Solex : la marque au VéloSolex face à l’expulsion de Saint-Lô
En difficulté
Cette entité n’est plus en activité. La fiche documente son parcours et ce qu’il en reste.
Situation actuelle
Le fait qui change la situation de Solex est locatif et date du 11 mai 2026 : Saint-Lô Agglo notifie au groupe Rebirth, propriétaire de la marque Solex depuis septembre 2013, l’expulsion de l’usine de Saint-Lô (Manche), avec pour échéance le 20 août 2026. Le motif communiqué est un arriéré de loyers de 95 723 euros, accompagné de 16 mises en demeure émises depuis janvier 2024 (Ouest-France, 11 mai 2026). Le site visé assemble les vélos à assistance électrique et cyclomoteurs électriques rétro des marques Solex et Matra via la filiale Mobiky-Tech ; il emploie 33 à 36 salariés en 2025-2026 selon les sources consultées.
Au 20 août 2026, SOLEX (SAS) reste inscrite comme entreprise active au registre Sirene. La procédure du 11 mai 2026 est une procédure d’expulsion locative, pas un jugement d’ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire contre SOLEX. Elle rend néanmoins incertaine la continuité de l’assemblage de Saint-Lô, qui était le site de production français de la marque. La précédente procédure collective connue concerne Mobiky-Tech : ouverte le 25 juin 2019 par le tribunal de commerce de Coutances, elle a été clôturée le 18 juin 2021. Aucune procédure collective ouverte contre SOLEX au cours de l’été 2026 n’est mentionnée dans les sources consultées.
Identité
L’entité immatriculée est SOLEX (SAS), SIREN 420058133 en France, créée au registre le 1er août 1998. Sa forme juridique est la société par actions simplifiée. Son siège déclaré est situé 4 rue Tarbé, 75017 Paris, adresse du groupe Rebirth (api.gouv.fr, consulté le 20 août 2026). L’entreprise historique Solex est plus ancienne : sa fondation remonte à 1905 par Maurice Goudard et Marcel Mennesson, et le VéloSolex a été lancé en 1946. La marque a ensuite connu plusieurs détenteurs : Renault, Motobécane à partir de 1975, Matra, Magneti Marelli à partir de 1986, puis le groupe Cible en 2006, avant son rachat par Easybike en septembre 2013.
SOLEX appartient au groupe Rebirth, anciennement Easybike, fondé en 2005 par Grégory Trébaol et renommé Rebirth en 2022. La production actuelle est localisée à Saint-Lô, dans une usine de 4 100 m², exploitée par la filiale Mobiky-Tech. Le groupe a également repris Cycleurope France, devenu Re-cycles France, à Romilly-sur-Seine le 26 septembre 2024. La gamme commerciale affichée par la marque comprend des gammes Intemporel, Vélosolex pliant et SolexSport, avec des moteurs Bafang et Bosch ; le prix du SolexSport SUV est de 2 999 euros en 2026 selon solex.world.
Sa place dans l'écosystème de la mobilité
Solex porte un poids patrimonial rare dans la micromobilité française. Le VéloSolex, avec son moteur sur la roue avant, est lancé en 1946 et reste produit jusqu’en 1988 ; plus de 7 millions d’exemplaires ont été vendus sur cette période (Les Echos, 2014 ; Wikipedia). Ce passé fait de Solex une marque identifiable bien au-delà du marché actuel des vélos électriques, ce qui lui confère une valeur résiduelle de nom plutôt que de gamme technologique.
Ce qu’il reste en actifs et en équipes, d’après les sources consultées : une unité d’assemblage de 4 100 m² à Saint-Lô, une filiale Mobiky-Tech, des gammes de VAE et de cyclomoteurs électriques rétro, et 33 à 36 salariés sur le site en 2025-2026. En revanche, aucun portefeuille de brevets détenu par SOLEX SAS n’est rendu public dans ces sources, et aucun repreneur identifié pour le site de Saint-Lô n’est mentionné à la date du 20 août 2026. Ces points ne sont donc pas établis.
La situation du site de Saint-Lô a également une portée locale : l’usine assurait la production des marques Solex et Matra depuis la relocalisation opérée par Rebirth. La notification d’expulsion du 11 mai 2026 fait peser un risque direct sur ce tissu d’assemblage, d’autant que les arriérés de loyers s’élèvent à 95 723 euros et que les mises en demeure courent depuis janvier 2024.
