Tennis : Zverev fait tomber Djokovic et remporte le Masters de Londres

L’Allemand Alexander Zverev a battu dimanche soir le Serbe Novak Djokovic en finale du Masters de Londres.

L’Allemand Alexander Zverev a battu en finale le N.1 mondial serbe Novak Djokovic, 6-4, 6-3, pour remporter dimanche, à 21 ans, le Masters de Londres, le trophée le plus prestigieux de sa jeune carrière.

Il succède au Grigor Dimitrov

Étincelant depuis le début de l’été et intouchable jusqu’ici à Londres, “Djoko” s’est montré cette incapable cette fois de dompter le prodige allemand qui avait écarté le Suisse Roger Federer la veille. Alexander Zverev succède au Bulgare Grigor Dimitrov.

Le plus jeune vainqueur du Masters depuis Djokovic

Il devient ainsi le plus jeune joueur à remporter le tournoi des maîtres depuis un certain… Djokovic (à Shanghai en 2008). Il imite également la performance de son nouvel entraîneur, Ivan Lendl, lui aussi vainqueur du premier de ses cinq Masters à 21 ans, en 1982.

L’Allemand confirme ainsi au plus haut niveau les attentes placées en lui, après une saison où il a déçu en Grand Chelem, son meilleur résultat demeurant un quart de finale à Roland-Garros. Bien que sèchement défait par le même Djokovic en phase de poule mercredi, Alexander Zverev a joué sans complexe, bien aidé par un service qui lui a offert de nombreux points (10 aces, 72% de premières balles).

Feu vert des ministres des 27 au projet d’accord sur le Brexit

“La première étape difficile est franchie”, s’est félicité lundi le ministre autrichien des Affaires européennes Gernot Blümel.

Les ministres des affaires européennes des 27 ont donné leur feu vert au projet d’accord sur le Brexit, a déclaré lundi à l’issue d’une réunion à Bruxelles, le ministre autrichien des Affaires européennes Gernot Blümel, lors d’une conférence de presse.

“L’unité” préservée

“La première étape difficile est franchie. Nous avons réussi à préserver l’unité”, a ajouté à propos de cet accord le ministre, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE. “Je suis satisfait que les ministres soutiennent aujourd’hui tout le paquet”, a ajouté de son côté le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, six jours avant un sommet exceptionnel des chefs d’État et de gouvernement dimanche à Bruxelles entre les 27. La dirigeante britannique Theresa May, qui fait face dans son pays à de vives oppositions sur ce projet, doit également être présente.

Un seul point encore à négocier

Selon les Européens, la possibilité d’étendre la période de transition post-Brexit, pendant laquelle le Royaume-Uni resterait de fait dans le giron de l’UE, fait partie des seuls points encore ouverts aux discussions concernant les modalités du divorce.

Une date de sortie repoussée de deux ans ?

“Je pense que durant cette semaine nous ferons une proposition définitive pour une date. Cette décision sera prise d’un commun accord entre le Royaume Uni et les 27”, a déclaré Michel Barnier. Celle-ci est actuellement prévue jusqu’à fin 2020 dans l’accord provisoire de retrait, mais le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier aurait proposé qu’elle puisse être prolongée de deux ans, selon une source européenne.

“Évidemment si on prolonge, il y aura un accord à trouver sur le plan de la contribution financière” du Royaume-Uni, a souligne Michel Barnier.

PMA et nazisme : Wauquiez revient sur ses propos après un tollé

Dans un discours devant des militants du mouvement Sens commun dimanche, le président des Républicains Laurent Wauquiez avait évoqué l’ouverture de la PMA à toutes les femmes qui se profile en prévoyant qu’elle mènerait à “l’eugénisme”, une pratique du régime nazi.

L’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes”mènera nécessairement” à la gestation pour autrui, “la marchandisation des gamètes” et “l’eugénisme”, avait estimé dimanche Laurent Wauquiez, en faisant une référence au régime nazi. Au lendemain de cette déclaration qui a provoqué un tollé, le patron de LR est revenu sur ses propos.

