Microlino
Actif
Identité
Microlino est la marque automobile exploitée par le groupe suisse Micro Mobility Systems AG, fondé en 1995 par Wim Ouboter et dont le siège est à Zurich. La voiture éponyme est un quadricycle électrique à carrosserie monocoque acier/aluminium, dont la configuration générale reprend celle de l’Isetta : porte frontale et gabarit de micro-voiture. Le concept a été présenté en 2016, mais la production n’a été lancée qu’en 2022. La maison mère suisse détient la marque ; la fabrication est assurée en Italie par la société Amfi S.r.l., acronyme d’Automotive Micro Factory Italy, une coentreprise entre Micro Mobility Systems et le carrossier italien Cecomp S.p.A.
La raison sociale de l’entité de production a changé au 31 mars 2025 pour devenir Amfi, au moment de la reprise de l’usine de La Loggia, dans la région de Turin. La distribution française, quant à elle, n’est pas portée directement par la société suisse : le registre mentionne une probable filiale de distribution lyonnaise sous le SIREN 794331462, mais ce périmètre reste non confirmé à la date de vérification du 20 août 2026. L’importateur historique pour la France a longtemps été D’Ieteren. Les filiales identifiées sont donc Amfi S.r.l. pour la production, Microlino France pour la distribution, et, historiquement, D’Ieteren pour l’importation.
L’actionnariat de la coentreprise Amfi associe la famille Ouboter, via Micro Mobility Systems, et Cecomp S.p.A., fournisseur de carrosseries. En mars 2025, la presse italienne indiquait qu’une ouverture du capital à un partenaire industriel était envisagée, sans qu’un accord ne soit officialisé à la date de collecte.
Situation actuelle
L’infrastructure industrielle de Microlino repose sur un site unique de production situé à La Loggia, dans la périphérie de Turin, en Italie. L’usine employait 67 salariés en 2025, après une réduction depuis un effectif antérieur d’environ 100 personnes. Cette échelle est celle d’une micro-usine : le site assume à la fois l’assemblage des véhicules et la logistique de production pour l’Europe. La dépendance à ce point unique est un trait structurel de l’entité, qui ne dispose d’aucune autre unité de fabrication.
Le début de l’année 2025 a été marqué par un arrêt de production de plus de deux mois, de janvier à mars, officiellement lié à une crise des composants et à la faiblesse du marché. La reprise a eu lieu le 31 mars 2025, simultanément au changement de raison sociale en Amfi. À cette date, le volume total produit depuis le lancement était estimé à environ 4 500 Microlino, pour un point mort industriel évalué à 5 000 véhicules par an. Autrement dit, la production cumulée sur trois ans restait inférieure au seuil annuel de rentabilité visé.
En France, le réseau de distribution a changé de modèle au 1er juillet 2025 : le contrat d’agent a été abandonné au profit d’un réseau de concessionnaires. Les cinq concessions annoncées sont Cavallari, Jean Lain Mobilités, Bernard, OTO et Spark Service, ce dernier prenant en charge l’Île-de-France. Le volume français était de 150 immatriculations en 2024, chiffre qui situe la marque à un niveau de niche. Des zones blanches ont été identifiées dans le maillage français, notamment à Bordeaux, Aix-en-Provence et Lille. En Italie, l’expansion passe par un dealer à Rome, C.A.R. Room, ouvert en mai 2025. Les États-Unis, un temps envisagés, ont été reportés en raison des droits de douane.
Parallèlement à la vente sous sa propre marque, Amfi a engagé une diversification par sous-traitance industrielle : un accord avec City Transformer prévoit la production de véhicules pour d’autres marques sur le site de La Loggia. Cette activité d’infrastructure de production élargit le rôle de l’usine au-delà du seul modèle Microlino.
Chiffres clés
Les données chiffrées doivent être lues avec leurs dates et périmètres, tant la trajectoire de Microlino a été irrégulière.
- 67 salariés sur le site de La Loggia en 2025, après une réduction depuis environ 100 (source : autoblog.it, consulté le 20 août 2026).
- Environ 4 500 Microlino produites au total depuis le lancement de la production en 2022, estimation de 2025 (source : Corriere della Sera, mars 2025).
- Point mort estimé à 5 000 véhicules par an, soit un volume annuel supérieur au cumul des trois premières années (source : Corriere della Sera, mars 2025).
- Prix d’entrée : 17 900 € pour la Microlino, selon le site officiel consulté le 20 août 2026.
- Autonomie maximale annoncée : 224 km sur le site officiel, périmètre constructeur non vérifié en conditions réelles à la date de collecte.
- Deux versions réglementaires : Lite L6e, accessible avec le permis AM à partir de 14 ans, et L7e, accessible avec le permis B1 à partir de 16 ans.
- 150 immatriculations en France en 2024, périmètre de distribution avant le passage au réseau de concessionnaires (source : Journal Auto, juillet 2025).
