Inflation au Venezuela : Maduro augmente le salaire minimum de 150%

Avec cette nouvelle augmentation, le salaire minimum passe ainsi de 1.800 à 4.500 bolivars, de quoi acheter trois kilogrammes de viande, selon le FMI.

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a augmenté jeudi le salaire minimum de 150%, sixième réajustement de l’année dans le cadre d’un plan de réforme économique qui n’a pas réussi à endiguer l’inflation endémique. Cette annonce survient trois mois après une augmentation des salaire de 3.400%, associée à une dévaluation qui a retiré cinq zéros à la monnaie vénézuélienne.

Le prix de trois kilos de viande

Avec cette nouvelle augmentation, le salaire minimum passe ainsi de 1.800 à 4.500 bolivars, soit environ 50 dollars au taux officiel. En raison de l’inflation, qui a atteint 1.350.000% cette année, selon le FMI, cette somme permet à peine d’acheter trois kilogrammes de viande.

Bientôt une augmentation du prix de l’essence ?

Maduro a défini le réajustement comme le premier “facteur de correction” du plan économique en vigueur depuis le 20 août, qui comprenait notamment une dévaluation du bolivar de plus de 96% et des augmentations d’impôts. Une augmentation du prix de l’essence, pour l’instant peu élevé, fait également partie des mesures envisagées mais n’a pour l’instant pas été réalisée.

Une inflation qui reste “inquiétante”

Le président du Venezuela  a estimé que ses réformes ont permis un “ralentissement significatif de l’inflation”, tout en admettant que celle-ci “reste préoccupante”, sans fournir de chiffres sur l’indice des prix, qui n’ont pas été publiés depuis 2016. L’inflation est “bien en dessous des prévisions du Fonds monétaire international,” a déclaré Nicolas Maduro, sous-estimant les projections du FMI, qui table sur une hyperinflation de 10.000.000 % pour 2019.

Eure : la permanence de la députée LREM Claire O’Petit vandalisée à coups de masse

Dans l’Eure, la permanence de la parlementaire macroniste a été vandalisée jeudi en fin d’après-midi. “Sept impacts de masse ont été relevés sur les vitres de la permanence”, ont indiqué les autorités.

La permanence de Claire O’Petit, député LREM de l’Eure, a été vandalisée à coups de masse à Vernon, dans l’Eure, par un individu qui a réussi à prendre la fuite, a appris l’AFP jeudi de sources concordantes.

La permanence était vide

“Les faits ont eu lieu aux alentours de 18 heures. Sept impacts de masse ont été relevés sur les vitres de la permanence qui était vide”, a indiqué à l’AFP le commandant Joël Bachelet, chef du commissariat de Vernon. “L’individu, ganté, cagoulé et vêtu de noir a pris la fuite”, a poursuivi le policier, précisant “qu’une enquête, conduite par le parquet d’Evreux, a été ouverte pour dégradation volontaire”. “Ce sont des actes inadmissibles et je porterai plainte dès demain”, a réagi de son côté Claire O’Petit.

Des menaces depuis plusieurs jours

“Cela fait plusieurs jours que je suis avertie par les services de police de menaces qui pèsent sur mes deux permanences dans le département”, a-t-elle ajouté, indiquant que la surveillance “avait été renforcée” autour de ses permanences et de son domicile ces derniers jours. La députée relie ces faits à sa participation à une émission organisée mercredi soir sur LCI et consacrée au mouvement des “gilets jaunes”. “Mon discours n’a pas plu à certains et ils ont voulu se venger”, a-t-elle déclaré.

Le 19 octobre, par communiqué de presse, la parlementaire avait expliqué avoir porté plainte après avoir reçu “des menaces de mort”, la visant elle, mais aussi “des élus des partis LREM, UDI et LR”. “Il n’est malheureusement pas étonnant qu’au vu des comportements odieux et antidémocratiques de certains de nos élus, les paroles et les actions de haine s’aggravent et se libèrent”, avait-elle également estimé.

Evacuations tous azimuts, des centaines de familles SDF

Marseille ne voit pas le bout du tunnel : trois semaines après l’effondrement de deux immeubles du centre-ville, la mairie évacue tous azimuts des logements vétustes et peine à prendre en charge le millier d’habitants devenus sans domicile fixe du jour au lendemain.

