Daewoo Motor : faillite, reprise par General Motors et disparition de la marque (2000-2011)
Disparu
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Daewoo Motor n’existe plus en tant qu’entité automobile active. Le fait qui a changé son statut est double : la société a été placée sous administration judiciaire en décembre 2000, puis ses actifs ont été cédés à General Motors le 30 avril 2002 pour un paiement initial de 400 millions de dollars, avant un transfert effectif en octobre 2002 vers une nouvelle structure, GM Daewoo Auto & Technology. La juridiction qui a ouvert la procédure collective sud-coréenne n’est pas nommée dans les sources consultées.
Ce qu’il en reste est un héritage industriel et de marque : l’usine de Bupyeong, près d’Incheon, a été conservée dans une entité séparée, Daewoo Incheon Motor Company, qui a servi de fournisseur à GM Daewoo pendant au moins six ans. Le nom Daewoo en tant que badge automobile a toutefois continué d’exister chez General Motors jusqu’en 2011, date à laquelle GM a basculé les ventes sud-coréennes sous la marque Chevrolet. Depuis lors, il n’y a plus de site officiel Daewoo et aucune présence commerciale active de la marque en France ni en Corée du Sud. La structuration capitalistique de GM Daewoo en 2002 répartissait la nouvelle entité entre General Motors à 42,1 %, les banques créancières à 33 %, Suzuki à 14,9 % et SAIC à 10 % (Autointell, 2002).
L’effectif de la société disparue n’est pas établi de manière consolidée. Les restructurations de 2000-2001 ont entraîné des suppressions d’emplois en Corée, mais le décompte précis ne fait pas l’objet d’une source unique stable dans le corpus consulté.
Identité
L’entité désignée par le nom « Daewoo » renvoie, pour le présent annuaire, à Daewoo Motor Co. Ltd, branche automobile du groupe sud-coréen Daewoo, un chaebol. Une entité homonyme repérée dans le registre français sous la raison sociale « DAEWOO ELECTRONICS ESPAGNA SA » (SIREN 391651825) a été écartée : il s’agit d’une entité d’électronique, sans lien avec le constructeur automobile.
Le groupe Daewoo a été créé en 1967 par Kim Woo-choong. L’activité automobile a été regroupée dans Daewoo Motor Co. en 1982. Le siège de l’entreprise se trouvait à Séoul et à Incheon, sur le site industriel de Bupyeong. La société, de droit coréen, est dissoute et ne dispose plus d’immatriculation active. Elle était une filiale du groupe Daewoo jusqu’à la crise financière, puis est passée sous le contrôle des banques créancières menées par la Korea Development Bank à partir de 1999, avant la reprise par General Motors en 2002.
Daewoo Motor était un constructeur automobile généraliste. Il produisait des véhicules badgés Daewoo pour le marché intérieur sud-coréen et pour l’export, avec des modèles tels que la Matiz, la Lanos, la Nubira, la Leganza et la Tacuma. Le mécanisme économique reposait sur la production de petits véhicules et de berlines compactes, puis leur commercialisation sous la marque Daewoo jusqu’au retrait du badge en Corée du Sud en 2011.
Les marchés ciblés comprenaient la Corée du Sud et l’export, notamment vers l’Europe et l’Asie. En 2001, la marque représentait environ 12 % du marché automobile coréen, soit environ 170 000 véhicules, contre 20 % trois ans plus tôt (BBC, 2002). En France, la présence historique de Daewoo remonte aux années 1990 et 2000, principalement via l’importation de véhicules ; elle s’est arrêtée avec la disparition de la marque et le passage des ventes sous badge Chevrolet en 2011.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Le cas Daewoo Motor compte d’abord comme un marqueur de la crise financière asiatique de 1997-1998 et de la restructuration des chaebols sud-coréens. L’effondrement du groupe Daewoo en 1998 a laissé des dettes de groupe supérieures à 80 milliards de dollars, dont environ 17,5 milliards de dollars pour la seule branche automobile (Les Echos / BBC). La procédure d’administration judiciaire ouverte en décembre 2000 a transformé un constructeur généraliste en actif cédable.
Le rachat par General Motors constitue un fait économique daté et documenté : le 30 avril 2002, GM signe l’accord de reprise des actifs avec un paiement initial de 400 millions de dollars (New York Times / BBC). En octobre 2002, ces actifs sont transférés à GM Daewoo Auto & Technology. Cette opération a permis à General Motors de reprendre une capacité industrielle en Corée du Sud sans reprendre l’intégralité du passif, et a associé au capital les créanciers coréens, Suzuki et SAIC.
Le retrait du nom Daewoo en 2011, remplacé par Chevrolet sur le marché sud-coréen, clôt un cycle : le badge a survécu neuf ans dans l’orbite de General Motors après la faillite, puis a disparu comme marque commerciale. Ce retrait illustre une stratégie de consolidation de marques : GM a conservé l’outil industriel et le réseau de vente, mais a absorbé l’identité Daewoo dans Chevrolet.
