SeaBubbles
Disparu
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Le 22 juillet 2025, le tribunal de commerce de Lyon ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’égard de la SAS SeaBubbles. La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au 15 septembre 2025. Aucun repreneur ne se manifeste : en novembre 2025, le tribunal prononce la liquidation judiciaire, faute d’offre valable. L’entreprise cesse définitivement ses activités ; son site internet et ses adresses e-mail sont fermés. (Sources : bateau-electrique.com, LyonMag, Le Dauphiné, consultés le 2026-08-20 ; fiche registre api.gouv.fr).
À la date de vérification des faits (20 août 2026), l’état administratif de SeaBubbles est « cessée » (code C) selon le registre national des entreprises accessible via api.gouv.fr. L’entreprise ne dispose plus d’effectif : les 15 salariés recensés en 2024 (source : La Tribune) ont été licenciés dans le cadre de la liquidation. Les actifs résiduels comprennent un portefeuille de brevets actifs portant sur les foils rétractables, le contrôle de vol, les logiciels embarqués, ainsi qu’une marque et un design. Aucun repreneur n’a été identifié ; la procédure de redressement a échoué, et aucun plan de cession n’a été homologué. Le sort des actifs immatériels reste incertain à ce jour.
Identité
Raison sociale : SEABUBBLES, société par actions simplifiée (SAS), immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Lyon sous le numéro SIREN 817 510 290. Le siège social est situé à Lyon ; les opérations historiques et la base d’essais se trouvaient à Saint-Jorioz, sur les rives du lac d’Annecy (Haute-Savoie). La société a été créée en 2015 par Alain Thébault, navigateur et concepteur, connu pour l’hydroptère. (Source : api.gouv.fr, registre du commerce, consulté le 2026-08-20).
Le capital et l’actionnariat ont évolué : fin 2020, dans un contexte de difficultés post-Covid, la société est reprise par Mediapps Innovation, fonds d’investissement lyonnais présidé par Bechara Wakim, pour un montant déclaré de 1,1 million d’euros. Alain Thébault quitte alors l’entreprise. En 2024, l’effectif s’élève à 15 salariés (source : La Tribune). La société a également racheté Neocean, entité spécialisée dans le contrôle de vol autonome, intégrée comme actif technologique, sans qu’une filiale distincte soit mentionnée dans les sources disponibles. (Sources : La Tribune, LyonMag, registre).
Le mécanisme concret de SeaBubbles repose sur des bateaux-taxis à foils électriques (hydrofoils) : des coques équipées de foils rétractables qui soulèvent le bateau hors de l’eau à partir d’une certaine vitesse, réduisant la traînée et la consommation d’énergie. La propulsion est 100 % électrique, avec une vitesse de croisière cible d’environ 50 km/h. Le modèle initial affichait une capacité de 4 passagers ; le SmartBubble, annoncé homologué en 2024, porte cette capacité à 8 places. L’entreprise détient des brevets actifs portant sur les foils rétractables, le contrôle de vol, les logiciels embarqués, la marque et le design. (Sources : site officiel avant fermeture, bateau-electrique.com, données INPI accessibles via api.gouv.fr).
Les marchés ciblés étaient les collectivités territoriales et les opérateurs de transport fluvial ou lacustre. Des essais publics ont été menés à Lyon Confluence, sur le lac d’Annecy et le lac Léman. Un exemplaire a été vendu à un opérateur suisse pour environ 650 000 euros. La présence géographique se concentrait à Lyon (siège), Saint-Jorioz (base technique) et sur les sites d’essais précités. (Sources : La Tribune, bateau-electrique.com, LyonMag).
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
SeaBubbles a réalisé, à l’été 2023, la première exploitation publique au monde d’une ligne desservie par un bateau à foils 100 % électrique, sur le lac d’Annecy. Selon La Tribune et bateau-electrique.com, plus de 2 000 passagers ont été transportés pendant cette saison. Ce fait constitue une démonstration opérationnelle concrète d’une mobilité lacustre décarbonée, même à petite échelle. L’exploitation a eu lieu en partenariat avec une collectivité ou un opérateur local, sans que les détails contractuels aient été rendus publics. (Sources : La Tribune, bateau-electrique.com, consultés le 2026-08-20).
Malgré cette démonstration, l’entreprise n’a pas réussi à transformer l’essai en activité rentable. Après l’investissement de 1,1 million d’euros fin 2020, la société n’a pas dégagé de chiffre d’affaires suffisant pour assurer sa pérennité. L’homologation annoncée du SmartBubble 8 places en 2024 et la vente d’un exemplaire à un opérateur suisse pour environ 650 000 euros n’ont pas suffi. Le redressement judiciaire ouvert le 22 juillet 2025 puis la liquidation en novembre 2025 montrent l’écart entre la faisabilité technique et la viabilité économique dans ce secteur naissant. (Sources : LyonMag, Le Dauphiné, La Tribune, bateau-electrique.com).
