Disparu
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Getir France est en liquidation judiciaire depuis le 19 juillet 2023. La procédure a été prononcée par le tribunal de commerce de Paris et a concerné la filiale française ainsi que sa société sœur Gorillas. Environ 1 300 emplois ont été supprimés en France, selon les sources consultées en juillet 2023 (Les Échos, La Tribune, BBC).
Au 20 août 2026, le registre national des entreprises via api.gouv.fr affiche encore le SIREN 898472931 avec un état « A » (actif). Cette situation est un artefact administratif : la radiation de la société Getir France n’est pas encore effective au registre, alors même que la liquidation judiciaire a été prononcée le 19 juillet 2023. La fiche de données le précise explicitement : le statut « A » ne reflète pas la réalité opérationnelle de l’entité, qui a cessé son activité en France.
Ce qu’il reste de Getir France est avant tout une procédure collective, une dette déclarée de 200 M€ fin mars 2023 selon une note interne citée par l’AFP et reprise par La Tribune, et un patrimoine constitué au 1er mai 2023 de 70 magasins dark stores et de 2 entrepôts selon les documents des administrateurs judiciaires. Aucun repreneur global n’est identifié dans les sources consultées : la liquidation signifie la vente des actifs et la fin de l’exploitation de la marque en France. Les 841 salariés de Getir France au 1er mai 2023, et plus largement les 1 708 salariés de l’ensemble Getir/Gorillas/Frichti France, ont été licenciés dans le cadre de la procédure collective. La maison mère turque Getir continue d’exister, mais la filiale française n’a plus d’activité.
Identité
Getir France est une société par actions simplifiée immatriculée sous la raison sociale GETIR FRANCE. Le SIREN 898472931 a été créé le 14 avril 2021, d’après les données de l’api.gouv.fr consultées le 20 août 2026. Le siège social est situé à Paris. La société est une filiale du groupe turc Getir, fondé en 2015 par Nazim Salur. Le groupe a atteint une valorisation d’environ 11,8 milliards de dollars en 2022, selon TechCrunch, avant de racheter Gorillas fin 2022 et de détenir Frichti.
À son pic d’exploitation en France, Getir France exploitait 70 magasins dark stores et 2 entrepôts au 1er mai 2023, selon les administrateurs judiciaires cités par La Tribune. L’effectif de Getir France s’établissait à 841 salariés à la même date ; l’ensemble Getir/Gorillas/Frichti France représentait 1 708 salariés. Le chiffre d’affaires 2022 de Getir France s’élevait à 23,8 M€, selon le document des administrateurs judiciaires repris par La Tribune en juillet 2023.
L’état administratif est contradictoire : l’api.gouv.fr affiche un état « A » au 20 août 2026, mais le statut vérifié du corpus le classe comme « Disparu ». Cette contradiction est expliquée par le délai de radiation au registre après la liquidation judiciaire. Le groupe parent déclaré est Getir (Turquie). La société n’est pas radiée à la date de vérification des faits, mais elle n’a plus d’activité en France depuis juillet 2023.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Getir France compte d’abord comme un cas documenté de contraction du quick commerce en France. L’entité a été créée en avril 2021 pour livrer des courses en moins de 30 minutes depuis des dark stores urbains, avec des livreurs salariés en CDI. Ce modèle reposait sur des coûts fixes lourds : loyers intra-urbains, entrepôts situés dans des zones urbaines, masse salariale intégrée. La liquidation de juillet 2023 a mis en évidence la fragilité de ce montage lorsque la croissance n’absorbe pas ces coûts.
L’entreprise a également été un point de cristallisation du débat réglementaire sur les dark stores. Le décret de mars 2023 a requalifié ces locaux en entrepôts, les soumettant au droit de l’urbanisme et au contrôle des mairies. Cette mesure a directement affecté le modèle de Getir France, qui dépendait de magasins intra-urbains non accessibles au public. La chronologie des faits montre un lien entre le durcissement réglementaire de mars 2023, l’annonce de sortie du marché français en juin 2023, et la liquidation en juillet 2023.
La procédure collective de Getir France et Gorillas est l’une des suppressions d’emplois les plus lourdes du secteur en France : environ 1 300 emplois supprimés, 841 salariés chez Getir France au 1er mai 2023, et une dette déclarée de 200 M€ fin mars 2023. Ces chiffres datés et sourcés en font un marqueur utile pour mesurer l’ampleur de la crise du quick commerce européen après le pic de valorisation de 2022. Enfin, la contradiction persistante entre le statut « A » de l’api.gouv et la liquidation judiciaire illustre un décalage courant entre les registres administratifs et la réalité opérationnelle des sociétés en procédure collective.
Chronologie
- 14 avril 2021 — Création de la filiale française Getir France, immatriculée sous le SIREN 898472931. Source : api.gouv.fr, consulté le 20 août 2026.
- Fin 2022 — Le groupe turc Getir rachète Gorillas et détient Frichti, consolidant plusieurs entités de quick commerce en France. Source : TechCrunch et La Tribune, consultés le 20 août 2026.
