Dyson Automotive : le SUV électrique abandonné de Dyson

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

Le 10 octobre 2019, James Dyson annonce par courriel aux salariés l’arrêt du programme Dyson Automotive. Le projet n’étant pas juridiquement distinct de Dyson Ltd, il n’y a ni société à liquider ni procédure collective : il s’agit d’une fermeture de programme interne. Les installations de développement au Royaume-Uni et le site d’usine prévu à Singapour ont été fermés. Aucun repreneur n’a été identifié.

Aujourd’hui, Dyson Automotive n’a plus d’activité, aucun véhicule n’a été commercialisé et la page institutionnelle dyson.com/automotive sert d’archive. Environ 600 personnes travaillaient sur le projet au plus fort en 2019. Les sources consultées ne documentent pas leur devenir individuel, mais Dyson Ltd reste active et a pu redéployer une partie des équipes vers d’autres programmes. Dyson Ltd a conservé la propriété intellectuelle du programme automobile, sans transfert documenté vers un repreneur automobile.

Identité

Dyson Automotive est le nom d’usage d’un projet interne de Dyson Ltd, entreprise privée britannique fondée par James Dyson. Il n’existe pas de raison sociale ni d’identifiant propre. Le projet est lancé en 2016 et l’équipe dédiée est constituée à partir de 2017.

Le développement s’effectue au siège de Malmesbury, dans le Wiltshire, et sur le campus de Hullavington. L’usine prévue devait être construite à Singapour. Le financement provient de Dyson Ltd, détenue majoritairement par James Dyson, qui a investi 500 M£ de fonds personnels dans le programme. Au plus fort, l’effectif atteint environ 600 personnes en 2019.

Aucune présence française n’est liée au projet automobile. Dyson commercialise en France des produits grand public — aspirateurs, purificateurs, soins capillaires — sans rapport avec le programme Dyson Automotive.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Malgré l’absence de commercialisation, Dyson Automotive documente un échec industriel coûteux et daté. Le 17 mai 2020, James Dyson a rendu public un investissement personnel de 500 M£ dans le programme abandonné.

La cible technique était un SUV électrique 7 places, code interne N526, avec batterie à l’état solide, autonomie visée d’environ 965 km, 0 à 100 km/h en 4,8 secondes et masse d’environ 2,6 tonnes. Le prix de vente nécessaire à la rentabilité était estimé à environ 150 000 £ par véhicule. Le projet se positionnait face à Tesla sur le segment premium, mais aucun véhicule n’a été homologué ni vendu.

L’entité apparaît dans les chronologies des projets de voitures électriques arrêtés avant production. Elle marque une tentative d’entrée d’un groupe d’électroménager dans l’automobile, interrompue avant la construction de l’usine de Singapour.

Chronologie

  • 2016 — Lancement du projet automobile au sein de Dyson Ltd.
  • 2017 — Constitution de l’équipe dédiée ; l’effectif atteindra environ 600 personnes en 2019.
  • Octobre 2018 — Annonce d’une usine de voitures électriques à Singapour, avec une production visée en 2021.
  • 10 octobre 2019 — James Dyson annonce l’arrêt du projet par courriel aux salariés, faute de viabilité commerciale. Fermeture des sites britanniques et du projet d’usine de Singapour ; échec de la recherche d’un repreneur.
  • 17 mai 2020 — James Dyson révèle avoir investi 500 M£ de ses fonds propres dans le projet N526 abandonné.

Controverses

Aucune procédure judiciaire ou collective n’est identifiée pour Dyson Automotive, car le projet n’était pas constitué en société distincte. La principale controverse documentée est managériale et informationnelle : un an après l’annonce de l’usine de Singapour en octobre 2018, James Dyson informe les salariés de l’abandon par un simple courriel le 10 octobre 2019.

L’absence de repreneur et l’investissement personnel de 500 M£, rendu public en 2020, ont également nourri des interrogations sur le calibrage initial du projet. Aucun contentieux entre Dyson Ltd et d’éventuels sous-traitants automobiles n’a été documenté dans les sources consultées.

Contrepoint

Du point de vue du groupe, l’abandon peut se lire comme un choix de protection du capital. Dyson Ltd ne s’est pas engagée dans une production dont le prix d’équilibre était estimé à environ 150 000 £ par véhicule, ce qui aurait pu porter l’exposition bien au-delà des 500 M£ déjà dépensés.

Le groupe conserve Dyson Ltd, son indépendance financière et la propriété intellectuelle issue du programme, notamment les travaux sur la batterie à l’état solide. Une partie des équipes a pu être redéployée sur d’autres produits. Ce contrepoint n’efface pas la perte personnelle de 500 M£, mais il explique pourquoi Dyson Ltd n’est pas entrée en procédure collective et reste active dans l’électroménager.

Sources

  • Dyson, « Dyson Automotive », archive officielle, https://www.dyson.com/automotive (consultée le 21/08/2026).
  • BBC News, « Dyson scraps electric car project », 11/10/2019, https://www.bbc.com/news/business-50004184 (consultée le 21/08/2026).
  • The Verge, « James Dyson spent £500 million of his own money on the canceled electric car », 17/05/2020, https://www.theverge.com/2020/5/17/21261441/dyson-electric-car-n526-canceled-james-dyson-interview (consultée le 21/08/2026).

Média associé

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