Disparu
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Au 20 août 2026, Ofo n’a plus d’activité opérationnelle identifiable. Le site officiel ofo.com est inactif. Le service parisien, lancé en décembre 2017 avec 1 000 vélos, a été mis « en pause » en décembre 2018 selon BFM TV, puis a disparu sans reprise connue. Aucune procédure collective française n’est identifiée pour l’entité Ofo France : les sources consultées ne mentionnent ni jugement d’ouverture, ni plan de cession, ni clôture de liquidation. Ce retrait relève donc d’une suspension commerciale, non d’un dossier judiciaire français documenté.
Ce qu’il en reste est mince. Aucun repreneur global n’a été confirmé. Les actifs matériels, notamment la flotte de vélos, ne sont pas documentés après la suspension parisienne. La marque et les éventuels brevets ne font pas l’objet d’une cession identifiée dans les sources collectées. En Chine, la société mère Dongxia Datong Management and Consulting reste associée à des litiges fournisseurs : en novembre 2018, Ofo a été condamnée à rembourser environ 150 millions de yuans aux fournisseurs Shanghai Fenghuang et Fulande, selon Caixin. Le fondateur, Dai Wei, a été placé sur une liste noire de débiteurs en décembre 2018, d’après Caixin. Le 21 février 2019, TechNode évoquait des discussions entre actionnaires en vue d’une cession, mais aucune issue n’a été confirmée.
En France, il faut éviter la confusion avec le SIREN 480797109, qui correspond à une entité OFO créée en 2005 à Paris. Cette entité est un homonyme sans lien avec le service de vélos. La filiale française du service, Ofo France SAS, n’a pas publié de comptes. Aucune flotte active n’est documentée au 20 août 2026.
Identité
Ofo est un service de vélos en libre-service sans borne fondé en 2014 à Pékin par Dai Wei, alors étudiant à l’Université de Pékin. Le nom usuel est « ofo », écrit en minuscules. La société mère est Dongxia Datong Management and Consulting, basée à Pékin. La forme juridique chinoise précise n’est pas établie dans les sources collectées. Le pays d’implantation est la Chine.
Le modèle repose sur le free-floating : des vélos jaunes bon marché, déverrouillés par QR code via une application mobile, sans station d’attache. En Chine, l’accès nécessitait un dépôt de caution de 99 ou 199 yuans, avec un tarif d’environ 1 yuan pour 30 minutes. À Paris, l’accès était gratuit, facturé 0,50 euro par tranche de 20 minutes, selon BFM TV. Ce mécanisme low-cost visait à opposer une offre plus simple et moins chère à Mobike.
Au pic de fin 2017, Ofo déclarait 10 millions de vélos et 32 millions de trajets par jour dans plus de 200 villes, selon Les Echos du 6 décembre 2017 et Caixin du 29 novembre 2018. L’actionnariat est resté indépendant au sens capitalistique : Alibaba Group entre au capital en mars 2018 avec 343 millions de dollars pour environ 12 %, valorisant l’entreprise à au moins 2,8 milliards de dollars. Didi Chuxing figure également parmi les investisseurs. Au total, plus d’un milliard de dollars ont été levés.
La présence française a été portée par Ofo France SAS, dont les comptes ne sont pas publiés. Le SIREN 480797109, rattaché à une entité OFO parisienne créée en 2005, est formellement un homonyme : il ne permet pas d’analyser la société chinoise de vélos en libre-service.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
La trajectoire d’Ofo documente la montée et l’effondrement rapides du vélo en libre-service sans station. Fin 2017, l’opérateur revendiquait 10 millions de vélos et 32 millions de trajets par jour dans plus de 200 villes, selon Les Echos et Caixin. Ces chiffres le placent, à cette date, parmi les plus gros opérateurs chinois du segment aux côtés de Mobike.
À Paris, Ofo a été le troisième opérateur free-floating, après Gobee.bike et oBike. Le lancement de décembre 2017 s’est traduit par 1 000 vélos fin décembre, puis 2 500 vélos à l’été 2018. En octobre 2018, BFM TV rapporte qu’Ofo atteignait 1 million de trajets à Paris et dans des communes voisines comme Neuilly, Boulogne-Billancourt et Levallois. Une expérimentation a été menée avec la RATP. Cette implantation a produit des données d’usage sur une flotte sans station en zone dense.
La dimension financière compte aussi. En mars 2018, Alibaba investit 343 millions de dollars pour environ 12 % du capital, valorisant l’entreprise à au moins 2,8 milliards de dollars. Moins de douze mois plus tard, Ofo est condamnée à rembourser environ 150 millions de yuans à deux fournisseurs, son fondateur est placé sur liste noire, et le service parisien est suspendu. Ce contraste entre valorisation et cessation d’activité constitue un cas d’école sur le risque de liquidité dans la micromobilité : coûts de matériel, maintenance et dépôts de caution sans rentabilité documentée.