- Mars 2023 — Publication du décret requalifiant les dark stores en entrepôts, ce qui renforce le contrôle des mairies sur les locaux de livraison rapide. Source : TechCrunch et La Tribune, consultés le 20 août 2026.
- 3 mai 2023 — Le tribunal de commerce de Paris ouvre une procédure de redressement judiciaire pour Getir France, Gorillas France et Frichti, avec une période d’observation de trois mois. La dette de Getir France est déclarée à 200 M€ fin mars 2023 selon une note interne citée par l’AFP. Source : Les Échos et La Tribune, consultés le 20 août 2026.
- 19 juillet 2023 — Le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire de Getir France et de Gorillas. Environ 1 300 emplois sont supprimés en France. Source : Les Échos, La Tribune et BBC, consultés le 20 août 2026.
Controverses
La principale controverse porte sur les dark stores et leur régulation. Getir France s’appuyait sur des magasins intra-urbains fermés au public, destinés uniquement à la préparation de commandes. Le décret de mars 2023 a requalifié ces locaux en entrepôts, les soumettant au droit de l’urbanisme et à l’autorisation des mairies. Cette requalification a été défendue comme une clarification de la destination des locaux, mais elle a aussi accéléré la sortie des opérateurs de quick commerce du marché français. Pour Getir France, la chronologie entre ce décret et la liquidation de juillet 2023 est souvent citée comme un facteur aggravant.
La dimension sociale constitue une autre controverse. La liquidation a entraîné la suppression d’environ 1 300 emplois, dont 841 salariés Getir France au 1er mai 2023. Le modèle social de l’entreprise, avec des livreurs salariés en CDI, se distinguait des statuts indépendants fréquents dans la livraison de repas. La disparition de ces emplois a ravivé la question de la soutenabilité des modèles de quick commerce fondés sur la livraison rapide et la masse salariale intégrée.
Enfin, le statut administratif de l’entité est lui-même une source de confusion. Au 20 août 2026, l’api.gouv.fr affiche encore un état « A » pour le SIREN 898472931, alors que la liquidation judiciaire a été prononcée le 19 juillet 2023. Ce décalage s’explique par le délai de radiation au registre, mais il peut induire en erreur sur l’existence légale de l’entreprise. La fiche de données le signale explicitement comme une correction du corpus : le statut « Disparu » est confirmé, mais le registre n’a pas encore enregistré la radiation.
Contrepoint
La disparition de Getir France ne doit pas être confondue avec une disparition juridique immédiate. Au 20 août 2026, la société apparaît encore « A » sur l’api.gouv.fr, la radiation n’étant pas effective au registre. Cet état formel maintient une existence administrative résiduelle : le SIREN 898472931 reste consultable, et la liquidation judiciaire n’a pas encore produit tous ses effets au registre. Pour un lecteur cherchant une entité en procédure collective, la fiche conserve donc une valeur de repère.
Par ailleurs, la fin de Getir France ne signifie pas la fin du groupe Getir. La maison mère turque continue d’exister hors de France, et la marque Getir demeure attachée à des activités dans d’autres pays. La filiale française disparaît, mais le groupe parent n’est pas liquidé. Ce contrepoint est important pour ne pas assimiler la situation de la filiale à celle de l’ensemble du groupe.
Enfin, aucun repreneur global n’est identifié dans les sources consultées, mais une liquidation judiciaire peut comprendre la cession d’actifs, de stocks, de baux ou de matériel. Les sources ne détaillent pas le produit de ces cessions, ni un éventuel sauvetage partiel d’activité. Ce point reste non établi : ce qui est documenté, c’est l’arrêt de l’exploitation, les effectifs au 1er mai 2023, la dette de 200 M€ fin mars 2023, et la liquidation prononcée le 19 juillet 2023.
Sources
1. api.gouv.fr — Recherche du SIREN 898472931 (GETIR FRANCE), état « A » au registre à la date de consultation. URL : https://api.gouv.fr — Consulté le 2026-08-20.
2. La Tribune — Article de juillet 2023 sur la liquidation de Getir France et Gorillas, chiffres des administrateurs judiciaires : 70 magasins, 2 entrepôts, 841 salariés Getir France, 1 708 salariés pour l’ensemble, CA 2022 de 23,8 M€, dettes 200 M€ fin mars 2023. URL : https://www.latribune.fr — Consulté le 2026-08-20.
3. Les Échos — Article de juillet 2023 sur la liquidation judiciaire de Getir France et Gorillas, environ 1 300 emplois supprimés. URL : https://www.lesechos.fr — Consulté le 2026-08-20.
4. BBC — Couverture de juillet 2023 sur la sortie de Getir du marché français et la liquidation. URL : https://www.bbc.com — Consulté le 2026-08-20.
5. TechCrunch — Articles sur la valorisation de Getir à environ 11,8 milliards de dollars en 2022 et le rachat de Gorillas fin 2022. URL : https://techcrunch.com — Consulté le 2026-08-20.
6. Siècle Digital — Article de 2023 sur la dette de Getir France de 200 M€ fin mars 2023. URL : https://www.siecledigital.fr — Consulté le 2026-08-20.
Média associé
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