Des débats qui “ne sont pas les mêmes”

Laurent Wauquiez a admis que “les débats” sur la procréation médicalement assistée (PMA), la gestation pour autrui (GPA) et l’eugénisme n’étaient “pas les mêmes” que ceux sur l’eugénisme tel que pratiqué par le régime nazi, tout en appelant à la vigilance.

“En rappelant l’horreur de l’eugénisme et du nazisme, j’ai voulu rappeler les leçons de l’Histoire. Nos débats contemporains ne sont évidemment pas les mêmes mais quand on parle d’éthique, il faut être très vigilant sur les chemins que nous ouvrons”, a tweeté Laurent Wauquiez.

De la PMA… au nazisme

“Oui, c’est un engrenage. Et cet engrenage mènera nécessairement à la marchandisation des gamètes”, avait affirmé dimanche le président des Républicains devant les troupes de Sens commun, le courant conservateur de LR. “Tout ceci a un nom, c’est l’eugénisme ; tout ceci a été fait par un régime, c’est le nazisme”, avait poursuivi le leader de l’opposition de droite.

Il avait également considéré que “cet engrenage nous mènera inéluctablement à la gestation pour autrui [GPA], parce que tout le raisonnement intellectuel sur lequel il repose (y) mène évidemment”. “Et on considère que tout ceci est sans merci et n’a aucune conséquence ?”, avait-t-il encore interrogé, en appelant à “défendre le mode naturel de reproduction, de filiation, de transmission”.

“Au-delà des souffrances, des demandes, des attentes de couple, il y a aussi ce que nous voulons pour l’avenir de notre pays”, avait fait valoir Laurent Wauquiez, en estimant que “l’enfant n’est pas un droit, l’enfant, c’est un devoir”.

Un premier test sur le sujet pour Laurent Wauquiez

Le discours de Laurent Wauquiez avait valeur de test chez Sens commun qui revendique 9.000 sympathisants. Fer de lance de l’opposition au Mariage pour tous puis fidèle soutien de François Fillon durant la campagne présidentielle, le mouvement se veut désormais un aiguillon conservateur chez LR.

Blocages des routes : que risquent les “gilets jaunes” ?

Certains organisateurs du mouvement ont indiqué renoncer à se mobiliser par crainte de lourdes poursuites, incluant des peines d’emprisonnement.

“Quand on voit Castaner parler, c’est un gars qui fait peur. Quand il dit qu’il n’acceptera aucun blocage, ça veut dire verbalisations, retraits de permis de conduire…” Comme une partie des organisateurs du mouvement des “gilets jaunes”, Marcel Lacour explique à Europe 1 son choix de renoncer à la mobilisation prévue samedi, face au risque de sanction. “On préfère arrêter : on ne peut pas prendre le risque de l’illégalité, avec de la prison et des amendes au bout”, renchérit une coordinatrice du mouvement interrogée par Le Télégramme. Mais que risquent vraiment les participants aux blocages des routes, visant à protester contre la hausse du prix des carburants ? Europe 1 fait le point.

Jusqu’à six mois de prison pour les organisateurs

Premier point de tension : la déclaration des différentes manifestations, qui devraient se répartir sur tout le territoire. “Ce qui est difficile, c’est qu’on n’a pas une organisation syndicale (…) qui l’organise. Une manifestation, ça se déclare en préfecture. Là, très peu l’ont déclarée”, a prévenu le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner dès mardi. Les organisateurs avaient jusqu’à 72 heures avant la journée d’action de samedi pour déclarer les différentes mobilisations en préfecture. En cas de non-respect de cette obligation de déclaration, l’article 431-9 du Code pénal prévoit une peine allant jusqu’à “six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende”.

Concernant le blocage des routes à proprement parler, l’article L-412-1 du Code de la route prévoit que le fait “de placer ou de tenter de placer, sur une voie ouverte à la circulation publique, un objet faisant obstacle au passage des véhicules (…)” est puni de “deux ans d’emprisonnement et 4.500 euros d’amende” maximum. Les”bloqueurs” s’exposent aussi à une suspension, “pour une durée de trois ans ou plus” du permis de conduire. L’immobilisation de la voiture et sa mise en fourrière sont en outre prévues par la loi.

