Railcoop

Disparu

Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.

Situation actuelle

La liquidation judiciaire de Railcoop a été prononcée le 29 avril 2024 par le tribunal de commerce de Cahors, après une procédure de redressement judiciaire ouverte mi-octobre 2023. L’entité a cessé toute activité ferroviaire. À cette date, 37 salariés ont été licenciés, et le site officiel www.railcoop.fr est désactivé (source : France 3 Occitanie, 29 avril 2024 ; Rue89 Bordeaux, mai 2024).

À la date de vérification des faits, le 20 août 2026, aucun repreneur ni plan de cession n’a été annoncé dans les sources consultées. Les sillons voyageurs obtenus auprès de SNCF Réseau pour un aller-retour quotidien Bordeaux–Lyon à compter du 15 décembre 2024 ne sont donc plus activables, faute d’entreprise ferroviaire pour les exploiter. Le matériel roulant se résume à deux rames sur lesquelles ACC-M a obtenu un droit de rétention confirmé le 21 mars 2024 par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand ; ce droit bloque la disposition des rames sans accord du créancier. Le sort des apports coopératifs — environ 7 M€ de parts sociales et 3 M€ de titres participatifs — n’est pas documenté comme remboursé. Le siège social de Figeac reste l’adresse administrative historique, mais sans activité opérationnelle.

Identité

  • Raison sociale : RAILCOOP (source primaire : api.gouv.fr, requête SIREN 880624267, consultée le 20 août 2026).
  • Identifiant : SIREN 880624267 (France).
  • Date de création : immatriculation le 30 novembre 2019 à Figeac (Lot).
  • Forme juridique : code 5560, correspondant à une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).
  • Siège : Figeac, France.
  • Effectif : 37 salariés à la liquidation (source : France 3 Occitanie, 29 avril 2024).
  • Actionnariat / capital : SCIC rassemblant environ 15 000 sociétaires dans 45 pays, dont une trentaine de collectivités territoriales ; celles-ci détiennent 13 % du capital social, soit environ 800 k€. Le total levé est d’environ 10 M€, réparti entre 7 M€ de parts sociales et 3 M€ de titres participatifs (source : Rue89 Bordeaux, mai 2024, consultée le 20 août 2026).
  • Filiales : aucune établie.
  • Activité / mécanisme concret : coopérative ferroviaire visant à rouvrir des liaisons délaissées. Le projet principal était un aller-retour quotidien Bordeaux–Lyon via Périgueux, Limoges, Montluçon et Roanne. Des sillons ont été obtenus auprès de SNCF Réseau pour une mise en service au 15 décembre 2024, mais le service n’a jamais été exploité. Une activité fret a existé en 2022-2023, puis a été abandonnée en avril 2023.
  • Marchés cibles : voyageurs des villes moyennes et territoires ruraux du Massif central sur l’axe Bordeaux–Lyon ; fret ferroviaire en Occitanie, arrêté en avril 2023.
  • Présence géographique : exclusivement française, siège à Figeac.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Railcoop compte d’abord parce que sa disparition matérialise un décalage entre le financement coopératif réuni et le coût d’exploitation annoncé. L’entité a levé environ 10 M€, mais déclarait en septembre 2023 un besoin de 49 M€ pour exploiter la liaison Bordeaux–Lyon (source : BFM, 27 mars 2024). L’appel aux 14 500 sociétaires de juin-septembre 2023, plafonné à 500 k€, n’a réuni que 383,5 k€, soit moins de 1 % du besoin déclaré. Ce fait chiffré ne relève pas d’une appréciation : il montre que les ressources coopératives disponibles étaient très inférieures aux charges fixes d’un service ferroviaire voyageur.

Ensuite, Railcoop figure parmi les structures à capitaux coopératifs ayant obtenu des sillons auprès de SNCF Réseau pour un service voyageurs de longue distance. Cette obtention est un fait réglementaire datable, intervenu en 2023. Elle est distincte d’une déclaration d’intention : l’entreprise disposait d’une capacité d’infrastructure allouée, avec échéance au 15 décembre 2024. La liquidation, prononcée le 29 avril 2024, précède donc la première circulation. Ce décalage de calendrier est l’élément central de la fiche : une capacité d’infrastructure a été accordée à une entité qui a disparu avant de pouvoir l’utiliser.

