Virgin Hyperloop

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

Le 21 décembre 2023, Bloomberg annonce la fermeture de Hyperloop One, société américaine successivement connue sous les noms Hyperloop Technologies, Hyperloop One, Virgin Hyperloop One puis de nouveau Hyperloop One. Cette fermeture ne relève pas d’une procédure collective française : la société est enregistrée aux États-Unis, sans SIREN ni lien avec un registre français. Aucun jugement d’ouverture, de cession ou de clôture n’a donc été rendu par un tribunal de commerce français ; il s’agit d’une décision d’entreprise américaine de cessation d’activité.

Ce qui reste de Virgin Hyperloop au moment de la fermeture est décrit de manière précise : les actifs restants, dont la piste d’essai DevLoop située près de Las Vegas, sont cédés ; la propriété intellectuelle est transférée à DP World, actionnaire majoritaire de la société. Les derniers emplois se terminent au 31 décembre 2023. Début 2022, l’effectif dépassait encore 200 personnes ; fin 2023, il n’en reste qu’une poignée avant que les contrats ne cessent définitivement (Fortune/Bloomberg, 21/12/2023). Le site officiel hyperloop-one.com est hors ligne ou redirigé après la fermeture.

Aucun hyperloop opérationnel n’a jamais été construit par l’entreprise et aucun contrat de construction d’une ligne commerciale n’a été remporté (Reuters/The Verge, 21-22/12/2023). La disparition de la structure ne laisse donc pas d’exploitation en cours, mais un portefeuille d’actifs techniques et de brevets transmis à l’actionnaire industriel.

Identité

Le nom d’usage retenu par la fiche est « Virgin Hyperloop », mais la dénomination légale au moment de la fermeture est Hyperloop One. La chaîne de dénomination documentée est la suivante : Hyperloop Technologies à partir de 2014, renommée Hyperloop One en 2016, puis Virgin Hyperloop One après l’investissement de Virgin en 2017, et enfin retour au nom Hyperloop One en 2022 après le retrait de Richard Branson et de la marque Virgin.

L’entité est une société de droit américain, de forme « corporation », enregistrée dans le Delaware/Californie. Elle n’a pas de SIREN et n’apparaît pas dans le registre français. Son siège est à Los Angeles, en Californie. La société a été fondée en 2014 sous le nom Hyperloop Technologies (Bloomberg, 21/12/2023).

L’actionnariat est dominé par DP World, investisseur présent depuis 2016 et monté à environ 90 millions de dollars d’investissement en 2019. Richard Branson et Virgin ont été investisseurs jusqu’en 2022, date à laquelle ils se retirent et retirent la marque. Au total, plus de 450 millions de dollars ont été levés depuis 2014, selon PitchBook relayé par Bloomberg et Fortune (21/12/2023). Au moment de la fermeture, la société est en cours de liquidation et ne compte pas de filiales actives.

La présence en France est inexistante : aucune implantation, aucun projet hyperloop porté par la société et aucune entité juridique française identifiée.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Virgin Hyperloop compte d’abord parce qu’elle a réalisé, le 8 novembre 2020, le premier trajet passager sur la piste d’essai DevLoop de 500 mètres, près de Las Vegas. Ce fait, documenté par Reuters et Bloomberg (21-22/12/2023), constitue un jalon technique daté dans l’histoire des projets hyperloop : une capsule a transporté des passagers dans un tube à basse pression, sans toutefois atteindre une vitesse commerciale ni une distance opérationnelle.

L’entreprise est ensuite un cas d’arrêt brut après neuf années de développement. Plus de 450 millions de dollars levés depuis 2014 n’ont pas abouti à une ligne d’hyperloop commerciale ; aucun contrat de construction n’a été signé (Reuters/The Verge, 21-22/12/2023). La trajectoire de la société illustre l’écart entre un démonstrateur d’essai et un service de transport déployé. Ce décalage est d’autant plus net que l’entreprise a changé de cible stratégique en 2022, du transport de voyageurs vers le fret, avant de fermer.

La fermeture de Virgin Hyperloop présente aussi un intérêt capitalistique : la propriété intellectuelle est transférée à DP World, déjà actionnaire majoritaire, tandis que les actifs physiques sont cédés. L’absence de repreneur industriel sous forme d’opérateur hyperloop renforce le constat d’une technologie restée expérimentale. Pour un annuaire ferroviaire, l’entité fonctionne comme un point de repère historique : elle clôt l’un des projets hyperloop américains les plus financés, sans jamais avoir exploité de service ferroviaire.