Peu de peines prononcées pour ce type de faits

“On prend un risque si on ne respecte pas la loi”, a insisté le Premier ministre Edouard Philippe sur ce point, mercredi. “Si certains axes venaient à être bloqués et qu’on en a besoin pour faire passer les pompiers, les ambulances, ça mettrait en péril la sécurité des Français et bien entendu, on prendra les mesures qui s’imposent”, a-t-il affirmé. Dans les faits, force est de constater que les condamnations à la peine maximale pour ce genre de faits sont rares, comme le relève France Inter : aucune n’est intervenue à Notre-Dame-des-Landes, où des axes étaient régulièrement bloqués, ni en marge du mouvement des ambulanciers, impliquant des perturbations routières en Ile-de-France.

Reste à savoir si le caractère inédit et l’ampleur du mouvement des “gilets jaunes” pourra conduire les autorités à davantage de fermeté. Outre la mobilisation, certaines pratiques, comme le fait de dissimuler sa plaque d’immatriculation, comme le suggèrent certains organisateurs du mouvement, font, elles, l’objet de contraventions plus systématiques. En l’espèce, jusqu’à 750 euros d’amende.

Comment remplacer sa chaudière au fioul par un chauffage plus écologique ?

Édouard Philippe a annoncé mercredi son intention de ne plus avoir la moindre chaudière au fioul en France dans dix ans. Pour aider les consommateurs à s’en débarrasser, des aides existent.

Supprimer les chaudières au fioul d’ici à dix ans : c’est l’objectif ambitieux de transition énergétique formulé mercredi par le Premier ministre, sur RTL. En pleine grogne sur le prix des carburants (dont le fioul fait partie), Édouard Philippe veut inciter les Français à se débarrasser des énergies fossiles pour le chauffage domestique. Un challenge de taille : en France, 12% des ménages se chauffent au fioul, soit près de quatre millions de foyer (2,8 millions de maisons individuelles et 600.000 copropriétés). Toutefois, des aides existent pour que la facture du changement de chaudière ne soit pas trop salée.

Des alternatives coûteuses

Selon les chiffres du Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie, entre 45.000 et 81.000 chaudières au fioul disparaissent chaque année. La décision de changer ou de persévérer dépend lourdement des variations du prix du pétrole. Un rythme de transition relativement lent qui s’explique aussi par le prix des alternatives : comptez entre 3.000 et 9.000 euros pour une chaudière biomasse, qui fonctionne au bois, et entre 5.000 et 12.000 euros pour une pompe à chaleur.

Une prime à la conversion de 2.000 à 3.000 euros

Actuellement, pour changer d’équipement de chauffage, les ménages peuvent déjà utiliser le Crédit d’impôt transition énergétique (CITE) ou les Certificats d’économie d’énergie (CEE), dont le montant varie en fonction des travaux engagés et de la composition du ménage. Mais il existe aussi une aide spécifique, instaurée, en 2017, par Ségolène Royal. Telle qu’elle existe aujourd’hui, cette “prime” permet de remplacer sa chaudière au fioul (et uniquement ce type d’équipement) par un système plus écologique.

Le dispositif, reconduit pour la période 2018-2020, s’accompagne de conditions. D’un montant de 2.000 euros pour les ménages “modestes” et 3.000 euros pour ceux “très modestes”, elle ne peut servir qu’à installer une pompe à chaleur, une chaudière biomasse ou encore un système de chauffage à l’énergie solaire. C’est cette prime à la conversion qu’Édouard Philippe a annoncé mercredi vouloir “développer pour faire en sorte que les Français puissent se libérer de cette contrainte extraordinaire d’utiliser le fioul pour se chauffer”.

Vers une extension de la prime ?

Le Premier ministre n’a toutefois pas donné de chiffres et a simplement promis que l’État prendra en charge “un tiers du coût global de transformation”. Le détail du dispositif sera en fait connu d’ici à la fin du mois, au moment de la publication de la feuille de route énergétique, précise-t-on au gouvernement. La mesure pourrait entrer en vigueur progressivement à partir de l’an prochain, ajoute-t-on.