La fiche a donc une valeur mémorielle : elle trace la période où les opérateurs chinois ont déployé massivement des flottes sans station dans des villes européennes, avant un retrait rapide.
Chronologie
| Date | Fait daté |
|—|—|
| 2014 | Fondation d’Ofo par Dai Wei à Pékin, dans le cadre de l’Université de Pékin. |
| Fin 2017 | Pic d’exploitation : 32 millions de trajets par jour, 10 millions de vélos, plus de 200 villes. Sources : Les Echos, 6 décembre 2017 ; Caixin, 29 novembre 2018. |
| Décembre 2017 | Lancement à Paris avec 1 000 vélos fin décembre ; Ofo est le troisième opérateur free-floating après Gobee.bike et oBike. Source : BFM TV, 6 décembre 2017. |
| Mars 2018 | Alibaba investit 343 millions de dollars pour environ 12 % du capital, valorisation d’au moins 2,8 milliards de dollars. Source : Caixin ; Reuters. |
| Novembre–décembre 2018 | Novembre 2018 : condamnation à rembourser environ 150 millions de yuans aux fournisseurs Shanghai Fenghuang et Fulande. Décembre 2018 : placement de Dai Wei sur liste noire de débiteurs et mise « en pause » du service parisien. Sources : Caixin, 29 novembre 2018 ; BFM TV, 17 décembre 2018. |
Controverses
Les controverses documentées sont d’abord judiciaires et fournisseurs. En novembre 2018, un tribunal chinois a condamné Ofo à rembourser environ 150 millions de yuans aux fournisseurs Shanghai Fenghuang et Fulande, selon Caixin. Cette condamnation intervient alors que l’entreprise traverse une crise de liquidités. En décembre 2018, le fondateur Dai Wei a été inscrit sur une liste noire de débiteurs par un tribunal chinois, d’après Caixin. Le 21 février 2019, TechNode évoquait des discussions entre actionnaires en vue d’une cession, mais sans repreneur confirmé.
À Paris, la suspension de décembre 2018 est intervenue après un déploiement rapide. BFM TV rapporte la mise « en pause » sans qu’un jugement français ne soit identifié. Les sources collectées ne documentent pas de contentieux français contre Ofo France. L’état de remboursement des cautions d’utilisateurs n’est pas établi par les données disponibles.
Un point de vigilance concerne l’homonymie. Le SIREN 480797109 correspond à une entité OFO parisienne créée en 2005, sans lien avec le service de vélos. Toute analyse financière française fondée sur ce SIREN serait donc erronée. Ofo France SAS, filiale du service, n’a pas publié de comptes, ce qui limite l’analyse locale.
Contrepoint
La disparition d’Ofo ne doit pas effacer la démonstration d’usage réel. Un volume de 32 millions de trajets par jour fin 2017, rapporté par Les Echos et Caixin, prouve une demande massive pour le vélo sans station. À Paris, le franchissement du million de trajets en octobre 2018, selon BFM TV, montre que l’usage existait aussi hors de Chine.
L’expérimentation avec la RATP indique que l’opérateur n’a pas agi uniquement en marge des institutions : des coordinations avec un réseau de transport public ont été tentées. La levée menée par Alibaba en mars 2018, avec 343 millions de dollars pour environ 12 % du capital, traduit une validation financière forte par un grand groupe technologique, même si celle-ci n’a pas empêché la crise.
Enfin, l’absence de procédure collective française et l’absence de repreneur identifié laissent un angle mort : le retrait parisien est présenté comme une « pause » par BFM TV, ce qui empêche de clore juridiquement le passif. Ce décalage entre réalité opérationnelle et statut déclaré est lui-même une information utile pour comprendre les sorties de marché dans la micromobilité.
Sources
- Caixin Global — « Ofo Founder Placed on Debt Blacklist », 29 novembre 2018, consulté le 2026-08-20.
- Les Echos — « Ofo, le roi chinois du vélo en libre-service, débarque à Paris », 6 décembre 2017, consulté le 2026-08-20.
- BFM TV — « Ofo suspend son service de vélos en libre-service à Paris », 17 décembre 2018, consulté le 2026-08-20.
- TechNode — « Ofo shareholders in talks to sell », 21 février 2019, consulté le 2026-08-20.
- api.gouv.fr — Registre SIREN, fiche OFO SIREN 480797109, consulté le 2026-08-20, source primaire.
- ofo.com — Site officiel, inactif au 20 août 2026.
Média associé
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