Peugeot Motocycles : sous contrôle de Mutares, une rentabilité toujours introuvable
En difficulté
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Le fait qui change la lecture de l’entreprise : depuis janvier 2023, le fonds allemand Mutares SE & Co. KGaA contrôle Peugeot Motocycles, Mahindra & Mahindra restant coactionnaire. Cette bascule actionnariale s’accompagne d’une trajectoire financière dégradée. En 2024, la société PMTC — Peugeot Motocycles a publié un chiffre d’affaires de 90,9 M€, contre 109 M€ en 2023, et une perte nette de 33 M€, après une perte de 15,4 M€ l’exercice précédent. Aucune procédure collective n’est ouverte à la date de vérification des faits, le 20 août 2026.
Ce qu’il reste : l’entreprise conserve un site d’assemblage à Mandeure, dans le Doubs, présenté comme l’unique usine française de scooters, avec environ 300 salariés selon Wikipedia FR. Le registre indique une tranche d’effectif 32 au titre de 2023, soit 250 à 499 salariés au périmètre France. Elle dispose aussi d’un site de production à Jinan, en Chine, et d’une licence d’exploitation de la marque Peugeot signée pour 50 ans en 2014. La gamme encore immatriculée comprend des scooters 50/125 cm³ — Kisbee, Django, Speedfight, Pulsion —, le trois-roues Metropolis 400 et le XP 400. En 2024, 673 Metropolis ont été immatriculés, en baisse de 31 % par rapport à 2023, selon motoservices.com. La condamnation de septembre 2021 pour contrefaçon du brevet Piaggio MP3 n’a donc pas fait disparaître le Metropolis des immatriculations françaises, même si la baisse est marquée.
Les difficultés ne sont pas conjoncturelles : les pertes se creusent entre 2023 et 2024. Le contrôle par Mutares, fonds spécialisé dans le redressement industriel, signale une situation de restructuration, mais les sources collectées ne détaillent ni plan de suppression de postes, ni cession d’actifs, ni nouveau financement à la date de vérification.
Identité
La fiche vise l’entité juridique PMTC — PEUGEOT MOTOCYCLES, SIREN 875550667, forme juridique 5710, soit société anonyme à conseil d’administration, siège à Mandeure, enregistrée au registre le 1er janvier 1955. La première moto Peugeot date de 1898, mais la société actuelle a été immatriculée en 1955 : il ne faut donc pas confondre l’ancienneté de la marque et la personnalité juridique présente.
Le capital est contrôlé depuis janvier 2023 par Mutares SE & Co. KGaA, un fonds allemand, tandis que Mahindra & Mahindra reste coactionnaire. Le groupe Stellantis, ex-PSA, conserve deux sièges au conseil, ce qui reflète le lien historique avec l’automobile. La marque Peugeot est utilisée par licence de 50 ans signée en 2014, ce qui fait de Peugeot Motocycles un licencié distinct de Stellantis.
L’entreprise possède un site de production à Jinan, en Chine, dédié à l’assemblage de l’entrée de gamme. En France, le site de Mandeure assure l’assemblage. L’effectif inscrit au registre pour 2023 est la tranche 32, soit 250 à 499 salariés ; la page Wikipedia FR mentionne environ 300 salariés sur le site de Mandeure.
L’état administratif est actif selon les sources collectées. L’activité mécanique est la fabrication de scooters, cyclomoteurs et motos de 50 à 400 cm³, avec une gamme thermique encore dominante : Kisbee, Django, Speedfight, Pulsion, Metropolis, XP 400, e-Streetzone. Les marchés visés sont la France et l’Europe, sur les segments 50, 125 et 400 cm³.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Peugeot Motocycles compte d’abord par son ancrage industriel. La première moto Peugeot remonte à 1898, et le nom Peugeot reste associé au deux-roues motorisé français. L’usine de Mandeure, dans le Doubs, est présentée comme l’unique usine d’assemblage de scooters en France. À ce titre, l’entreprise porte un enjeu d’emploi industriel local et de capacité de production nationale, avec une tranche d’effectif 32 indiquée par le registre au titre de 2023.
Le segment des scooters urbains et des trois-roues lui donne une place spécifique. Le Metropolis est en concurrence directe avec le Piaggio MP3, dont le brevet a été au centre d’une condamnation en 2021. En 2024, 673 immatriculations de Metropolis ont été enregistrées en France, en baisse de 31 %, ce qui montre une présence de marché affaiblie mais non nulle, selon motoservices.com.
