Bolloré Bluecar : la citadine électrique d’Autolib’ disparue

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

La Bluecar n’est plus un véhicule en circulation commerciale. Le service d’autopartage Autolib’, qui constituait son principal débouché, s’est arrêté en 2018 à la suite de la résiliation de la concession par le syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM). La voiture elle-même n’a pas fait l’objet d’une procédure collective, puisqu’elle n’a jamais été portée par une société constructrice distincte : il s’agit d’un produit du groupe Bolloré, développé avec la technologie de batterie de sa filiale Blue Solutions.

Le fait qui change, pour cette entité de corpus déjà classée « Disparu », est moins la fin de l’exploitation de la voiture que la clôture du contentieux financier lié à l’arrêt d’Autolib’. Le 21 février 2025, la cour administrative d’appel de Paris a condamné le SAVM à verser environ 66 millions d’euros au groupe Bolloré, soit 75,5 millions d’euros intérêts compris. En octobre 2025, les communes concernées ont renoncé au pourvoi en cassation, ce qui a rendu la décision définitive. Le groupe Bolloré avait initialement réclamé 235 millions d’euros.

Ce qui reste de la Bluecar n’est donc pas un actif industriel automobile actif, mais une technologie de batterie encore portée par Blue Solutions. La production des batteries lithium métal polymère reste localisée à Ergué-Gabéric, en Bretagne. La filiale Bluebus, également située à Ergué-Gabéric, emploie environ 100 salariés et a connu une période d’activité partielle en 2025 selon la presse locale. Aucun repreneur n’est identifié pour la Bluecar en tant que véhicule, qui n’est plus produite. Le site internet dédié au véhicule n’existe plus ; la communication passe par les sites du groupe Bolloré et de Blue Solutions.

Identité

La Bolloré Bluecar est un véhicule électrique, et non une société. La recherche ne fait ressortir ni raison sociale distincte ni identifiant SIREN/SIRET propre à la Bluecar. L’entité du corpus désigne le véhicule développé par le groupe Bolloré, dont la batterie lithium métal polymère provient de sa filiale Blue Solutions. Le lancement public de la Bluecar date de décembre 2011, avec la mise en service d’Autolib’ en Île-de-France.

La forme juridique est donc celle d’une marque-produit au sein du groupe Bolloré, pas d’une société anonyme ou d’une filiale dédiée. Le siège de rattachement est celui du groupe Bolloré à Paris. La production des batteries a lieu à Ergué-Gabéric, dans le Finistère. L’effectif propre à la Bluecar n’est pas établi dans les sources disponibles ; en revanche, la filiale Bluebus, qui a décliné la technologie vers le bus électrique, compte environ 100 salariés, avec une activité partielle signalée en 2025.

L’actionnariat de rattachement est le groupe Bolloré, contrôlé par la famille Bolloré. Les filiales directement liées à l’activité du véhicule sont Blue Solutions, qui porte les batteries lithium métal polymère et a été retirée de la Bourse en 2020, et Bluebus, qui produit des bus électriques à Ergué-Gabéric. La Bluecar elle-même n’a pas de filiales.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

La Bluecar compte d’abord par l’échelle du déploiement d’Autolib’. À son maximum, le service a opéré environ 3 907 véhicules et 1 100 stations réparties sur 103 communes du Grand Paris, avec environ 150 000 abonnés. Ce volume en fait l’un des plus grands services d’autopartage en boucle déployés en France, sur une concession de service public de douze ans signée avec le syndicat mixte.

La voiture a également servi de support d’usage intensif à la batterie lithium métal polymère de Blue Solutions. Plutôt qu’un simple prototype, elle a circulé en flotte d’autopartage pendant près de sept ans, dans des conditions d’utilisation quotidienne et de recharge répétée. Cette exposition a précédé la déclinaison de la technologie vers les bus électriques Bluebus et vers les projets de batteries solides portés par Blue Solutions.

Le contentieux né de la résiliation de la concession a donné à la Bluecar une importance budgétaire et juridique. La condamnation du SAVM à hauteur de 66 millions d’euros, puis 75,5 millions d’euros intérêts inclus, est intervenue après sept ans de procédure. Elle illustre le coût pour les collectivités d’une sortie anticipée d’un contrat d’exploitation de flotte électrique. L’arrêt du service en 2018 a également entraîné la disparition de la Bluecar du paysage automobile français, alors même que le groupe Bolloré poursuivait ses activités dans la batterie et le bus.

