Marcel (plateforme VTC française, absorbée par LeCab en 2024)

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

Le 3 juin 2024, Marcel a cessé d’exister comme entité indépendante : la plateforme VTC a été cédée par Cosmobilis, holding de Jean-Louis Mosca, au groupe LeCab, qui a immédiatement annoncé une convergence vers la marque unique LeCab (Journal Auto, 03/06/2024). L’opération réunit alors 18 000 chauffeurs et 1 million d’utilisateurs actifs cumulés dans 65 villes françaises, l’essentiel des actifs de Marcel étant intégré à la nouvelle structure. Il ne subsiste pas d’entité juridique distincte identifiable : la raison sociale historique MARCEL est absorbée, et aucun SIREN propre à la société fondée en 2014 n’a pu être confirmé (le match api.gouv.fr 979578572, créé le 01/09/2023 à Mulhouse, correspond à un homonyme sans lien avec la plateforme VTC). Les effectifs, ramenés à une trentaine de personnes en 2021 (Journal du Net), ont vraisemblablement été intégrés ou redéployés au sein de LeCab, mais aucune donnée précise n’est disponible. La technologie, les contrats B2B (Air France, Total, France Télévisions, SNCF, La Poste) et la base de chauffeurs partenaires constituent l’héritage opérationnel repris. Aucun actif matériel ou brevet n’est documenté dans le corpus. La situation relève donc d’une disparition par absorption commerciale, sans procédure collective.

Identité

Marcel était une plateforme française de mise en relation entre clients et chauffeurs VTC, fondée en 2014 à Paris par Bertrand Altmayer (Journal Auto, 03/06/2024). Sa raison sociale était MARCEL, mais l’identifiant SIREN de la période d’exploitation n’est pas établi ; les recherches dans le registre national (api.gouv.fr, consulté le 2026-08-20) font apparaître un homonyme — MARCEL, SIREN 979578572, créée le 01/09/2023 à Mulhouse — qui n’est pas représentatif de l’entité historique. La forme juridique précise de l’entreprise absorbée n’est pas documentée. Le siège était situé à Paris. L’effectif a connu une forte variation : environ 70 employés en 2020 (Capital Finance, 2020), réduit à une trentaine en 2021 après la cession à Ascom Invest (Journal du Net, 2021). L’actionnariat a évolué en quatre temps : fondateur en 2014 ; Renault via RCI Banque à partir de 2017 pour une dizaine de millions d’euros (Capital Finance, Les Echos) ; Ascom Invest / Cosmobilis, holding de Jean-Louis Mosca, président du réseau BYmyCAR, à compter du 14/10/2020 (Journal Auto, 15/10/2020) ; enfin le groupe LeCab depuis le 03/06/2024 (Journal Auto). Aucune filiale notable n’est connue. L’activité reposait sur une application de réservation de courses VTC, avec des courses réservées à l’avance, un minimum de course à 12 € (2021), un positionnement B2B représentant environ 50 % du chiffre d’affaires en 2021 (grands comptes : Air France, Total, France Télévisions, SNCF, La Poste), et une flotte majoritairement électrique de Renault Zoé, avec environ 50 % des trajets réalisés en véhicule électrique en 2019. La présence était française, historiquement en Île-de-France, avec une expansion à Lyon et Nice en 2021, et près de 300 000 utilisateurs et 3 000 chauffeurs partenaires en 2020 (Capital Finance).

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Marcel illustre un épisode singulier de l’histoire récente du VTC en France. Après avoir été lancée en 2014, la plateforme a été rachetée en 2017 par le constructeur Renault via sa filiale de financement RCI Banque, pour une dizaine de millions d’euros (Capital Finance, Les Echos). Ce rachat témoigne de la volonté d’un groupe automobile de s’implanter directement dans les services de mobilité, en s’appuyant sur une flotte de Renault Zoé électriques. Marcel s’est distinguée par un positionnement B2B fort : en 2021, environ la moitié de son chiffre d’affaires provenait de grands comptes comme Air France, Total, France Télévisions, SNCF ou La Poste (Journal du Net, 2021). Ce modèle, associé à une présence dans 300 000 utilisateurs et 3 000 chauffeurs en 2020, n’a toutefois pas empêché Renault de se retirer en 2020, en cédant la société à Ascom Invest, la holding du président du réseau de distribution BYmyCAR (Journal Auto, 15/10/2020). La revente au groupe LeCab en juin 2024 a créé une entité combinée de 18 000 chauffeurs et 1 million d’utilisateurs dans 65 villes, conduisant à la disparition de la marque Marcel. L’importance de Marcel réside donc moins dans sa taille que dans son parcours : elle a servi de laboratoire pour l’électrification du VTC, de relais B2B pour de grands donneurs d’ordre, et finalement de maillon dans la consolidation d’un marché dominé par des acteurs internationaux.