Enfin, le conflit avec ACC-M sur la rétention de deux rames a bloqué la remise en état du matériel roulant. Sans rame disponible, la coopérative ne pouvait pas faire circuler de train, même avec des sillons. Ce point technique éclaire le caractère opérationnel de la liquidation au-delà du seul déficit de trésorerie.

Chronologie

  • 30 novembre 2019 : immatriculation de RAILCOOP au registre du commerce de Figeac, sous le SIREN 880624267.
  • Avril 2023 : abandon de l’activité fret après une perte de 4,7 M€ ; recentrage sur le projet voyageur Bordeaux–Lyon.
  • Juin-septembre 2023 : appel aux sociétaires pour 500 k€ ; 383,5 k€ réunis, alors que le besoin déclaré pour ouvrir Bordeaux–Lyon est de 49 M€.
  • Mi-octobre 2023 : ouverture d’une procédure de redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Cahors.
  • 29 avril 2024 : liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Cahors ; licenciement des 37 salariés.

La chronologie met en évidence l’écart de six mois entre le redressement et la liquidation, sans conversion en plan de continuation ni en cession.

Controverses

Le principal conflit documenté concerne le matériel roulant. Le 21 mars 2024, le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a donné raison à ACC-M concernant un droit de rétention sur deux rames. Ce jugement a privé Railcoop de la possibilité de disposer des rames pour préparer l’exploitation. La cause précise du litige — impayés, frais de maintenance, conditions contractuelles — n’est pas détaillée de données ; ce qui est établi, c’est le jugement en faveur du loueur ou maintien du matériel.

Un second point de controverse porte sur l’écart entre le besoin annoncé et l’appel de fonds. Le besoin de 49 M€ pour exploiter Bordeaux–Lyon, annoncé en septembre 2023, contraste avec l’appel de 500 k€ lancé aux sociétaires en juin-septembre 2023. Le montant finalement réuni, 383,5 k€, est très éloigné du besoin. Ce n’est pas une simple insuffisance : il interroge la capacité du mode coopératif à sécuriser des fonds propres compatibles avec les exigences de l’exploitation ferroviaire.

Troisième point : l’abandon du fret en avril 2023 après une perte de 4,7 M€. Cette perte a dégradé la trésorerie et a précédé de six mois l’ouverture du redressement judiciaire. Enfin, la liquidation a fait perdre aux sociétaires l’intégralité de leurs apports en capital, sans qu’aucun mécanisme de dédommagement ne soit documenté dans les sources consultées.

Contrepoint

Face au constat de liquidation, le contrepoint factuel tient en deux éléments. D’une part, Railcoop a obtenu des sillons de SNCF Réseau pour un aller-retour quotidien Bordeaux–Lyon, ce qui représente une barrière d’entrée réglementaire et opérationnelle. Une structure coopérative a donc été allocataire de capacité d’infrastructure, même si elle n’a pas pu la transformer en service commercial. D’autre part, les 15 000 sociétaires et la trentaine de collectivités associées constituent un réservoir de liens territoriaux qu’un repreneur éventuel pourrait réactiver. À la date de vérification, aucune manifestation d’intérêt n’a toutefois été documentée.

La disparition de Railcoop laisse la liaison Bordeaux–Lyon sans opérateur alternatif et les sillons obtenus deviennent caducs par inaction. Pour autant, la réattribution future des sillons par SNCF Réseau à un tiers n’est pas exclue, le gestionnaire d’infrastructure pouvant les allouer à un nouvel assignataire. Le cas Railcoop illustre ainsi un échec d’activation de capacité ferroviaire, pas nécessairement une impossibilité définitive de rouvrir la ligne.

Sources

  • Source primaire : api.gouv.fr, requête SIREN 880624267, consultée le 20 août 2026 — https://api.gouv.fr/recherche?q=880624267
  • France 3 Occitanie, « Liquidation judiciaire de Railcoop », 29 avril 2024, consultée le 20 août 2026 — https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/
  • La Dépêche du Midi, édition Lot, 29 avril 2024, consultée le 20 août 2026 — https://www.ladepeche.fr/
  • BFM Business, « Railcoop en redressement judiciaire », 27 mars 2024, consultée le 20 août 2026 — https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/
  • Rue89 Bordeaux, « Railcoop », mai 2024, consultée le 20 août 2026 — https://rue89bordeaux.com/
  • Site officiel, désactivé depuis la liquidation, consulté le 20 août 2026 — https://www.railcoop.fr

Média associé

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