Safran

Actif

Identité

Safran est une société anonyme à conseil d’administration, immatriculée le 1er janvier 1956 sous le numéro SIREN 562082909. Le groupe dans sa forme actuelle résulte de la fusion de Snecma et de Sagem intervenue en 2005. Son siège est situé à Paris, en France. Le capital social s’établit à 85 452 108 €.

L’entreprise est cotée sur Euronext Paris et fait partie des indices CAC 40 et Euro Stoxx 50. Au 31 décembre 2024, l’État français, via l’Agence des participations de l’État, est le premier actionnaire avec environ 11,6 % du capital, tandis que le flottant représente environ 65 %, les salariés environ 2 % et l’autodétention complète le reste. Cette répartition est publiée dans le document d’enregistrement universel 2024.

La fiche concerne Safran SA, SIREN 562082909. Deux entités homonymes distinctes — SAFRAN (SIREN 831025440) et SAFRAN (SIREN 445337991) — apparaissent dans les sources administratives et ne doivent pas être confondues avec la société cotée étudiée ici.

Situation actuelle

L’empreinte industrielle de Safran combine des sites en France et aux États-Unis. En France, le siège parisien s’appuie sur des implantations réparties sur le territoire, notamment à Villaroche, Tarbes et Colombes. Ces sites sont liés aux programmes Rafale, Ariane 6 et aux activités de dissuasion nucléaire. La localisation française du groupe est un élément structurant de son organisation, avec une présence dans plusieurs bassins techniques et aéronautiques.

Le groupe agit comme motoriste et équipementier. L’activité de propulsion civile repose en grande partie sur la coentreprise CFM International, détenue à 50/50 avec GE Aerospace. CFM International produit les moteurs CFM56 et LEAP, utilisés notamment sur les avions des familles Airbus A320neo, Boeing 737 MAX et COMAC C919. Le partenariat CFM/GE a été renouvelé jusqu’en 2050, et l’année 2024 a marqué le cinquantième anniversaire de la coentreprise.

Au-delà de la propulsion civile, Safran fournit des nacelles, trains d’atterrissage, sièges, intérieurs de cabine, systèmes électriques, équipements avioniques, systèmes optroniques et moyens de lutte anti-drone. Dans la défense, le groupe est associé au moteur militaire M88 du Rafale ainsi qu’aux drones Patroller et au dispositif SkyJacker. Dans le spatial, Safran détient 50 % d’ArianeGroup, structure qui porte le programme Ariane 6.

À l’international, l’acquisition de Component Repair Technologies (CRT) dans l’Ohio, aux États-Unis, a été finalisée le 19 janvier 2025. Ce site de maintenance et de réparation de composants de moteurs renforce la présence industrielle du groupe en Amérique du Nord. Par ailleurs, la clôture du rachat des activités d’actionnement et de commandes de vol de Collins Aerospace est prévue pour le milieu de l’année 2025.

Les marchés servis sont mondiaux. Safran travaille avec les avionneurs Airbus, Boeing et COMAC, ainsi qu’avec des compagnies aériennes comme easyJet, Akasa Air et American Airlines. Le groupe fournit également les forces armées et les programmes spatiaux. En 2024, 1 407 moteurs LEAP ont été livrés et le carnet de commandes dépasse 11 500 moteurs.

Chiffres clés

  • Chiffre d’affaires 2024 : 27 317 M€, en hausse de 17,8 % par rapport à 2023, pour l’exercice clos au 31 décembre 2024, périmètre groupe Safran. Source : communiqué de résultats du 14 février 2025.
  • Résultat opérationnel courant 2024 : 4 119 M€, en hausse de 30,1 % par rapport à 2023, soit une marge opérationnelle courante de 15,1 %, périmètre groupe Safran. Source : communiqué de résultats du 14 février 2025.
  • Cash-flow libre 2024 : 3 189 M€, périmètre groupe Safran, exercice 2024. Source : communiqué de résultats du 14 février 2025.
  • Effectif : environ 100 000 collaborateurs en 2024, contre 92 000 en 2023, périmètre groupe. Source : document d’enregistrement universel 2024 et communiqué de résultats 2024.
  • Moteurs LEAP livrés en 2024 : 1 407 unités, périmètre CFM International. Source : document d’enregistrement universel 2024.
  • Carnet de commandes de moteurs LEAP : plus de 11 500 moteurs à fin 2024, périmètre CFM International. Source : document d’enregistrement universel 2024.
  • Capital social : 85 452 108 €, montant enregistré auprès du registre du commerce et des sociétés. Source : annuaire des entreprises, api.gouv.fr, consulté le 20 août 2026.
  • Actionnariat au 31 décembre 2024 : État français environ 11,6 %, flottant environ 65 %, salariés environ 2 %, autodétention pour le solde, périmètre Safran SA. Source : TradingSat, consulté le 20 août 2026, et document d’enregistrement universel 2024.

