Matra (cycles) : l’usine de Saint-Lô menacée d’expulsion au 20 août 2026
En difficulté
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Le fait qui change porte sur l’outil industriel : le 11 mai 2026, Saint-Lô Agglo a notifié au groupe Rebirth (ex-Easybike) son intention de reprendre l’usine de Saint-Lô, dans la Manche, site de montage des vélos Matra et Solex, avec une expulsion au plus tard le 20 août 2026 pour arriérés de loyers. L’information est rapportée par Ouest-France dans son édition locale du 11 mai 2026.
À la date de vérification du 20 août 2026, l’entité juridique REBIRTH DISTRIBUTION, SIREN 480781517, reste enregistrée comme active au registre national des entreprises. En revanche, le site de production de Saint-Lô est directement visé par la procédure d’expulsion. Le site emploie entre 33 et 36 salariés selon les données de presse 2025-2026, tandis que l’entité registre REBIRTH DISTRIBUTION compte 12 salariés au sens du registre (api.gouv.fr, consulté le 20 août 2026).
Ce qui subsiste concrètement : une marque Matra exploitée sous concession accordée par Lagardère en décembre 2014, une ligne d’assemblage de vélos à assistance électrique à Saint-Lô, une filiale opérationnelle Mobiky-Tech qui porte ce site, et un portefeuille de marques incluant Solex, Easybike, Mobiky, Lejeune, Coleen et Velcan. Aucun repreneur du site de Saint-Lô n’est identifié dans les données collectées à la date de la fiche.
La situation n’est pas une liquidation judiciaire de REBIRTH DISTRIBUTION : le conflit porte sur le bail du site de Saint-Lô, pas sur l’existence juridique de la société.
Identité
Derrière la marque Matra (cycles), l’entité au registre national des entreprises est REBIRTH DISTRIBUTION, société par actions simplifiée, immatriculée le 28 février 2005, dont le siège est situé 4 rue Tarbé, 75017 Paris. Le SIREN est 480781517. L’entité appartient au groupe Rebirth, anciennement Easybike, animé par Grégory Trébaol.
La marque Matra est un actif cédé partiellement : le 16 décembre 2014, Lagardère a cédé l’activité vélos électriques Matra MS au groupe Easybike, avec une concession de marque de dix ans et une option d’achat. L’entité actuelle n’est pas l’ancienne société automobile Matra Automobile, créée en 1964, ni Matra Manufacturing & Services, forme prise en 2004 ; elle en est l’héritière pour l’activité vélo électrique.
Les filiales opérationnelles comprennent Mobiky-Tech, qui porte l’assemblage à Saint-Lô, et Re-cycles France, site de Romilly-sur-Seine issu de la reprise de Cycleurope France le 26 septembre 2024. Le siège du groupe est parisien ; le site d’assemblage historique des vélos Matra et Solex est à Saint-Lô.
L’activité déclarée est la conception, l’assemblage et la vente de vélos à assistance électrique vendus sous marque Matra. Les gammes citées dans les supports de la marque sont i-Flow pour l’urbain, i-Step pour le trekking, i-Force pour le VTT et i-Speed pour la route. Les données disponibles ne détaillent pas la part des composants produits localement ni le niveau précis de valeur ajoutée réalisé sur le site de Saint-Lô.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Matra (cycles) relie un nom automobile né en 1964 à un outil d’assemblage de vélos à assistance électrique en Normandie. Le site de Saint-Lô assemble des vélos vendus sous la marque Matra et des vélos Solex. En 2019, le groupe annonçait 28 000 vélos Matra vendus, un chiffre daté de 2019, non ventilé par périmètre comptable audité dans les données collectées.
L’enjeu est aussi local : la fermeture du site de Saint-Lô supprimerait un site d’assemblage de vélos électriques dans la Manche et toucherait 33 à 36 emplois directs. L’expulsion notifiée en 2026 intervient après le redressement judiciaire de Mobiky-Tech, ouvert en 2019 et clos en 2021, et malgré l’expansion du groupe Rebirth par la reprise de Cycleurope France en septembre 2024.
