son authenticité.

Comment Nathalie Loiseau s’est-elle défendue ?

Contactée lundi par Mediapart, l’ancienne ministre a assuré avoir “complètement oublié cet épisode”. Elle a reconnu avoir “dit oui” lorsqu’on l’avait “approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences Po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes”. “Si ceux qui étaient sur la liste avaient un agenda extrémiste, je ne les ai pas fréquentés, je ne l’ai pas perçu, et si c’est le cas c’est une erreur. Si j’avais identifié des membres du GUD sur cette liste, évidemment que je n’aurais pas accepté d’y figurer”, s’est-elle défendue.

Mais mardi matin, l’ancienne ministre change de ton. Dans un post publié sur sa page Facebook personnelle et relayé par Aurore Bergé, la porte-parole de LREM sur Twitter, elle se défend avec vigueur : “Mediapart est passé à l’attaque (…) Énorme scoop, je viens de la droite. Oui mais voilà, la liste comptait aussi des étudiants qui ont viré à l’extrême droite. C’est possible, je crois la journaliste qui me l’a affirmé, elle suit l’extrême droite depuis des années. Pas moi”, écrit-elle sur Facebook avant de charger Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart. “Venir de la droite, avoir rejoint Emmanuel Macron et combattre l’extrême droite, avoir une chance de la battre le 26 mai, c’est insupportable à Edwy Plenel. Avoir été gaulliste à 20 ans plutôt que maoïste, soutien du terrorisme palestinien et des khmers rouges, c’est insupportable à Edwy Plenel”, poursuit-elle en allusion au passé d’extrême gauche du journaliste, avant d’ajouter : “Joli climat d’inquisition”.

Publiquement, Nathalie Loiseau se veut moins virulente. Elle essaye de rassurer, concède une erreur et cherche à éteindre l’incendie. “Alors oui, il y a 35 ans j’ai accepté par amitié de figurer sur une liste où il y avait des gens de droite, des gaullistes, mais où il y avait aussi des gens d’extrême droite et ça je ne le savais pas. J’aurais dû le vérifier. Je le regrette. C’est une erreur d’il y a 35 ans”, explique-t-elle dans une vidéo diffusée mardi après-midi sur sa page Facebook officielle. “Mais j’ai 35 ans de vie, d’engagement personnel, politique pour porter des valeurs de liberté, de démocratie, de respect, de tolérance. C’est ça toute ma vie, c’est ça qui fait qu’aujourd’hui je suis à la tête d’une liste qui a la chance de battre l’extrême droite, le 26 mai, aux européennes”. Et d’ajouter :” Je ne veux pas laisser salir ni ce que je suis, ni ce qu’est la liste Renaissance”.

 

Comment a réagi l’opposition ?

L’opposition n’a pas manqué de saisir la balle au bond pour mieux la renvoyer en pleine figure de la tête de liste LREM. “Je laisse chaque Français juge de se demander si après de telles révélations, on peut encore faire confiance à une personne comme Nathalie Loiseau, et si après un tel double discours il peut y avoir encore le moindre crédit qui s’attache à ses paroles”, a réagi le président des Républicains, Laurent Wauquiez. “Je ne lui en ferai pas le reproche, je crois que chacun peut avoir son itinéraire”, a estimé pour sa part François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains aux européennes, lui-même cible ces derniers mois de critiques pour son profil conservateur et ses engagements passés. “Mais ça oblige à un peu d’humilité et à un peu de simplicité”, a-t-il ajouté, en critiquant “cet espèce de discours moralisateur” de Nathalie Loiseau consistant à opposer progressistes et populistes dans le cadre de la campagne.

“On a le droit de changer d’avis, mais pour une formation politique qui fait toute sa comm’ autour de l’idée qu’elle constitue LE rempart face à l’extrême-droite, ça fait drôle…”, a abondé la tête de liste PCF Ian Brossat. Certains, comme Lydia Guirous, une des porte-paroles de LR, ont aussi jugé peu crédible le fait que Nathalie Loiseau, étudiante de Sciences Po en “Prep ENA”, ne se soit pas intéressée davantage à la couleur politique de la liste sur laquelle elle était inscrite. “Nathalie, paye ta cotis’ !”, a ironisé de son côté Jordan Bardella, tête de liste Rassemblement national, invité du groupe Nice Matin. “Cela démontre surtout l’imposture autour de ces gens”.

De son côté, La République en marche a tenté de sauver son capitaine à coup de tweets. Le délégué général du parti, Stanislas Guerini, a rappelé sur Twitter qu'”il n’y a jamais eu la moindre ambiguïté sur son engagement” dans “la lutte contre l’extrême droite”. Le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre s’est étonné : “Rien de mieux pour nuire à Nathalie Loiseau qu’une erreur d’aiguillage qui remonte à 35 ans ? Rassurant, non ?”, a-t-il lancé. Reste que la majorité présidentielle se serait bien passée d’une telle séquence. Un ministre s’en agace d’ailleurs auprès d’Europe 1 : “Certes elle avait 20 ans, mais ça la fout mal !”

À Beaucaire, Marine Le Pen dénonce une immigration “subventionnée” par l’Europe

En meeting samedi dans le Gard, la présidente du Rassemblement nationale (ex-FN) a ressorti les thèmes classiques du parti, alors que se profilent les élections européennes. 

Il y a “plus de 400.000 nouveaux étrangers en France par an”, a affirmé Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, samedi en meeting à Beaucaire dans le Gard, en dénonçant une immigration “organisée et même subventionnée” par la France et l’Europe.

“En silence, sans vote ni même en informer les Français, l’administration a atteint le chiffre insensé de 420.000 étrangers nouveaux en France par an. 260.000 titres de séjour, un record. 100.000 demandeurs d’asile, un record. Et 50.000 mineurs isolés (…), soit plus de 400.000 d’après les chiffres officiels”, a lancé Marine le Pen, en axant la totalité de son intervention ou presque sur le thème de l’immigration, un sujet qui se serait “volatilisé” durant cette campagne.

“Courir après l’accroissement démographique importé est suicidaire”

Selon la présidente du RN, “cette immigration n’est plus seulement tolérée, elle est organisée et même subventionnée”, et “cette politique n’est pas seulement française, elle est européenne”. “Le pacte de Marrakech, ce pacte avec le diable (…) nos dirigeants sont en réalité en train de l’appliquer”, a-t-elle insisté, estimant que “ce fléau mondial revient à organiser comme au temps de la traite des esclaves un véritable trafic d’être humains, (…) pour tirer les salaires à la baisse dans un monde asservi à la loi de l’argent, et réduire l’homme à sa fonction de producteur et de consommateur”. “Courir après l’accroissement démographique importé, c’est une vision d’un autre siècle, c’est une vision suicidaire”, a-t-elle conclu, affirmant que c’est “un choix de civilisation” qui se jouera le 26 mai lors du vote pour les élections européennes.