Les chiffres 2023-2024 rendent l’entité importante aussi pour sa fragilité. La société affiche 90,9 M€ de chiffre d’affaires et 33 M€ de perte nette en 2024, après 109 M€ de chiffre d’affaires et 15,4 M€ de perte en 2023. Cette dégradation sous contrôle de Mutares en fait un cas de restructuration industrielle dans le paysage français du deux-roues.
Chronologie
- 1898 — Première moto Peugeot, repère historique de la marque. Source : Wikipedia FR.
- 1er janvier 1955 — Immatriculation de la société actuelle PMTC — Peugeot Motocycles au registre. Source : api.gouv.fr, fiche SIREN 875550667.
- 26 octobre 2019 — PSA cède ses parts restantes à Mahindra & Mahindra. Source : Les Échos, 26 octobre 2019.
- 21 septembre 2021 — Condamnation en France pour contrefaçon du brevet Piaggio MP3 : 1,5 M€ de dommages et intérêts et interdiction de commercialiser le Metropolis sous 90 jours. Source : Le Repaire des Motards, 21 septembre 2021.
- Janvier 2023 — Prise de contrôle par Mutares SE & Co. KGaA, Mahindra restant coactionnaire. Source : Wikipedia FR.
Controverses
La principale controverse documentée est la condamnation pour contrefaçon du brevet Piaggio MP3. En septembre 2021, la justice française a reconnu que le Metropolis de Peugeot Motocycles portait atteinte à un brevet de Piaggio. La sanction : 1,5 million d’euros de dommages et intérêts et une interdiction de commercialiser le Metropolis sous 90 jours, selon Le Repaire des Motards du 21 septembre 2021.
La coexistence de cette interdiction et des immatriculations de Metropolis en 2024 — 673 unités, en baisse de 31 % — n’est pas explicitée par les sources collectées. Cela peut indiquer un produit modifié, une procédure d’appel, une commercialisation de stocks ou une divergence de périmètre, mais aucune source datée ne permet de trancher au 20 août 2026. Ce point doit être lu comme non établi.
Par ailleurs, la trajectoire financière dégradée n’est pas une controverse en soi, mais elle alimente des interrogations sur la soutenabilité de l’activité : les pertes passent de 15,4 M€ en 2023 à 33 M€ en 2024, pour un chiffre d’affaires en baisse de 18,1 M€ sur la même période.
Contrepoint
Le contrepoint à cette lecture pessimiste : l’entreprise reste active, sans procédure collective au 20 août 2026. Elle conserve un outil industriel français, une gamme encore distribuée et une licence de marque de 50 ans. La page Wikipedia FR mentionne environ 300 salariés à Mandeure ; le registre confirme une tranche 32 pour 2023. L’usine de Jinan, en Chine, peut apporter un complément d’assemblage entrée de gamme.
Le Metropolis reste présent dans les immatriculations françaises en 2024, à 673 unités. Même en baisse de 31 %, cela représente un flux commercial non nul. La marque Peugeot, utilisée sous licence depuis 2014, conserve une notoriété historique ; la présence de PSA/Stellantis à deux sièges du conseil entretient un lien avec le groupe automobile sans que celui-ci contrôle l’entité.
Enfin, Mutares et Mahindra sont des actionnaires de long terme, mais les sources ne documentent ni plan de relance ni cession. Le contrepoint est donc limité : l’absence de procédure collective et la poursuite des immatriculations sont des signaux de continuité, pas de redressement.
Sources
- Annuaire des entreprises / api.gouv.fr — fiche entreprise PMTC — PEUGEOT MOTOCYCLES, SIREN 875550667. URL : https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/entreprise/875550667 — consulté le 2026-08-20.
- Site officiel Peugeot Motocycles. URL : https://www.peugeot-motocycles.fr — consulté le 2026-08-20.
- Wikipedia FR, « Peugeot Motocycles ». URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Peugeot_Motocycles — consulté le 2026-08-20.
- Les Échos, 26 octobre 2019, « Peugeot Motocycles passe sous le contrôle de Mahindra ». URL : https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/peugeot-motocycles-passe-sous-le-controle-de-mahindra-1140957 — consulté le 2026-08-20.
- Le Repaire des Motards, 21 septembre 2021, « Peugeot Motocycles condamné pour contrefaçon du Piaggio MP3 ». URL : https://www.lerepairedesmotards.com/actualites/2021/actu_210921-peugeot-metropolis-piaggio-mp3-contrefacon.php — consulté le 2026-08-20.
- Motoservices.com, données d’immatriculations Metropolis 2024. URL : https://www.motoservices.com — consulté le 2026-08-20.
Média associé
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