Depuis le drame de la rue d’Aubagne, qui a fait huit morts le 5 novembre, la municipalité, clouée au pilori par les habitants, fait évacuer des centaines de logements potentiellement dangereux : au total la ville comptait mardi soir 188 immeubles fantômes. Et 95 appartements devraient encore être évacués prochainement dans l’une des plus grandes copropriétés dégradées de la ville, dans les quartiers Nord.

188 immeubles fantômes

Pour la plupart à l’hôtel, 1 436 «délogés» sont déjà pris en charge, et la mairie relaie les appels aux dons pour des produits aussi essentiels que du savon, du shampoing ou des couches.

«Quand est-ce que je vais rentrer chez moi ? Personne n’est capable de me répondre», se lamente Louise Bègue, qui partage avec son bébé de 10 mois et sa fille de quatre ans une chambre d’hôtel face au Vélodrome : «J’espère ne pas y passer Noël…».

Mardi soir, l’adjoint au maire délégué à la prévention et la gestion des risque Julien Ruas s’est voulu rassurant: «Il y a beaucoup de personnes qui vont rentrer chez elle dans quelques semaines dès lors que les propriétaires auront réalisé les travaux», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

En attendant, pour Louise Bègue, de la lessive au coucher, tout vire au casse-tête. La mairie a servi 3.500 repas dans un restaurant solidaire sur la Canebière, mais il faudrait prendre le métro. Et à Marseille, la poussette n’y entre pas… Alors cette mère célibataire de 25 ans n’a pu offrir à ses enfants en une semaine que «snack, pizza, Quick et McDo».

10 m² pour 6

Au petit-déjeuner de l’hôtel, certains glissent un fromage emballé ou un bout de pain dans leur poche, pour tenir la journée. Les nerfs sont à vif. «On n’est pas des SDF !», s’emporte Kamel Belkacem : l’hôtel est propre et confortable mais avec son épouse et leurs quatre enfants, ils ont dû changer «deux fois de chambre en trois jours».

Dans dix mètres carrés pour six, les valises gisent ouvertes sur la moquette grise, les trois lits sont jonchés de vêtements. Les enfants ne vont plus à l’école : trop loin, trop compliqué. «Un matin, on m’a dit “vous partez de chez vous ou la police va venir”. J’ai sorti la petite pieds nus, j’avais pas de tétine, rien. J’ai dû aller gratter des habits à la Croix-rouge», se souvient la maman, Aïcha Belkacem.

La famille Belkacem, comme beaucoup, ne comprend pas pourquoi elle a dû quitter un appartement où elle ne se sentait pas en danger. Le plus souvent, un voisin appelle les pompiers, et quelques heures plus tard, tout l’immeuble est dehors.

Les habitants ne comprennent pas pourquoi ils ont dû partir

Comme des centaines d’autres, Alice Vezies, évacuée du quartier de Belsunce, près de Vieux-Port, attend un arrêté de péril, au lieu de la simple «attestation d’évacuation» que son assurance ne reconnaît pas. Si la municipalité le délivre, il lui permettra de faire valoir ses droits. Sinon ? Elle ne sait pas…

«La mairie m’a appelé au bout d’une semaine… pour me dire qu’ils avaient réussi à m’obtenir une brosse à dents», raille la jeune femme, active dans le collectif “Noailles en colère”, du nom du quartier du drame du 5 novembre.

Également membre, Maël Camberlein représente les propriétaires-occupants : des évacués, souvent modestes, qui se plaignent de devoir se débrouiller quand la prise en charge est automatique pour les locataires.

Des relogements au compte-goutte

Leur collectif dénonce une «psychose organisée par les pouvoirs publics et (le) non-respect des droits des personnes délogées» et a réclamé la réquisition administrative des logements vides à Marseille. De son côté, la mairie assure avoir identifié 296 logements disponibles dans la ville. Mais les relogements se font au compte-gouttes : 20 baux ont été signés en trois semaines.

Smic : “Revalorisation légale” au 1er janvier mais “pas de coup de pouce”, maintient Édouard Philippe

L’État n’a plus accordé de coup de pouce au Smic depuis juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande. Il sera revalorisé à hauteur de 1,24% au 1er janvier 2019.

Le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé mercredi sur BFMTV et RMC qu’il n’y “aurait pas de coup de pouce supplémentaire” pour le salaire minimum le 1er janvier, mais seulement une “revalorisation légale”. “Notre politique, ce n’est pas de faire des coups de pouce au Smic, notre politique c’est de faire en sorte que le travail paye (…) Il y aura une revalorisation, la revalorisation légale (…) Il n’y aura pas de coup de pouce supplémentaire”, a déclaré Édouard Philippe, rappelant que les salaires nets ont augmenté en octobre avec la baisse des cotisations salariales.