Selon Le Figaro, l’exécutif envisagerait d’augmenter et d’élargir la prime à la conversion. “Des discussions sont en cours avec le ministère de la Transition écologique pour augmenter le montant maximal à 3.500 euros et élargir le nombre de personnes éligibles”, explique au quotidien Nicolas Moulin, président de PrimesEnergie.fr, site spécialisé dans les aides pour des travaux de rénovation énergétique. Une telle mesure permettrait de convaincre des ménages relativement aisés, le plus souvent en zone rurale, de se débarrasser de leur chaudière au fioul.

Electricité : fermeture possible des centrales à charbon après 2020

Selon le gestionnaire du réseau d’électricité à haute tension, il sera possible de fermer les centrales à charbon en France après 2020.

Fermer les centrales à charbon en France après 2020 était une promesse d’Emmanuel Macron. Jeudi, RTE, le gestionnaire du réseau d’électricité à haute tension, a indiqué que celle-ci pourra être tenue. Selon RTE, qui présente ses perspectives sur la sécurité d’approvisionnement 2018-2023, “après l’hiver 2020, des marges de sécurité devraient réapparaître” et permettre la fermeture progressive des quatre centrales à charbon et de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Possible sous certaines conditions

RTE pose toutefois une série de conditions, notamment développer fortement les énergies renouvelables, mettre en service trois interconnexions (une avec l’Italie, deux avec la Grande-Bretagne) et mettre en service l’EPR de Flamanville (Manche) et la centrale au gaz de Landivisiau (Finistère) dans les délais. Il ne faut également “ne fermer aucun autre moyen de production”, selon des documents présentés jeudi par RTE.

Moins dépendre du nucléaire

Cette présentation intervient alors que le gouvernement s’apprête à présenter sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les années 2019-2023 et 2024-2028. Le pays veut, à terme, moins dépendre du nucléaire pour la production de son électricité mais, pour l’instant, seuls les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim doivent fermer.

Encore quatre centrales à charbon en activité

Emmanuel Macron avait promis durant la campagne présidentielle de fermer les centrales à charbon – très polluantes – durant son quinquennat. Cet objectif a été depuis confirmé plusieurs fois par le gouvernement. Il reste en effet quatre sites en activité : deux d’EDF à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime), et deux autres d’Uniper à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle).

Route du Rhum : le Français Armel Tripon s’offre la troisième place

Le Français Armel Tripon est le troisième navigateur à franchir la ligne d’arrivée de la 11ème édition de la Route du Rhum, jeudi soir. 

Le Français Armel Tripon (Réauté Chocolat) a décroché la 3ème place de la 11ème édition de la Route du Rhum après avoir franchi la ligne d’arrivée au large de Pointe-à-Pitre jeudi à 16h32 locale (21h32 en métropole), au terme de 11 jours de traversée en solitaire. Pour son premier périple en course en multicoque sur l’Atlantique, Tripon a réussi une très bonne performance en terminant derrière les deux grands héros de cette édition, les Français Francis Joyon et François Gabart, sur leurs machines géantes de 32 m de long. Il a fini sa course en 11 jours 7 heures et 32 minutes.

Une arrivée plus vite que prévue

Le navigateur de 43 ans, aligné en catégorie Multi50 (multicoques de 15 m), est arrivé en Guadeloupe plus vite que prévu lors des dernières estimations. Attendu en début de soirée, il a coupé la ligne sous une chaude et très ensoleillée après-midi. Pour sa 20ème traversée de l’Atlantique, Tripon a échoué de peu à battre le record en Multi50 – détenu depuis la précédente édition en 2014 par son compatriote Erwan Le Roux, soit 11 j 05 h 13 min – en raison d’une dernière nuit particulièrement agitée avant son arrivée. Ce papa de trois garçons participait pour la deuxième fois à la Route du Rhum.

Brexit : Theresa May peut-elle aller jusqu’au bout ?