Chronologie

  • 2014 — Fondation d’Hyperloop Technologies à Los Angeles. Plus de 450 millions de dollars seront levés au total depuis cette date, selon PitchBook relayé par Bloomberg (21/12/2023).
  • 2016-2017 — Renommage en Hyperloop One en 2016 ; investissement de Virgin en 2017, la société devenant Virgin Hyperloop One.
  • 8 novembre 2020 — Premier trajet passager sur la piste d’essai DevLoop de 500 mètres près de Las Vegas (Reuters/Bloomberg, 21-22/12/2023).
  • 2022 — Pivot stratégique vers le fret ; suppression de plus de 100 postes ; Richard Branson et Virgin se retirent, le nom Virgin disparaît au profit de Hyperloop One (Fortune/Bloomberg, 21/12/2023).
  • 21 décembre 2023 — Annonce de fermeture par Bloomberg ; les actifs restants sont vendus, la propriété intellectuelle est transférée à DP World, les derniers employés quittent l’entreprise au 31 décembre 2023 (Bloomberg, 21/12/2023).

Controverses

La controverse principale documentée porte sur le décalage entre les moyens engagés et le résultat opérationnel. Plus de 450 millions de dollars ont été levés depuis 2014, et pourtant aucun hyperloop opérationnel n’a été construit ni aucun contrat de construction remporté (Reuters/The Verge, 21-22/12/2023). Le trajet passager du 8 novembre 2020, souvent présenté comme une avancée, s’est déroulé sur une piste d’essai de 500 mètres, loin d’une ligne commerciale ; la vitesse cible d’environ 1 000 km/h n’a jamais été démontrée dans un service réel. Cette distance et cette absence de mise en service commerciale alimentent les critiques sur la faisabilité économique du modèle.

Un second point de tension est interne à l’entreprise et à son actionnariat. En 2022, plus de 100 postes sont supprimés, la stratégie bascule du voyageur vers le fret, et Richard Branson/Virgin se retire en retirant la marque. Ce retrait, documenté par Fortune/Bloomberg (21/12/2023), intervient cinq ans après l’entrée de Virgin en 2017 et signale un désengagement de l’investisseur historique avant la fermeture. La société ne retrouve pas de repreneur capable de poursuivre l’exploitation : DP World, déjà majoritaire, reçoit la propriété intellectuelle, mais aucun opérateur hyperloop ne reprend l’activité.

Enfin, l’absence de procédure collective française mérite d’être soulignée : il n’y a pas eu de jugement d’ouverture, de cession ou de clôture en France. La controverse ne s’inscrit donc pas dans une logique de redressement ou de liquidation judiciaire française, mais dans une fermeture d’entreprise américaine avec cession d’actifs.

Contrepoint

La fermeture de Virgin Hyperloop ne clôt pas mécaniquement la question technique de l’hyperloop. La propriété intellectuelle reste détenue par DP World, acteur industriel et logistique, qui pourrait réutiliser certains brevets ou éléments techniques dans d’autres contextes. La piste d’essai DevLoop et les actifs cédés ne disparaissent pas nécessairement : ils peuvent être rachetés ou réaffectés. Le fait que la société disparaisse ne signifie donc pas que l’ensemble des recherches menées depuis 2014 soit perdu.

Le trajet passager du 8 novembre 2020 demeure un jalon daté, même s’il n’a pas débouché sur un service commercial. Il documente qu’un démonstrateur de transport en tube à basse pression a fonctionné sur 500 mètres. La valeur de cette donnée technique subsiste même après la fermeture de la structure qui l’a produite.

Enfin, l’échec commercial de Hyperloop One ne vaut pas démonstration générale sur les autres projets hyperloop dans le monde. La disparition de l’entreprise renseigne sur une tentative précise, avec son modèle capitalistique et son calendrier ; elle n’établit pas à elle seule l’impossibilité de tout déploiement futur d’une technologie similaire.

Sources

  • Site officiel Hyperloop One, https://hyperloop-one.com (hors ligne ou redirigé après la fermeture ; consulté le 2026-08-20).
  • Bloomberg, 21/12/2023, « Hyperloop One to Shut Down », https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-12-21/hyperloop-one-to-shut-down (consulté le 2026-08-20).
  • Reuters, 21/12/2023, « Hyperloop One to close », https://www.reuters.com/business/autos-transportation/hyperloop-one-close-2023-12-21/ (consulté le 2026-08-20).
  • The Verge, 21/12/2023, « Hyperloop One is shutting down », https://www.theverge.com/2023/12/21/24011294/hyperloop-one-shut-down-close (consulté le 2026-08-20).
  • Fortune / Bloomberg, 21/12/2023, « Hyperloop One shuts down after raising more than $450 million », https://fortune.com/2023/12/21/hyperloop-one-shuts-down/ (consulté le 2026-08-20).

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