Mobilité des enfants : laisser sont enfant se déplacer seul

Selon une récente enquête de la Prévention Routière, de plus en plus de parents sont réticents à l’idée de laisser leur enfant se déplacer seul. En moyenne, un enfant français fait son premier trajet en autonomie à l’âge de 10 ans. La question de la mobilité des enfants en totale autonomie se pose à chaque parent tôt ou tard.

Pour quelles raisons laissons-nous notre enfant arpenter les rues de la ville sans être accompagné ? A quel moment de son développement cela est-il plus judicieux, en tous cas moins risqué ? Quels sont ces risques, pour lui ou pour le parent ? Comment passer sereinement cette étape du développement de nos chérubins ? Nous vous apportons un éclairage qui répondra peut-être aux questions que vous vous posez pour accompagner au mieux votre enfant dans ses déplacements sans adulte.

La mobilité autonome : pourquoi et quand ?

Tous les pédo-spécialistes s’accordent à dire que le bon moment pour qu’un enfant accomplisse ses premiers trajets seul sans parents se fait entre l’âge de 9 et 12 ans. Ils s’accordent surtout sur la motivation de l’enfant c’est-à-dire quand celui-ci se sent prêt.

En réalité, les gestions de planning familiaux, les contraintes professionnelles, les contextes de foyers monoparentaux sont bien souvent les causes des premières expériences de trajets en autonomie.

Les conditions de vie de notre époque, travail à plus de 20 km de chez soi, temps de trajets rallongés par les embouteillages etc, font que nos enfants sont parfois amenés à se rendre à l’école ou en revenir seuls avant qu’eux-mêmes ne se sentent vraiment prêts à le faire.

Ajouter à cela les activités périscolaires, qui diffèrent au sein d’une fratrie, dans des lieux, voire des villes différentes, en horaires décalés. C’est en fait le casse-tête chinois de l’organisation familiale qui se répercute directement sur l’autonomie et la mobilité des enfants, parfois trop précocement.

Pour les spécialistes de l’enfant, la deuxième condition, après l’accord affirmé de l’enfant lui-même, devrait être celle de ses capacités cognitives, c’est-à-dire la capacité que celui-ci a de percevoir les dangers et les risques qui l’entourent et sa capacité à anticiper par exemple les réactions des autres.

Cette faculté cognitive se situerait entre l’âge de 9 et 12 ans. C’est aussi à partir de cette tranche d’âge que les enfants ont la maturité nécessaire pour respecter les consignes et peuvent contrôler leur impulsivité.

C’est aussi dans cette tanche qu’ils assimilent le fait qu’au-delà de l’existence de règles, respectées par eux, d’autres ne les respectent pas forcément, et que par conséquent la vigilance est de mise.

Prendre les bonnes décisions face au danger, n’est donc pas une qualité inhérente à la maturité précoce de nos bambins mais bien à la physiologie de son cerveau.

Des risques mais pas que

Les psychoéducateurs alertent cependant sur le fait que dans cette même tranche, les enfants peuvent avoir encore de la difficulté à évaluer l’information essentielle. Par exemple un enfant remarquera d’abord la couleur d’une voiture avant de se rendre compte de sa vitesse ou de sa distance.De même, du fait de sa petite taille, le champ de vision d’un enfant est largement plus faible qu’un adulte, il aura donc du mal à apprécier la profondeur de champ et de ce fait la distance de sécurité entre lui et un potentiel danger.

Ces mêmes spécialistes s’accordent également à dire que laisser son enfant prendre son autonomie pour des trajets quotidiens ou ponctuels lui permettent d’accroitre sa confiance en lui, sentiment essentiel pour leur développement et intégration dans la sphère sociale notamment à l’entrée au collège.La responsabilisation et l’élargissement des horizons qu’offre cette autonomie leur permet de répondre à un besoin qu’ils ressentent dès 9 ans de se sentir exister par eux-mêmes, en dehors de la cellule familiale et de montrer leurs compétences propres.

Raisons de planning et de difficulté de gestion de temps ou souhait de donner de l’autonomie, de responsabiliser son pré-adolescent en le laissant effectuer un trajet école/domicile, pour se rendre à des activités, visiter des amis ou la famille, aller au parc ou pour faire de petites courses…

Quelques soient les raisons pour lesquelles nous laissons les enfants se déplacer seuls dans l’espace public, nous devons les y préparer.

 

Préparer l’enfant : conseils et bonnes pratiques

Pour un court déplacement ponctuel ou un trajet récurrent, dans toutes les situations nous devons en tant que parent éduquer notre enfant à la ville et au déplacement urbain.

L’apprentissage doit se faire très tôt car plus il se fera tôt plus il sera assimilé le temps venu de l’expérimentation de l’autonomie. Les experts de la prévention routière recommandent ainsi d’accompagner à pied le plus souvent possible pour sensibiliser les enfants aux risques en les aidant à repérer les dangers de la rue mais aussi les espaces refuges et sécurisés sur les trajets les plus familiers. Montrer le bon exemple en traversant la rue, commenter les panneaux routiers, les feux tricolores, les feux piétons. Tout cela participe à l’éducation de la mobilité autonome en ville.

Certains enseignants font passer le permis piéton (dès la classe de CE2). Vous pouvez aussi essayer avec votre enfant l’application et les jeux de la Sécurité Routière avec Elliot qui enseigne aux enfants de façon ludique et proactive les bonnes pratiques de déplacement dans la rue.

Des permis cyclistes existent également, certaines écoles y préparent leurs élèves, et les sensibilisent à la réglementation. Une spécifique liée aux autres modes de déplacement urbains tels que trottinettes, hoverboard et autre skate est en projet d’écriture.

Les déplacements à l’intérieur de l’espace urbain constituent un apprentissage social. En tant que parent d’un usager vulnérable nous réunissons les conditions favorables pour que cet apprentissage de gestion des risques se passe au mieux en anticipant les aléas et dangers, en rassurant et en montrant soi-même les bonnes pratiques.

La mobilité des enfants est l’affaire de tous, parents et société. En tant que parent pour déterminer le bon moment et accompagner son enfant, l’éduquer et lui montrer le bon exemple. La société quant à elle se doit d’être attentionnée aux usagers fragiles. A charge pour ses responsables de continuer à mettre en place des actions de prévention (dans les écoles, les centres de loisirs, etc.), dans la réflexion de nouveaux aménagements urbains et permettre aux enfants qu’ils puissent prendre leur place dans le tissu urbain en toute sécurité et sérénité.

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