Disparu
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Britishvolt est, au 20 août 2026, une entité sans activité industrielle. La société opérationnelle, Power by Britishvolt Limited, a été placée en administration le 17 janvier 2023, après que les administrateurs ont constaté un apport en capital insuffisant pour poursuivre l’entreprise (Reuters, 17/01/2023 ; EY, Proposals 2023). La procédure d’administration britannique — équivalent d’une procédure d’insolvabilité — a été conduite par EY-Parthenon, nommé administrateur. Aucun tribunal n’est identifié dans les sources consultées pour l’ouverture de cette procédure. Elle s’est achevée le 26 février 2023 par la cession de l’activité et de la quasi-totalité des actifs à Recharge Production UK Ltd, filiale de Scale Facilitation Partners LLC, pour 8 576 343 livres sterling (EY, Proposals 2023).
Ce qu’il en reste est mince. Le projet de gigafactory de Cambois, dans le Northumberland, annoncé à 3,8 milliards de livres pour 38 GWh par an, n’a jamais atteint la production commerciale ; aucun revenu de production n’a été réalisé (EY, Proposals 2023 ; Reuters, 17/01/2023). La ligne pilote de Hams Hall et les fonctions de R&D de Leamington Spa ont été incluses dans le périmètre cédé, mais le détail du sort des brevets, des prototypes et des études techniques n’est pas précisé dans les documents publics consultés. Environ 300 salariés étaient employés à la veille de l’administration ; les salariés restants ont été transférés au repreneur lors de la cession (BBC, 27/02/2023). La société résiduelle demeure une coquille sous administration, sans site internet actif : britishvolt.com était hors ligne au moment de la vérification (constat du 20/08/2026).
L’aide publique britannique de 100 millions de livres, conditionnée à des jalons de construction du site de Cambois, n’a jamais été débloquée, ces jalons n’ayant pas été atteints (Reuters, 17/01/2023).
Identité
Raison sociale : Power by Britishvolt Limited (in Administration), immatriculée en Angleterre et au pays de Galles le 31 décembre 2019. Le numéro d’immatriculation exact n’a pas été établi, le registre du Companies House n’ayant pas été consulté directement dans le cadre de la collecte (EY, Proposals 2023). La forme juridique est celle d’une private limited company de droit anglais.
Le siège opérationnel du projet était situé à Cambois, dans le Northumberland, sur le site de la future gigafactory. Les fonctions de recherche et développement étaient installées à Leamington Spa et une ligne pilote à Hams Hall, au Royaume-Uni (EY, Proposals 2023). Le groupe comprenait plusieurs filiales : BVP, détentrice du terrain de Cambois ; BVPM, support du centre de formation d’Ashington ; une filiale canadienne et une filiale japonaise (EY, Proposals 2023).
L’actionnariat de Britishvolt était porté par son fondateur, Orral Nadjari, parti en 2021, et par un ensemble d’investisseurs dont Glencore International AG, cité comme créancier et investisseur. Le détail complet des personnes physiques et family offices n’est pas établi publiquement (Reuters, 17/01/2023 ; EY, Proposals 2023). Depuis le 26 février 2023, le repreneur des actifs est Recharge Production UK Ltd, filiale de Scale Facilitation Partners LLC.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Britishvolt compte d’abord pour la place du Royaume-Uni dans la production de cellules lithium-ion. Le projet de Cambois était annoncé comme la première gigafactory britannique de cellules pour véhicules électriques, avec une capacité de 38 GWh par an et un investissement de 3,8 milliards de livres (EY, Proposals 2023 ; Reuters, 17/01/2023). Deux protocoles d’accord avaient été signés avec des constructeurs automobiles britanniques, mais ils n’ont pas débouché sur des revenus commerciaux (EY, Proposals 2023).
L’entité illustre ensuite la fragilité des projets de batteries à forte intensité capitalistique lorsqu’ils reposent sur des financements en fonds propres et des aides publiques conditionnelles. L’administration du 17 janvier 2023 a été déclenchée par une insuffisance d’apport en capital, alors que l’entreprise n’avait pas sécurisé les fonds nécessaires à la construction (Reuters, 17/01/2023). L’écart entre l’investissement annoncé de 3,8 milliards de livres et le prix de cession de 8,6 millions de livres, constaté en février 2023, a fonctionné comme un signal d’alerte pour les projets de gigafactories en Europe et en Amérique du Nord (EY, Proposals 2023).