Chronologie

  • 2014 — Fondation de Marcel à Paris par Bertrand Altmayer (Journal Auto, 03/06/2024).
  • 2017 — Renault rachète Marcel via sa filiale RCI Banque pour une dizaine de millions d’euros (Capital Finance, Les Echos).
  • 14/10/2020 — Renault cède Marcel à Ascom Invest, holding de Jean-Louis Mosca (président de BYmyCAR) ; le montant n’est pas communiqué (Journal Auto, 15/10/2020).
  • 2021 — Sous Ascom Invest, expansion à Lyon et Nice ; effectifs ramenés à une trentaine de personnes (Journal du Net, 2021).
  • 03/06/2024 — Cosmobilis cède Marcel au groupe LeCab ; convergence annoncée vers la marque unique LeCab (Journal Auto, 03/06/2024).

Controverses

Aucune controverse judiciaire, sociale ou médiatique majeure n’a été identifiée dans le corpus documentaire pour Marcel. Trois zones d’ombre méritent néanmoins d’être signalées. Premièrement, le montant de la cession de Marcel à Ascom Invest en 2020 n’a pas été communiqué, ce qui laisse planer une incertitude sur la valorisation de l’entreprise après trois années sous Renault (Journal Auto, 15/10/2020). Deuxièmement, la réduction des effectifs de 70 à une trentaine de personnes entre 2020 et 2021, immédiatement après le rachat, suggère une restructuration rapide, mais aucune source ne documente de plan social ou de tensions internes (Capital Finance, 2020 ; Journal du Net, 2021). Troisièmement, l’absence d’un SIREN historique vérifiable complique l’accès à l’information financière et juridique de l’entité, le registre renvoyant vers un homonyme créé en 2023 à Mulhouse (api.gouv.fr, 2026-08-20). Ces éléments sont des constats factuels, pas des accusations.

Contrepoint

Le destin de Marcel invite à un regard critique sur les stratégies de diversification des constructeurs automobiles dans les services de mobilité. Le rachat par Renault en 2017 a été motivé par une logique d’intégration verticale : un constructeur, via sa filiale de financement, prenait position dans le VTC en y plaçant ses propres véhicules électriques. Trois ans plus tard, la revente à un réseau de distribution automobile suggère que cette intégration n’a pas produit les synergies espérées. De même, la focalisation sur le segment B2B et les grands comptes n’a pas suffi à protéger Marcel de la pression concurrentielle, alors que le marché du VTC en France est largement dominé par des plateformes à forte intensité capitalistique. La disparition de la marque en 2024, au profit de LeCab, peut être lue comme une rationalisation inévitable d’un secteur fragmenté : l’entité combinée annonce 18 000 chauffeurs et 1 million d’utilisateurs, mais le nom Marcel, porteur d’une identité propre, s’efface. Ce processus soulève des questions sur la pérennité des marques françaises de VTC face à la concurrence internationale, et sur la valeur réelle des actifs immatériels — base d’utilisateurs, contrats B2B — lors des cessions successives.

Sources

  • Capital Finance, article de 2020 (effectifs de 70 employés, rachat par Renault), URL non renseignée dans les sources, consulté le 2026-08-20.
  • Les Echos, 2017 (rachat par Renault via RCI Banque, montant ≈10 M€), URL non renseignée, consulté le 2026-08-20.
  • Journal Auto, 15/10/2020 (cession à Ascom Invest / BYmyCAR), URL non renseignée, consulté le 2026-08-20.
  • Journal Auto, 03/06/2024 (cession à LeCab, 18 000 chauffeurs, 1 million d’utilisateurs, 65 villes), URL non renseignée, consulté le 2026-08-20.
  • Journal du Net, 2021 (expansion Lyon/Nice, effectif ~30), URL non renseignée, consulté le 2026-08-20.
  • api.gouv.fr, registre national, recherche SIREN effectuée le 2026-08-20 (identification de l’homonyme SIREN 979578572), URL : https://api.gouv.fr/, consulté le 2026-08-20.

Média associé

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