Chronologie

  • Décembre 2011 : lancement du service Autolib’ en Île-de-France. La Bluecar est déployée avec une concession prévue sur douze ans. Le réseau atteindra jusqu’à 3 907 véhicules et 1 100 stations. Source : Le Parisien, consulté le 2026-08-20.
  • 25 juin 2018 : le syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole vote la résiliation du contrat après environ sept ans d’exploitation. Le groupe Bolloré réclame 235 millions d’euros. Source : Le Monde, consulté le 2026-08-20.
  • 2020 : Blue Solutions, filiale batterie du groupe Bolloré liée à la technologie de la Bluecar, est retirée de la Bourse. Source : BFM, consulté le 2026-08-20.
  • 21 février 2025 : la cour administrative d’appel de Paris condamne le SAVM à verser environ 66 millions d’euros au groupe Bolloré, soit 75,5 millions d’euros intérêts inclus. Source : Le Monde / Le Parisien, consulté le 2026-08-20.
  • Octobre 2025 : les communes concernées renoncent au pourvoi en cassation, rendant la condamnation définitive. Source : Le Parisien, consulté le 2026-08-20.

Controverses

La principale controverse liée à la Bluecar est la résiliation anticipée du contrat Autolib’. En 2018, le SAVM a mis fin à la concession avant son terme de douze ans, après environ sept ans de service. Le désaccord portait sur l’équilibre financier du dispositif et sur le montant de l’indemnisation due au groupe Bolloré. Le groupe a initialement réclamé 235 millions d’euros ; la cour administrative d’appel de Paris a finalement retenu environ 66 millions d’euros, portés à 75,5 millions d’euros intérêts inclus. L’écart entre la demande et la condamnation a alimenté le débat sur le coût public de l’autopartage électrique.

La fin d’Autolib’ a aussi posé la question du devenir des véhicules et des emplois. La Bluecar n’a pas été reprise par un autre constructeur et n’a pas continué à être produite. La filiale Bluebus, qui a exploité la même technologie de batterie pour des bus électriques, a connu des difficultés de charge de travail, avec environ 100 salariés et une période d’activité partielle évoquée en 2025 par la presse locale.

Le retrait de Blue Solutions de la Bourse en 2020 a réduit la visibilité financière de l’activité batterie issue de la Bluecar. Le projet de gigafactory de batteries solides près de Mulhouse, estimé à environ 2 milliards d’euros et visé à l’horizon 2030, prolonge cette trajectoire industrielle, mais sans lien direct avec la citadine disparue. La condamnation de 2025 a clos le volet contentieux principal, tout en laissant un coût net pour les collectivités inférieur à la demande initiale du groupe.

Contrepoint

La disparition de la Bluecar ne signifie pas l’abandon de la technologie qui l’équipait. Blue Solutions continue de porter les batteries lithium métal polymère depuis Ergué-Gabéric, et Bluebus demeure une filiale opérationnelle du groupe Bolloré, même si elle a traversé une période d’activité partielle en 2025. Le projet de gigafactory de batteries solides évoqué à l’horizon 2030 près de Mulhouse montre que le groupe conserve une trajectoire industrielle dans le stockage électrique.

Sur le plan juridique, la condamnation de 2025 a été inférieure à la somme réclamée par le groupe Bolloré. Si le SAVM a dû verser 66 millions d’euros, puis 75,5 millions d’euros intérêts inclus, le groupe n’a pas obtenu les 235 millions d’euros demandés. La fin de la Bluecar a donc été coûteuse pour les deux parties, mais elle n’a pas entraîné la disparition de l’activité batterie du groupe, qui s’est déplacée vers le bus et le stockage stationnaire.

Sources

  • Bolloré — https://www.bollore.com — consulté le 2026-08-20.
  • Blue Solutions — https://www.bluesolutions.com — consulté le 2026-08-20.
  • Le Monde — https://www.lemonde.fr — consulté le 2026-08-20.
  • Le Parisien — https://www.leparisien.fr — consulté le 2026-08-20.
  • BFM — https://www.bfmtv.com — consulté le 2026-08-20.
  • Les Échos — https://www.lesechos.fr — consulté le 2026-08-20.
  • Le Télégramme — https://www.letelegramme.fr — consulté le 2026-08-20.
  • Reuters — https://www.reuters.com — consulté le 2026-08-20.

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