Racheté
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Le 2 octobre 2025, le scheme of arrangement engagé sous la partie 26 du Companies Act 2006 est devenu effectif : DoorDash, Inc. (NASDAQ: DASH) détient 100 % du capital de Deliveroo plc, et l’action Deliveroo a été radiée de la cote de la Bourse de Londres. Il ne s’agit pas d’une procédure collective : Deliveroo plc demeure une société de droit anglais, filiale à 100 % de DoorDash, mais sa cotation publique est terminée. En France, la filiale Deliveroo France SAS n’est pas dissoute. Elle reste immatriculée au RCS de Paris sous le SIREN 810365817 et a déposé ses comptes 2024 le 3 avril 2026.
Ce qui reste après l’opération est d’abord un réseau de filiales sur environ 10 marchés, dont le Royaume-Uni et l’Irlande, la France, l’Italie, la Belgique, Singapour et plusieurs pays du Golfe. DoorDash évoque, après consolidation, un périmètre combiné de 45 marchés. En France, Deliveroo France SAS est qualifiée d’entreprise de taille intermédiaire, avec un effectif de 138 salariés en 2020, dernier chiffre disponible dans les données RCS consultées le 20 août 2026. Cet effectif ne comprend pas les coursiers, qui restent des indépendants ou prestataires rémunérés à la course.
L’actif principal n’est pas industriel : c’est une place de marché à trois versants — clients, restaurants et commerçants partenaires, coursiers indépendants — dont les revenus proviennent de commissions sur les commandes, de frais de livraison et d’un abonnement (Deliveroo Plus). L’extension vers l’épicerie, notamment via des dark stores sous l’appellation Deliveroo Hop, fait partie du mécanisme décrit dans les sources judiciaires et de presse. Le repreneur identifié est DoorDash, déjà coté au Nasdaq, qui a payé 180 pence par action en numéraire, soit une valorisation d’environ 2,8 milliards de livres sterling (environ 3,7 milliards de dollars).
Identité
Deliveroo plc a été fondée à Londres en 2013 par Will Shu et Greg Orlowski. Avant le rachat, la société était cotée au London Stock Exchange sous le ticker ROO. La raison sociale de la maison mère reste Deliveroo plc, société de droit anglais et du pays de Galles, enregistrée en Angleterre et au pays de Galles ; la filiale française est Deliveroo France SAS, SIREN 810365817, RCS Paris, capital social de 52 232 610 euros.
Le siège du groupe est à Londres, Royaume-Uni. Le siège français est situé au 36 rue Lafayette, 75009 Paris. Deliveroo France a été immatriculée le 18 mars 2015 au RCS de Paris. Sa forme juridique est la société par actions simplifiée.
L’actionnariat a changé en 2025 : depuis le 2 octobre 2025, DoorDash détient 100 % du capital de Deliveroo plc. Avant l’opération, Deliveroo était une société cotée ; le fondateur et ancien directeur général Will Shu était le principal actionnaire individuel, et Amazon détenait environ 13 % du capital après son entrée au tour de table en 2019. Le périmètre des filiales détaillé n’est pas établi ici ; les données disponibles confirment au moins Deliveroo France SAS et des filiales au Royaume-Uni, en Italie, en Belgique, en Irlande, à Singapour, aux Émirats arabes unis, au Koweït et au Qatar.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Deliveroo compte d’abord par la mécanique qu’elle a déployée dans la livraison instantanée : une plateforme de mise en relation qui ne supporte pas directement les coûts de la flotte de livraison, mais qui prélève une commission auprès des restaurants et des commerçants, facture des frais de livraison au client et vend un abonnement. Ce mécanisme explique la rapidité de couverture urbaine, mais aussi la fragilité juridique du modèle : le statut des coursiers a été au centre des contentieux.
L’opération DoorDash donne une mesure de la valeur de ce modèle en 2025. L’offre finale en numéraire de 180 pence par action, annoncée le 6 mai 2025 et devenue effective le 2 octobre 2025, valorise Deliveroo environ 2,8 milliards de livres sterling. C’est une opération de consolidation transatlantique : DoorDash, société américaine déjà présente dans la livraison de repas, absorbe un réseau européen et moyen-oriental sans passer par une procédure collective, mais par un scheme of arrangement sanctionné par la High Court le 30 septembre 2025.
Le volet français ajoute une importance jurisprudentielle. L’arrêt de la cour d’appel de Paris du 2 juillet 2025 condamne Deliveroo pour travail dissimulé concernant neuf coursiers ayant travaillé entre 2017 et 2022. Cette décision, avec la réintégration d’un coursier et 93 000 euros de rappels de salaires, illustre la requalification possible des indépendants en salariés. En 2022, le tribunal de Paris avait déjà infligé l’amende maximale de 375 000 euros. Cette dimension ne disparaît pas avec le rachat : Deliveroo France SAS reste opérationnelle et ses obligations sociales demeurent.
