oBike : la chute du service de vélos en libre-service sans borne
Disparu
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
oBike Pte Ltd a cessé ses opérations en 2018. L’application mobile et les vélos ne sont plus exploitables, et la marque n’a pas été relancée. À Singapour, des liquidateurs provisoires ont été nommés en juillet 2018, confiés à FTI Consulting. Les données collectées ne font état d’aucun repreneur industriel confirmé pour relancer la flotte. Un possible repreneur, OSS Inversiones, était évoqué en lien avec la liquidation, sans issue confirmée dans les sources consultées.
Il ne reste pas d’équipe opérationnelle connue ni d’actifs commerciaux actifs. Le principal enjeu documenté est la restitution des dépôts d’utilisateurs, ainsi que l’enquête ouverte sur l’utilisation de ces fonds. Aucun actif, brevet ou portefeuille de vélos n’est identifié comme ayant été cédé à un exploitant en activité.
Identité
Créée à Singapour en janvier 2017 par Shi Yi et Chen Wei, oBike Pte Ltd est une société de droit singapourien, de forme Pte Ltd. L’effectif salarié n’est pas établi dans les sources consultées ; la flotte a atteint environ 70 000 vélos au plus fort de l’activité, selon la presse. Les finances étaient gérées depuis la Chine par les fondateurs.
oBike a opéré à Singapour, en Malaisie, en Thaïlande, en Australie, en Suisse, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, via des filiales locales comme oBike Hong Kong et oBike France. Le directeur général France était Alban Sayag. Le rattachement au SIREN français 807608690 n’est pas confirmé : cette entité, créée à L’Isle-Adam en 2014, est antérieure à la fondation d’oBike et correspond probablement à un homonyme.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
oBike appartient à la première vague d’opérateurs de vélos en libre-service sans station apparus en 2017. Son lancement à Paris le 9 novembre 2017, avec 500 vélos, est intervenu un mois après celui de Gobee.bike dans la même ville. Cette arrivée rapide a participé à l’implantation de vélos sans borne dans l’espace public parisien.
L’arrêt brutal des opérations à Singapour en juin 2018, puis l’enquête policière de septembre 2018, ont mis en évidence les risques liés aux dépôts d’utilisateurs et au contrôle des finances d’opérateurs de micromobilité. Le cas documente également une croissance rapide suivie d’une liquidation, avec des pertes de 4,25 M$ sur l’exercice 2017.
Chronologie
- 2017-01 — Lancement des opérations à Singapour.
- 2017-11-09 — Lancement à Paris avec 500 vélos, un mois après Gobee.bike.
- 2018-06 — Arrêt brutal des opérations à Singapour ; des utilisateurs ne peuvent pas récupérer leur dépôt.
- 2018-07 — Nomination de liquidateurs provisoires, confiés à FTI Consulting.
- 2018-09 — La police singapourienne ouvre une enquête pour détournement présumé de fonds après le transfert d’environ 10 M$ de dépôts vers oBike Hong Kong.
Controverses
Le principal fait contesté documenté concerne les dépôts d’utilisateurs. En juin 2018, l’arrêt des opérations à Singapour a laissé des utilisateurs sans moyen de récupérer des dépôts allant jusqu’à S$49. En septembre 2018, la presse révèle qu’environ 10 M$ de dépôts ont été transférés de Singapour vers oBike Hong Kong ; la police ouvre alors une enquête pour détournement présumé de fonds.
Les pertes de l’exercice 2017 sont documentées à 4,25 M$. Aucune condamnation n’est établie dans les sources collectées : au moment de la dernière consultation, l’enquête est restée au stade policier. Le traitement des créanciers et le sort des dépôts demeurent partiellement documentés.
Contrepoint
La chute d’oBike ne résume pas à elle seule l’ensemble du vélo en libre-service sans station. D’autres opérateurs, soumis à des règles locales plus strictes, ont poursuivi leur activité sous des formes régulées. Les données collectées ne permettent pas d’affirmer que tous les utilisateurs ont perdu leur dépôt : la nomination de liquidateurs visait à organiser la restitution ou la compensation des créanciers, même si les montants effectivement récupérés restent incertains.
Par ailleurs, l’expansion d’oBike dans plusieurs pays a été très rapide, ce qui a pu peser sur les coûts de maintenance et de logistique, avant même les décisions de justice.
Sources
- ACRA, registre des sociétés de Singapour, recherche « oBike Pte Ltd » — consulté le 2026-08-20. https://www.acra.gov.sg/
- Le Parisien, « oBike débarque à Paris avec 500 vélos en libre-service », 8 novembre 2017 — consulté le 2026-08-20. https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/obike-debarque-a-paris-avec-500-velos-en-libre-service-08-11-2017-7382445.php
- Channel NewsAsia, « oBike ceases operations in Singapore », juin 2018 — consulté le 2026-08-20. https://www.channelnewsasia.com/news/singapore/obike-ceases-operations-singapore-10460754
- Straits Times, « Police investigating oBike for alleged misappropriation of funds », 10 septembre 2018 — consulté le 2026-08-20. https://www.straitstimes.com/singapore/courts-crime/police-investigating-obike-for-alleged-misappropriation-of-funds
Média associé
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