Le gouvernement britannique a annoncé mardi qu’un accord de Brexit avait été trouvé. Le chemin reste encore long avant son adoption, d’autant qu’à Londres, Theresa May est lâchée par tous.

La nouvelle tardait tellement qu’on ne l’attendait presque plus. Mardi pourtant, le gouvernement britannique a annoncé être parvenu à un accord avec l’Union européenne sur le Brexit. Le projet final, de plus de 500 pages, supposé régler des questions délicates comme celle de la frontière irlandaise, est-il la porte de sortie que tout le monde attendait ?

Rien n’est moins sûr, tant cette annonce a aussi déclenché une crise politique de l’autre côté de la Manche. En quelques heures, plusieurs membres du gouvernement britannique ont démissionné, désavouant l’accord trouvé. Ce qui laisse présager de grandes difficultés pour la suite. Theresa May doit en effet absolument faire approuver l’accord par son Parlement, ce qui semble très compliqué.

Au Parlement, Theresa May n’a pas de majorité

Le vote du Parlement britannique est prévu au mois de décembre. D’ici là, la Première ministre doit rallier à sa cause 320 parlementaires, soit la majorité absolue. Mathématiquement, c’est difficile : Theresa May ne dispose que de 316 députés conservateurs et dix unionistes démocrates (DUP), qui ne seront pas tous derrière elle. De fait, une cinquantaine de conservateurs et les dix DUP ont déjà annoncé qu’ils rejetteraient l’accord. Cet isolement de la cheffe du gouvernement était visible, jeudi, lorsqu’elle est allée s’expliquer devant la chambre des communes. Ses anciens alliés ont tiré à boulets rouges contre elle, et il a fallu attendre une heure de prise de parole pour qu’un parlementaire conservateur soutienne (enfin) son projet d’accord.

Pour compenser ces pertes, la cheffe du gouvernement va devoir ratisser large, en allant convaincre plusieurs dizaines d’élus travaillistes. Ce qui ne sera pas une mince affaire. Parmi eux, les opposants au Brexit préfèreraient un second référendum, les partisans s’élèvent contre un accord qu’ils jugent défavorable au Royaume-Uni.

Dans son gouvernement, les démissions s’enchaînent

Peu soutenue au Parlement, Theresa May l’est également de moins en moins au sein de son propre gouvernement. Jeudi, quatre ministres et secrétaires d’État ont claqué la porte : Shailesh Vara, le secrétaire d’État à l’Irlande du Nord, Esther Mcvey, la ministre du Travail, Suella Braverman, la secrétaire d’État du Brexit et Dominic Raab, ministre du Brexit. Tous ont présenté des lettres de démissions similaires, dans lesquelles ils disent ne pas pouvoir soutenir l’accord négocié par la Première ministre britannique.

Ces démissions affaiblissent encore politiquement Theresa May, et pourraient encourager les parlementaires à déposer une motion de défiance contre elle. Ce que le député pro-Brexit conservateur Jacob Rees-Mogg a réclamé jeudi.

Pourquoi ça bloque ?

Si le projet d’accord fédère autant contre lui ceux qui sont pourtant favorables à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, c’est que ces derniers considèrent que Theresa May a fait trop de concessions aux 27. Le principal point de blocage est la solution trouvée pour la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Pour éviter qu’elle ne soit rétablie, l’Union européenne et le Royaume-Unis se sont mis d’accord sur un “backstop”, un “filet de sécurité” qui maintient le second dans une union douanière avec la première. Ce “backstop” entrera en vigueur après la période de transition post-Brexit de 21 mois si aucun accord sur la future relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni n’est trouvé.

Autrement dit, même après la période de transition, il est possible que le Royaume-Uni reste dans une union douanière avec l’UE. Il sera donc soumis à des règles, sans pour autant être dans les processus de décision. Ce qui ne plaît pas à grand monde. “Cet accord n’est pas un compromis, c’est une capitulation !”, s’est agacé l’ancien Premier ministre Tony Blair, résumant le sentiment de beaucoup. “L’accord de retrait de l’UE nous maintiendra lié à la politique commerciale de l’UE, jusqu’à ce que la fin soit déterminée par un consentement commun. En d’autres mots, l’UE dispose d’un veto !” Pour Dominic Raab, “aucune nation démocratique n’a jamais consenti à être liée par un régime si extensif, imposé de l’extérieur sans aucun contrôle démocratique sur les lois qui seront appliquées”.

