Fret SNCF : disparition au 31 décembre 2024

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

Fret SNCF a cessé son activité le 31 décembre 2024. Au 1er janvier 2025, l’entité a été scindée en deux sociétés distinctes : Hexafret, chargée du transport ferroviaire de marchandises, et Technis, chargée de la maintenance des locomotives. Cette opération est documentée dans le rapport intégré 2024 du groupe SNCF, consulté le 20 août 2026, et a été annoncée publiquement par Le Monde le 4 novembre 2024.

La disparition de Fret SNCF ne relève pas d’une liquidation judiciaire ni d’une procédure collective identifiée dans la collecte. Il s’agit d’une réorganisation imposée dans le cadre du plan de discontinuité économique demandé par la Commission européenne, après l’examen d’aides d’État accordées à l’ancien opérateur national. Aucun jugement de tribunal de commerce n’est mentionné dans les sources consultées à la date de vérification des faits, le 20 août 2026.

Sur le plan opérationnel, les actifs ne sortent pas du périmètre du groupe SNCF : ils sont répartis entre Hexafret et Technis, toujours sous le pôle Rail Logistics Europe. Fret SNCF elle-même ne porte plus d’activité opérationnelle identifiée après le 31 décembre 2024. La collecte ne confirme pas le maintien d’une coquille juridique résiduelle ni un numéro SIREN : l’identifiant est noté « non confirmé à ce stade » dans la fiche de données.

Avant la scission, l’effectif de Fret SNCF était de l’ordre de 4 500 salariés (L’Usine Nouvelle, 2024). Le plan de discontinuité prévoyait notamment le transfert d’environ 450 emplois, soit 10 % de l’effectif, vers des entreprises tierces. Le site officiel https://www.fret-sncf.com indique que les activités sont reprises par Hexafret depuis le 1er janvier 2025.

Identité

L’entité est nommée « Fret SNCF ». Sa raison sociale est présentée dans la collecte comme « Fret SNCF (SAS, filiale du groupe SNCF) ». Le SIREN n’a pas été confirmé à la date de vérification des faits, ce qui limite la possibilité de vérifier directement l’inscription au registre français.

La date de création juridique retenue est le 1er janvier 2020, correspondant à la filialisation de la branche fret lors de la réforme ferroviaire. L’activité de transport de fret par la SNCF est antérieure à cette date, mais c’est cette date qui marque la constitution de la société par actions simplifiée Fret SNCF.

La forme juridique est une société par actions simplifiée, filiale du pôle Rail Logistics Europe. Le siège est situé en France, rattaché au périmètre du groupe SNCF à Saint-Denis. L’actionnariat est détenu à 100 % par SNCF SA, via le pôle Rail Logistics Europe.

Aucune filiale propre de Fret SNCF n’est établie dans la collecte. L’entité opérait au sein de Rail Logistics Europe aux côtés de Captrain, VIIA et Naviland Cargo. L’effectif est de l’ordre de 4 500 salariés avant la scission.

La relation de filiation est centrale : Fret SNCF était une filiale à part entière du groupe SNCF, distincte des autres entités du pôle. Sa disparition a donné naissance à deux nouvelles entités, Hexafret et Technis, dont les périmètres exacts ne sont pas détaillés dans la collecte.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Fret SNCF était l’opérateur national historique du fret ferroviaire en France, adossé au groupe SNCF. Sa disparition constitue un cas documenté de remise en cause d’un opérateur public par le droit européen des aides d’État.

Le point de bascule est la reprise de dette opérée en 2020 : la holding SNCF a repris 5,3 milliards d’euros de dette de la branche fret. La Commission européenne a ouvert en janvier 2023 une enquête approfondie sur ce soutien public, considérant qu’il pouvait s’agir d’une aide d’État susceptible de fausser la concurrence sur le marché du fret ferroviaire.

La résolution a pris la forme d’une discontinuité économique : vingt-trois flux de trains dédiés ont été arrêtés et repris par des tiers. Le rapport financier annuel 2024 du groupe SNCF indique que cette reprise a amputé le chiffre d’affaires de 51 millions d’euros en 2024. Ce chiffre illustre le coût direct de la cessation partielle d’activité imposée.

La disparition de la marque Fret SNCF ne signifie pas la disparition du fret ferroviaire du groupe SNCF. Le pôle Rail Logistics Europe a transporté environ 30 milliards de tonnes-km en 2024, à 80 % en traction électrique. Mais l’entité juridique et la marque Fret SNCF n’ont plus d’existence opérationnelle après le 31 décembre 2024.