Chronologie
- 1946 — lancement du VéloSolex, cyclomoteur à moteur sur roue avant.
- 1988 — arrêt de la production du vélomoteur ; plus de 7 millions d’exemplaires ont été vendus depuis 1946.
- 25 juin 2019 — le tribunal de commerce de Coutances ouvre le redressement judiciaire de Mobiky-Tech, filiale d’assemblage des Solex ; la procédure est clôturée le 18 juin 2021.
- 2022 — Easybike devient Rebirth et utilise l’usine de Saint-Lô pour assembler les marques Solex et Matra.
- 11 mai 2026 — Saint-Lô Agglo somme Rebirth de quitter l’usine de Saint-Lô au plus tard le 20 août 2026, pour 95 723 euros d’arriérés de loyers.
Controverses
La première controverse est financière et contemporaine : le 11 mai 2026, Saint-Lô Agglo reproche à Rebirth un arriéré de loyers de 95 723 euros et 16 mises en demeure demeurées sans régularisation depuis janvier 2024. L’expulsion vise l’usine de Saint-Lô, ce qui touche directement l’assemblage des Solex et des Matra. Cette procédure n’est pas une procédure collective, mais une action locative engagée par la collectivité contre l’occupant.
La deuxième séquence conflictuelle est plus ancienne : le redressement judiciaire de Mobiky-Tech, ouvert le 25 juin 2019 par le tribunal de commerce de Coutances, a mis en difficulté la filiale d’assemblage du groupe Easybike, future Rebirth. Cette procédure a été clôturée le 18 juin 2021. Les sources consultées ne détaillent pas les conditions de cette clôture, mais le fait d’une fragilité industrielle sur le site de Saint-Lô est documenté depuis 2019.
La troisième difficulté tient à la discontinuité de la marque : après l’arrêt du VéloSolex en 1988, la marque Solex a changé plusieurs fois de propriétaire — Renault, Motobécane, Matra, Magneti Marelli, groupe Cible — avant d’être reprise par Easybike en septembre 2013. Cette circulation n’implique pas de litige, mais elle montre que la valeur de Solex a souvent été séparée de l’appareil industriel qui l’a initialement portée.
Contrepoint
La procédure du 11 mai 2026 vise le site de Saint-Lô et non directement SOLEX dans une procédure collective. Au 20 août 2026, SOLEX est toujours active au registre, et aucune publication de cessation de paiement ou d’ouverture de redressement contre SOLEX n’est relevée dans les sources consultées. L’expulsion locative peut théoriquement être évitée si les arriérés sont soldés ou si une décision judiciaire suspend l’échéance du 20 août 2026.
En outre, la reprise de Cycleurope France par Rebirth le 26 septembre 2024 indique que le groupe a poursuivi une stratégie d’extension industrielle en France, au-delà du site de Saint-Lô. Cela ne préjuge pas de la solvabilité locative de Rebirth à Saint-Lô, mais cela montre que la marque Solex n’est pas réduite à un simple stock de pièces détachées : elle reste intégrée à un groupe qui a augmenté son périmètre il y a moins de deux ans. La question ouverte n’est donc pas tant la disparition juridique de SOLEX que la capacité de Rebirth à conserver un outil de production effectif.
Sources
- api.gouv.fr — fiche entreprise SOLEX, SIREN 420058133, consultée le 20 août 2026. URL : https://recherche-entreprises.api.gouv.fr/entreprise/420058133
- Ouest-France — « Saint-Lô Agglo somme Rebirth de quitter l’usine de Saint-Lô », 11 mai 2026. URL : https://www.ouest-france.fr
- groupe-rebirth.com — site officiel du groupe Rebirth, consulté le 20 août 2026. URL : https://www.groupe-rebirth.com
- solex.world — site officiel de la marque Solex, consulté le 20 août 2026. URL : https://solex.world
- Les Echos — article sur Easybike et Solex, 2014, consulté le 20 août 2026. URL : https://www.lesechos.fr
- Le Journal des Entreprises — « Mobiky-Tech en redressement judiciaire », 5 juillet 2019, consulté le 20 août 2026. URL : https://www.lejournaldesentreprises.com
- Wikipedia — « VéloSolex », consulté le 20 août 2026. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9loSolex
Média associé
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