En difficulté
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Le 8 novembre 2023, la société par actions simplifiée CITYSCOOT (SIREN 800 862 021) annonce sa cessation des paiements et demande l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Paris. Les actionnaires historiques, RATP et Caisse des Dépôts, refusent de renflouer l’entreprise, précipitant la recherche d’un repreneur. Le 21 février 2024, le tribunal de commerce de Paris valide l’offre de reprise présentée par l’opérateur espagnol Cooltra pour un montant de 400 000 euros. La bascule opérationnelle intervient le 23 février 2024 : les utilisateurs sont transférés vers l’application Cooltra, avec reprise de leurs crédits de minutes. Sur les 168 salariés que comptait l’entreprise, 30 sont conservés par le repreneur. À la date de vérification des faits, le 20 août 2026, l’entité juridique CITYSCOOT reste active administrativement, sous le contrôle de Cooltra, et le site cityscoot.eu redirige vers l’application et les services Cooltra.
Ce qu’il reste de Cityscoot après cette bascule est un actif intégré au groupe espagnol. La flotte de scooters électriques en libre-service, estimée à environ 2 500 unités avant la reprise, a été réduite à 1 500 après la cession. Cooltra détient désormais deux des trois licences parisiennes de location de scooters électriques en libre-service, la licence historique de Cityscoot courant jusqu’à fin 2028. Les actifs incorporels comprennent la marque, l’application mobile, les données clients et les crédits de minutes transférés. L’équipe résiduelle est composée de 30 salariés, sans filiale significative identifiée. Les anciens actionnaires publics ne figurent plus au capital : Cooltra est le nouveau propriétaire unique de l’entité.
Identité
La raison sociale est CITYSCOOT, forme juridique SAS, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le SIREN 800 862 021 (source api.gouv.fr, consultation du 20 août 2026). La société a été créée le 29 janvier 2014, fondée par Bertrand Fleurose. Le siège social est situé à Paris, France. L’effectif est connu à deux dates : 168 salariés avant la reprise (2024), puis 30 salariés conservés par Cooltra (février 2024) ; la tranche d’effectif administrative pour l’année 2023 est la tranche 22, celle-ci n’étant pas définie par un nombre exact. Les actionnaires étaient historiquement la RATP et la Caisse des Dépôts ; depuis février 2024, l’entité est détenue par Cooltra, société espagnole. Aucune filiale significative n’est identifiée. Des homonymes ont été écartés : SIDE DEALCAB CITYSCOOT (SIREN 897 490 025, société radiée) et ENOVEE (SIREN 814 795 217, société radiée). L’état administratif est actif (A), sous contrôle de Cooltra.
Le mécanisme concret de l’activité, avant la reprise, reposait sur la location de scooters électriques en libre-service (free-floating) via une application mobile. L’utilisateur géolocalisait un scooter, le déverrouillait, roulait et le stationnait dans la zone autorisée, la facturation étant établie à la minute. Le service visait les particuliers urbains à Paris et en petite couronne, dans le cadre d’une licence accordée par la Ville de Paris courant jusqu’à fin 2028. Avant la cessation de paiements, l’entreprise avait également opéré à Nice, Bordeaux, Milan et Turin, mais ces marchés avaient déjà été abandonnés. Le volume d’utilisateurs actifs était estimé à environ 250 000 avant la reprise.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Cityscoot a été l’un des premiers opérateurs de scooters électriques en libre-service à Paris, avec une création en 2014, avant l’arrivée massive des trottinettes électriques en free-floating. Son modèle a contribué à normaliser la micromobilité partagée en France et a servi de modèle opérationnel aux opérateurs ultérieurs du secteur. La détention d’une licence parisienne jusqu’à fin 2028 en faisait un opérateur intégré au dispositif de mobilité régulé de la capitale, même si l’entreprise n’a jamais atteint l’équilibre financier.
L’échec de Cityscoot illustre les difficultés économiques du free-floating de scooters électriques dans les grandes métropoles européennes : coûts de maintenance élevés, vandalisme, recharge des batteries et contraintes réglementaires. Le soutien initial de la RATP et de la Caisse des Dépôts, deux actionnaires publics, n’a pas empêché la chute, ce qui a suscité des interrogations sur la gestion des fonds publics dans ce type d’aventure. La reprise par Cooltra pour 400 000 euros, un montant jugé faible au regard de la flotte et des licences, témoigne de la consolidation du secteur : seuls quelques opérateurs européens, souvent adossés à des groupes plus larges, subsistent après la vague de faillites des années 2022-2024. La procédure collective de Cityscoot a également servi de précédent pour le traitement des actifs de mobilité en cas de défaillance, avec un transfert rapide des utilisateurs et des crédits vers un repreneur.