- 5 concessionnaires en France depuis le 1er juillet 2025 : Cavallari, Jean Lain Mobilités, Bernard, OTO, Spark Service (Île-de-France).
- Environ 43 000 quadricycles immatriculés en Europe en 2024, dont environ 21 000 en Italie, périmètre du segment des quadricycles, tous types confondus (source : Corriere della Sera, consulté le 20 août 2026).
- Arrêt de production de plus de deux mois entre janvier et mars 2025, puis reprise le 31 mars 2025.
Forces et limites
La situation de Microlino est indissociable de son segment : les quadricycles électriques L6e et L7e. Dans cette même sous-catégorie, la Microlino se distingue par sa carrosserie monocoque et par sa version L7e à habitacle fermé, plus proche d’une citadine que la majorité des quadricycles L6e sans permis. Cette distinction réglementaire est un avantage de positionnement, mais aussi une contrainte : la version L7e exige le permis B1 et un âge minimal de 16 ans, contre 14 ans pour le AM en L6e. Le prix d’entrée, à 17 900 €, la place au-dessus d’une large part des modèles du segment L6e, dont le volume européen est porté par l’accès sans permis dès 14 ans.
La force industrielle principale est l’adossement à Cecomp S.p.A., un carrossier italien historique, via la coentreprise Amfi. Cette structuration permet de disposer d’un outil de production carrosserie sans investissement en propre unique, tout en concentrant l’assemblage à La Loggia. La diversification par sous-traitance, avec l’accord City Transformer, constitue une tentative concrète de remplir la capacité de l’usine au-delà des 4 500 unités cumulées.
Les limites sont tout aussi structurantes. La production repose sur un seul site, La Loggia ; l’arrêt de plus de deux mois début 2025 a montré la fragilité de cette concentration. Le volume total produit depuis 2022, environ 4 500 unités, reste inférieur au point mort annuel de 5 000, ce qui indique que l’équilibre industriel n’est pas atteint sur le seul modèle Microlino. Le financement reste contraint : l’ouverture du capital d’Amfi à un partenaire industriel était à l’étude en mars 2025, signe d’un besoin de consolidation capitalistique.
Les contraintes réglementaires et géographiques se cumulent. Aux États-Unis, l’implantation est différée par les droits de douane, ce qui ferme provisoirement un marché potentiel. En France, le maillage de distribution reste incomplet, avec des zones blanches à Bordeaux, Aix-en-Provence et Lille, même après le passage au réseau de concessionnaires au 1er juillet 2025. Le volume français de 150 immatriculations en 2024 demeure à la marge du marché national. Enfin, la dépendance aux composants, invoquée pour expliquer l’arrêt de production, expose l’usine à des aléas d’approvisionnement rarement amortis par une production de série limitée.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Microlino illustre les conditions réelles de survie d’une micro-usine automobile européenne. Avec un site unique de 67 salariés à La Loggia, une production cumulée d’environ 4 500 véhicules en trois ans et un point mort de 5 000 unités par an, la marque matérialise l’écart entre la notoriété d’un concept et la rentabilité d’une fabrication en petite série. La reprise du 31 mars 2025, le changement de raison sociale en Amfi et l’ouverture à la sous-traitance montrent une restructuration industrielle en cours, où la vente sous marque propre n’est plus la seule activité de l’outil de production.
Pour le secteur des quadricycles électriques, Microlino constitue un cas utile pour lire la tension entre la catégorie L6e, accessible sans permis et à bas coût, et la catégorie L7e, plus proche d’une citadine mais réglementairement plus exigeante. Sa trajectoire renseigne sur les conditions d’implantation d’un réseau de distribution en France, passée d’un contrat d’agent à un réseau de concessionnaires en juillet 2025, avec cinq points de vente et des zones encore non couvertes. Enfin, l’accord de production pour City Transformer indique que l’usine de La Loggia cherche à se positionner comme une capacité d’assemblage tierce, au-delà de la seule marque Microlino.
Sources
- Site officiel Microlino — https://microlino-car.com — consulté le 2026-08-20 (source primaire : fiche technique, versions, prix).
- Corriere della Sera — https://www.corriere.it — article du 26/03/2025, consulté le 2026-08-20 (arrêt et reprise de production, volumes produits, point mort, ouverture du capital).
- Journal Auto — https://www.journalauto.com — article de juillet 2025, consulté le 2026-08-20 (passage au réseau de concessionnaires, 150 immatriculations 2024, zones blanches).
- Autoblog.it — https://www.autoblog.it — consulté le 2026-08-20 (effectif de 67 salariés à La Loggia en 2025).
- Recherche d’entreprises api.gouv.fr — https://recherche-entreprises.api.gouv.fr — consulté le 2026-08-20 (SIREN 794331462, piste de filiale lyonnaise non confirmée).
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