Aerion Supersonic

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

Aerion Supersonic a cessé ses opérations le 21 mai 2021, après n’avoir pas réussi à boucler le financement nécessaire au passage en production de son jet d’affaires supersonique AS2 (source : CNBC, 21/05/2021). Il ne reste ni avion produit ni usine : le projet Aerion Park de Melbourne, en Floride, annoncé en 2020, n’a pas été réalisé. Aucun AS2 n’a effectué de vol commercial et aucun appareil n’a été livré. Les actifs résiduels se limitent pour l’essentiel à la propriété intellectuelle du concept AS2 et au moteur GE Affinity, développé par GE Aviation et non exclusif à Aerion. La société est fermée et aucune reprise d’activité n’est documentée à la date de vérification.

Identité

Aerion Supersonic est le nom d’usage d’Aerion Corporation, société privée américaine constituée dans le Nevada, sans registre français. Elle a été fondée en 2003 à Reno, dans le Nevada, par le milliardaire texan Robert Bass et l’aérodynamicien Richard Tracy. Son siège est resté à Reno jusqu’en 2020 ; un déménagement vers Melbourne, en Floride, a été annoncé la même année mais n’a jamais été mené à son terme. Le 5 février 2019, Boeing a officialisé un partenariat et un investissement minoritaire dans Aerion (source : communiqué Boeing, 05/02/2019). Parmi les partenaires annoncés figurent GE Aviation pour le moteur Affinity et NetJets, filiale de Berkshire Hathaway, comme client de lancement. Aucune présence en France n’est identifiée.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Aerion a illustré la course industrielle au retour du vol supersonique civil après Concorde, sur le segment des jets d’affaires. Le projet AS2 visait 8 à 10 passagers et une vitesse de croisière de Mach 1,4, avec un prix unitaire annoncé de 120 millions de dollars et un carnet de commandes annoncé de 11,2 milliards de dollars (source : CNBC, 21/05/2021). Le partenariat Boeing du 5 février 2019 a apporté un appui industriel, mais n’a pas suffi à financer la production. La fermeture d’Aerion montre le seuil de capital requis pour passer d’un concept d’avion à une chaîne d’assemblage : l’usine de Melbourne était évaluée à 375 millions de dollars. L’épisode précise que la validation technique ne suffit pas sans financement d’industrialisation.

Chronologie

  • 2003 : fondation d’Aerion Corporation à Reno, Nevada, par Robert Bass et Richard Tracy.
  • 2014 : présentation du design AS2, jet d’affaires supersonique de 8 à 10 places.
  • 05/02/2019 : Boeing annonce un partenariat et un investissement dans Aerion (source : communiqué Boeing).
  • 2020 : annonce d’un déménagement du siège vers Melbourne, Floride, et du projet d’usine Aerion Park ; non réalisé.
  • 21/05/2021 : cessation d’activité, la levée de fonds pour la production ayant échoué (source : CNBC/Bloomberg).

Controverses

La principale zone de controverse est l’écart entre le récit commercial et l’état industriel vérifiable. Aerion annonçait un carnet de commandes de 11,2 milliards de dollars et une production prévue de 300 AS2, mais aucune livraison, aucune certification et aucun vol d’essai documenté ne sont venus étayer ces chiffres avant la fermeture. La technologie dite « boomless cruise », censée permettre un vol supersonique sans bang audible au sol, n’a pas été validée en conditions opérationnelles. L’investissement de Boeing, officialisé le 5 février 2019, n’a pas engagé Boeing au-delà d’une participation minoritaire et n’a pas sécurisé l’usine de Melbourne, dont le coût était évalué à 375 millions de dollars. L’annonce de l’Aerion Park prévoyait 675 emplois, mais aucun emploi industriel durable n’a été créé sur ce site.

Contrepoint

Aerion n’était pas le seul projet de jet d’affaires supersonique : d’autres programmes, comme celui de Boom Supersonic, poursuivent un objectif comparable après la fermeture. Le moteur GE Affinity a été développé par GE Aviation et demeure un actif technologique distinct, susceptible d’être réutilisé en dehors d’Aerion. L’échec d’Aerion ne clôt pas la question du supersonique civil, mais il montre que la promesse technique ne suffit pas : il faut un financement d’industrialisation et un carnet de commandes consolidé. NetJets, filiale de Berkshire Hathaway, figurait parmi les clients annoncés, mais aucune commande ferme n’a abouti à une livraison.

Sources

1. CNBC, « Aerion Supersonic shuts down after failing to raise funds », 21 mai 2021. URL : https://www.cnbc.com/2021/05/21/aerion-supersonic-shuts-down-after-failing-to-raise-funds.html — consulté le 2026-08-20.

2. Boeing, communiqué de presse, « Boeing Partners with Aerion to Advance Supersonic Travel », 5 février 2019. URL : https://boeing.mediaroom.com/2019-02-05-Boeing-Partners-with-Aerion-to-Advance-Supersonic-Travel — consulté le 2026-08-20.

3. Aviation Week, « Aerion Supersonic Shuts Down », 25 mai 2021. URL : https://aviationweek.com/business-aviation/aerion-supersonic-shuts-down — consulté le 2026-08-20.

Média associé

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