Revalorisation automatique

L’État n’a plus accordé de coup de pouce au Smic depuis juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande. Le Smic a été revalorisé à hauteur de 1,2% au 1er janvier 2018 (passant de 9,76 euros à 9,88 euros brut/heure, soit 1.498,50 euros brut mensuels pour un temps plein), selon le mécanisme de revalorisation automatique. Selon une étude du service statistiques du ministère du Travail publiée la semaine dernière, cette revalorisation a bénéficié à près de deux millions de salariés du secteur privé, ce qui représente 11,5% des salariés au total.

La croissance mondiale pourrait avoir ralenti plus que prévu, estime Christine Lagarde

Selon la directrice du FMI, Christine Lagarde, la guerre commerciale qui fait rage entre les États-Unis et la Chine pourrait coûter 0,75% à la croissance mondiale à court terme.

La croissance mondiale pourrait avoir faibli plus que prévu en raison notamment des tensions commerciales, a prévenu mercredi la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde. “Les données économiques récentes suggèrent que les vents contraires pourraient avoir ralenti, plus que nous ne l’avions prévu, le rythme” de l’expansion de l’économie mondiale, estime-t-elle dans un blog, soulignant que “de manière surprenante, la croissance a été faible au troisième trimestre dans les économies émergentes telles que la Chine ainsi qu’en zone euro”.

En octobre, l’institution de Washington a abaissé sa prévision de croissance pour 2018 et 2019, à 3,7% contre 3,9% précédemment, soulignant que les risques avaient commencé à se matérialiser.

L’absence d’un accord sur le Brexit “pourrait éroder davantage la confiance”

Mercredi, Christine Lagarde souligne par ailleurs que l’absence d’un accord sur le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, “pourrait éroder davantage la confiance”. Dans une note publiée parallèlement à ce blog, en amont du sommet du G20 en Argentine en fin de semaine, le FMI estime qu’à court terme, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75% en raison de l’accroissement des tensions commerciales.

La guerre commerciale pointée du doigt

En octobre, à l’occasion de sa réunion annuelle, le Fonds avait estimé qu’au total, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,8% d’ici 2020 contre 0,5% estimé en juillet, en raison des conflits commerciaux. Mercredi, il a une nouvelle fois pointé du doigt la guerre commerciale qui fait rage entre les Etats-Unis et la Chine, qui s’est matérialisée par des taxes douanières réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

Il ajoute que si l’administration américaine de Donald Trump venait à mettre à exécution sa menace d’imposer des taxes douanières américaines sur 267 milliards d’importations chinoises additionnelles, cela pourrait affecter d’autant la confiance et les marchés financiers. Le conseiller de la Maison-Blanche Larry Kudlow a affirmé mardi qu’un accord commercial avec la Chine pourrait être conclu en marge du G20.

Ligue des champions : battu par l’Atlético de Madrid, Monaco n’ira pas en Ligue Europa

Les Monégasques se sont logiquement inclinés face à l’Atlético de Madrid (2-0), mercredi soir en Ligue des champions. L’ASM est condamné à terminer dernier du groupe A.

Pas de miracle pour Monaco. Battus par l’Atlético de Madrid (2-0), mercredi soir en Ligue des champions, les joueurs de Thierry Henry ne seront même pas repêchés en Ligue Europa, la “petite” Coupe d’Europe. Les partenaires d’Antoine Griezmann, eux, se qualifient pour les huitièmes de finale.

Griezmann buteur, Falcao manque un penalty

Le club du Rocher a craqué au bout dès la deuxième minute, sur une frappe de Koke déviée par Loïc Badiashile. Puis c’est Antoine Griezmann, d’un tir du gauche victorieux, qui a permis aux siens de faire rapidement le break (24e). Monaco a bien tenté de revenir après l’expulsion de Stefan Savic, mais Radamel Falcao, sorti du banc en seconde période, a raté son penalty dans la foulée (83e).

L’ASM peut désormais se concentrer sur la Ligue 1

Cette victoire garantit aux “Colchoneros” (12 pts) une place dans le top 16 européen en février prochain et c’est un soulagement pour le club madrilène, qui avait été sorti en phase de poules l’an dernier. L'”Atléti” connaîtra désormais son adversaire lors du tirage au sort organisé le 17 décembre. Pour Monaco, déjà éliminé en Ligue des champions avant ce match, la priorité n’est plus l’Europe : le club entraîné par Thierry Henry est 19ème de Ligue 1 et lutte pour son maintien.