Chronologie
- 2013 : fondation de Deliveroo à Londres par Will Shu et Greg Orlowski.
- 18 mars 2015 : immatriculation de Deliveroo France SAS au RCS de Paris.
- 6 mai 2025 : annonce Rule 2.7 — les conseils de DoorDash et Deliveroo annoncent une offre cash finale de 180 pence par action, valorisant Deliveroo environ 2,8 milliards de livres sterling (environ 3,7 milliards de dollars).
- 30 septembre 2025 : la High Court sanctionne le scheme of arrangement (partie 26, Companies Act 2006).
- 2 octobre 2025 : le scheme devient effectif ; Deliveroo plc est détenue à 100 % par DoorDash et radiée de la cote LSE.
Controverses
Le contentieux social français constitue le principal point de friction. Le 2 juillet 2025, la cour d’appel de Paris a condamné Deliveroo pour travail dissimulé à propos de neuf coursiers ayant travaillé entre 2017 et 2022. La décision va au-delà d’une simple amende : elle prononce la réintégration d’un coursier et 93 000 euros de rappels de salaires. En 2022, le tribunal de Paris avait infligé l’amende maximale de 375 000 euros à la société.
Le cœur du différend est la qualification des livreurs. La collecte ne permet pas d’établir que l’ensemble de l’effectif de livraison est salarié ; les livreurs restent des indépendants ou prestataires rémunérés à la course. Mais la cour d’appel a retenu une situation de subordination pour les neuf coursiers visés, ce qui contredit la présentation contractuelle de la plateforme. Ce décalage entre le contrat et la réalité d’exécution est le fait saillant de la controverse.
Aucune procédure collective n’est ouverte. La controverse n’a pas conduit à la disparition de la filiale française ; elle crée néanmoins un passif social et une incertitude sur la généralisation de la requalification. Le rachat par DoorDash ne purge pas les décisions rendues : les sources consultées ne mentionnent aucun accord transactionnel postérieur au 2 juillet 2025.
Contrepoint
Le rachat par DoorDash apporte une lecture opposée à la notion de déclin. Le 2 octobre 2025, une société cotée au Nasdaq a payé 180 pence par action en numéraire pour prendre 100 % du capital, ce qui suppose une valeur économique suffisante pour justifier le décaissement. La procédure retenue, un scheme of arrangement sanctionné par la High Court le 30 septembre 2025, est un mécanisme de droit anglais qui exige l’approbation des actionnaires et l’homologation judiciaire ; elle ne correspond pas à une liquidation.
Sur le plan opérationnel français, Deliveroo France SAS reste active. Le dépôt de ses comptes 2024 le 3 avril 2026 est un indice de continuité, non de cessation. La qualification d’entreprise de taille intermédiaire et l’effectif de 138 salariés en 2020 montrent que la filiale française porte une activité de gestion de plateforme et de relations avec les partenaires, distincte de la flotte de livreurs indépendants.
Enfin, le débat sur le statut des coursiers n’est pas univoque. Le modèle repose sur des contrats de prestation et une rémunération à la course ; la requalification constatée par la cour d’appel de Paris le 2 juillet 2025 ne concerne que neuf coursiers, sur une période allant de 2017 à 2022. La collecte ne permet pas d’affirmer que la totalité des livreurs de Deliveroo France relève désormais du salariat. La filiale française peut donc continuer à fonctionner avec ce modèle, tout en supportant un risque de contentieux supplémentaire.
Sources
- SEC, DoorDash, Form 8-K, 2 octobre 2025 — https://www.sec.gov/cgi-bin/browse-edgar?action=getcompany&CIK=0001792789&type=8-K&dateb=&owner=include&count=40 (consulté le 2026-08-20).
- RNS LSE, « Scheme Becomes Effective », 2 octobre 2025 — https://www.londonstockexchange.com/news (consulté le 2026-08-20).
- AP News, 2 octobre 2025 — https://apnews.com (consulté le 2026-08-20).
- Cour d’appel de Paris, arrêt n° 24/03089, 2 juillet 2025 — https://www.doctrine.fr (consulté le 2026-08-20).
- Franceinfo, AFP, 2 juillet 2025 — https://www.francetvinfo.fr (consulté le 2026-08-20).
- Societe.com, Deliveroo France — https://www.societe.com/societe/deliveroo-france-810365817.html (consulté le 2026-08-20).
- Entreprises Le Figaro, RCS Paris, Deliveroo France — https://entreprises.lefigaro.fr/deliveroo-france-75/entreprise-810365817 (consulté le 2026-08-20).
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