Aptis : la filiale bus électriques d’Alstom arrêtée en 2021-2022

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

Le fait qui change : le 5 mai 2021, Alstom annonce la cessation d’activité de sa filiale Aptis, implantée à Hangenbieten (Bas-Rhin), « faute de commandes ». À cette date, l’entreprise compte 141 salariés. Le carnet total depuis 2018 atteint 87 bus commandés, dont 25 livrés ; il reste 62 véhicules à produire, dont 50 pour la RATP et 12 pour Toulon. Aucun repreneur n’est trouvé. La production est arrêtée au premier trimestre 2022, après exécution des commandes restantes. Il ne subsiste pas de site de production actif, mais une équipe d’une vingtaine de salariés est conservée pour la maintenance des bus livrés. Aucune procédure collective judiciaire n’est mentionnée dans les sources disponibles : il s’agit d’une cessation d’activité décidée par le groupe, sans continuation d’exploitation propre.

Identité

Aptis est une société par actions simplifiée française, identifiée sous le SIREN 788877264, immatriculé depuis le 10 septembre 2012. Son siège social est à Clamart ; le site industriel se trouve à Hangenbieten, dans le Bas-Rhin. L’entité est une filiale à 100 % d’Alstom, créée en 2018 après le rachat du fabricant NewTransLohr au groupe Lohr. Elle n’a pas de filiale. Son effectif est de 141 salariés au moment de l’annonce de cessation, en mai 2021. L’activité consiste à fabriquer des bus 100 % électriques à plancher bas d’environ 12 mètres, avec recharge rapide en terminus. Le positionnement est haut de gamme : le prix de vente atteint environ 600 000 € par unité, pour un coût de revient d’environ 1 million d’euros selon la CGT.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

L’arrêt d’Aptis documente une trajectoire industrielle courte : filiale créée en 2018, cessation annoncée en 2021, production arrêtée au premier trimestre 2022. Le décalage entre prix de vente et coût de revient rend l’équilibre économique difficile, avec 87 commandes seulement en trois ans, un volume insuffisant face aux coûts fixes d’un site industriel. Le cas illustre la consolidation du marché français des bus électriques : un produit techniquement viable peut être abandonné faute de volume commercial suffisant. Aptis laisse un parc de 25 bus livrés à Strasbourg, Grenoble, La Rochelle, Tarbes et Aranjuez, ainsi qu’une commande RATP de 50 unités exécutée avant l’arrêt. L’arrêt a concerné 141 emplois, dont une vingtaine conservés pour la maintenance.

Chronologie

  • 10 septembre 2012 — Immatriculation du SIREN 788877264, support administratif de l’entité, avant la constitution de la filiale Aptis en 2018.
  • 2018 — Alstom crée Aptis après le rachat de NewTransLohr au groupe Lohr ; le premier bus de série est livré à la CTS de Strasbourg.
  • 5 mai 2021 — Alstom annonce la cessation d’activité d’Aptis faute de commandes ; 141 salariés sont concernés, 87 bus ont été commandés au total, dont 25 livrés.
  • 2021-2022 — Les 62 bus restants sont produits, dont 50 pour la RATP et 12 pour Toulon ; la production s’arrête au premier trimestre 2022.
  • 2022 — Aucun repreneur n’étant trouvé, seule une équipe de maintenance d’une vingtaine de salariés est conservée.

Controverses

La principale controverse est économique et sociale. Selon la CGT, le bus Aptis était vendu environ 600 000 € l’unité alors que son coût de revient atteignait environ 1 million d’euros, soit une perte unitaire structurelle. Le syndicat critique le positionnement haut de gamme et l’absence de commandes suffisantes pour amortir le site de Hangenbieten. L’annonce de mai 2021 met 141 emplois en jeu. Les tentatives de recherche d’un repreneur échouent, ce qui alimente le débat sur les choix industriels d’Alstom après le rachat de NewTransLohr. Aucun dépôt de bilan judiciaire n’est rapporté : l’arrêt relève d’une décision de groupe, pas d’une procédure collective ouverte devant un tribunal.

Contrepoint

Le produit a néanmoins atteint une réalité industrielle : 25 bus ont été livrés à Strasbourg, Grenoble, La Rochelle, Tarbes et Aranjuez, et 50 véhicules ont été produits pour la RATP avant l’arrêt. La conservation d’une vingtaine de salariés pour la maintenance atténue la rupture pour les réseaux clients ; elle évite que l’arrêt de production se traduise immédiatement par un abandon du parc livré. Enfin, les 87 commandes obtenues entre 2018 et 2021 montrent que l’offre avait rencontré un intérêt réel, mais pas au volume nécessaire pour couvrir les coûts de revient dans la durée.

Sources

  • ICI Alsace, « Alstom arrête l’activité de sa filiale Aptis à Hangenbieten », article du 5 mai 2021, consulté le 2026-08-20. URL : https://www.ici.fr/alsace
  • Les Échos, annonce de la cessation d’activité d’Aptis, 5 mai 2021, consulté le 2026-08-20. URL : https://www.lesechos.fr
  • Le Journal des Entreprises, création d’Aptis en 2018 après rachat de NewTransLohr, article du 5 mai 2021, consulté le 2026-08-20. URL : https://www.lejournaldesentreprises.com
  • api.gouv.fr, données SIREN 788877264, consulté le 2026-08-20. URL : https://api.gouv.fr
  • rue89strasbourg, contexte de l’arrêt d’Aptis, consulté le 2026-08-20. URL : https://www.rue89strasbourg.fr

Média associé

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