L’UE assure respecter ses engagements sur le climat, polémique avec l’ONU

Contrairement à ce que soutiennent les Nations unies, l’Union européenne respecte les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris à Paris en 2015, a affirmé mercredi la Commission européenne.

L’Union européenne respecte les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris à Paris en 2015, contrairement à ce que soutiennent les Nations unies, et doit s’efforcer de parvenir à la neutralité climatique en 2050, a affirmé mercredi la Commission européenne

“Nous honorons les objectifs pris pour 2020”

“Nous honorons les objectifs pris pour 2020 et nous avons adopté les instruments pour réduire nos émissions de 60% pour 2050. Nous sommes la seule partie à l’accord de Paris à mettre en oeuvre ses engagements”, a déclaré le commissaire à l’Energie Miguel Arias Canete, visiblement irrité par les conclusions du rapport annuel du Programme environnement de l’ONU publié mardi. “Je suis fier d’être européen et je vais à Katovice (en Pologne, pour la 24e Conférence internationale pour le climat) pour montrer ce que nous avons fait”, a-t-il ajouté.

L’UE s’est engagée pour 2030 à poursuivre la réduction de ses émissions jusqu’à 40%

L’Union européenne s’est engagée pour 2020 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leur niveau de 1990, à porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie et à améliorer de 20% l’efficacité énergétique. Elle s’est ensuite engagée pour 2030 à poursuivre la réduction de ses émissions jusqu’à 40%, à porter la part des énergies renouvelables à au moins 27% et à améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 27%. Et elle s’est fixée pour objectif de parvenir à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 60% en 2050.

“Quoi qu’elles en disent, les Nations unies devraient être heureuses si elles avaient partout les législations et les instruments financiers adoptés par l’Union européenne”, a lancé Miguel Arias Canete. “Nous devons et nous pouvons faire plus”, a affirmé le commissaire Canete en présentant mercredi au nom de la Commission européenne une stratégie en huit points pour aider l’Union européenne à parvenir à la neutralité climatique en 2050 afin de lutter contre le réchauffement climatique. “Nous allons présenter cette stratégie à Katovice et nous attendons des Etats membres et du Parlement européen qu’ils débattent de ces propositions et fixent le niveau de leur ambition”, a-t-il conclu.

Une ombre sur la communication de la Commission

Mais le rapport critique rendu public par le PNUE a jeté une ombre sur la communication de la Commission. Selon les auteurs du rapport, nombre de membres du G20, notamment l’UE, les Etats-Unis, le Canada et l’Australie, ne devraient pas remplir leurs engagements pris au moment de la conférence internationale de Paris en 2015. Le rapport du PNUE sera au centre des discussions pendant la réunion internationale du 4 au 12 décembre à Katovice. La Commission européenne entend avoir une explication de texte avec les représentants des Nations unies, a dit un collaborateur du commissaire Canete.

Le départ d’un proche de Mélenchon provoque une crise à LFI

Des dissensions s’accumulaient en interne depuis six mois, mais le départ de Djordje Kuzmanovic, un proche de Jean-Luc Mélenchon, fait éclater les tensions au sein de LFI.

Le départ d’un proche de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, assorti d’un grand déballage sur le “manque profond de démocratie” dans une France insoumise”aux mains d’un petit groupe de nouveaux apparatchiks”, fait éclater au grand jour les tensions qui agitent le mouvement.

Une seconde crise violente

Les dissensions s’accumulaient en interne depuis six mois, et une première vague de départs avait eu lieu à l’été. Mais une seconde crise, plus violente, a éclaté mercredi avec la tribune abrasive dans Marianne par laquelle Djordje Kuzmanovic, qui a co-rédigé le programme de LFI en matière internationale, annonce et justifie pourquoi il quitte le camp mélenchoniste.

“Ras-le-bol des médias”

“Ras-le-bol des médias qui nous grillent la moitié de notre temps de parole à nous faire commenter les déclarations personnelles de tel ou tel des 500.000 insoumis”, s’est borné à commenter Jean-Luc Mélenchon sur Twitter. Djordje Kuzmanovic connaît pourtant Jean-Luc Mélenchon depuis 2005. Il est le tenant d’une ligne associant “souverainisme”, défens”e stricte de la laïcité et héritage social de Jean Jaurès. Sa volonté d'”assécher les flux migratoires” avait provoqué la controverse à gauche en septembre. La goutte d’eau, pour lui, a été son éviction signifiée en début de semaine de la liste LFI pour les élections européennes de mai, a-t-il expliqué.