Chronologie
- 29 janvier 2014 — Création de la société CITYSCOOT par Bertrand Fleurose, immatriculée sous le SIREN 800 862 021 (source : api.gouv.fr, consultation 2026-08-20).
- 8 novembre 2023 — Annonce de la cessation des paiements et demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ; les actionnaires RATP et Caisse des Dépôts refusent de renflouer (sources : Frandroid, Challenges).
- 21 février 2024 — Le tribunal de commerce de Paris valide l’offre de reprise de Cooltra pour 400 000 € ; 30 des 168 salariés sont conservés (sources : Journal Auto, actu.fr).
- 23 février 2024 — Bascule effective des utilisateurs vers l’application Cooltra, avec transfert des crédits de minutes (sources : BFM TV, Cooltra).
- 20 août 2026 — Date de vérification des faits : l’entité est toujours active administrativement, sous contrôle de Cooltra, et le site officiel redirige vers Cooltra (source : api.gouv.fr, cityscoot.eu).
Controverses
La reprise de Cityscoot a été marquée par plusieurs controverses documentées. La réduction drastique des effectifs — de 168 à 30 salariés, soit 138 suppressions de postes — a été dénoncée par les organisations syndicales comme un plan social brutal, d’autant que les actionnaires historiques, RATP et Caisse des Dépôts, avaient refusé de renflouer l’entreprise malgré des années de pertes. Le prix de cession de 400 000 euros pour une flotte d’environ 2 500 scooters et une licence parisienne jusqu’à fin 2028 a été analysé comme très inférieur à la valeur de remplacement des actifs, traduisant la faiblesse des fonds propres et le poids des dettes. Les créanciers, notamment les fournisseurs et les partenaires de recharge, ont subi des pertes significatives.
Le rôle des actionnaires publics a également été critiqué : la Caisse des Dépôts, organisme public, a vu sa participation réduite à néant sans tentative de sauvetage, posant la question de la responsabilité des investisseurs institutionnels dans les entreprises de mobilité. Enfin, le modèle économique du free-floating de scooters électriques à Paris a été remis en cause : malgré une base d’utilisateurs revendiquée de 250 000 personnes, l’entreprise n’a jamais atteint la rentabilité, minée par le vandalisme, les coûts de maintenance et une régulation municipale de plus en plus restrictive. La bascule vers Cooltra a été perçue comme une issue pragmatique, mais elle a également illustré la fragilité des acteurs de la micromobilité face à des coûts fixes élevés et à des marges faibles.
Contrepoint
La reprise par Cooltra a permis d’éviter une liquidation pure et simple, préservant une partie des emplois (30 postes sur 168) et la continuité du service pour les utilisateurs, dont les crédits de minutes ont été transférés sans interruption majeure. La marque Cityscoot a survécu, même si elle n’est plus qu’un nom commercial au sein du groupe espagnol. L’intégration à un opérateur européen plus large, déjà présent dans plusieurs villes, peut offrir des synergies opérationnelles et financières, notamment en mutualisant la maintenance et la recharge. La détention de deux licences parisiennes sur trois donne à Cooltra une position significative sur le marché du scooter électrique en libre-service dans la capitale, ce qui pourrait stabiliser l’offre à moyen terme. Enfin, l’échec de Cityscoot a constitué un signal fort pour les régulateurs et les investisseurs sur la viabilité du free-floating non subventionné, conduisant à une approche plus prudente dans l’attribution des licences et le financement des opérateurs.
Sources
- api.gouv.fr — Recherche SIREN 800 862 021 (source primaire, données administratives : raison sociale, forme juridique, date de création, état administratif). URL : https://api.gouv.fr/ — consulté le 2026-08-20.
- Cityscoot.eu — Site officiel, redirige vers Cooltra (état du service au 2026-08-20). URL : https://www.cityscoot.eu — consulté le 2026-08-20.
- Frandroid — Article sur la cessation des paiements et la procédure de redressement judiciaire (daté du 08/11/2023). URL non fournie dans le corpus — consulté le 2026-08-20.
- Journal Auto — Article sur la validation de l’offre de reprise par Cooltra (daté du 21/02/2024). URL non fournie dans le corpus — consulté le 2026-08-20.
- actu.fr — Article sur la reprise et le plan social (daté du 21/02/2024). URL non fournie dans le corpus — consulté le 2026-08-20.
- Challenges — Article sur le refus des actionnaires publics de renflouer (daté du 08/11/2023). URL non fournie dans le corpus — consulté le 2026-08-20.
- BFM TV — Article sur la bascule des utilisateurs vers l’application Cooltra (daté du 23/02/2024). URL non fournie dans le corpus — consulté le 2026-08-20.
Média associé
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