Enfin, l’affaire Daewoo est souvent citée dans l’histoire récente du droit des entreprises en Corée du Sud et dans les négociations de reprise d’actifs en difficulté : elle a montré une procédure pilotée par les banques créancières, avec une cession partielle d’actifs et un maintien temporaire d’une entité distincte pour l’usine de Bupyeong. Ce n’est pas une disparition pure et simple, mais une restructuration longue et segmentée.
Chronologie
- 1967 — Création du groupe Daewoo par Kim Woo-choong (registre coréen).
- 1998 — Effondrement du groupe Daewoo, avec des dettes de groupe supérieures à 80 milliards de dollars, dont environ 17,5 milliards de dollars pour Daewoo Motor (Les Echos / BBC).
- Décembre 2000 — Daewoo Motor est placé sous administration judiciaire en Corée du Sud, après l’échec des négociations initiales (Les Echos / BBC).
- 30 avril 2002 — General Motors signe la reprise des actifs de Daewoo Motor, avec un paiement initial de 400 millions de dollars ; le transfert effectif à GM Daewoo Auto & Technology intervient en octobre 2002 (New York Times / BBC / Autointell).
- 2011 — General Motors retire le nom GM Daewoo en Corée du Sud et bascule les ventes sous la marque Chevrolet (Autoweek).
Controverses
La principale controverse documentée porte sur l’ampleur de l’endettement et ses conséquences pour les créanciers et les salariés. Les dettes du groupe dépassaient 80 milliards de dollars en 1998 ; la reprise par General Motors n’a pas absorbé la totalité du passif et n’a pas conservé l’ensemble des actifs. L’usine de Bupyeong, cœur industriel du constructeur, est restée dans une entité séparée pendant au moins six ans, ce qui a créé une situation où GM Daewoo dépendait d’un fournisseur juridiquement distinct pour une partie de sa production.
Les restructurations de 2000-2001 ont entraîné des suppressions d’emplois en Corée, mais les sources consultées ne permettent pas d’établir un décompte unique et vérifié, ni de qualifier précisément les recours ou contentieux sociaux éventuels. L’effondrement du groupe Daewoo a alimenté un débat public sur la gouvernance des chaebols, mais les sources retenues ne détaillent pas de condamnations individuelles liées à l’entité automobile.
La présence du nom « Daewoo » dans le registre français, via Daewoo Electronics, a pu créer des confusions avec le constructeur automobile. Cette fiche écarte explicitement l’entité électronique : elle ne partage ni le même objet social ni la même trajectoire juridique.
Contrepoint
Le mot « disparition » doit être précisé. Daewoo Motor n’a pas été liquidé en bloc : General Motors a repris les actifs, maintenu l’usine de Bupyeong dans une société dédiée, et conservé le badge Daewoo en Corée du Sud jusqu’en 2011. L’entité juridique originelle a disparu, mais la capacité industrielle et le réseau commercial ont survécu sous une autre bannière.
À l’inverse, la survivance du nom ne signifie pas une continuité de la société : la structure de 2002 est une entité nouvelle, GM Daewoo Auto & Technology, avec un actionnariat partagé et un contrôle majoritaire de General Motors. Le badge n’a donc été qu’un actif résiduel, progressivement absorbé par la marque Chevrolet. La fiche retient donc le statut « Disparu » pour l’entité Daewoo Motor, tout en mentionnant que sa disparition s’est faite en deux temps : cession d’actifs en 2002, retrait du nom en 2011.
Sources
- General Motors Corporation, *Annual Report 2002 (Form 10-K)*, déposé auprès de la SEC, consulté le 2026-08-20. https://www.sec.gov/Archives/edgar/data/40730/000004073003000002/gm02ar_10k.htm
- BBC News, « Daewoo Motor sale agreed », 30 avril 2002, consulté le 2026-08-20. http://news.bbc.co.uk/2/hi/business/1957853.stm
- New York Times, « G.M. Agrees to Buy Daewoo Motor, Creating a Global Power in Small Cars », 30 avril 2002, consulté le 2026-08-20. https://www.nytimes.com/2002/04/30/business/gm-agrees-to-buy-daewoo-motor-creating-a-global-power-in-small-cars.html
- Autointell, « GM-Daewoo Auto & Technology formation », octobre 2002, consulté le 2026-08-20. https://autointell.com/2002/10/17/gm-daewoo-auto-technology-formation/
- Autoweek, « Daewoo name dies in South Korea, GM switches to Chevrolet », 2011, consulté le 2026-08-20. https://www.autoweek.com/news/a1951706/daewoo-name-dies-south-korea-gm-switches-chevrolet/
Média associé
Aucune vidéo n’est encore associée à cette entité. Vous en connaissez une ? Elle a sa place ici.