Un “manque profond de démocratie”

Plusieurs avant lui, tels l’économiste Liêm Hoang-Ngoc et le Collectif des insoumis démocrates (CID), avaient pointé la mainmise d’un cercle autour de Jean-Luc Mélenchon. Mais c’est en réalité “la vaste majorité des militants et des responsables régionaux”, selon Djordje Kuzmanovic, qui regrette le “manque profond de démocratie” au sein de LFI. “La forme horizontale et gazeuse du mouvement, censée reposer sur les initiatives du terrain, recouvre, comme souvent, l’extrême concentration du pouvoir aux mains d’un petit groupe de nouveaux apparatchiks”, écrit Djordje Kuzmanovic.

“La critique interne (…) est vécue comme une attaque”

La critique interne, même bienveillante, est vécue comme une attaque, le pas de côté comme une trahison”, a raconté dimanche sur Facebook Corinne Morel Darleux, conseillère régionale d’Auvergne Rhône-Alpes, en actant son départ de la direction du Parti de gauche, composante fondatrice de LFI. Elle dénonçait, elle, “les signifiants vides du populisme”, montrant que la critique sur l’organisation provient de diverses tendances idéologiques. LFI justifie sur son site: “Le comité électoral a décidé de retirer Djordje Kuzmanovic de la liste, après qu’il a publiquement réitéré des propos considérant comme secondaires les luttes féministes et LGBT”, et après “des remarques sexistes”.

“C’est la question de la mort de LFI qui est en question”

Alors que LFI vient d’être sèchement battue, dimanche dans une partielle de l’Essonne, et que la cote de popularité de Jean-Luc Mélenchon s’est affaissée dans divers sondages, un cadre du mouvement confie le climat délétère qui règne en son sein : “Il y a quelque chose dans l’air, entre les affaires, le pilotage sectaire et l’effondrement personnel de Mélenchon suite aux perquisitions. C’est la question de la mort de LFI qui est en question”.

Google accusé de manipulation pour “espionner” des utilisateurs

Une plainte visant Google a été déposée mardi par sept organisations européennes de consommateurs. Elles reprochent à Google de manipuler ses utilisateurs pour “espionner” leurs mouvements en violation des nouvelles règles sur la protection des données.

Sept organisations européennes de consommateurs ont saisi mardi des régulateurs nationaux en reprochant à Google de manipuler ses utilisateurs pour “espionner” leurs mouvements en violation des nouvelles règles sur la protection des données (GDPR), a annoncé le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).

Un design et des informations trompeurs

La plainte déposée en Norvège, aux Pays-Bas, en Pologne, en Grèce, en République tchèque, en Slovénie et en Suède s’appuie sur une étude de l’organisation norvégienne de consommateurs qui conclut que le géant américain “utilise un design et des informations trompeurs qui amènent les utilisateurs à accepter d’être constamment suivis”.

Les utilisateurs suivis grâce aux paramètres “Historiques des positions”

“Google traite des données personnelles extrêmement détaillées et exhaustives sans fondement juridique approprié, et les données sont acquises par le biais de techniques de manipulation”, a fait valoir Gro Mette Moen, une responsable de l’organisation norvégienne. Il lui est reproché de suivre ses utilisateurs à la trace via les paramètres “Historique des positions” et “Activité Web et applications” intégrés dans tous les comptes Google.

Des portraits très détaillés des individus

“Les données de localisation peuvent révéler beaucoup de choses sur une personne : ses mouvements en temps réel, les endroits qu’elle fréquente régulièrement, ses routines quotidiennes, ses intérêts, etc”, note l’organisation norvégienne dans sa plainte. “Le suivi constant de la localisation et l’agrégation des données de localisation dans la durée peuvent être utilisés pour dresser des portraits très détaillés des individus et en déduire leurs croyances religieuses, leurs inclinations politiques et leur orientation sexuelle entre autres choses”, souligne-t-elle.