Forces et limites

Dans la sous-catégorie des avionneurs et équipementiers, Safran occupe une position différente de celle d’Airbus ou de Boeing. Ces derniers conçoivent et assemblent des avions complets, tandis que Safran intervient en amont comme motoriste et fournisseur d’équipements. Cette exposition à la chaîne de fourniture réduit le risque lié à l’intégration finale, mais rend le carnet de commandes dépendant des cadences de production décidées par les avionneurs.

La principale force industrielle de Safran repose sur la coentreprise CFM International, partagée à 50/50 avec GE Aerospace. Le parc installé de CFM56 et le carnet de plus de 11 500 moteurs LEAP donnent à Safran une assise durable dans la motorisation des avions monocouloirs. L’accord prolongé jusqu’en 2050 sécurise la relation industrielle, mais impose aussi une gouvernance partagée : aucune des deux parties ne contrôle seule les décisions capacitaires ou commerciales de CFM.

Le groupe dispose d’une diversification qui couvre la propulsion, les équipements, la défense et le spatial. Cette largeur de portefeuille le distingue d’un pur équipementier ou d’un motoriste spécialisé. La présence dans le Rafale, le Patroller et ArianeGroup assure une exposition à des programmes étatiques de longue durée, moins corrélés aux seuls cycles du transport aérien commercial.

Les contraintes physiques sont réelles. La montée en cadence des moteurs LEAP, alors que le carnet dépasse 11 500 unités, exige des capacités de fonderie, d’usinage, d’assemblage et de maintenance. Ces capacités ne peuvent pas être déployées instantanément : elles dépendent de la chaîne de sous-traitance, du recrutement de main-d’œuvre technique et de la qualification des nouvelles lignes. Le site de CRT dans l’Ohio ajoute une capacité de réparation, mais l’équilibre entre production neuve et MRO reste une contrainte d’exploitation.

Les contraintes réglementaires portent sur la certification EASA et FAA des moteurs et équipements, ainsi que sur les contrôles à l’exportation des technologies de défense. Toute modification technique, nouvelle motorisation ou transfert de production doit franchir des étapes de certification longues et coûteuses. Dans le domaine militaire, les programmes Rafale et Patroller sont encadrés par des réglementations d’exportation et par les relations contractuelles avec les États.

Les contraintes géographiques et financières se combinent. L’empreinte industrielle est concentrée en France, avec une extension aux États-Unis. Cette concentration expose le groupe aux tensions de recrutement dans les bassins aéronautiques français et aux coûts de transport et de coordination transatlantique avec GE Aerospace. Les investissements de montée en cadence et de R&D pèsent sur la génération de cash, même si l’exercice 2024 dégage un cash-flow libre de 3 189 M€.

Enfin, Safran ne maîtrise pas la demande finale des compagnies aériennes. Les cycles du transport aérien, les décisions d’achat d’Airbus, Boeing et COMAC, ainsi que les conditions de financement des flottes influencent directement la charge des sites de production. Cette dépendance à des clients concentrés constitue une limite structurelle, même si elle est partagée par la plupart des équipementiers aéronautiques.

Sa place dans l'écosystème de la mobilité

Safran constitue un maillon critique de l’aéronautique commerciale mondiale. Par l’intermédiaire de CFM International, le groupe fournit des moteurs CFM56 et LEAP qui équipent les monocouloirs de grandes flottes civiles. Les livraisons de 1 407 moteurs LEAP en 2024 et un carnet supérieur à 11 500 moteurs illustrent l’ampleur de ce flux industriel.

Dans le domaine de la défense française, Safran est associé au moteur M88 du Rafale, aux drones Patroller et à la lutte anti-drone. L’entreprise participe également à la dissuasion nucléaire, ce qui confère à ses activités une dimension stratégique dépassant le seul cadre commercial.

Dans le spatial, la détention de 50 % d’ArianeGroup relie Safran au programme Ariane 6, dont le premier vol a eu lieu en 2024. Cette position complète un portefeuille qui va des moteurs d’avions civils aux lanceurs spatiaux, en passant par les équipements de bord et l’optronique.

Avec un chiffre d’affaires de 27 317 M€ en 2024, un résultat opérationnel courant de 4 119 M€ et environ 100 000 collaborateurs, Safran est un pôle industriel majeur pour l’emploi et la souveraineté technologique française. Sa structure actionnariale, avec l’État français à environ 11,6 % au 31 décembre 2024, souligne le caractère patrimonial de l’entité.

Sources

  • Annuaire des entreprises, API Gouvernement, fiche Safran SA — SIREN 562082909, https://annuaire-entreprises.api.gouv.fr/entreprise/562082909, consulté le 2026-08-20.
  • Safran, communiqué de presse Résultats annuels 2024, 14 février 2025, https://www.safran-group.com/fr/media/communiques-presse/2025/resultats-annuels-2024, consulté le 2026-08-20.
  • Safran, Document d’enregistrement universel 2024, https://www.safran-group.com/fr/finance/publications/rapports-annuels, consulté le 2026-08-20.
  • TradingSat, actionnariat Safran, https://www.tradingsat.com/safran-FR0000073272/, consulté le 2026-08-20.

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