Orano — recyclage et matériaux de batteries

Actif

Identité

Orano est une société anonyme française immatriculée sous le numéro SIREN 330956871. L’entité a été créée au registre français le 30 octobre 1984 ; la marque Orano est utilisée depuis 2018, à la suite de la restructuration du groupe Areva. Le siège social est situé à Châtillon, dans les Hauts-de-Seine. La forme juridique relève du code 5599, qui correspond à une SA. L’administration française la recense comme active.

L’actionnariat est double : l’État français, via l’Agence des participations de l’État (APE), est majoritaire, et le CEA est actionnaire significatif. L’effectif déclaré au siège social est de 3 à 5 salariés en 2023 selon le registre, mais ce chiffre ne reflète qu’un périmètre administratif : les salariés du groupe sont répartis dans les filiales. Le groupe Orano est organisé autour d’Orano Recyclage, Orano Mining, Orano NPS, Orano Démantèlement et du programme Orano Batteries. La documentation consultée écarte explicitement les homonymes ORANO SIREN 108247347 A et SIREN 814749834 A, qui sont des entités distinctes de l’objet traité ici.

Situation actuelle

L’activité batteries d’Orano se déploie sur plusieurs sites français. Deux pilotes de recyclage hydrométallurgique sont installés : l’un à Bessines, en Haute-Vienne, et l’autre au CEA Liten, à Grenoble, en Isère. L’industrialisation du procédé est annoncée pour fin 2026. Le site retenu pour l’échelle industrielle est le Grand port maritime de Dunkerque, dans les Hauts-de-France, où Orano et XTC New Energy prévoient trois usines : deux unités de matériaux de cathode P-CAM/CAM et une unité de recyclage de batteries lithium-ion. Cette organisation passe par la coentreprise Neomat, officialisée en décembre 2024 puis présentée au Battery Show Europe de Stuttgart du 3 au 5 juin 2025.

Le 25 mars 2025, la Commission européenne a désigné le projet d’hydrométallurgie de recyclage de batteries d’Orano comme « projet stratégique » au titre du Critical Raw Materials Act (CRMA). Selon Orano, ce dossier est le seul projet français retenu parmi six projets européens de recyclage de batteries retenus à cette date. Ce statut concerne le volet recyclage, qui doit récupérer le cobalt, le nickel, le lithium, le manganèse et le graphite à partir de batteries lithium-ion en fin de vie et de rebuts de production.

Le mécanisme industriel s’appuie sur les compétences historiques du groupe dans l’hydrométallurgie nucléaire : dissolution, extraction par solvants et séparation des métaux. Le procédé est testé dans les pilotes de Bessines et du CEA Liten, avant un passage à l’échelle industrielle prévu à Dunkerque. L’usine de recyclage doit alimenter la fabrication de précurseurs de cathodes (P-CAM) puis de matériaux actifs de cathode (CAM), destinés aux gigafactories européennes.

Chiffres clés

  • Effectif au siège : 3 à 5 salariés déclarés en 2023, tranche 02 du registre, périmètre Châtillon. L’effectif consolidé du groupe Orano n’est pas établi dans les sources collectées au 20/08/2026.
  • Usines prévues à Dunkerque : 3 unités — 2 usines P-CAM/CAM et 1 usine de recyclage — annonce de la coentreprise Neomat, décembre 2024.
  • Pilotes de recyclage hydrométallurgique : 2 sites, à Bessines (Haute-Vienne) et au CEA Liten (Grenoble). L’industrialisation est visée fin 2026.
  • Capacité de production en tonnes : non publiée dans les données collectées. L’objectif annoncé est d’environ 10 % des besoins européens en P-CAM/CAM et recyclage d’ici 2030, périmètre Europe, source orano.group.
  • Reconnaissance européenne : 1 projet français retenu le 25 mars 2025 sur 6 projets européens de recyclage de batteries retenus dans le cadre du CRMA, source orano.group.
  • Chiffre d’affaires, capital social et montant de financement des usines : non établis dans les sources collectée.

Forces et limites

Forces. Orano combine une assise publique, une expérience de l’hydrométallurgie nucléaire et une intégration verticale avec un partenaire chinois spécialisé dans les matériaux de cathode, XTC New Energy. Le statut de projet stratégique européen obtenu le 25 mars 2025 peut faciliter les autorisations et l’accès à des financements européens, même si les montants ne sont pas détaillés dans les données collectées. Le choix du Grand port maritime de Dunkerque offre un accès logistique pour les intrants et les matières récupérées.

Limites. L’outil industriel batteries n’est pas encore opérationnel : les pilotes doivent être extrapolés, les trois usines doivent être construites, et l’échéance de fin 2026 reste un objectif. La capacité de production en tonnes n’est pas communiquée, ce qui limite l’évaluation de la montée en charge. Le financement de la coentreprise et des usines n’est pas détaillé.

Par rapport aux autres acteurs du recyclage des batteries lithium-ion en France et en Europe — notamment SNAM, Eramet, Suez, Veolia ou Umicore — Orano/Neomat se distingue par une intégration recyclage + fabrication de P-CAM/CAM. Plusieurs autres acteurs se concentrent sur la documentation consultée, le broyage de batteries ou la récupération de métaux, sans remonter jusqu’aux précurseurs de cathodes. Cette intégration impose de faire qualifier les précurseurs par les gigafactories, une étape longue et exigeante. La dépendance au partenaire XTC New Energy, tant pour les procédés CAM que pour les débouchés, constitue un point de vigilance géopolitique et capitalistique. Enfin, l’activité dépend de la constitution d’un gisement suffisant de batteries en fin de vie et de rebuts de production, dont la disponibilité physique reste liée au rythme de remplacement des véhicules électriques et aux obligations réglementaires européennes entrées en vigueur en août 2023.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Orano représente un cas de transfert de compétences du nucléaire vers la chaîne des batteries électriques. Le fait saillant daté est la décision européenne du 25 mars 2025 : son projet de recyclage hydrométallurgique est le seul projet français retenu parmi six projets européens de recyclage de batteries du CRMA. Cette sélection ancre le dossier dans les cartographies publiques des matières premières critiques.

L’entrée en vigueur du règlement européen sur les batteries d’août 2023 renforce le rôle des unités de recyclage de métaux stratégiques. La coentreprise Neomat, officialisée en décembre 2024, crée un maillon entre la récupération de métaux et la production de matériaux de cathode en France, à Dunkerque. Cette configuration peut réduire la dépendance vis-à-vis des importations de P-CAM/CAM et de métaux raffinés, à condition que les usines atteignent leur capacité. Pour la filière européenne, Orano constitue un dossier industriel à suivre en raison du calendrier industriel annoncé, des interconnexions portuaires et des contraintes réglementaires et actionnariales.

Sources

  • Orano, communiqué « Le projet d’hydrométallurgie d’Orano retenu comme projet stratégique par la Commission européenne », 25 mars 2025, https://www.orano.group (consulté le 2026-08-20).
  • Orano, annonce de la coentreprise Neomat avec XTC New Energy, décembre 2024, https://www.orano.group (consulté le 2026-08-20).
  • Orano, décryptage du règlement européen sur les batteries, août 2023, https://www.orano.group (consulté le 2026-08-20).
  • API Entreprise / api.gouv.fr, fiche registre ORANO SIREN 330956871, données administratives 2023, https://api.gouv.fr (consulté le 2026-08-20).

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