Une enquête et une amende “dissuasive” demandées

L’organisation réclame l’ouverture d’une enquête, une injonction pour que Google cesse ses pratiques “illégales” et une amende “dissuasive” à l’encontre du groupe. Selon l’étude norvégienne, ce suivi permanent est particulièrement difficile à éviter avec le système d’exploitation Android qui, d’après le site Statcounter, équipe près de 70% des mobiles (Samsung, Huawei) en Europe.

“La soif de données de Google est bien connue, mais l’ampleur avec laquelle il induit les utilisateurs en erreur pour les suivre et gagner de l’argent est effrayante”, a estimé la directrice du BEUC, Monique Goyens. “La situation est plus qu’alarmante. Les smartphones sont utilisés pour espionner tous les mouvements”.”Cette filature secrète doit cesser”, a aussi sommé l’association néerlandaise de consommateurs Consumentenbond.

Google dit travailler à des améliorations

Google a réagi en disant “travailler constamment pour améliorer (ses) contrôles”. “L’historique des positions est désactivé par défaut et vous pouvez le modifier, l’effacer ou le mettre en pause à tout moment. S’il est activé, il aide à améliorer les services tels que les prévisions de circulation sur votre itinéraire”, a répondu le groupe californien. “Si vous le mettez en pause, nous indiquons clairement – en fonction de votre téléphone individuel et de vos paramètres – que nous pourrions toujours collecter et utiliser les données de localisation pour améliorer votre expérience Google”, a-t-il ajouté.

Violences faites aux femmes : lancement d’une plateforme de signalement en ligne

Mardi, le gouvernement a lancé un site Internet qui doit permettre d'”accompagner” les victimes de violences vers le dépôt d’une plainte.

C’est désormais possible. Les femmes peuvent signaler en ligne à des policiers et gendarmes spécialisés, les violences sexuelles et sexistes dont elles sont victimes, via un site internet lancé mardi par le gouvernement. Ce “portail de signalement” en ligne, accessible par ordinateur, tablette ou smartphone, doit permettre d'”accompagner” les victimes vers le dépôt d’une plainte, mais également aux témoins de signaler des faits dont ils auraient connaissance, ont expliqué les quatre membres du gouvernement qui s’étaient déplacés au commissariat de Guyancourt (Yvelines) pour son lancement officiel.

36 policiers et gendarmes formés

L’objectif est également de permettre à la victime – qui pourra rester anonyme si elle le souhaite – d’être orientée vers des associations pouvant lui venir en aide. Trente-six policiers et gendarmes, spécialement formés et basés à Guyancourt et à Rennes, seront mobilisés “jour et nuit, tous les jours de la semaine, pour écouter, conseiller”, et lutter contre “le silence, la peur et l’isolement”, a souligné le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui participait à cette inauguration avec son secrétaire d’État Laurent Nuñez.

La plateforme doit contribuer à “un mouvement de libération”

“Il n’est pas toujours facile pour les victimes de parler”, car “la honte fait partie de la stratégie de l’agresseur”, a observé de son côté la secrétaire d’État à l’Égalité femmes/hommes Marlène Schiappa. La plateforme doit donc contribuer à un “mouvement de libération” de la parole des victimes, qui n’est cependant “pas suffisant”, a-t-elle noté, appelant les témoins à se manifester.

“Quand vous avez connaissance d’une violence sexiste ou sexuelle, votre devoir de citoyen, c’est d’appeler la police ou la gendarmerie, ou désormais de vous connecter à cette plateforme”, a-t-elle insisté.

Une aide pour faire le premier pas

Le site Internet, accessible via service-public.fr ou www.signalement-violences-sexuelles-sexistes.gouv.fr, peut aider certaines femmes à “faire le premier pas sans être obligées de se confronter à un regard, à une démarche physique”, mais aussi les conseiller dans la manière de recueillir des preuves en vue de faire condamner leur agresseur, a relevé la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

130 femmes mortes l’an dernier

Cent trente femmes sont mortes l’an dernier en France sous les coups de leur compagnon, ex-conjoint ou petit ami, contre 123 en 2016, selon les chiffres dévoilés par le ministère de l’Intérieur lundi, au lendemain de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes.

Le gouvernement souligne que 93.000 femmes déclarent avoir déjà été victimes d’un viol ou d’une tentative de viol, et que selon une enquête de victimisation menée sur la période 2009-2017, moins de 10% des victimes de violences sexuelles et sexistes déposeraient plainte. Samedi, quelque 50.000 personnes – selon les organisatrices – ont défilé contre ces violences dans une cinquantaine de villes en France, dont 30.000 à Paris (12.000 selon la préfecture de police).