Ce changement de périmètre est un marqueur de l’ouverture du fret ferroviaire français à la concurrence. L’abandon de flux dédiés au profit d’opérateurs tiers et la scission en deux sociétés distinctes sont des conséquences directes du contentieux européen.

Chronologie

  • 1er janvier 2020 — Fret SNCF devient une filiale du groupe SNCF. La holding reprend 5,3 milliards d’euros de dette de la branche fret. Source : rapport financier annuel 2024 du groupe SNCF.
  • Janvier 2023 — La Commission européenne ouvre une enquête approfondie sur le soutien public accordé à Fret SNCF. Source : L’Usine Nouvelle, 2024.
  • 2024 — Vingt-trois flux de trains dédiés sont arrêtés et repris par des tiers, amputant le chiffre d’affaires de 51 millions d’euros. Source : rapport financier annuel 2024 du groupe SNCF.
  • 4 novembre 2024 — Annonce publique du remplacement de Fret SNCF par Hexafret et Technis. Source : Le Monde, 4 novembre 2024.
  • 31 décembre 2024 / 1er janvier 2025 — Fret SNCF cesse son activité et est scindée en Hexafret, chargée du transport, et Technis, chargée de la maintenance des locomotives. Source : rapport intégré 2024 du groupe SNCF, consulté le 20 août 2026.

Controverses

La controverse centrale porte sur la reprise de dette de 5,3 milliards d’euros par SNCF SA en 2020. La Commission européenne a traité cette opération comme une aide d’État et a ouvert une enquête approfondie en janvier 2023 pour examiner sa compatibilité avec le marché intérieur. L’enjeu n’était pas seulement budgétaire : il s’agissait de déterminer si Fret SNCF avait bénéficié d’un avantage économique faussant la concurrence face aux opérateurs privés du fret ferroviaire.

La résolution imposée a été lourde. Bruxelles n’a pas ordonné une restitution monétaire classique, mais une discontinuité économique : abandon de vingt-trois flux de trains dédiés, perte de 51 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, et disparition de la marque Fret SNCF au profit de deux entités distinctes. Le rapport financier annuel 2024 du groupe SNCF documente ce coût.

Un flou subsiste sur le sort exact des actifs et des contrats au moment de la scission. La collecte ne fournit pas le détail de la répartition entre Hexafret et Technis, ni la liste précise des actifs transférés. Le fait que Fret SNCF ait disparu sans laisser de SIREN confirmé dans la collecte limite la vérification indépendante de la structure juridique finale.

Contrepoint

La disparition de Fret SNCF doit être lue à deux niveaux. D’un côté, l’entité juridique et la marque disparaissent, et le périmètre ancien a été amputé de vingt-trois flux et de 51 millions d’euros de chiffre d’affaires. De l’autre, l’outil industriel ne quitte pas le giron du groupe SNCF : les activités de transport et de maintenance sont transférées à Hexafret et Technis, toujours au sein de Rail Logistics Europe.

Pour un observateur du groupe, l’opération est davantage une réorganisation interne associée à une cession partielle d’activité qu’une sortie du marché. Environ 450 emplois transférés sur environ 4 500 salariés représentent 10 % de l’effectif ; l’essentiel de la capacité reste dans le nouveau périmètre ou dans le pôle. Le rapport intégré 2024 présente l’opération comme une réorganisation du pôle Rail Logistics Europe, pas comme une liquidation.

Le transport ferroviaire de marchandises continue dans le groupe : environ 30 milliards de tonnes-km ont été transportées en 2024 par le pôle Rail Logistics Europe, à 80 % en traction électrique. La fin de Fret SNCF n’est donc pas synonyme d’arrêt de l’activité fret ferroviaire, mais de changement de portage juridique et de marque.

Sources

  • Rapport financier annuel 2024 du groupe SNCF — URL : https://www.sncf.com/fr/groupe/finance/publications — consulté le 20 août 2026.
  • Rapport intégré 2024 du groupe SNCF — URL : https://www.sncf.com/fr/groupe/finance/publications — consulté le 20 août 2026.
  • Global investor call groupe SNCF 2025 — URL non fournie dans la collecte — consulté le 20 août 2026.
  • L’Usine Nouvelle, 2024 — URL non fournie dans la collecte — consulté le 20 août 2026.
  • Le Monde, 4 novembre 2024 — URL non fournie dans la collecte — consulté le 20 août 2026.
  • Site officiel Fret SNCF — https://www.fret-sncf.com — consulté le 20 août 2026.

Média associé

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