Enfin, le portefeuille de brevets de SeaBubbles (foils rétractables, contrôle de vol) constitue un actif immatériel qui pourrait intéresser d’autres acteurs, mais aucun repreneur n’a été identifié à ce jour. La disparition de l’entreprise laisse un vide dans l’offre de mobilité électrique lacustre en France, sans invalider la technologie elle-même.
Chronologie
- 2015 : Création de la société SeaBubbles par Alain Thébault. (Source : api.gouv.fr, registre du commerce, consulté le 2026-08-20)
- Fin 2020 : Reprise par Mediapps Innovation, fonds lyonnais présidé par Bechara Wakim, pour 1,1 M€ ; départ d’Alain Thébault. (Source : La Tribune, LyonMag)
- Été 2023 : Exploitation de la première ligne publique mondiale de bateau à foils 100 % électrique sur le lac d’Annecy, avec plus de 2 000 passagers transportés. (Source : La Tribune, bateau-electrique.com)
- 22 juillet 2025 : Ouverture d’une procédure de redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon ; date limite de dépôt des offres de reprise fixée au 15 septembre 2025. (Source : bateau-electrique.com)
- Novembre 2025 : Liquidation judiciaire prononcée faute de repreneur ; arrêt définitif de l’activité. (Source : LyonMag, Le Dauphiné, 09/12/2025)
Controverses
La liquidation de SeaBubbles a alimenté le débat sur la viabilité économique des bateaux-taxis électriques à foils. Le coût unitaire élevé — environ 650 000 euros pour un exemplaire vendu — et la dépendance aux collectivités ou subventions publiques ont été pointés comme des freins structurels. Le départ du fondateur Alain Thébault après le Covid, remplacé par un actionnaire financier, a été interprété par certains observateurs comme le signe d’une tension entre la vision technologique et les exigences de rentabilité. (Sources : LyonMag, Le Dauphiné, La Tribune).
Aucune procédure contentieuse, condamnation ou litige majeur n’a été documenté dans le corpus. Les difficultés ont été attribuées à l’absence de commandes en volume, à des retards d’homologation et à un marché encore étroit, plutôt qu’à des fautes de gestion identifiées. La fin de l’entreprise pose néanmoins la question de l’usage des fonds investis et de l’absence de repreneur malgré un actif technologique non négligeable.
Contrepoint
Malgré la disparition de l’entreprise, les concepts techniques portés par SeaBubbles n’ont pas été invalidés. La ligne publique du lac d’Annecy, avec plus de 2 000 passagers transportés à l’été 2023, démontre que des bateaux à foils électriques peuvent transporter des usagers en conditions réelles, avec un niveau de service acceptable. La vente d’un exemplaire à un opérateur suisse indique qu’un intérêt commercial ponctuel existait, même insuffisant pour soutenir une PME lyonnaise. (Sources : La Tribune, bateau-electrique.com, LyonMag).
Les brevets actifs — foils rétractables, contrôle de vol, logiciels embarqués — restent des actifs susceptibles d’être cédés lors de la liquidation, ce qui pourrait perpétuer indirectement la technologie. D’autres acteurs européens explorent des approches similaires de mobilité fluviale électrique, si bien que l’échec de SeaBubbles relève davantage d’un problème de modèle économique et de passage à l’échelle que d’une impasse technique. (Sources : La Tribune, bateau-electrique.com).
Sources
- Registre national des entreprises (api.gouv.fr) — fiche SEABUBBLES, SIREN 817 510 290, état « cessée », consultation le 2026-08-20. URL : https://recherche-entreprises.api.gouv.fr
- La Tribune — article(s) sur SeaBubbles, effectif 2024 et ligne d’Annecy, consultation le 2026-08-20. URL : https://www.latribune.fr (recherche « SeaBubbles »)
- LyonMag — article sur la liquidation judiciaire et le rachat par Mediapps Innovation, consultation le 2026-08-20. URL : https://www.lyonmag.com (recherche « SeaBubbles »)
- Le Dauphiné — article du 09/12/2025 sur la liquidation judiciaire, consultation le 2026-08-20. URL : https://www.ledauphine.com (recherche « SeaBubbles »)
- bateau-electrique.com — article sur l’ouverture du redressement judiciaire et la ligne d’Annecy, consultation le 2026-08-20. URL : https://www.bateau-electrique.com (recherche « SeaBubbles »)
Média associé
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