Sur le plan capitalistique, l’équation est double : REBIRTH DISTRIBUTION est active au registre, mais dépend d’un bail industriel dont Saint-Lô Agglo demande la résiliation ; la marque Matra dépend d’une concession Lagardère dont les conditions de prolongation ou de levée d’option ne sont pas documentées dans les sources collectées à la date du 20 août 2026.
Chronologie
- 1964 — création de Matra Automobile, origine de la marque automobile.
- 28 février 2005 — immatriculation de l’entité au registre national des entreprises, SIREN 480781517.
- 16 décembre 2014 — Lagardère cède l’activité vélos électriques Matra MS au groupe Easybike, avec concession de marque de dix ans et option d’achat.
- 25 juin 2019 — la filiale Mobiky-Tech est placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Coutances ; procédure close le 18 juin 2021.
- 11 mai 2026 — Saint-Lô Agglo notifie l’expulsion du site de Saint-Lô, avec échéance au plus tard le 20 août 2026 pour arriérés de loyers.
Controverses
Le conflit locatif avec Saint-Lô Agglo est le point de bascule. La collectivité reproche des arriérés de loyers et a formalisé une procédure d’expulsion. Les données publiques disponibles au 20 août 2026 ne détaillent pas le montant des impayés ni les éventuels recours engagés par Rebirth.
Le précédent de Mobiky-Tech pèse sur la lecture de la situation : le redressement judiciaire ouvert le 25 juin 2019 par le tribunal de commerce de Coutances a duré jusqu’en juin 2021. Il montre que l’outil d’assemblage de Saint-Lô était déjà financièrement fragile avant l’expulsion.
Troisième zone d’incertitude : la marque Matra. La cession de 2014 comprenait une concession de dix ans. Les documents collectés n’indiquent pas si l’option d’achat a été exercée, si la concession a été prolongée, ni quelle entité juridique détient les droits de marque pour les vélos à la date du 20 août 2026. Cette absence de visibilité peut affecter la valeur de reprise du site et de la marque.
Contrepoint
La notification d’expulsion ne se confond pas avec une liquidation de REBIRTH DISTRIBUTION : au 20 août 2026, l’entité est toujours active au registre, et le groupe Rebirth a renforcé son outil industriel en reprenant Cycleurope France le 26 septembre 2024 à Romilly-sur-Seine. La production de vélos Matra pourrait, en théorie, être transférée vers un autre site du groupe si un plan était mis en place, mais aucune annonce en ce sens n’est documentée dans les sources collectées.
Le groupe conserve une marque connue et un réseau de distribution. Le volume de 28 000 vélos Matra vendus en 2019 fournit une base commerciale, même s’il ne suffit pas à démontrer la viabilité du site de Saint-Lô après l’expulsion. La situation au 20 août 2026 est donc une alerte sur l’outil industriel, pas une disparition constatée de l’entité juridique.
Sources
- Registre national des entreprises — fiche REBIRTH DISTRIBUTION, SIREN 480781517 : https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/entreprise/480781517 — consulté le 2026-08-20.
- Communiqué Lagardère du 16 décembre 2014 — « Lagardère finalise la cession de Matra Manufacturing & Services à Easybike » : https://www.lagardere.com — consulté le 2026-08-20.
- Ouest-France, article du 11 mai 2026 — « Saint-Lô Agglo notifie l’expulsion de l’usine Rebirth » : https://www.ouest-france.fr — consulté le 2026-08-20.
- Site du groupe Rebirth : https://www.groupe-rebirth.com — consulté le 2026-08-20.
- Site de la marque Matra : https://matra.com — consulté le 2026-08-20.
Média associé
Aucune vidéo n’est encore associée à cette entité. Vous en connaissez une ? Elle a sa place ici.