Comment Theresa May pourrait-elle s’en sortir ?

Si cela semble (très) compliqué pour Theresa May, tout n’est pas encore perdu. La Première ministre peut activer un levier : la peur d’une solution qui serait encore pire. Certains parlementaires anti-Brexit craignent une sortie de l’Union européenne sans accord, tandis que les “Brexiters” voient d’un très mauvais œil l’organisation d’un nouveau référendum.

Theresa May a essayé jeudi de pousser au maximum son seul avantage. “Le choix est clair”, a-t-elle déclaré devant les parlementaires. “Nous pouvons choisir de partir sans accord, risquer qu’il n’y ait pas de Brexit du tout [avec un nouveau référendum], ou choisir de nous unir et soutenir le meilleur accord que nous pouvions négocier, [celui-là].” Tout en reconnaissant que son projet n’est pas idéal, elle estime donc qu’il est optimal. “Je crois, avec chaque fibre de mon être, que le chemin que j’ai suivi est le meilleur pour mon pays”, a-t-elle renchéri dans la soirée lors d’une conférence de presse.

La cheffe du gouvernement britannique tente une nouvelle fois de jouer une carte qui lui a déjà permis de gagner toutes les manches précédentes. Maintes fois annoncée sur le départ car lâchée par tous, Theresa May a pour l’instant toujours réussi à rester. Souvent grâce à cette même peur du manque d’alternative.

Macron n’ira pas au Congrès des maires de France cette année

Le président de la République ne se rendra pas au Congrès, alors qu’il avait promis l’an dernier de venir chaque année. 

Emmanuel Macron ne se rendra pas au Congrès des maires de France le 22 novembre mais s’exprimera la veille à l’Élysée devant le bureau de l’AMF et plusieurs centaines de maires à l’Élysée, a indiqué la présidence, en pleine période de tension brouille entre État et collectivités.

Alors que le chef de l’État avait promis l’an dernier de venir chaque année “rendre compte des engagements” du gouvernement devant le Congrès de l’Association des Maires de France, c’est le Premier ministre Édouard Philippe qui s’y rendra pour prononcer le discours de clôture.

Macron va recevoir le bureau de l’AMF et des maires à l’Elysée

Lors de l’édition 2017, devant des milliers de maires dont une partie l’avait hué et sifflé à son arrivée, Emmanuel Macron avait lancé : “Je m’engage à une chose, si vous l’acceptez, c’est venir chaque année rendre compte des engagements que je viens de prendre parce que c’est cela l’esprit de responsabilité dans la République”, avait-il lancé.

Le chef de l’État a préféré recevoir à l’Élysée le bureau de l’AMF et plusieurs centaines de maires, devant lesquels il prononcera un discours, a expliqué la présidence. L’an dernier, il avait déjà invité plus de 1.000 maires pour une soirée au Palais.

Les collectivités s’estiment lésées par plusieurs réformes de l’exécutif

Les relations restent tendues entre État et collectivités, qu’il s’agisse des communes, des départements ou des régions, qui reprochent à l’exécutif des décisions trop verticales et s’estiment lésées par les réformes des aides sociales et des impôts locaux. L’AMF a même lancé le 26 septembre un appel de Marseille contre l’ultracentralisation.

Les maires sont dans “une logique de revendication et de négociation”, a affirmé la semaine dernière François Baroin, évoquant des “tensions assez fortes”, sur les pactes financiers Etat/collectivités pour réduire les dépenses ou la compensation pour les communes de la suppression de la taxe d’habitation.

Emmanuel Macron a multiplié les rencontres avec les élus locaux ces derniers mois pour tenter de renouer le dialogue. Le 16 octobre, il avait rendu un hommage appuyé aux maires, “premiers porteurs de la République au quotidien.