Enfin, Britishvolt reste un cas d’école de procédure collective dans l’industrie naissante des batteries : la vente à Recharge Production UK Ltd, filiale de Scale Facilitation Partners LLC, a été réalisée dans le cadre d’une administration visant à maximiser la valeur pour les créanciers, sans que la production ait jamais commencé. Cette séquence en fait une entité de mémoire pour l’annuaire des batteries et des matériaux, plus qu’un acteur industriel actif.
Chronologie
- 31 décembre 2019 — Immatriculation de Power by Britishvolt Ltd au Companies House d’Angleterre et du pays de Galles (EY, Proposals 2023).
- 17 janvier 2023 — Entrée en administration ; EY-Parthenon est nommé administrateur. L’administration est motivée par un apport en capital insuffisant pour poursuivre l’activité (Reuters, 17/01/2023).
- 3 février 2023 — L’offre de reprise présentée par Recharge Production UK Ltd, filiale de Scale Facilitation Partners LLC, est retenue par les administrateurs (Reuters, 06/02/2023 ; EY, Proposals 2023).
- 26 février 2023 — La cession de l’activité et de la quasi-totalité des actifs à Recharge Production UK Ltd est complétée pour 8 576 343 livres sterling (EY, Proposals 2023).
Controverses
La disparition de Britishvolt a été entourée de plusieurs controverses. La première porte sur le soutien public : l’État britannique avait annoncé un soutien de 100 millions de livres, mais ce financement était conditionné à des jalons de construction du site de Cambois. Ces jalons n’ayant jamais été atteints, l’argent n’a pas été versé, ce qui a laissé le projet sans filet public au moment où les capitaux privés manquaient (Reuters, 17/01/2023).
La deuxième controverse concerne l’écart de valorisation. Un projet annoncé à 3,8 milliards de livres a été cédé pour environ 8,6 millions de livres, soit une fraction infime de l’investissement affiché. Cet écart a alimenté les interrogations sur la crédibilité initiale des annonces financières et sur la capacité des investisseurs à évaluer le risque industriel (EY, Proposals 2023).
La troisième controverse touche à la gouvernance. Le fondateur Orral Nadjari est parti en 2021, deux ans avant l’administration, dans un contexte où le projet n’avait pas encore verrouillé son financement. La présence de Glencore International AG comme créancier et investisseur a également posé la question de l’alignement entre les intérêts des créanciers et ceux des actionnaires d’origine, sans que les documents publics ne permettent de trancher (Reuters, 17/01/2023 ; EY, Proposals 2023).
Enfin, la cession à Scale Facilitation Partners LLC, par l’intermédiaire de Recharge Production UK Ltd, a été examinée de près par la presse en raison du profil du repreneur, David Collard, et de l’absence de calendrier industriel détaillé communiqué au moment de la reprise. Les sources consultées ne permettent pas d’établir que le repreneur disposait des financements suffisants pour relancer la construction.
Contrepoint
La disparition de Britishvolt ne doit pas être réduite à une liquidation immédiate. La procédure d’administration a abouti à une cession d’activité, ce qui a permis de transférer une partie des salariés et certains actifs — dont le site de Cambois et la ligne pilote de Hams Hall — à un repreneur identifiable. Cette issue correspond à l’objectif d’une administration britannique : maximiser la valeur pour les créanciers tout en sauvant ce qui peut l’être (EY, Proposals 2023).
Du point de vue du repreneur, l’acquisition à un prix très inférieur à l’investissement annoncé pouvait représenter une opportunité de récupérer des études techniques, un site industriel et une équipe à moindre coût. Toutefois, aucun élément daté et sourcé ne confirme, au 20 août 2026, que Recharge Production UK Ltd a relancé la production ou finalisé un plan de financement du site de Cambois. Le statut « Disparu » de Britishvolt reste donc justifié, mais la trace industrielle du projet n’a pas totalement disparu.
Sources
- EY, « Power by Britishvolt Limited (in Administration) — Proposals », 2023, document primaire des administrateurs. URL non renseignée dans la collecte ; consulté le 2026-08-20.
- Reuters, article sur l’entrée en administration de Britishvolt, 17/01/2023. URL non renseignée dans la collecte ; consulté le 2026-08-20.
- Reuters, article sur la sélection de l’offre Recharge, 06/02/2023. URL non renseignée dans la collecte ; consulté le 2026-08-20.
- BBC, article sur la cession de Britishvolt, 27/02/2023. URL non renseignée dans la collecte ; consulté le 2026-08-20.
Média associé
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